COP 30: À Belém, le Président Félix Tshisekedi confirme la place de la RDC comme pays-solution et dénonce l’écocide

COP 30: À Belém, le Président Félix Tshisekedi confirme la place de la RDC comme pays-solution et dénonce l’écocide

En prélude au lancement, ce 10 novembre 2025, de la 30ème Conférence des parties sur le réchauffement climatique (COP30), le Sommet climatique de Belém a été ouvert ce jeudi au Hangar Centre de Conventions de l’Amazonie, au Brésil. La journée inaugurale a été marquée par une série de prises de parole d’une cinquantaine de Chefs d’État présents dans la ville de Belém, accueillis à tour de rôle par leur hôte, le Président Lula Da Silva. Intervenant en premier lieu, le Secrétaire général de l’organisation des Nations-Unies (ONU) a reconnu l’échec collectif au regard des objectifs fixés par l’Accord de Paris, il y a dix ans. « Nous avons échoué à limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° de l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris», a déclaré António Guterres. Connu pour ses positions tranchées sur le multilatéralisme dans la défense des forêts, le Président Lula Da Silva a fait l’annonce du lancement, par son pays, du déjeuner du Fonds pour les forêts tropicales éternelles (TFFF). Pour sa part, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a, dans son discours, rappelé à ses pairs que l’avenir de l’humanité dépend en grande partie des forêts, tout en regrettant de constater que ces forêts vitales sont aujourd’hui en péril. « Dix ans après l’adoption de l’Accord de Paris, l’heure est à l’action. Il nous faut agir vite et honorer les engagements souscrits », a-t-il dit . Selon le Chef de l’État congolais, la crise climatique n’est pas seulement une crise environnementale, c’est également une crise de justice et d’équité. «J’en appelle à un rééquilibrage entre financement de l’atténuation et celui de l’adaptation. Les pays qui subissent déjà les chocs ont droit à la protection aujourd’hui, pas seulement à des promesses d’atténuation demain », a soutenu le Président Tshisekedi. Après avoir rappelé les atouts de la République Démocratique du Congo (RDC) en tant que pays -solution, le Chef de l’État a dénoncé l’écocide définie comme la destruction des forêts primaires, des aires protégées et des parcs. Par ailleurs, le Président de la République a exposé sur son projet du Couloir vert Kivu-Kinshasa. « Il s’agit en effet d’une approche territoriale intégrée de conservation des paysages, couvrant plus de 540 000 km², dont plus de 100 000 km² de forêts primaires », a-t-il commenté. Durant ces deux jours du Sommet climatique de Belém, le Président Félix Tshisekedi va poursuivre son plaidoyer dans des groupes thématiques et dans une série de rencontres bilatérales. En plus du tête à tête avec son homologue Lula Da Silva, il devrait participer au déjeuner du lancement, par le Brésil, du Fonds pour les forêts tropicales éternelles (TFFF).

La République du Congo s’engage à réduire les risques climatiques et à renforcer les infrastructures en milieu urbain

La République du Congo s’engage à réduire les risques climatiques et à renforcer les infrastructures en milieu urbain

La Banque mondiale a approuvé (récemment, Dnr) un financement de 60 millions de dollars pour le Projet de renforcement de la résilience urbaine(PRRU)visant à réduire les risques d’érosion et d’inondation et à améliorer l’accès à des infrastructures et à des services résilients au changement climatique et durables dans certaines zones de Brazzaville et de Pointe-Noire, les deux principales villes de la République du Congo. Le projet adopte une approche multisectorielle, en orientant les investissements vers la réduction des risques climatiques, les infrastructures urbaines et les équipements publics afin d’améliorer à la fois la résilience climatique et la vivabilité à Brazzaville et à Pointe-Noire. Il vise également à renforcer les institutions nationales et locales en améliorant leurs capacités de planification et de gestion urbaines résilientes. « La République du Congo se distingue comme l’un des pays les plus urbanisés d’Afrique, avec 70 % de sa population résidant dans des zones urbaines. Fait remarquable, plus de la moitié de la population du pays vit dans deux villes seulement : Brazzaville et Pointe-Noire, » a déclaré Cheick F. Kante, Directeur de division de la République du Congo. « Le pays se classe également parmi les pays les plus vulnérables et les moins prêts à s’adapter au changement climatique. D’où l’importance de ce projet pour soutenir la République du Congo dans ses efforts visant à améliorer la résilience climatique en milieu urbain. » Le projet bénéficiera directement à environ 575 000 résidents de Brazzaville et de Pointe-Noire, dont 350 000 à Brazzaville et 225 000 à Pointe-Noire. Il créera notamment plus de 450 000 jours-personnes d’emplois temporaires. Ces efforts s’alignent sur le Plan national de développement (PND) 2022-2026 du gouvernement en améliorant les infrastructures urbaines et la résilience au changement climatique tout en stimulant la création d’emplois et le développement local. « En raison d’importantes insuffisances en infrastructures à Brazzaville et à Pointe-Noire, l’augmentation des risques d’érosion et d’inondation menace une grande partie de la population et entraîne chaque année une perte de croissance économique », a expliqué Alexandra Célestin, responsable pays du Groupe de la Banque mondiale pour la République du Congo. « Ce projet permettra de combler ces lacunes en contribuant à réduire les risques climatiques, à élargir l’accès aux infrastructures et aux services, à favoriser le développement socioéconomique, à améliorer les conditions de vie et à soutenir la création d’emplois. » Le projet s’inscrit dans le cadre de l’engagement à long terme de la Banque mondiale en faveur du développement urbain en République du Congo et adopte une approche intégrée. La première composante du projet sera axée sur l’investissement dans la réduction des risques d’érosion et d’inondation ainsi que dans des infrastructures et des services durables et résilients aux changements climatiques à Brazzaville et à Pointe-Noire. La deuxième composante viendra compléter la première en soutenant les politiques de développement urbain et de gestion des risques de catastrophe, en renforçant les institutions nationales et locales concernées et en améliorant leurs capacités en matière de planification et de gestion urbaines durables et résilientes. La préparation du projet a bénéficié de l’assistance technique de la Facilité mondiale pour la prévention des catastrophes et le relèvement (Global Facility for Disaster Reduction and Recovery, GFDRR), du Fonds pour combler le déficit de financement climatique des villes (City Climate Finance Gap Fund), du Partenariat pour l’investissement dans des infrastructures de qualité (Quality Infrastructure Investment Partnership, QII) et du Centre mondial pour l’adaptation (Global Center on Adaptation, GCA). BM

Plus de neuf pays sur 10 menacés par le déclin de leurs rendements agricoles

Plus de neuf pays sur 10 menacés par le déclin de leurs rendements agricoles

CLIMAT ET ENVIRONNEMENT. Plus de 90 % des pays du monde devraient connaître une baisse des rendements de leurs cultures vivrières d’ici la fin du siècle, selon les nouvelles projections des Nations Unies. Même avec des scénarios climatiques plus favorables et des efforts d’adaptation agricole, la tendance reste alarmante. Ces données, publiées mercredi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), reposent sur l’analyse de 19 000 régions, réparties dans 176 pays. Elles montrent que le changement climatique menace directement la productivité agricole et, avec elle, le bien-être humain à l’échelle mondiale. « Le changement climatique n’est pas seulement un défi environnemental, c’est une crise majeure du développement », a résumé Pedro Conceição, spécialiste du développement humain au PNUD.  Un fléau mondial L’étude s’appuie sur six cultures de base – maïs, riz, blé, soja, manioc et sorgho – et modélise leurs rendements selon deux trajectoires : un scénario optimiste d’émissions de gaz à effet de serre limitées et un autre autre, plus pessimiste.  Dans tous les cas, les résultats convergent : pour chaque degré celsius de réchauffement, la production mondiale annuelle de ces six cultures vivrières devrait diminuer de 4,4 % par rapport aux besoins actuels.  Un impact inégal Les données montrent que les régions qui constituent aujourd’hui les greniers à blé modernes, ainsi que les pays aux économies plus fragiles et aux technologies plus obsolètes – subiront les pertes les plus importantes. Les États-Unis par exemple, plus grand producteur de maïs au monde, pourrait voir ses rendements diminuer d’un tiers dans certaines régions d’ici le milieu du siècle, ce qui laisse craindre un rétrécissement de la « ceinture du maïs » américaine en l’absence d’adaptation significative. L’Afrique subsaharienne et certaines régions d’Asie sont, elles aussi, particulièrement vulnérables, car elles disposent de moins de ressources pour s’adapter aux changements climatiques. Le Burkina Faso, par exemple, pourrait voir ses rendements baisser de 46 % d’ici 2050. Les économies productrices de blé et de soja ne sont pas à l’abri. En cas de réchauffement climatique important, elles enregistrent les plus fortes pertes de rendement, avec des baisses pouvant atteindre 40 %, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les prix alimentaires, le commerce et la stabilité mondiale.  Des conditions géographiques déterminantes  Les données du PNUD concluent que les régions confrontées aux chaleurs les plus extrêmes démontrent une plus grande résistance aux changements climatiques, leurs agriculteurs s’étant déjà adaptés à un climat hostile.  À l’inverse, les régions côtières sont particulièrement menacées : la montée rapide du niveau de la mer pourrait submerger des terres de cultures entières. Le sud du Vietnam, par exemple, risque de perdre 6 % de ses terres agricoles d’ici 2050, en l’absence d’une meilleure protection de son littoral. Un enjeu au coeur de la COP 30 Ces conclusions font écho à la Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et l’action climatique centrée sur l’humain, publiée à la veille de la COP 30, qui se déroulera la semaine prochaine au Brésil. Ce texte souligne que les systèmes alimentaires et l’équité doivent être au cœur des stratégies climatiques mondiales. L’étude du PNUD montre également que la réduction des émissions est cruciale : lorsque les pays réduisent leurs émissions à des niveaux modérés, les pertes de récoltes d’ici 2100 sont inférieures à la moitié de celles prévues dans les scénarios d’émissions élevées.  « La voie vers un avenir durable et équitable réside dans une action climatique centrée sur l’humain », a déclaré Pedro Conceição. « Garantir à chaque personne l’accès à une alimentation suffisante, nutritive et fiable n’est pas seulement une question de survie ; c’est un fondement de la dignité humaine et du développement ». ONU

COP 30 : La Côte d’Ivoire présente la version 3.0 de ses Contributions déterminées au niveau national (CDN)

COP 30 : La Côte d’Ivoire présente la version 3.0 de ses Contributions déterminées au niveau national (CDN)

En prélude à la 30e Conférence des Parties sur les changements climatiques (COP 30), la Côte d’Ivoire a officiellement présenté, le jeudi 30 octobre 2025, la troisième version de ses Contributions Déterminées au niveau National (CDN 3.0), lors d’une cérémonie organisée à la Primature, à Abidjan-Plateau. À cette occasion, le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Jacques Konan Assahoré, a remis le document au ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Léon Kacou Adom, chef de la délégation ivoirienne à la COP 30, qui se tiendra à Belém (Brésil) du 10 au 21 novembre 2025. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités : diplomates, représentants des secteurs public et privé, partenaires techniques et financiers, ainsi que membres de la société civile. Les CDN 3.0 visent à consolider et à rehausser les engagements nationaux en matière de lutte contre les changements climatiques, en s’appuyant sur les acquis des versions précédentes (2015 et 2022). Elles ambitionnent de bâtir un modèle de développement durable, résilient et bas carbone. La Côte d’Ivoire entend ainsi respecter ses obligations de communication dans le cadre du processus onusien, tout en constituant un outil stratégique de planification et de financement des politiques nationales de transition écologique. « À travers ces nouvelles CDN, la Côte d’Ivoire s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07 % d’ici 2035, par rapport à un scénario de référence. Cela représente environ 52 millions de tonnes équivalent CO₂ », a déclaré le ministre Jacques Assahoré. La représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, Blerta Cela, a salué la qualité et la portée stratégique de ces nouvelles contributions. Elle a réaffirmé l’engagement du PNUD, du système des Nations Unies et des partenaires techniques et financiers à accompagner la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre effective des CDN 3.0, dont le coût global est estimé à 32 926 milliards de FCFA. Les CDN 3.0 seront présentées et diffusées au pavillon de la Côte d’Ivoire, d’une superficie de 100 m², lors de la COP 30 à Belém. Pour sa part, le ministre Léon Kacou Adom a rappelé que la COP 30 constituera une étape importante de la diplomatie climatique mondiale. Il a également affirmé que la Côte d’Ivoire prendra toute sa place dans les discussions, forte de son expérience et de la qualité de sa délégation. « Notre pays portera un message de responsabilité, de solidarité et de plaidoyer pour un accès équitable au financement climatique, une meilleure prise en compte des besoins des pays africains et un renforcement de la coopération internationale pour le transfert des technologies propres », a-t-il conclu.

Opinion – L’Afrique doit tirer parti du Fonds pour la réponse aux pertes et dommages afin de renforcer la résilience de ses villes

Opinion – L’Afrique doit tirer parti du Fonds pour la réponse aux pertes et dommages afin de renforcer la résilience de ses villes

TRIBUNE. La question du changement climatique et de ses répercussions, en particulier sur les villes africaines, est un sujet crucial qui nécessite une attention urgente.   Chaque jour, l’Afrique subit les conséquences d’un phénomène dont elle n’est pas responsable. Alors que 7 des 10 pays les plus vulnérables au changement climatique se trouvent en Afrique, ce continent n’émet qu’environ 4 % des gaz à effet de serre, et sa contribution historique est encore plus faible, selon le rapport 2022 de l’Organisation météorologique mondiale sur l’état du climat mondial. Les vagues de chaleur, les fortes pluies, les inondations, les cyclones tropicaux et les sécheresses prolongées, qui sont quelques-uns des effets du changement climatique, ont des conséquences dévastatrices sur les communautés et les économies, et de plus en plus de personnes sont menacées à travers le continent. Les villes africaines en pleine expansion sont les plus touchées par cette vulnérabilité et ces conséquences. Selon le rapport de l’OCDE, l’Afrique est l’un des continents les moins urbanisés au monde, mais elle abrite la région qui connaît l’urbanisation la plus rapide : l’Afrique subsaharienne (ASS). La région compte une population urbaine de 500 millions de personnes, soit environ 40 % de la population du continent, et un taux de croissance urbaine deux fois supérieur à la moyenne mondiale, avec 4,1 % par an, contre 2,1 % en moyenne mondiale. D’ici 2050, on estime que plus de 60 % des Africains vivront dans des zones urbaines. Cette croissance urbaine accélérée accentue encore les défis existants, tels que l’insuffisance des infrastructures, l’accès limité aux services de base, le chômage et la pénurie de logements. Selon les rapports 2024 de l’African Cities Research Consortium et de Brookings, environ 56 % de la population urbaine africaine vit dans des quartiers informels, où s’ajoutent à cela l’insécurité foncière et l’accès limité aux services d’infrastructure essentiels tels que l’assainissement, l’eau et l’énergie. Une crise climatique Il est largement reconnu que le changement climatique aura une incidence sur la trajectoire de développement socio-économique de l’Afrique, menaçant la réalisation des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 et des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Selon les propres termes du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, « l’Afrique est en première ligne de la crise climatique. Il est temps d’agir. Nous devons investir dans des solutions durables pour protéger nos populations et notre planète ». Mais tout n’est pas perdu. L’une des récentes évolutions mondiales en matière de politique climatique a été la création du Fonds pour la réponse aux pertes et dommages (FRLD), qui vise à fournir un soutien financier aux pays vulnérables touchés par les catastrophes climatiques. Créé lors des négociations de la COP27, ce fonds recèle un potentiel considérable pour les pays africains, en particulier dans le contexte du développement urbain et des défis auxquels sont confrontées les villes en pleine expansion à travers le continent. Il pourrait constituer un outil puissant pour faire face à la fois aux conséquences immédiates des catastrophes climatiques et aux besoins à long terme en matière de développement urbain durable en Afrique, grâce au principe « reconstruire en mieux ». Tout d’abord, le Fonds pourrait être affecté à des efforts de secours et de reconstruction immédiats, tels que la reconstruction de logements, l’amélioration des systèmes de drainage pour atténuer les inondations et la garantie d’un accès à l’eau potable et à l’assainissement. Par exemple, le financement pourrait soutenir la mise en place d’infrastructures capables de résister aux catastrophes naturelles, telles que des logements résilients et abordables et d’autres infrastructures urbaines résilientes au climat. Il est essentiel, dans toutes les activités que le Fonds soutiendra, de garantir la résilience au climat et de remédier aux principales pénuries d’infrastructures qui exacerbent la vulnérabilité. De tels projets permettraient de créer des villes plus durables, mieux équipées pour faire face aux effets de plus en plus marqués du changement climatique, tout en offrant des opportunités économiques grâce à la création d’emplois. Deuxièmement, le Fonds pourrait être utilisé pour autonomiser les communautés locales, en particulier les populations marginalisées des bidonvilles urbains et des quartiers informels, qui sont souvent les plus durement touchées par les catastrophes climatiques. Il est essentiel d’aider ces acteurs à s’adapter et à se développer pour garantir une résilience durable. De même, l’économie informelle, qui représente une part importante de l’économie urbaine africaine, ne doit pas être laissée pour compte. Enfin, le Fonds pourrait être utilisé pour soutenir des initiatives de renforcement des capacités telles que la formation des dirigeants locaux, le renforcement des systèmes de gestion des catastrophes et la création de partenariats climatiques significatifs. Réinventer les villes africaines Cela dit, le Fonds pour la réponse aux pertes et dommages a le potentiel de jouer un rôle transformateur dans le développement urbain des villes africaines, en particulier dans l’atténuation et l’adaptation aux effets du changement climatique. La concrétisation de ce potentiel dépendra de la configuration du Fonds et des critères utilisés pour évaluer les projets, ainsi que de leur adéquation avec les réalités africaines en termes de disponibilité des données et des capacités. Elle dépendra également d’une planification minutieuse et d’une collaboration efficace afin de garantir que le Fonds profite à ceux qui en ont le plus besoin. Il s’agit là d’une occasion unique non seulement de lutter contre les conséquences du changement climatique, mais aussi de repenser les villes africaines comme des modèles de durabilité et d’inclusivité pour l’avenir. Par le Dr Muhammad Gambo Responsable des politiques, de la recherche et des partenariats à la Banque de développement Shelter Afrique.

La BEI Global s’associe à des banques éthiopiennes pour débloquer des financements en faveur du climat

La BEI Global s’associe à des banques éthiopiennes pour débloquer des financements en faveur du climat

La branche développement de la Banque européenne d’investissement, EIB Global, a signé des accords d’assistance technique avec Zemen Bank SC, Dashen Bank SC et Hibret Bank en Éthiopie. Ces accords les aideront à renforcer leur capacité à identifier, évaluer et gérer les risques liés au climat, en les intégrant à leurs stratégies commerciales et à leurs opérations quotidiennes. Les banques seront ainsi mieux armées pour évaluer l’impact potentiel du changement climatique sur leurs clients et encourager les investissements qui renforcent leur résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les sécheresses. De plus, les capacités des banques sont renforcées pour analyser les impacts de l’évolution des politiques climatiques internationales sur les entreprises et les secteurs d’activité tributaires des exportations. La collaboration aidera également les institutions financières participantes à développer des stratégies de financement et de conseil durables pour développer les prêts verts, aidant ainsi l’Éthiopie à atteindre une économie durable à zéro émission nette d’ici 2050, comme indiqué dans sa stratégie de développement à long terme à faibles émissions. L’annonce a été faite lors d’une cérémonie de signature entre EIB Global et les trois banques locales en marge de la deuxième édition du Sommet africain sur le climat qui se déroule dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. L’opération est la première du genre en Éthiopie et est mise en œuvre dans le cadre du programme de la Banque européenne d’investissement pour des systèmes financiers plus écologiques , financé par le gouvernement allemand par le biais de l’Initiative internationale pour le climat ( Fonds IKI) et étroitement coordonné avec le Partenariat NDC. Les partenariats avec Zemen, Dashen et Hibret s’inscrivent dans le prolongement d’un récent protocole d’accord entre EIB Global et la Banque nationale d’Éthiopie visant à renforcer leur coopération et leur soutien aux objectifs de développement vert de l’Éthiopie par un soutien technique et financier. Le programme GFS avec la Banque nationale d’Éthiopie prévoit l’élaboration d’une taxonomie verte nationale pour guider les investissements durables. L’objectif est de garantir que le secteur financier du pays puisse gérer efficacement les risques liés au climat et accroître le financement des investissements verts. Leyla Traoré, responsable de la représentation de la BEI en Éthiopie et auprès de l’Union africaine, a déclaré : « Les institutions financières jouent un rôle essentiel dans la gestion des risques climatiques et l’orientation des flux financiers vers des projets zéro carbone et résilients au changement climatique dans divers secteurs de l’économie. Nos objectifs en matière d’action climatique sont inébranlables et, grâce au partenariat d’EIB Global avec les banques éthiopiennes, nous souhaitons contribuer à la construction d’un système financier plus résilient au changement climatique et aider le pays à atteindre ses contributions déterminées au niveau national (CDN) en vue des objectifs de l’Accord de Paris. » Jochen Flasbarth, secrétaire d’État allemand au ministère fédéral de l’Environnement, de l’Action pour le climat, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire, a déclaré : « Transformer le système financier mondial et aligner les flux financiers sur les objectifs de l’Accord de Paris est essentiel pour relever les défis du XXIe siècle. Il s’agit notamment de gérer les risques climatiques pour le système financier et de soutenir une croissance durable et inclusive. Les gouvernements, les régulateurs, les banques centrales et les acteurs du secteur privé ont tous un rôle important à jouer pour favoriser la transition et préserver la stabilité financière à long terme. L’Initiative internationale pour le climat (IKI) Allemagne soutient des initiatives telles que le programme de la BEI pour des systèmes financiers plus verts, afin de contribuer à la mise en place de systèmes financiers adaptés au climat et à la création de systèmes financiers résilients et durables au service des citoyens. » Zemen Bank est une banque commerciale privée qui a commencé ses opérations en 2008 et compte 132 succursales et plus de 1 900 employés travaillant à travers l’Éthiopie. S’exprimant sur l’accord d’assistance technique, Dereje Zebene, PDG de Zemen Bank, a souligné que cette assistance permettra à la banque d’atteindre ses objectifs stratégiques d’alignement de ses activités de financement sur les investissements en faveur de la résilience climatique. « Pour Zemen, il s’agit d’une étape importante vers le respect des exigences nationales en matière de durabilité et des informations connexes, telles que définies dans la nouvelle directive sur la gouvernance d’entreprise, qui comprend plusieurs exigences obligatoires en matière de durabilité. » « Cet engagement permettra à la banque de comprendre l’impact du risque climatique et d’œuvrer en faveur d’un financement vert en diversifiant son portefeuille pour y inclure des produits verts. Il renforcera également nos efforts en faveur des objectifs de développement durable », a-t-il ajouté. Hibret Bank a été créée en 1998 en tant que cinquième banque privée en Éthiopie et compte actuellement 496 succursales et plus de 5 600 employés permanents dans tout le pays. Mme Tsigereda Tesfaye, PDG par intérim d’Hibret Bank, a déclaré : « Hibret Bank souligne l’importance d’intégrer les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans ses activités bancaires, non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi pour sa réussite à long terme. Hibret Bank a également lancé une politique ESG fin 2022 dans le cadre de ses efforts pour soutenir des projets et des pratiques durables. L’accord de coopération avec la BEI témoigne de l’engagement de notre banque en faveur des critères ESG et des principes d’une banque éthique. Nous sommes reconnaissants à la BEI pour l’assistance technique fournie en matière de financement durable. Nous sommes convaincus que cette assistance technique nous donnera un levier pour atteindre nos objectifs à long terme en tant que banque et soutenir la croissance durable de l’Éthiopie en tant que nation. » Dashen a ouvert ses portes en janvier 1996 et compte actuellement 906 agences, dont 60 % hors d’Addis-Abeba. La banque emploie également plus de 11 000 salariés permanents. Asfaw Alemu, PDG de Dashen Bank, a déclaré : « Nous sommes ravis de collaborer avec la BEI Global sur cette initiative importante. Cette initiative constitue une étape importante

La préservation de la nature, un atout pour la croissance et l’emploi

La préservation de la nature, un atout pour la croissance et l’emploi

Les défis environnementaux sont des opportunités pour un développement durable et intelligent, selon un rapport de la Banque mondiale Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé «Reboot Development: The Economics offrit Livable Planet», la protection de la nature peut créer des emplois, stimuler la croissance économique et améliorer la résilience. La restauration des systèmes naturels est possible et peut s’avérer extrêmement bénéfique, affirme le rapport qui estime cependant que «90 % de la population de la planète est exposée à la dégradation des sols, à la pollution de l’air ou au stress hydrique». Cette situation freine considérablement la croissance économique et les possibilités qui s’offrent aux populations, déplore le document publié récemment. Dans son rapport, l’institution financière révèle que «rien que dans les pays à faible revenu, huit personnes sur dix sont privées des trois éléments essentiels que sont une atmosphère, une eau et des terres saines». Le rapport estime toutefois que préserver la nature constitue un atout pour la croissance et l’emploi. En effet, «si elle est bien gérée, la nature peut créer des emplois, stimuler la croissance économique et améliorer la résilience», fait-il remarquer. Selon les auteurs dudit rapport, un usage plus efficace des ressources naturelles pourrait réduire de moitié la pollution, et de meilleures pratiques agricoles en matière d’utilisation d’engrais azotés peuvent générer des bénéfices 25 fois supérieurs à leur coût, tout en augmentant le rendement des cultures. De l’avis des experts de la Banque mondiale, «le renforcement des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement pourrait sauver des vies : la chloration de l’eau au point d’utilisation permettrait ainsi de sauver un quart des enfants qui meurent prématurément à cause de problèmes liés à l’eau». Par ailleurs, et d’après les explications de l’institution, les marchés de «droits à polluer» ne se contentent pas de réduire la pollution de l’air, ils sont aussi extrêmement rentables, car chaque dollar dépensé génère des profits allant de 26 à 215 dollars. Comme le relève Axel van Trotsenburg, directeur général senior de la Banque mondiale, «les populations et les communautés du monde entier ne sont pas seulement confrontées à une crise environnementale, elles subissent aussi une crise économique. La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent». Cependant, poursuit-il, «si les pays font les bons investissements maintenant, les systèmes naturels peuvent être restaurés, avec des retours substantiels sur la croissance et l’emploi». Ainsi, «ce rapport propose un nouveau regard sur les défis environnementaux, pour ne plus les voir comme des contraintes, mais comme des occasions à saisir pour un développement plus intelligent», souligne-t-il. Il est possible de développer l’économie sans nuire à l’environnement Pour la Banque mondiale, il est possible de développer une économie sans dégrader davantage l’environnement. Et les enseignements tirés de l’expérience de bien de nombreux pays mettent en évidence l’importance de trois domaines clés. Le premier domaine concerne l’information. Il est question de détecteurs de pollution atmosphérique et d’imagerie satellite. De l’avis de la Banque mondiale, «des données en temps réel peuvent aider les gouvernements à cibler les problèmes et à autonomiser les citoyens, tout en favorisant la responsabilisation». Le deuxième porte sur la coordination. Le rapport soutient que «les politiques sont plus efficaces lorsqu’elles se conjuguent et une démarche systémique permet de coordonner les actions entre les différents secteurs». La coordination elle permet également d’éviter des conséquences involontaires, telles que la baisse de la pollution dans une zone mais son augmentation ailleurs, et de faciliter les arbitrages entre l’efficacité et l’équité, expliquent-ils. Le troisième domaine est l’évaluation. Ici, il est question de comprendre, plutôt que de supposer. Des évaluations régulières permettent de maintenir les politiques sur la bonne voie, d’appliquer à plus grande échelle ce qui fonctionne et de s’assurer que les réformes peuvent s’adapter à des réalités changeantes. Alain Bouithy

L’ONU et l’Éthiopie exhortent le Sommet africain sur le climat à envoyer un message clair : la COP 30 doit tenir ses promesses envers les nations africaines

L’ONU et l’Éthiopie exhortent le Sommet africain sur le climat à envoyer un message clair : la COP 30 doit tenir ses promesses envers les nations africaines

Le Sommet africain sur le climat qui se tiendra la semaine prochaine est une occasion à ne pas manquer pour envoyer un message clair à la communauté internationale, selon une déclaration commune forte publiée aujourd’hui par l’ONU Climat et le gouvernement éthiopien : « L’Afrique est prête à intensifier son action en faveur du climat, mais la COP 30 doit veiller à ce qu’elle en ait pleinement les moyens. » La déclaration commune, publiée aujourd’hui lors de la Semaine du climat à Addis-Abeba, intervient alors que les nations du monde entier se préparent pour la conférence mondiale cruciale sur le climat COP 30 qui se tiendra au Brésil en novembre. La déclaration, signée par S.E. Dr Fitsum Assefa, ministre éthiopien de la Planification et du Développement, et M. Simon Stiell, Secrétaire exécutif d’ONU Climat, prépare le terrain pour le Sommet africain sur le climat qui débutera lundi prochain, le 8 septembre, à Addis-Abeba. « Cette Semaine du climat a montré qu’aucun continent n’a plus de potentiel que l’Afrique pour mener des actions climatiques qui transforment les vies et les économies pour le mieux. Avec la population la plus jeune du monde, de vastes ressources naturelles, un potentiel inégalé en matière d’énergies renouvelables, une diversité extraordinaire et l’ingéniosité humaine, l’Afrique est un énorme ressort prêt à se déployer pour mener des actions climatiques », indique la déclaration. « Cette semaine du climat a montré que les innovateurs africains proposent des solutions pionnières pour renforcer la résilience climatique et réduire les émissions responsables du réchauffement de la planète. Cependant, elle a également mis en évidence une fois de plus que seule une fraction de ce potentiel a été réalisée jusqu’à présent. La décarbonisation mondiale progresse à grands pas, les investissements dans les énergies propres ayant atteint 2 000 milliards de dollars rien que l’année dernière, stimulant la croissance économique et créant des millions de nouveaux emplois, mais seule une fraction de ces investissements est destinée aux pays africains. » Les deux dirigeants ont souligné que les récentes conférences des Nations unies sur le climat (COP) ont abouti à des résultats concrets à l’échelle mondiale qui devraient profiter de manière significative à l’Afrique et à d’autres pays en développement. « Mais pour concrétiser ces avantages, la COP 30 doit prendre les prochaines mesures concrètes : avec des résultats ambitieux qui transforment les accords en résultats concrets sur le terrain, et des solutions évolutives qui ouvrent une nouvelle ère de mise en œuvre… Car lorsque tous les pays sont en mesure de prendre des mesures climatiques audacieuses, cela renforce l’ensemble de l’économie mondiale et profite aux 8 milliards d’habitants de la planète », conclut la déclaration. Lisez l’intégralité de la déclaration commune à l’adresse suivante : Déclaration commune de l’ONU sur les changements climatiques et du gouvernement éthiopien | CCNUCC AMA