RDC/Page d’histoire. Il était une fois Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila

RDC/Page d’histoire. Il était une fois Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila

(Ou l’histoire de la longue lutte entre les deux Désiré !) Il y a exactement 28 ans (mai 1997-mai 2025), Laurent-Désiré Kabila mettait un terme au règne du Maréchal Mobutu. Mais beaucoup de congolais n’ont retenu que la rencontre sur le navire de guerre sud-africain « Outeniqua », oubliant que les deux Désiré se livraient déjà à une confrontation à distance dès l’indépendance. Voici un condensé de leurs parcours croisés, jalonnés d’affrontements constants. Et un survol rapide de notre histoire contemporaine. Deux prénoms composés Le premier Désiré, Joseph-Désiré Mobutu, est né le 14 octobre 1930 à Lisala dans l’actuelle province de la Mongala. Il est le fils d’Albéric Gbemani et de Madeleine Yemo. Les deux parents sont de la tribu ngbandi. Le second Désiré, Laurent-Désiré Kabila, est, quant à lui, né le 27 novembre 1941 à Likasi, dans la province du Haut-Katanga. Fils de Désiré Taratibu Kabila (mais l’histoire a retenu juste le nom de Désiré Taratibu), un luba du Katanga et de Jeanine Mafik, fille d’un grand notable lunda, membre de la cour de l’empereur Mwant Yav. Deux jeunes nationalistes-lumumbistes Le 30 juin 1960, le jour de la proclamation de l’indépendance du Congo, les deux Désiré sont membres du courant nationaliste-lumumbiste. En effet, Joseph-Désiré Mobutu est membre du parti politique MNC-L (Mouvement National Congolais) présidé par Patrice Emery Lumumba. C’est sur le quota politique du MNC-L que Joseph-Désiré Mobutu est nommé vice-ministre à la Primature. A l’époque, on disait secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil. Laurent-Désiré Kabila, qui a 19 ans, est, de son côté, président de la Jeunesse Balubakat (Jeukat). La Balubakat (Baluba du Katanga) est le parti politique présidé par Jason Sendwe. C’est un parti nationaliste allié au MNC-L et membre du gouvernement Lumumba. Moïse Tshombe fait sa sécession Le 11 juillet 1960, le gouverneur du Katanga, Moïse Tshombe, président du parti politique Conakat, avec le soutien de l’armée belge déployée à Lubumbashi et qui a désarmé les militaires congolais de l’ANC, proclame l’indépendance de sa province. C’est la sécession de l’Etat Indépendant du Katanga. Le gouvernement Lumumba condamne l’action de Moïse Tshombe et l’ingérence de la Belgique. La Balubakat de Sendwe condamne aussi cette sécession katangaise et décide de la combattre militairement. La Jeukat de Laurent-Désiré Kabila devient une milice armée. Le combat pour l’unité du Congo Le premier ministre Lumumba a réintégré Joseph-Désiré Mobutu dans l’armée en lui donnant le grade de Lieutenant-Colonel et la fonction de Chef d’état-major de l’ANC (Armée Nationale Congolaise). Et l’ANC va se mettre à envoyer des armes et des munitions à la milice Jeukat de Laurent-Désiré Kabila pour combattre la sécession katangaise. Pour Moïse Tshombe, Laurent-Désiré Kabila et les autres membres de la Balubakat deviennent des rebelles. Le conflit Kasa-Vubu et Lumumba Le 5 septembre 1960, un conflit éclate au sommet de l’Etat. Le président Joseph Kasa-Vubu révoque le premier ministre Patrice Lumumba et ce dernier démet le président Kasa-Vubu. C’est la confusion. Le Parlement annule les deux décisions et met en place une commission compromissoire pour réconcilier les deux leaders. L’ambassadeur américain menace le président Kasa-Vubu de lui couper l’aide s’il se réconcilie avec Lumumba. Le Parlement finira par accorder les pleins pouvoirs au premier ministre Lumumba. En réaction, le président Kasa-Vubu suspend le Parlement. Dans ce conflit, le colonel Joseph-Désiré Mobutu, le numéro un de l’armée, choisit le camp du président Kasa-vubu. Pour Laurent-Désiré Kabila, Mobutu a trahi la cause nationaliste en lâchant Lumumba. L’assassinat de Patrice Lumumba Le 2 décembre 1960, Patrice Lumumba, qui s’est échappé de sa résidence surveillée, est arrêté à Lodi par les militaires que Joseph-Désiré Mobutu avait lancés à ses trousses. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et ses deux compagnons, Maurice Mpolo et Joseph Okito, sont transférés au Katanga où ils sont assassinés sans jugement. Laurent-Désiré Kabila est très affecté par cet assassinat de son leader nationaliste. Plus tard, dans un moment d’émotion, il dira à sa mère qu’il sera un autre Lumumba et que Mobutu, tôt ou tard, payera pour sa trahison. Laurent-Désiré Kabila et Soumialot lance la rébellion à l’Est. Au mois d’avril 1964, Laurent-Désiré Kabila et Gaston Sumaili dit Soumialot lancent la rébellion-révolution des Simba (Lions) contre le régime du président Kasa-vubu et l’armée du général Joseph-Désiré Mobutu. En quelques mois seulement, les Simba, que la population a surnommés  » les Mayi-mayi « , prennent le contrôle d’une grande partie du territoire national se trouvant à l’Est. Après la prise de Kisangani, Christophe Gbenye, le chef du mouvement politico-militaire CNL (Conseil National de Libération) se proclame président de la République Populaire du Congo. Laurent-Désiré Kabila est membre de son gouvernement. La révolution échoue mais Kabila continue la lutte Le 24 novembre 1964, Moïse Tshombe, qui est devenu Premier ministre à Kinshasa, le général Joseph-Désiré Mobutu et son armée (ANC), leurs alliés (l’armée belge, la CIA américaine. . .) et leurs mercenaires (Bob Denard, jean Schramme. . . ) chassent Laurent-Désiré Kabila et ses camarades révolutionnaires (Christophe Gbenye, Gaston Soumialot, général Nicolas Olenga. . . ) de Kisangani et libèrent les territoires de l’Est. Tous les leaders révolutionnaires partent en exil à l’étranger. Laurent-Désiré Kabila décide, lui, de rester au pays et de poursuivre la lutte armée contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. Il crée un maquis à Hewa-Bora dans le Sud-Kivu. Mobutu fait son coup d’Etat Le 24 novembre 1965, sous prétexte de commémoration du 1er anniversaire de la libération de Kisangani (24 novembre 1964-24 novembre 1965), le général Joseph-Désiré Mobutu convoque à Kinshasa les commandants des grandes unités de l’ANC. C’est ce jour-là que le général Mobutu démet le président Kasa-Vubu et se proclame nouveau chef de l’Etat. Laurent-Désiré Kabila apprend la nouvelle dans son maquis et décide de poursuivre la lutte contre le nouveau régime de Joseph-Désiré Mobutu. Laurent-Désiré Kabila abandonne le maquis Le 20 mai 1967, Joseph-Désiré Mobutu crée son parti politique le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Le 24 décembre 1967, Laurent-Désiré Kabila crée le Parti de la Révolution du Peuple (PRP). Vers la fin des années 1970, harcelé par les militaires de

Congo/Présidentielle 2026 : L’IPPRC mise sur la « Conviction » et appelle Denis Sassou N’Guesso à se porter candidat

Congo/Présidentielle 2026 : L’IPPRC mise sur la « Conviction » et appelle Denis Sassou N’Guesso à se porter candidat

A l’approche de l’échéance électorale de 2026 au Congo, l’Initiative Populaire pour le Renouveau Citoyen (IPPRC) publie son livret manifeste de 20 pages intitulé « Notre conviction mars 2026 : Denis Sassou N’Guesso notre candidat », un plaidoyer en faveur de la continuité et de la stabilité. Pourquoi l’IPPRC choisit-elle la continuité pour 2026 ? À travers son nouveau « Livre Marron », l’association détaille les réalisations qui font notre fierté : hôpitaux, universités, routes et surtout… la Paix.Entre bilan concret et vision d’avenir, l’organisation réaffirme son soutien indéfectible au Président Denis Sassou N’Guesso et appelle à une mobilisation nationale pour la stabilité et la poursuite des grands chantiers. Un nouveau symbole : Le « Livre Marron » L’heure n’est plus aux simples slogans. Pour marquer sa métamorphose, l’IPPRC délaisse les gadgets habituels pour un support plus solennel : une brochure de 20 pages à la couverture marronne.Identifiable par le logo de l’association (une poignée de mains) et le drapeau national, ce livret arbore en couverture le portrait du chef de l’État. Plus qu’un simple support de communication, ce document définit les missions de l’IPPRC : • Promotion de la bonne gouvernance via des colloques et séminaires.• Formation des cadres à une éthique républicaine.• Sensibilisation environnementale. Le bilan comme socle de conviction Pour justifier son soutien, l’IPPRC s’appuie sur des réalisations concrètes, illustrées par une vingtaine de photographies. Malgré une conjoncture économique mondiale difficile, l’association, à travers son nouveau « Livre Marron », détaille les réalisations qui font notre fierté : hôpitaux, universités, routes et surtout… la Paix. L’IPPRC met en avant les chantiers achevés ou en cours sous l’impulsion de Denis Sassou N’Guesso : • Éducation & Santé : Le complexe scolaire de la Liberté, l’université de Loango, l’école Simon Pierre Kikhounga Ngot de Louvakou, dans le Niari et les hôpitaux généraux de Sibiti et Ouesso.• Infrastructures : La route Pointe-Noire–Brazzaville et le complexe hôtelier Kempinski.• Énergie : Le raccordement d’Ewo au réseau électrique national. La Paix et la Stabilité : Des arguments « non négociables » Le livret souligne que le choix de 2026 est avant tout un choix de « vérité et de conscience ». Pour l’IPPRC, Denis Sassou N’Guesso est le garant de trois piliers fondamentaux qui ont permis au Congo d’éviter les crises traversées par d’autres nations : – La Paix : Préservée malgré des épreuves majeures. – La Sécurité : Maintenue par des réponses étatiques efficaces. – La Stabilité : Un rempart contre les violences politiques. « Voici l’heure venue du choix, de vérité, de décision personnelle de chacune et chacun d’entre nous… pour poursuivre ardemment notre marche commune. » — Extrait du livret de l’IPPRC. Wilfrid Lawilla D.

RDC. Fiston Mukunayi : l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce

RDC. Fiston Mukunayi : l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce

OPINION. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, « a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées », affirme l’avocat pénaliste et homme politique Fiston Mukunayi, dans la tribune ci-dessous. « L’UDPS doit des excuses sincères au peuple congolais. Oui, des excuses. Car une grande part de l’échec de ce pays lui incombe. Depuis l’époque de Mobutu, l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce, au nom d’un combat prétendument démocratique, mais sans jamais offrir une vision sérieuse, structurée et responsable de l’État. C’est aussi sous sa pression permanente que le régime de Joseph Kabila a gouverné dans la crispation, l’improvisation et la paralysie, dans un climat de conflit politique entretenu volontairement. L’UDPS est le véritable manipulateur de l’opinion. Elle a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées. Aujourd’hui encore, elle ose faire croire que Félix Tshisekedi n’aurait aucune responsabilité dans l’état chaotique du pays. Donc si Tshisekedi echoue c’est parce-que Kabila existe, C’est non seulement faux, mais profondément insultant pour l’intelligence collective des Congolais. Gouverner, c’est assumer ses réussites mais aussi de ses échecs. Le plus grave, c’est cette rhétorique victimaire qui persiste. Hier, on disait que le Congo ne se développait pas parce que Kabila était rwandais et il travaillait pour l’intérêt du Rwanda. Aujourd’hui, on affirme que c’est encore Kabila qui bloque Tshisekedi. Comment un citoyen sans aucune responsabilité étatique pourrait-il bloquer un président de la République qui contrôle l’appareil d’État ? À moins de vouloir faire croire aux gens que Kabila est plus puissant qu’un président en fonction ce qui est utopique, ils ont juste constater que les promesses non tenues s’accumulent , l’insécurité persiste la corruption généralisée et la mauvaise gouvernance seraient pas les conséquences directes du pouvoir en place, ils ont créé un mythe autour de Kabila comme quoi c’est lui le diable. À force de manipuler la vérité, on finit par se manipuler soit même. À force de refuser toute responsabilité, on démontre clairement qu’on n’est pas à la hauteur des responsabilités étatiques ». Par Fiston Mukunayi Avocat pénaliste et Homme politique

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE GAULLIENNE ?

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE GAULLIENNE ?

TRIBUNE. Le retour de Donald Trump sur la scène politique américaine marque une rupture nette dans les équilibres internationaux. Son approche unilatérale et transactionnelle des relations internationales contribue à fragiliser l’ordre mondial issu de l’après-Guerre froide. Dans ce contexte, la relation franco-américaine apparaît profondément déséquilibrée, au point que les prises de position répétées et souvent condescendantes de l’actuel président américain Donald Trump à l’égard du chef de l’État français Emmanuel Macron interrogent sur la place réelle de la France dans le concert des nations. Plus largement, ce sont les Européens, et en particulier la France, qui paient aujourd’hui le prix d’une dépendance stratégique ancienne vis-à-vis de Washington, qu’elle soit militaire, diplomatique, économique ou monétaire. Cette dépendance affecte directement la crédibilité internationale de la France et nourrit un sentiment de déclassement. Une question s’impose alors : qu’est devenue la France héritière du général de Gaulle ? La pensée et l’action gaulliennes reposaient sur un principe central : l’indépendance nationale comme condition de la souveraineté et de la crédibilité internationale. Si Charles de Gaulle est souvent présenté comme critique à l’égard des États-Unis, il ne fut jamais hostile à l’alliance atlantique en tant que telle. Il considérait Washington comme un allié naturel, mais refusait toute forme de subordination. Sa vision reposait sur une coopération entre puissances souveraines, non sur une relation de dépendance. C’est dans cet esprit que de Gaulle entreprit de restaurer la capacité d’action autonome de la France. Il affirma dès 1958 la nécessité pour la France de « prendre une place qui lui soit propre » dans le monde occidental, tout en conservant une liberté de manœuvre stratégique. En 1959, il posa le principe fondamental selon lequel « la défense de la France doit être française », avant d’appeler, en 1962, à la construction d’une Europe politiquement indépendante des États-Unis. Cette doctrine permit à la France de retrouver une crédibilité internationale face à l’hégémonie américaine, rompant avec l’image d’un allié affaibli et peu fiable héritée de la IVe République. Le général de Gaulle contestait la suprématie américaine non par idéologie, mais par lucidité stratégique. Il reconnaissait la puissance des États-Unis et leur rôle sécuritaire face aux tensions avec l’Union soviétique, mais refusait que cette puissance s’impose dans tous les domaines : militaire, nucléaire, économique, monétaire et culturel. Sa critique du rôle central du dollar et son plaidoyer pour un retour à l’étalon-or s’inscrivaient dans cette volonté de limiter les instruments de domination structurelle. À l’heure du trumpisme, marqué par un nationalisme offensif et un retour assumé à une logique de rapports de force, la France semble avoir perdu cette boussole stratégique. Face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie, elle peine à faire entendre une voix autonome. L’Union européenne, fragmentée et dépendante de Washington sur les plans militaire et stratégique, ne constitue pas aujourd’hui un pôle de puissance capable de contrebalancer efficacement les grandes puissances. Dans ce contexte, un retour à une forme de gaullisme rénové apparaît nécessaire : une troisième voie fondée sur l’indépendance stratégique, le refus de l’alignement automatique et la recherche d’équilibres multipolaires. Cette tradition fut incarnée, à des degrés divers, par des figures telles que Jacques Chirac ou Dominique de Villepin. Par ailleurs, l’avenir de l’influence française ne peut être pensé sans l’Afrique. Le continent africain est appelé à devenir l’un des centres de gravité majeurs du monde au XXIe siècle, tant sur les plans démographique, économique que géopolitique. Or, l’image et la position de la France en Afrique se sont considérablement dégradées ces dernières années. Les relations héritées du passé, marquées par une asymétrie et une condescendance perçue, ne sont plus viables. La France doit impérativement repenser sa politique africaine et accompagner les transformations en cours dans une logique de partenariat stratégique équilibré, fondé sur le respect, la réciprocité et les intérêts partagés. L’Organisation internationale de la Francophonie, et plus largement l’espace francophone, peuvent constituer un levier essentiel de projection d’influence, à condition d’être réinvestis politiquement et stratégiquement. En définitive, la France dispose encore d’atouts majeurs : diplomatie, culture, langue, capacité militaire, réseaux internationaux. Mais leur valorisation suppose une remise en question profonde de ses orientations stratégiques. Le destin de la France est étroitement lié à celui de l’Afrique et à sa capacité à s’affirmer comme une puissance d’équilibre dans un monde de plus en plus fragmenté. C’est à ce prix qu’elle pourra restaurer le respect de ses partenaires comme de ses adversaires. « Le respect est le lien de l’amitié. » (Proverbe oriental) « La liberté, c’est le respect des droits de chacun ; l’ordre, c’est le respect des droits de tous. » (Marbeau) Fait à Châteauroux, le 20 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote engagé

Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

HAUT ET FORT. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, le régime de Sassou Nguesso recycle une méthode désormais bien connue : fabriquer la crise pour éliminer l’adversaire politique. Cette énième crise que le pouvoir de sassou entretient volontairement dans le département Pool a un objectif clair : Ntumi, en tant que citoyen congolais, dispose pleinement du droit constitutionnel de se porter candidat à l’élection présidentielle de mars 2026, s’il le souhaite. L’histoire politique récente du Congo montre une constante : 1) Une stratégie répétée depuis 1997 : Depuis son retour au pouvoir en 1997, Sassou Nguesso s’est systématiquement arrangé pour ne jamais affronter un adversaire de taille, capable de créer un véritable rapport de force politique. Entre 2007 et 2009, dans la même logique, plusieurs figures politiques majeures disparaissent successivement de la scène : Résultat : Sassou se présente à l’élection de 2029 sans adversaire crédible et se permet même de fanfaronner publiquement : « Je joue le penalty sans gardien ». En 2016, malgré le rendez-vous manqué de l’opposition, minée par les égos, les pressions et les intimidations, le pouvoir se retrouve en grande difficulté. Sassou était clairement battu par Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko. L’un finira en prison, l’autre sera contraint, sous pression, de reconnaître des résultats falsifiés, étouffant ainsi toute contestation sérieuse. Une disparition lourde de conséquences : Sassou se retrouve, une fois encore, sans adversaire. 2) Ntumi, la nouvelle cible : À la lumière de ces événements, une évidence s’impose : Sassou Nguesso craint l’adversité et le véritable challenge politique. Et la guerre actuelle contre Ntumi s’inscrit parfaitement dans cette logique. Dès lors que ce dernier manifeste son intention de se porter candidat à l’élection de mars 2026, il devient immédiatement un homme à abattre, afin de permettre au pouvoir en place de dérouler, une fois de plus, son tapis électoral sans opposition réelle. 3) Qui veut vraiment le changement ? Entre ceux qui refusent de participer aux élections par peur d’affronter le système et ceux qui accusent Ntumi sans établir le lien évident avec l’échéance de mars 2026, il devient facile de distinguer ceux qui veulent réellement le changement de ceux qui entretiennent le statu quo. Après 43 années de confiscation du pouvoir, le Congo reste pris en otage par un régime qui ne survit que par la peur, la manipulation et l’élimination méthodique de toute alternative crédible. Le changement ne viendra ni de la peur ni du silence, mais du courage de celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’injustice. L’histoire nous observe, et chacun devra assumer sa position. « Les luttes que l’on évite aujourd’hui deviennent les chaînes que l’on portera demain. Le changement n’est jamais offert, il se conquiert. » Milos HEMILEMBOLO Secrétaire national aux relations extérieures de la Convergence Citoyenne

Centrafrique : la réélection de Faustin-Archange Touadéra confirmée par le Conseil constitutionnel

Centrafrique : la réélection de Faustin-Archange Touadéra confirmée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a validé la réélection de Faustin-Archange Touadéra à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, selon Radio Ndeke Luka précisant que le score du président sortant est réévalué à 77,90 % des voix, contre 76,15 % proclamé initialement par l’Autorité nationale des élections ». La stations de radio de la République centrafricaine souligne qu’à l’issue du verdict, les résultats définitifs donnent 77,90 % des voix pour Touadéra, 13,5 % pour Anicet-Georges Dologuélé, et 2,97 % pour Henri-Marie Dondra. Le président sortant devance largement ses principaux challengers. Conformément à la Constitution d’août 2023, Faustin-Archange Touadéra à est élu pour un mandat de sept ans. Le chef de l’Etat centrafricain a déjà passé deux mandats de 5 ans. Martin Kam

Burkina : réduction du nombre de portefeuilles ministériels et départ de quatre membres

Burkina : réduction du nombre de portefeuilles ministériels et départ de quatre membres

Le nouveau gouvernement du Burkina Faso, rendu public lundi soir, est passé de 24 à 22 départements ministériels, avec quatre départs et deux entrées, a constaté l’AIB. La réduction du nombre de membres de l’exécutif fait suite à la fusion du ministère des Infrastructures et du Désenclavement avec celui de l’Habitat et de l’Urbanisme, donnant naissance au ministère de la Construction de la Patrie. On note également la fusion du ministère de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques avec celui de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, pour former le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques. Ces fusions consacrent les départs de Luc Adama Sorgho (Infrastructures) et de Roger Baro (Environnement), ainsi que l’élargissement des portefeuilles de Mikailou Sidibé (Habitat) et du commandant Ismaël Sombié (Agriculture). Deux autres départs ont également été annoncés, à savoir ceux de Roland Somda (Sports) et de Boubakar Savadogo, qui cèdent respectivement leurs places à Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Ouattara et à Moumouni Zoungrana. Le gouvernement Rimtalba Ouédraogo II est par ailleurs marqué par le changement de dénomination de certains ministères. Il s’agit notamment du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, devenu le ministère des Serviteurs du Peuple, et du ministère de la Défense et des Anciens Combattants, désormais dénommé ministère de la Guerre et de la Défense patriotique. Le ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les institutions, Garde des Sceaux, devient simplement le ministère de la Justice. Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur devient le ministère des Affaires étrangères, tandis que le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale devient le ministère de la Famille et de la Solidarité. Ce remaniement ministériel intervient près d’un an après l’arrivée aux affaires du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, rappelle-t-on. AIB

Mali: Conseil des Ministres du vendredi 16 janvier 2026

Mali: Conseil des Ministres du vendredi 16 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 16 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi organique fixant les attributions, la composition, l’organisation et les règles de fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature. Le Conseil supérieur de la Magistrature a pour mission de veiller sur la gestion de la carrière des Magistrats, de donner son avis sur toute question concernant l’indépendance de la Magistrature et de statuer comme Conseil de discipline pour les Magistrats. Son organisation, sa composition, ses attributions et son fonctionnement sont fixés par la Loi organique n°03-033 du 7 octobre 2003. Après plus de deux décennies d’application, la loi du 7 octobre 2003 a révélé des insuffisances liées, notamment à l’évolution de l’environnement institutionnel, juridique et politique ainsi qu’à l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023 qu’il convient de corriger. Le projet de loi organique, adopté, corrige les insuffisances constatées et prend en compte les innovations apportées par la Constitution dans la composition, l’organisation et les règles de fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature. 2. Sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret relatif à la règlementation des drones civils et leurs accessoires en République du Mali. Les drones civils sont des appareils sans équipage à bord, utilisés à des fins non régaliennes, destinés à un usage professionnel, commercial, récréatif ou scientifique et soumis à la réglementation civile. Depuis plusieurs années, l’usage des drones civils connaît une croissance exponentielle dans plusieurs domaines, notamment la photogrammétrie, l’agriculture, la sécurité, la livraison et dans les activités récréatives. Cette expansion rapide pose des problèmes en matière de sécurité aérienne, de protection de la vie privée, de sécurité publique, de protection des infrastructures sensibles et de respect des zones interdites ou réglementées. Les drones civils, de plus en plus performants, accessibles au grand public et à bas coût, peuvent être détournés de leur usage et servir à commettre des attaques terroristes, réaliser des surveillances illicites ou à transporter des charges explosives ou chimiques. Le projet de décret, adopté, permet d’encadrer l’usage des drones civils sur le territoire national et d’apporter une réponse adaptée aux enjeux techniques, sécuritaires et éthiques liés à ces nouveaux outils. 3. Sur le rapport du ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration, le Conseil des Ministres a adopté un projet décret portant approbation de la Stratégie nationale de Cybersécurité du Mali et son Plan d’actions 2026-2030. Le Conseil des Ministres, lors sa session du 3 décembre 2025, a pris acte d’une communication écrite relative à la Stratégie nationale de Cybersécurité du Mali et son Plan d’actions 2026-2030. Cette stratégie vise à garantir un cyberespace sûr qui contribue d’une manière efficace aux objectifs de transformation numérique du pays, à travers l’amélioration de la gouvernance de la cybersécurité, le renforcement de la culture de la cybersécurité et la protection contre les risques liés à la sécurité. Le projet de décret, adopté, consacre l’approbation de ladite stratégie et ouvre la voie à sa mise en œuvre. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE – Conseiller consulaire à l’Ambassade du Mali à Alger : Monsieur Salif BAH, Economiste. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE – Président Directeur général de l’Office du Niger : Monsieur Abdoulaye DIANE, Juriste. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a informé le Conseil des Ministres du lancement officiel du Fonds de résilience de la Diaspora malienne. Le Fonds de résilience de la Diaspora malienne est une initiative de solidarité nationale, qui institue un cadre formalisé et pérenne de mobilisation de ressources financières, destinée à mieux organiser et canaliser la contribution des Maliens établis à l’Extérieur en vue d’appuyer les efforts du Gouvernement pour la résolution des crises que traverse le pays. C’est dans ce cadre que le ministre chargé des Maliens établis à l’Extérieur a remis au ministre chargé des Finances, le 31 décembre 2025, un 1er chèque d’un montant de 200 millions de francs CFA mobilisé par le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur. L’adhésion massive des Maliens établis à l’Extérieur au Fonds de résilience traduit leur volonté de participer activement à la gestion des crises nationales, à la préservation de la cohésion sociale et au soutien à l’économie nationale. 2. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a informé le Conseil des Ministres de la participation du Mali à la 4ème Session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Monétaire Ouest Africaine, tenue le 29 décembre 2025, à Cotonou au Bénin. Cette 4ème Session, qui s’est tenue dans un contexte économique globalement favorable à l’Union, a adopté plusieurs décisions en vue de consolider la stabilité macroéconomique de l’Union, de renforcer la convergence des politiques économiques, de promouvoir l’inclusion financière et d’assurer une gouvernance rigoureuse des organes et institutions de l’Union. Il s’agit entre autres : – du rapport sur la situation économique et monétaire de l’UEMOA au 30 septembre 2025, ainsi que le cadrage macroéconomique de l’Union pour la période 2025-2030 ; – de la révision à la baisse du taux d’usure applicable aux banques au sein de l’Union ; – des perspectives financières actualisées 2026-2030 de la Banque Ouest africaine de Développement. A la fin du 3ème trimestre 2025, la croissance économique de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine demeure robuste, avec