Côte d’Ivoire. Indignations sélectives et morale à géométrie variable

HAUT ET FORT. En 2008, lorsque le président Laurent Gbagbo s’était rendu, en compagnie de Jack Lang, ancien ministre français de la Culture, à la célèbre Rue Princesse de Yopougon, les médias et militants du Rassemblement des républicains avaient fait preuve d’une prolixité remarquable. Les commentaires outrés, les condamnations morales et les qualificatifs peu flatteurs pleuvaient. L’épisode avait été présenté comme le symbole d’une dérive, voire d’une indignité incompatible avec la fonction présidentielle. Ceux qui dénonçaient alors se posaient en gardiens de la morale publique, en parangons de vertu et de respectabilité. Aujourd’hui, pourtant, une affaire autrement plus grave surgit dans l’espace médiatique international: le nom de Nina Keïta, présentée comme une nièce d’Alassane Ouattara, est cité dans des révélations la reliant à l’approvisionnement en prostituées pour le réseau de Jeffrey Epstein. Or, force est de constater que cette affaire ne provoque ni la même indignation, ni la même avalanche de condamnations chez ceux qui, hier encore, tiraient à boulets rouges sur Gbagbo pour une simple sortie nocturne dans un quartier festif d’Abidjan. Cette différence de réaction révèle une morale à géométrie variable, où l’indignation semble dépendre moins de la gravité des faits que de l’identité politique des personnes concernées. Conduire un invité étranger dans un lieu populaire de divertissement avait suscité une tempête morale. Être associé, même indirectement, à un scandale international mêlant exploitation sexuelle et criminalité organisée ne déclenche, chez certains, qu’un silence embarrassé. Il ne s’agit pas ici de transformer le débat en règlement de comptes politique. Il s’agit plutôt de souligner une incohérence. Ceux qui se présentaient hier comme des défenseurs intransigeants des valeurs et de la morale publique devraient logiquement manifester aujourd’hui la même exigence éthique, indépendamment des affiliations politiques. La crédibilité morale se mesure à la constance, non à la sélectivité. Nina Keïta, si elle avait pleinement le sens de la dignité et de l’honneur, aurait dû tirer les conséquences immédiates de ces révélations en démissionnant de ses fonctions à Gestoci, où elle doit davantage sa position à ses liens supposés avec le pouvoir qu’à une compétence reconnue. Dans toute démocratie mature, la responsabilité morale impose parfois de se retirer, même avant toute conclusion judiciaire, afin de préserver l’institution que l’on sert et d’éviter que le soupçon ne l’entache durablement. Cette affaire met en lumière un phénomène bien connu dans les sociétés fortement politisées: l’indignation partisane. On condamne sévèrement l’adversaire pour des faits parfois mineurs, mais on minimise ou on ignore les scandales potentiellement plus graves lorsqu’ils concernent son propre camp. Cette attitude affaiblit la parole publique, décrédibilise le discours moral et nourrit le cynisme des citoyens, qui finissent par considérer que la morale n’est qu’un instrument de combat politique. On croyait certains acteurs politiques animés par une exigence éthique sincère et constante. Les événements montrent qu’il n’en est rien. La vertu proclamée hier apparaît aujourd’hui comme circonstancielle. Il ne s’agissait pas de morale, mais de politique. Et lorsque la morale devient un simple outil partisan, elle perd toute valeur normative pour devenir un moyen de disqualification de l’adversaire. La véritable question n’est donc pas de savoir qui doit être condamné ou défendu, mais si l’on est capable d’appliquer les mêmes critères d’exigence morale à tous, sans exception. Par Jean-Claude Djéréké Ecrivain
À Munich, les États-Unis assument leur projet de domination mondiale

TRIBUNE. Le discours de Marco Rubio à la Munich Security Conference marque un basculement idéologique clair et net. Beaucoup d’entre nous avaient déjà compris cette trajectoire, et l’avaient annoncée, avertissant que le retour de Trump signifierait une hégémonie occidentale assumée, moins masquée teplus frontale. Cette fois, l’aveu est public. Les États-Unis affirment leur volonté de restaurer la domination occidentale et de placer leur hégémonie au-dessus des valeurs proclamées et du multilatéralisme, sans excuse, sans retenue, avec une assurance glaciale. La souveraineté, le contrôle des frontières, la puissance industrielle et la continuité civilisationnelle forment le socle de cette vision. Le ton était assumé et sans embages. À certains moments, il portait même une nostalgie pour la grandeur impériale perdue de l’Europe, accompagnée d’un appel à reprendre force et direction aux côtés des États-Unis, comme si la perte des colonies relevait d’une tragédie historique qu’il faudrait corriger par une nouvelle reconquête. La période qui a suivi la fin de la guerre froide est décrite comme une phase d’illusion. Le commerce aurait été érigé en garant de stabilité mondiale. Les institutions internationales auraient été perçues comme des arbitres suffisants. L’interdépendance globale aurait été considérée comme un substitut à la puissance stratégique. Cette confiance est aujourd’hui jugée coûteuse pour l’occident occasionnant selon lui, la désindustrialisation qui aurait affaibli les économies occidentales. Marc Rubio affirme que la souvenirté et l’hégémonie occidentale a été diluée au nom de la coopération. Et leur nouvelle doctrine replace les intérêts et le contrôle du monde par l’occident au centre de leur politique militaire et étrangère. Il parle même de la défense de la civilisation occidentale jugée supérieure. La réindustrialisation, la domination technologique, la maîtrise des minerais stratégiques et le contrôle ferme des frontières sont présentés comme les instruments d’un renouveau. Dans cette perspective, l’Occident se considère comme supérieur sur le plan civilisationnel et appelé à dominer le reste du monde. L’Europe est invitée à s’aligner sous peine de marginalisation. Son message est explicite : reprendre le contrôle du monde. Pour ceux d’entre nous qui vivent dans le Sud global, ce moment exige une forte clairvoyance. Les États-Unis et l’Occident poursuivront richesse et puissance avec détermination et sans aucune retenue sentimentale ou morale. Les minerais stratégiques, les chaînes d’approvisionnement, les marchés du Sud constituent des enjeux centraux de cette ambition. Ils ne viennent pas négocier mais arracher. La vulnérabilité la plus grave se situe pourtant en Afrique même. Nombre de nos nations sont dirigées par des élites qui abandonnent leur marge de manœuvre avant même toute pression extérieure. Elles échangent terres, ressources et souveraineté de long terme contre la garantie de rester au pouvoir et de préserver des maigres privileges. Ce que nous observons aujourd’hui ressemble à une nouvelle conférence de Berlin bis. En 1884, les puissances européennes invoquaient une mission civilisatrice pour légitimer le partage et la conquête. Aujourd’hui, aucun vernis moral n’est nécessaire. Les objectifs sont énoncés clairement: richesse, contrôle, domination. L’Afrique est déjà prise dans des systèmes qui extraient ses richesses et limitent ses choix. La dépendance financière, la dépendance technologique et la fragmentation politique renforcent cet état. Et si nous restons passifs et divisés, ces mécanismes se durciront. Le discours de Munich retire enfin le masque de l’Occident. L’époque des langages prudents et politiquement corrects est révolue. L’Afrique doit choisir si elle restera parmi les dominés ou si elle veut se soustraire à cette domination. Le danger ne nous guette plus : il est déjà là, et il nous revient de nous organiser pour ne pas revoir nos enfants se faire fouetter dans les champs de canne à sucre dans quelques décennies. Réveillons-nous, peuple africain. Par Farida Bemba Nabourema Citoyenne Africaine Désabusée!
APO Group remporte un doublé aux Global Brand Awards 2025

La société est reconnue pour son leadership en relations publiques, en communications stratégiques et en narration influente APO Group, le leader panafricain multiprimé du conseil en communication et de la distribution de communiqués de presse, a été récompensé lors des Global Brand Awards 2025 pour la fourniture de communications à l’échelle continentale, garantissant l’impact, la confiance et la cohérence sur de multiples marchés et auprès de diverses institutions. APO Group a reçu deux distinctions : Excellence en Relations Publiques et Communications Stratégiques et Campagne Médiatique la plus Influente. Les Global Brand Awards célèbrent les entreprises qui font preuve de leadership, d’innovation et d’impact mesurable sur les marchés internationaux. « Ces prix récompensent l’ampleur et la portée du travail que nous accomplissons dans toute l’Afrique. Nos clients s’appuient sur des communications qui produisent des résultats tangibles à travers les marchés et les institutions. En combinant conseil de premier plan, exécution locale et visibilité garantie, APO Group fournit un système unique et éprouvé qui offre toujours l’excellence. Je suis fier de l’expertise et de la discipline que nos équipes apportent à cette norme », déclare Bas Wijne, CEO d’APO Group. Le prix Excellence en Relations Publiques et Communications Stratégiques récompense l’approche intégrée d’APO Group, qui aligne la stratégie, l’exécution et la distribution sur 54 marchés africains. Le prix Campagne Médiatique la plus Influente souligne le travail d’APO Group pour Unstoppable Africa 2025, fourni dans le cadre de la Global Africa Business Initiative (GABI). La GABI est une plateforme opérationnelle toute l’année qui redéfinit le récit de l’Afrique sur le monde de l’entreprise, les investissements et l’innovation sur la scène mondiale, avec son événement phare, Unstoppable Africa, qui se tient en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York et en ligne. La Global Africa Business Initiative (GABI) est organisée par le Pacte mondial des Nations unies en partenariat avec la Commission de l’Union africaine. APO Group a dirigé les communications stratégiques de la campagne, coordonnant le développement narratif, l’engagement médiatique et l’exécution intermarchés sur les canaux de relations publiques et numériques, favorisant une large participation et un impact significatif. Cette reconnaissance s’appuie sur une année couronnée de succès international, notamment la médaille d’or aux SABRE Awards 2025, la médaille d’or et de bronze aux Davos Communications Awards, et de multiples distinctions pour les communications axées sur la stratégie et les résultats. Avec un portefeuille de clients couvrant les gouvernements, les sociétés multinationales et les institutions, APO Group continue de définir la norme pour les communications axées sur la performance à travers l’Afrique. À propos APO Group : Créé en 2007 par Nicolas Pompigne-Mognard, APO Group est le cabinet de conseil en communication pensé pour la performance et alliant conseil stratégique, exécution de terrain et visibilité garantie sur tous les marchés africains. Reconnu par de nombreuses distinctions internationales, notamment les prix SABRE, Davos Communications et World Business Outlook, APO Group s’associe à des organisations mondiales et africaines pour fournir des communications performantes, grâce à la stratégie, à l’exécution et à une visibilité mesurable. Les fonctions consultatives de son fondateur auprès d’institutions internationales élargissent l’accès d’APO Group aux décideurs et renforcent son rôle de cabinet de conseil en communication le plus connecté du continent.
Sénégal. Quand Macky Sall rêve de l’ONU

LIBRES PROPOS. Il veut conquérir le monde pendant que son pays a enterré ses enfants. Macky Sall vise désormais le trône suprême de la diplomatie mondiale le Secrétariat général de l’Organisation des Nations unies. Rien que ça. Après avoir régné sans partage sur Dakar, le voilà qui se prend pour le messie planétaire, le gourou de la paix universelle, le pape autoproclamé des droits humains. Depuis des mois, l’ancien président parade dans les capitales comme un démarcheur de conscience mondiale. Il distribue des poignées de main comme des prospectus, aligne les sourires, collectionne les selfies diplomatiques. Le costume est impeccable, la cravate bien serrée, le storytelling bien huilé. Macky Sall vend de la stabilité en kit pendant que le Sénégal a compté ses morts. Car pendant que monsieur fait le beau dans les salons climatisés, la réalité, elle, pue le sang et la poudre au Sénégal. Plus de quatre-vingts morts. Des jeunes abattus. Des amputés. Des familles broyées. Une génération traumatisée entre 2021 et 2024. On peut repeindre son image en bleu ONU, mais on ne lave pas le sang avec de la diplomatie . Et pourtant, au Sénégal, c’est la foire au fantasme. Médias excités, chroniqueurs en transe, réseaux sociaux en délire. On parle d’une candidature “adoubée” par l’Union africaine. Pure hallucination collective. Delirium tremens politique. Dans les agendas officiels africains ? Zéro Macky. Nada. Pendant que certains dissertaient sur le sexe des anges, le pays sombrait dans l’homosexualité l’obsession de l’argent facile, l’insalubrité chronique et la foi transformée en gadget politique. Avant de rêver à New York, il faudrait déjà balayer devant nos portes. Soyons cash sans soutien officiel de l’État sénégalais, cette candidature est un ballon d’air chaud. Une ambition suspendue dans le vide. Mais même avec une signature, reste la question qui tue la morale. Comment devenir champion des droits humains avec un passif de cimetières politiques ? Comment prétendre arbitrer les guerres du monde quand on a laissé sa jeunesse se faire massacrer ? La crédibilité internationale ne s’achète pas à coups de voyages diplomatiques. Elle se gagne. Elle se paie. Pendant que Dakar fabrique des mirages, la vraie course avance ailleurs. Les profils sérieux sont déjà dans la place Rafael Mariano Grossi (Argentine) Michelle Bachelet (Chili), Rebeca Grynspan (Costa Rica), sans oublier Amina Mohammed, Jacinda Ardern, María Fernanda Espinosa, Kristalina Georgieva ou David Choquehuanca. Et cerise sur le cercueil politique une pression énorme pousse pour que la prochaine Secrétaire générale soit une femme. Pendant ce temps, Macky Sall joue à cache cache avec la réalité. Le processus est béton dialogues publics, votes secrets au Conseil de sécurité, validation finale à l’Assemblée générale. Pas de raccourci. Pas de piston africain. Pas de folklore made in Dakar. Comme si le feuilleton n’était pas assez grotesque, voilà Madiambal Diagne qui rajoute sa couche sur X, annonçant que la candidature coince, que Ousmane Sonko n’aurait reçu aucune instruction à l’UA pendant que Bassirou Diomaye Faye aurait savamment organisé son injoignabilité. Et le pompon Macky Sall aurait conditionné sa candidature au soutien officiel du Sénégal. Traduction il rêve d’ONU, mais attend encore le tampon de Dakar. Voilà où on en est. Un ancien président qui veut parler au monde pendant que son peuple hurle. Qui cherche la bénédiction des chancelleries pendant que les mères sénégalaises cherchent justice. Son projet onusien ressemble moins à une vocation qu’à une tentative de lessivage politique en eaux internationales. Comme si l’ONU était devenue un pressing pour bilans sanglants. On ne devient pas gardien de la paix mondiale quand on laisse derrière soi des tombes anonymes. On ne s’autoproclame pas conscience universelle quand sa propre jeunesse porte encore les cicatrices du plomb. Pour l’instant, Macky à l’ONU, ce n’est pas demain la veille. C’est surtout un sommet du déni. Et pendant qu’il court après les couloirs feutrés du monde, le Sénégal, lui, attend toujours vérité, dignité… et réparation. Par Malick BA Journaliste
Congo : luttes d’influence autour du secteur des télécoms et de la Primature ( lecture en 5 minutes )

PARLONS-EN. Le secteur numérique congolais, longtemps ignoré et mal géré par l’amiral Hilaire Moko et Obili via la Dgcpt, relancé en 2009 par la création de l’Arpce, connaît une croissance rapide depuis 2022, générant des recettes publiques substantielles grâce aux outils comme le Hub numérique et la supervision du Mobile Money permettant ainsi la traçabilité des recettes des contribuable par le projet Timbre Électronique Fiscal (TEF). Cette manne attire des rivalités féroces impliquant des figures proches du pouvoir, au risque d’ignorer les défis structurels, juridiques et les contraintes d’infrastructures. Ces tensions s’étendent à la Primature et au-delà, où le pugilat pourrait éclater entre les incompétents et mafieux, Mabiala, Maboundou, N’Silou et Cie positionnés sur le fil de rasoir sans savoir qu’ils pourraient être supplantés par une femme ou un Téké a défaut d’un techno. Créée par la loi n°11-2009 du 25 novembre 2009, sous l’instigation des institutions financières internationales, l’Agence de régulation des postes et communications électroniques (Arpce) est dirigée dès 2010 par l’ingénieur Yves Castanou qui rédige les textes qui la régissent sous Thierry Moungalla. Très vite, malgré la volonté de le détruire en essayant de l’obliger à loger les comptes de l’Arpce au trésor, il renfloue cependant les caisses de l’État à hauteur de milliards de fcfa annuels là où Obili et Moko faisaient moins de cinq milliards. En 2019, une loi du 30 octobre instaure l’ANSSI une instruction certes crédible mais sans infrastructure et sans budget fragmentant partiellement les compétences ainsi que les ressources de l’Arpce, tandis que Castanou est accusé de bloquer des rentes numériques au profit du Trésor. Plus tard, un journaliste va convaincre Castanou de présenter Louis Marc Sakala à Denis Sassou pour le succéder. Louis Marc Sakala, colonel-ingénieur, intègre la chaîne données-traçabilité-fiscalité, boostant les recettes à plusieurs milliards FCFA annuels, via la mise en place du TEF, Mobile Money sous l’impulsion de COMEF du parlement etc., et innove le secteur sur plusieurs points par des constructions d’infrastructures 2 Data centers, la couverture en réseaux téléphonique de 240 nouvelles localités, la construction de plusieurs bâtiments administratifs moderne de l’Arpce (Pointe-Noire, Oyo, Dolisie et Ouesso) mais aussi l’apport d’un nouveau câble sous marins 2Africa de Meta suscitant ainsi les réactions. Rivalités, haine, jalousie, coups et rétrocommissions En 2022, la loi n°69-2022 du 16 août crée l’ADEN pour le développement de l’économie numérique, accélérant les appétits pour le contrôle des données.Le 29 mars 2025 est créée par la Loi n° 5-2025 du 29 mars 2025 la Commission Nationale pour la Protection des Données Personnelles. Le 16 mars 2024, le limogeage de Sakala de l’église ICC, fragilise Sakala et Castanou avec des effets sur tout le secteur numérique, sur toute la nation et au-delà alimentant ainsi, scandales médiatiques et emprise. En avril 2025, Jean-Dominique Okemba fait nommer son neveu Conrad Onesim Oboulhas Tsahat à l’ANSSI, tandis que Florent Ntsiba et Léon Juste Ibombo visent l’Arpce et ont déjà pistonné leur pion à l’Aden, l’ingénieur Héliodore Francis Alex Gouloubi qui est curieusement encore administrateur à l’Arpce ; Denis Junior Omar Bongo convoite pratiquement toute la fibre optique ne laissant que moins de bras à Congo Télécom mais aussi recherche la paternité et la mise en place de l’ensemble des activités de digitalisation du Congo. De son côté, Jean-Jacques Bouya et Cie bloquent les grands projets pour ne pas voir émerger les jeunes. Ces luttes révèlent un conflit intergénérationnel tribalo-spirituel et des flux financiers. Les preuves : la candidature de Luc Missidimbazi portée par Léon Juste Ibombo et Sakala pourtant l’une des mieux positionnées mais, hélas, placée dans les pupitres de Jean Claude Gakosso; Castanou conviendra avec nous qu’il est asphyxié, et fait face aux plaintes récurrentes des populations sur l’instabilité de son internet dépendant du câble sous-marin Wacs exploité par Congo Télécom confronté à d’importants besoins de financement pour son entretien. Heureusement que, les actions de l’Arpce qui s’est plié en 4 pour activer le câble 2Afica en activité depuis quelques jours selon nos sources (il est fonctionnel et utilisé par Mtn mais aussi par Airtel ) améliore la redondance du réseau internet et devient même le fournisseur de l’internet de Congo Telecom indépendamment du câble Wacs tours en travaux. (Suite vendredi) Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Congo. Anatole Limbongo Ngoka : entre renoncement de sa candidature, indépendance et leçons politiques

Vous avez dit qu’il était accompagnateur de Sassou Nguesso… TRIBUNE. L’annonce du renoncement de la candidature d’Anatole Limbongo Ngoka a surpris, attristé, parfois désorienté. Anatole Limbongo Ngoka, candidat déclaré à l’élection présidentielle de mars prochain en République du Congo, a officiellement renoncé à sa candidature. La raison est aussi simple que lourde de signification : l’impossibilité de réunir la caution de participation fixée à 25 millions de francs CFA. Au-delà de l’émotion suscitée chez ceux qui croyaient en sa personnalité et en sa vision politique inspiree de la doctrine sociale de l’eglise, cette décision ouvre un débat de fond sur la démocratie, l’indépendance politique et les mécanismes d’exclusion indirecte dans les processus électoraux. Une caution électorale : droit ou barrière ? La première leçon est d’ordre institutionnel et démocratique. La participation à une élection présidentielle relève, en principe, de l’exercice d’un droit politique fondamental. Pourtant, l’exigence d’une caution de 25 millions de francs CFA pose une question centrale : à quel moment une mesure administrative devient-elle un obstacle social et politique ? Dans un contexte où les ressources financières sont inégalement réparties, un tel montant peut fonctionner comme un filtre économique. Il ne sélectionne pas seulement des projets politiques ; il sélectionne des capacités financières. Le fait qu’Anatole Limbongo Ngoka n’ait pas pu réunir cette somme révèle, paradoxalement, un élément essentiel : il ne bénéficiait ni d’un puissant réseau de sponsors, ni d’un soutien financier structuré, contrairement à ce que certaines langues fourchues et malveillantes ont propagé sur les réseaux sociaux. Cette incapacité objective vient contredire les accusations selon lesquelles il aurait été un pion ou un accompagnateur de Denis Sassou Nguesso ou du Parti Congolais du Travail (PCT). Si tel avait été le cas, la caution aurait été, sans difficulté, mobilisée. Son retrait, loin de confirmer une quelconque connivence, met plutôt en lumière une indépendance réelle — peut-être trop réelle dans un système où la politique reste fortement adossée aux moyens financiers. La parabole de l’ivraie : une lecture symbolique La situation rappelle une dimension biblique riche d’enseignement : la parabole de l’ivraie et du bon grain (Matthieu 13, 24-30). Dans cette parabole, un homme sème du bon grain, mais un ennemi vient semer de l’ivraie au milieu du champ. Les serviteurs proposent d’arracher l’ivraie immédiatement, mais le maître refuse, de peur d’arracher aussi le bon grain. Il décide d’attendre la moisson pour séparer les deux. Transposée au champ politique, cette parabole illustre la coexistence du vrai et du faux, de l’authentique et du soupçon, de la sincérité et de la manipulation. Le temps finit toujours par révéler les réalités. Dans le cas d’Anatole Limbongo Ngoka, les accusations le présentant comme un simple accompagnateur du pouvoir s’effritent d’elles-mêmes face à l’épreuve des faits. La « moisson » politique, ici, a révélé une vérité inattendue. Le dénigrement systématique des partisans de la participation électorale Au-delà du cas particulier d’Anatole Limbongo Ngoka, un phénomène plus large mérite d’être analysé : le dénigrement systématique de tous ceux qui appellent à la participation aux élections. Dans le débat politique congolais, une équation simpliste semble s’imposer : participer aux élections équivaudrait à cautionner le système en place. Ainsi, toute personnalité politique qui choisit la voie électorale est immédiatement soupçonnée d’être un « accompagnateur » de Denis Sassou Nguesso, voire un allié tacite du Parti Congolais du Travail. Or, ces accusations sont souvent formulées sans preuves tangibles. Elles reposent davantage sur des présomptions idéologiques que sur des faits établis. Cette logique enferme le débat public dans une opposition binaire : boycotter ou trahir. Une telle posture pose problème pour la vitalité démocratique. Dans toute démocratie, la participation électorale est un droit et un choix stratégique. Certains optent pour la confrontation institutionnelle par les urnes ; d’autres choisissent la contestation ou le boycott. Ces deux options relèvent de stratégies politiques différentes, mais aucune ne devrait être disqualifiée moralement par principe. Qualifier sans preuve tous les candidats ou sympathisants de la participation d’« accompagnateurs » revient à nier leur autonomie politique et à confisquer le pluralisme des stratégies. Le défi du lobbying et la question des preuves Un autre élément vient complexifier davantage le débat : l’initiative de lobbying que souhaite organiser Maître Brice Nzamba afin de dénoncer d’éventuelles fraudes et irrégularités électorales. L’intention peut apparaître légitime dans un contexte où la transparence électorale est régulièrement questionnée. Cependant, la principale difficulté résidera dans l’adhésion des candidats confirmés à cette dynamique. Sans leur participation active, sans leur engagement formel et sans la mise à disposition d’éléments concrets, l’action de lobbying risque de manquer de force et de crédibilité. Car pour bien mener sa mission, il ne suffira pas d’exprimer des soupçons ou des ressentis. Il faudra produire des preuves tangibles de fraude et d’irrégularités : procès-verbaux, témoignages vérifiés, incohérences documentées, écarts statistiques démontrables. En matière électorale, l’argumentation morale ne remplace pas l’argumentation factuelle. Si les candidats engagés dans la compétition ne participent pas à la collecte et à la consolidation de ces preuves, l’initiative pourrait se heurter à une limite structurelle : l’impossibilité de transformer une conviction politique en dossier juridiquement et diplomatiquement défendable. Les fausses accusations : le poison du débat public La vie politique congolaise — comme beaucoup d’autres — est marquée par une culture du soupçon. Des personnalités parfois peu connues sont rapidement cataloguées, assimilées, disqualifiées, souvent sans preuve. L’objectif est clair : décourager, semer le doute, fragiliser. Cette attitude rappelle l’épisode des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 18-35). Après la résurrection, deux disciples marchent avec Jésus sans le reconnaître. Leur regard est obscurci par leurs attentes, leurs déceptions et leurs préjugés. De la même manière, en politique, le regard peut être biaisé par l’appartenance départementale, l’origine ethnique, l’affiliation partisane ou une divergence idéologique. On juge avant de comprendre. On condamne avant de connaître. Or, cette logique du dénigrement permanent appauvrit le débat démocratique. Elle transforme l’espace politique en terrain d’antipathie plutôt qu’en lieu de confrontation d’idées. Une démocratie à interroger L’affaire soulève donc plusieurs interrogations majeures : La question de l’accessibilité financière des candidatures
Conférence de Munich : quand le soldat Rubio tente de sauver le suprémacisme blanc

PARLONS-EN. La conférence de Munich sur la sécurité vient de s’achever, et je ne sais pas si les Africains ont prêté attention au discours du ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio. Pour ceux qui ne l’ont pas suivi, on va résumer en une phrase : Rubio a plaidé pour une restauration de l’Occident — au nom de la « civilisation occidentale » — sous la direction des États-Unis. Il a livré un plaidoyer pour une vision du monde que l’on peut, sans exagérer, rapprocher de ce qu’on appelle la « suprématie blanche », avec tout ce qu’elle charrie de lourd et de problématique. Il semble regretter l’époque où l’homme blanc s’arrogeait le droit de conquérir la planète et d’assujettir les prétendues races «inférieures» à ses caprices. Il a appelé l’Europe à se ranger derrière l’Amérique de Donald Trump, engagée dans une nouvelle croisade contre ceux qui défient l’ordre international façonné et dominé par les États-Unis. Et au terme de son allocution, les dirigeants et responsables européens lui ont réservé une ovation debout. Rien d’étonnant : tout en les bousculant, Marco Rubio leur a tout de même rappelé, en filigrane, ce passé « glorieux » où l’homme blanc pouvait commettre des génocides, coloniser, dominer et imposer ses volontés et ses soi-disant « valeurs » au reste du monde sans sourciller. Deux grandes leçons se dégagent de cette intervention, qui reflète la vision américaine en matière de politique étrangère. Premièrement, certains Occidentaux semblent incurables : on ne les guérira pas de leur obsession de diriger le monde. Quand on a construit sa prospérité sur la souffrance d’autrui, en enjambant des montagnes de cadavres et en s’abreuvant de torrents de sang humain, il devient difficile d’accepter un monde qui refuse désormais cette prétention à la domination. Deuxièmement, les Africains en général, et les Congolais en particulier, devraient en tirer les conclusions qui s’imposent. Ceux qui sont aux manettes dans la plupart des pays occidentaux ne rêvent que d’une chose : les dominer. Ils sont désemparés parce qu’ils n’ont plus les moyens de leur domination. Ce n’est pas le monde qui est en crise, comme le répètent certains commentaires occidentaux; c’est l’hégémonie occidentale qui est malade de son déclin et qui cherche la bonne formule pour se prolonger. On peut détester Donald Trump et le comparer, comme le font certains en Europe, à Adolf Hitler. Mais il faut garder à l’esprit que l’Amérique de Trump n’est pas fondamentalement différente de l’Union européenne d’Ursula von der Leyen ; et que le président américain, comme Hitler par ailleurs, sur l’essentiel, n’est pas très pas différent de ses homologues européens. Ce que Trump a en commun avec Hitler, c’est d’appliquer à ses semblables occidentaux — donc à des Blancs comme lui — ce que l’Occident a toujours fait subir aux non-Blancs. Oui, ce qui a fait de Hitler un monstre, ce n’est pas seulement la nature criminelle de ses actes, mais aussi l’identité — blanche — de ses victimes. L’histoire écrite par ceux qui ont exterminé les Amérindiens et décimé des nations entières en Amérique latine, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, au nom d’une prétendue supériorité civilisationnelle, ne lui pardonne pas de s’être « trompé de race » dans son entreprise exterminatrice. Trump, à son tour, est en train de « se tromper de race », et cela heurte profondément l’Europe, qui préférerait voir le camp occidental resserrer les rangs face à la montée des puissances dites « révisionnistes » — Chine et Russie en tête — autour desquelles se greffent plusieurs pays de la Majorité mondiale. C’est cette dynamique que Rubio a, au fond, mise en lumière à Munich. Aux Africains de mesurer lucidement ce qui se prépare… Par Patrick Mbeko
Maroc. Le FMI appelle à davantage de réformes liées au marché du travail

La création d’emplois durables demeure une priorité pressante au Maroc ECONOMIE. «La création d’emplois durables demeure une priorité pressante», a affirmé le Fonds monétaire international (FMI) dont une mission a séjourné du 29 janvier au 11 février au Maroc. A la tête de l’équipe du FMI, Laura Jaramillo a estimé qu’en plus de constituer un défi majeur pour le pays, la création d’emplois durables « nécessite des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et une meilleure réactivité du marché du travail ». Le contexte est tel que l’institution financière internationale a appelé à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail. «L’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées», a déclaré Laura Jaramillo qui s’est entretenue avec les autorités nationales dans le cadre des consultations au titre de l’article IV pour l’année 2026. Des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences Dans sa déclaration, la cheffe de mission du FMI a relevé les efforts fournis pour mieux cibler le soutien financier et technique accordé aux TPME, à travers la Charte d’investissement, les Centres régionaux d’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement ainsi que la nouvelle Charte TPME, insistant toutefois sur «un suivi étroit des résultats en matière d’emploi». Prenant note de la mise en œuvre continue de la «Feuille de route pour l’emploi 2030», qui propose un cadre visant à réduire le chômage à travers la modernisation des politiques actives du marché du travail et un soutien renforcé aux jeunes non diplômés, elle a souligné toutefois l’importance de poursuivre les efforts et d’en assurer l’efficacité, notamment par «des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences» par rapport aux besoins du marché. De l’avis des experts de l’organisme international ayant séjourné au Royaume, les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers clés pour stimuler l’emploi durable. A titre de rappel, le taux de chômage s’est situé à 13% au niveau national, de 16,9% à 16,4% en milieu urbain et de 6,8% à 6,6% en milieu rural, selon les statistiques relatives à la situation du marché du travail en 2025 publiés en début du mois de février par Haut-commissariat au plan (HCP). D’après ces chiffres, « il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%) ». En d’autres termes, la situation demeure critique pour ces catégories. Dans sa note d’information, synthétisant ces différentes évolutions, l’institution publique estime que «le taux de sous-emploi a augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural». En effet, durant la même période, l’organisme constate que le volume du sous-emploi est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural. Il est à rappeler qu’au cours de cette période, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée, selon la même source. Les chiffres montrent que «la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8%», a fait savoir l’institution précisant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois. Alain Bouithy