Chine : entre excédent extérieur record et fragilités structurelles internes

L’économie chinoise a clôturé 2025 sur une croissance de 5,0%, conforme à l’objectif officiel, mais aborde 2026 avec des vents contraires plus marqués, souligne la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances.

« Cette performance repose notamment sur des exportations robustes et des soutiens publics ciblés, masquant la fragilité de la demande intérieure et la crise immobilière persistante », explique ce département dans sa note de conjoncture du mois de février 2026 (N°348).

Selon le FMI, la croissance devrait ralentir à 4,5% en 2026 puis 4,0% en 2027, sous l’effet de déséquilibres structurels durables et d’un contexte international contraignant. Les perspectives restent contraintes par la contraction prolongée de l’investissement résidentiel, ainsi que par la montée des tensions commerciales et technologiques au niveau mondial.

L’économie demeure exposée à des défis structurels profonds : vieillissement démographique, chômage des jeunes persistant (16,5% en décembre 2025), ralentissement de la productivité et endettement élevé des collectivités locales. Les pressions déflationnistes persistent, l’inflation ayant atteint seulement 0% en moyenne en 2025.

Au T4 2025, la croissance du PIB chinois a ralenti à 4,5% (contre 4,8% au T3), marquant son plus faible rythme depuis trois ans. Ce tassement reflète une demande intérieure fragile – la consommation n’ayant contribué qu’à hauteur de 2,4 points – et une crise immobilière persistante avec un recul de l’investissement résidentiel de 17% sur l’année.

L’excédent commercial record a partiellement compensé ces faiblesses, contribuant pour 1,4 point à la croissance du trimestre.

Les derniers indicateurs confirment la faiblesse persistante de la demande intérieure. En décembre 2025, les ventes au détail n’ont progressé que de 0,9% en glissement annuel, marquant la plus faible croissance depuis décembre 2022, après +1,3% en novembre. Cette tendance est alimentée par un marché de l’emploi déprimé et la chute des prix immobiliers.

L’investissement en actifs fixes a chuté de 3,8% en 2025, la première baisse annuelle depuis 1989, affecté par un déclin de 17,2% dans l’immobilier, malgré une légère hausse dans l’industrie manufacturière (+0,6%). Excluant l’immobilier, l’investissement en actifs fixes a diminué de 0,5%.

En revanche, la production industrielle a accéléré à +5,2% en décembre, après +4,8% en novembre, soutenue par une hausse de l’industrie manufacturière (+5,7%). Sur l’ensemble de l’année 2025, la production industrielle a augmenté de 5,9%.

De même, l’activité privée s’est renforcée en janvier, avec un indice PMI composite en hausse (à 51,6 après 51,3 en décembre), soutenu par une accélération des services (52,3 après 52,0) et une légère reprise du secteur manufacturier (50,3 après 50,1).

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