Congo. « Gouvernance responsable pour le climat » : l’essai de Roch Régis Bikoua qui interpelle les décideurs

LIVRES. Dans son combat pour la protection de l’environnement, le Président de l’association Espoir pour l’avenir, l’écrivain Roch Régis BIKOUA publie son troisième livre intitulé La gouvernance responsable pour le climat aux éditions libres-opinions et contenant 15 chapitres illustrant une critique constructive sur la gouvernance climatique mondiale. Dans cette troisième signature, l’écrivain Roch Régis BIKOUA s’interroge sur la crédibilité de la parole politique dans le contexte climatique. Il met en lumière le fossé entre les promesses faites dans les sommets internationaux et la réalité des actions sur le terrain. L’auteur demande de repenser les mécanismes de responsabilité climatique et met en avant l’idée d’un tribunal climatique international, indépendant, pour juger des manquements aux engagements. Et y ajoute le rôle que pourrait jouer la société civile dans le contrôle et le suivi de ces engagements, en renforçant la transparence et la pression publique. Cet essai politique et environnemental est un appel à la prise de conscience mondiale pour le climat. Notons que l’écrivain congolais Roch Régis BIKOUA est auteur de plusieurs publications:
Les pays du bassin du Congo tracent une voie stratégique vers les marchés carbone grâce à des feuilles de route pour monétiser la richesse forestière

Six pays du bassin du Congo — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon et République du Congo — travaillent à prendre des mesures audacieuses pour débloquer des paiements fondés sur les résultats et le financement climatique. Les feuilles de route stratégiques pour le marché du carbone et le financement climatique dans le secteur forestier des pays du bassin du Congo,nouvellement lancées et développées avec le soutien de la Banque mondiale, servent de plans pour transformer la vaste richesse forestière de la région en un moteur puissant de croissance résiliente au climat, de développement durable et d’emplois verts. Ces feuilles de route fournissent des plans spécifiques à chaque pays, pour aider les pays du bassin du Congo à haute forêt et faible déforestation (HFLD) à s’engager de manière crédible et efficace sur les marchés mondiaux du carbone, à mobiliser un financement basé sur les résultats et à transformer leurs actifs forestiers en moteurs de croissance résiliente face au climat. Adaptées à la préparation et au paysage institutionnel de chaque pays, les feuilles de route s’appuient sur les données fondamentales des Comptes écosystémiques forestiers et recommandations politiquespour le bassin du Congo pour créer un cadre complet alignant les objectifs nature et climatique avec les priorités nationales de développement. Dans le cadre des services analytiques et consultatifs (ASA) plus larges de la Banquemondiale pour le bassin du Congo, ces feuilles de route visent à transformer le récit du développement régional — passant d’une perte ou dégradation forestière à une croissance axée sur les forêts. « Les forêts du bassin du Congo offrent plus que la simple régulation climatique mondiale — elles représentent des actifs financiers essentiels et une opportunité de développement », a déclaré Chakib Jenane, directeur régional de la pratique de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre. « Ces feuilles de route constituent le lien crucial et montrent comment les pays peuvent convertir le capital naturel en investissements tangibles générant des revenus, des emplois et de la résilience pour les communautés locales. » Les feuilles de route appellent à une coordination institutionnelle renforcée, des mécanismes équitables de partage des bénéfices, ainsi qu’à des systèmes numériques robustes de Surveillance, Reporting et Vérification (MRV) alignés sur l’article 6 de l’Accord de Paris. Alors que des pays comme le Gabon, la République du Congo progressent avec des accords pilotes basés sur les résultats et des progrès REDD+, d’autres comme la Guinée équatoriale et la République centrafricaine en sont aux premiers stades de leur développement. Les opportunités abondent également en République démocratique du Congo et au Cameroun. Les feuilles de route mettent en lumière les lacunes et priorisent les actions clés qui permettront aux pays de tirer parti du potentiel des marchés du carbone et du financement climatique. « Les marchés du carbone peuvent changer la donne pour les pays du bassin du Congo — mais seulement si les conditions favorables sont en place », a déclaré Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. « Ces feuilles de route stratégiques offrent un guide pratique de bout en bout pour que les gouvernements mettent en œuvre le financement carbone, en mettant l’accent sur la bonne gouvernance, l’engagement du secteur privé et les bénéfices pour les communautés locales. » Élaborées à travers de larges consultations des parties prenantes et ancrées dans des priorités nationales, ces feuilles de route aident les pays à : Ces feuilles de route climatiques pour les marchés du carbone représentent une convergence d’emplois, d’environnements et d’agendas économiques. BM
La crise des déchets menace la croissance et le tourisme dans la région MENA

Le fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement La production de déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) s’élève actuellement à plus de 155 millions de tonnes par an, selon la Banque mondiale qui prévient que ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. « La hausse de la production de déchets menace de plus en plus la santé publique, l’environnement et l’industrie touristique », souligne l’institution financière internationale dans un nouveau rapport s’appuyant sur de nouvelles données issues de 19 pays et 26 villes. La région génère davantage de déchets par habitant que la moyenne mondiale Selon le document, intitulé «Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord», la région MENA génère plus de déchets par personne que la moyenne mondiale et ce fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement. Quand bien même les taux de collecte des déchets sont relativement élevés (près de 80% en moyenne), l’organisme international juge la situation assez préoccupante d’autant plus que«le recyclage et le traitement restent nettement à la traîne». La Banque mondiale appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire Il faut dire que «moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, ce qui favorise la pollution de l’air, du sol et de l’eau et la prolifération des déchets marins, tout en entraînant de graves risques pour la santé», explique la Banque mondiale dans son rapport. La même source indique que la région présente également le plus grand volume par habitant de rejets plastiques en mer, la Méditerranée comptant parmi les mers les plus polluées au monde. Ce qui n’est pas pour améliorer les choses. Pour Almud Weitz, directrice régionale dans la division Infrastructures de la Banque mondiale, « l’amélioration des services de gestion des déchets est indispensable pour réduire la pollution, protéger les populations et garantir que les villes restent des moteurs de croissance et d’opportunités», insiste-t-elle rappelant que les centres urbains de la région MENA sont en première ligne face au défi des déchets. Convaincue qu’un changement modeste peut faire une grande différence, la directrice régionale dans la division Planète de la Banque mondiale, Mesky Brhane, affirme pour sa part qu’«une réduction de 1% de la production de déchets pourrait permettre à la région d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an». Selon elle, «la modernisation des systèmes de gestion des déchets et l’adoption de solutions d’économie circulaire peuvent protéger la santé publique, renforcer le tourisme et bâtir des villes plus écologiques». Le rapport, qui appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire, plaide pour des actions différenciées selon les économies. D’après le document, les économies à revenu élevé peuvent réduire considérablement la mise en décharge et déployer des solutions circulaires pour traiter les déchets en amont ; tandis que celles à revenu intermédiaire peuvent parvenir à une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation des déchets. Quant aux Etats fragiles et touchés par un conflit, la Banque mondiale estime qu’ils « peuvent privilégier des approches techniquement simples et peu coûteuses, en s’appuyant en particulier sur la communauté ». Dans son rapport, l’institution assure que 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie et que « la transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, en particulier dans les services de gestion des déchets et le recyclage, tout en transformant la crise actuelle en un moteur de croissance durable », conclut-il. Alain Bouithy Chiffres clés, impacts et leviers de transformation · La région MENA génère plus de déchets par personne et par jour que la moyenne mondiale (0,9 contre 0,79 kg/personne/jour). · La production de déchets dans la région s’élève actuellement à 155 millions de tonnes par an, et ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. · La mauvaise gestion des déchets entraîne des coûts de dégradation de l’environnement estimés à 7,2 milliards de dollars par an. · À lui seul, le gaspillage alimentaire cause chaque année 60 milliards de dollars de pertes économiques. · La crise des déchets menace la santé, la croissance et le secteur du tourisme. · Actuellement : · Le passage à un modèle d’économie circulaire pourrait permettre à la région MENA de récupérer 83 % des déchets qu’elle produit, tout en créant des emplois de meilleure qualité. · Une réduction de 1 % de la production de déchets permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an. · Dans l’ensemble de la région, le secteur de la gestion des déchets solides emploie environ 400 000 personnes dans l’économie formelle et compte autant de travailleurs informels. (Source Banque mondiale)
La Banque africaine de développement approuve un prêt de 16,5 millions de dollars pour stimuler la transition vers les énergies propres au Kenya

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé en novembre dernier, un prêt de 16,5 millions de dollars américains pour soutenir le développement de la centrale géothermique OrPower Twenty-Two (OTTL) de 35 mégawatts, un projet phare d’énergie renouvelable qui permettra d’accroître la production de base du Kenya et accélérera sa transition vers l’énergie propre. OTTL, un producteur d’électricité indépendant (IPP) développe ce projet dans le champ géothermique de Menengai, au nord de la ville de Nakuru, à 180 kilomètres au nord-ouest de Nairobi, la capitale. Il s’agit de la troisième centrale électrique de ce champ. Elle vient s’ajouter à la centrale géothermique de Sosian Menengai, d’une capacité de 35 mégawatts et au projet géothermique de Globeleq Menengai, de 35 mégawatts de capacité également, ce dernier étant encore en cours de construction grâce à un financement distinct de la Banque. L’ensemble de ces projets permettront de libérer pleinement le potentiel de 105 mégawatts de la première phase du champ géothermique de Menengai qui a été développé grâce à un précédent financement de 145 millions de dollars de la Banque africaine de développement accordé à la Geothermal Development Company (GDC). GDC, une entreprise publique, est chargée du forage, de la production et de la fourniture de vapeur de qualité à la nouvelle centrale électrique. La Kenya Power and Lighting Company, qui est également une entreprise publique, sera l’unique acheteur de l’électricité produite par la centrale géothermique, dans le cadre d’un Contrat d’achat d’électricité (CAE) d’une durée de 25 ans. Outre l’augmentation de la capacité de production, ce projet fournira au réseau électrique national kenyan une électricité de base abordable et durable, avec l’un des tarifs les plus bas du pays, ce qui contribuera à réduire le coût global de l’électricité. Une fois pleinement opérationnelle, la centrale produira environ 301 gigawattheures d’énergie propre et fiable par an, renforçant ainsi la stabilité de l’approvisionnement du pays. Elle jouera également un rôle essentiel dans la diversification du bouquet énergétique du Kenya et dans la réduction de la dépendance à l’égard de la production coûteuse alimentée par le diesel. La centrale devrait avoir des effets bénéfiques considérables sur le climat. Elle permettra de réduire notamment les émissions de gaz à effet de serre de 1,9 million de tonnes au cours de la période de 25 ans couverte par le Contrat d’achat d’électricité. « Le modèle de Menengai démontre la puissance du partenariat public-privé, où le développement des ressources mené par le gouvernement débloque l’investissement privé dans la production géothermique, procurant ainsi des bénéfices mutuels : Geothermal Development Company tire des revenus stables de la vente de vapeur, ce qui lui permet de rentabiliser son important investissement à Menengai et de réinvestir dans l’expansion du développement géothermique à l’échelle nationale, tandis que le secteur privé assure une production d’électricité efficace », a souligné Wale Shonibare, directeur du Département des solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie à la Banque africaine de développement. « Nous sommes honorés de construire la centrale géothermique Orpower Menengai en utilisant une technologie géothermique de nouvelle génération développée de manière indépendante et entièrement brevetée, accomplissant ainsi notre mission d’entreprise, qui est de “contribuer à la sauvegarde de la planète” », a déclaré Qi Jingwen, directeur d’OTTL. « Le soutien des institutions financières internationales permettra une plus grande participation au développement des nouvelles énergies vertes en Afrique », a-t-il ajouté. Ce projet renforce les priorités de la Banque en matière d’énergie tout en faisant progresser le programme de développement plus large du Kenya en soutenant directement le pilier I du Pacte énergétique Mission 300 du pays. En contribuant à l’objectif du pays d’accroître la capacité géothermique pour la faire passer de 940 mégawatts à 1 824 mégawatt d’ici 2030, il permet également d’accélérer la transition du Kenya vers une énergie 100 % propre grâce à l’investissement du secteur privé. Ce financement de la Banque africaine de développement vient compléter un financement supplémentaire attendu de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. Ce qui portera le financement total du projet à 64,4 millions de dollars pour un coût total de 91,9 millions de dollars environ.
Djibouti : le Fonds africain de développement accorde un don de 21 millions de dollars pour les infrastructures urbaines, la résilience et l’adaptation au climat

Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement a approuvé, le 10 décembre 2025 à Abidjan, un don de 21 millions de dollars à Djibouti pour moderniser ses infrastructures urbaines essentielles et renforcer sa résilience climatique. Le financement fourni par le guichet concessionnel du Groupe de la Banque vise à soutenir la première phase du Projet intégré d’infrastructures urbaines et d’adaptation au climat de Djibouti, dont l’objectif est de réhabiliter sept kilomètres de routes et de systèmes de drainage dans la ville de Djibouti. L’introduction de solutions fondées sur la nature devrait améliorer la mobilité, réduire les inondations, renforcer la résilience au climat et améliorer les conditions de vie de la population urbaine de Djibouti, qui connaît une croissance rapide. L’approbation de ce projet intervient dans un contexte de croissance démographique rapide, d’infrastructures inadéquates et de risques climatiques croissants. Près de 73 % de la population vit dans la capitale, où l’urbanisation rapide, alimentée par l’exode rural et l’instabilité régionale, a entraîné l’expansion des bidonvilles, la saturation des infrastructures et la limitation de l’accès aux services de base. Les plaines coralliennes de la ville et les terres gagnées sur la mer augmentent également sa vulnérabilité aux inondations, comme l’ont montré le cyclone Sagar en 2018 et les grandes inondations de 2019 et 2020, qui ont mis en évidence de graves faiblesses. « Ce projet représente une avancée majeure dans le renforcement de la résilience au changement climatique de Djibouti, tout en améliorant la vie quotidienne de ses citoyens », a déclaré Late Lawson Zankli, conseiller du programme de Djibouti au sein du Groupe de la Banque africaine de développement. « En investissant dans des systèmes urbains modernes et résilients au climat, la Banque soutient la transformation de Djibouti en une ville portuaire plus sûre et plus durable, une ville dont le rôle stratégique de porte d’entrée économique régionale continue de débloquer des opportunités dans toute la Corne de l’Afrique. » La ville de Djibouti joue également un rôle économique essentiel dans la région. Selon les estimations, 90 % du commerce maritime de l’Éthiopie passe par les ports de Djibouti. Les infrastructures de transport et de drainage de la ville constituent donc des leviers stratégiques pour la compétitivité, la facilitation du commerce et l’emploi dans toute la Corne de l’Afrique. Il est donc essentiel d’améliorer ces systèmes et de les rendre plus résilients au climat, tant pour les communautés locales que pour maintenir l’efficacité du corridor Djibouti-Éthiopie. Ce projet est aligné sur le Plan national de développement de Djibouti et sur la « Vision 2035 » du pays. Il fait également progresser les volets infrastructure et résilience du Document de stratégie d’intégration régionale de l’Afrique de l’Est du Groupe de la Banque en intégrant une conception climato-intelligente, des espaces publics inclusifs et le renforcement des capacités institutionnelles afin de promouvoir une croissance urbaine durable et d’améliorer la compétitivité régionale. L’initiative fait également progresser les priorités stratégiques dans le cadre de la Stratégie décennale 2024-2033 de l’institution. Banque africaine de developpement
Algérie : Répondre aux défis climatiques et soutenir le développement durable

L’économie algérienne a poursuivi sa progression en 2025, avec une croissance de 4,1 % au premier semestre et une expansion attendue de 3,8 % sur l’ensemble de l’année. Les secteurs hors hydrocarbures ont enregistré une croissance de 5,4 %, tandis que l’inflation a reculé à 1,7 % sur les neuf premiers mois, portée par la baisse des prix des denrées alimentaires, et le maintien d’un taux de change stable, selon le dernier rapport de la Banque mondiale portant sur la situation économique de l’Algérie pour l’automne 2025. Cette dynamique est soutenue par la poursuite de la croissance des industries et des services hors hydrocarbures. Par ailleurs, les exportations d’hydrocarbures ont diminué, tandis que les importations ont augmenté sous l’effet de la demande d’investissement. Cependant, ces évolutions ont exercé une pression sur les comptes extérieurs, et les recettes d’hydrocarbures restent inférieures à leurs niveaux précédents, ce qui souligne l’importance de maintenir les efforts de mobilisation des recettes et d’amélioration de l’efficacité de la dépense publique. « Alors que l’Algérie renforce sa compétitivité dans un environnement mondial en mutation, le pays peut s’appuyer sur ses progrès récents pour avancer vers une croissance plus rapide, portée par le secteur privé, créatrice d’emplois de qualité et favorable à l’innovation. Des politiques claires et prévisibles, associées à des mesures qui encouragent l’investissement et l’innovation, peuvent soutenir les progrès accomplis et renforcer la compétitivité. » a déclaré Cemile Hacibeyoglu Ceren, représentante résidente du Groupe de la Banque mondiale en Algérie. La croissance hors hydrocarbures devrait demeurer dynamique, tout en connaissant un léger ralentissement en 2026–2027. La croissance du PIB est projetée à 3,5 % en 2026, et à 3,3 % en 2027. La poursuite soutenue des réformes, en particulier celles visant à améliorer le climat des affaires, à élargir l’accès au financement et à renforcer la concurrence, sera déterminante pour soutenir la diversification et la création d’emplois. « L’allègement des pressions sur les prix et la performance soutenue des secteurs hors hydrocarbures constituent des signaux encourageants. Le maintien de ces avancées grâce à la poursuite des réformes peut soutenir une croissance plus vigoureuse, durable et diversifiée. », a indiqué Daniel Prinz, économiste de la Banque mondiale pour l’Algérie. Le rapport souligne également l’importance de mieux intégrer la dimension climatique dans les politiques de développement. Cela permettrait de préserver la compétitivité de l’économie dans un contexte où les partenaires commerciaux intensifient leurs efforts de décarbonation, notamment avec l’entrée en vigueur l’année prochaine du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne. BM
Bassin du Congo : Les leaders scientifiques et économiques lancent l’Appel pour une révolution de la recherche

Les recteurs d’universités, leaders du secteur privé forestier, et représentants d’organisations régionales et internationales (FAO, PNUD, CCВС, COMIFAC, etc.) réunis à Libreville, au Gabon, du 25 au 28 novembre 2025, ont sonné le ralliement pour l’avenir du Bassin du Congo lors d’un Atelier de Réflexion de Haut Niveau initié par CIFOR-ICRAF. Les participants ont affirmé leur engagement commun à renforcer la recherche, l’innovation et la formation pour une gouvernance inclusive et un développement véritablement durable en Afrique centrale. La Déclaration finale de l’atelier, fruit d’échanges intenses autour du programme RESSAC (Recherche-Formation Forestière et Environnementale en Afrique Centrale), dresse un état des lieux lucide et propose une Feuille de Route régionale ambitieuse. Des défis aigus, des opportunités historiques L’atelier a mis en lumière des contraintes persistantes qui freinent l’essor scientifique de la région. Parmi elles : la faible coordination entre les universités, les centres de recherche et les ministères, la dépendance excessive aux financements extérieurs instables, et la difficulté à mobiliser efficacement le secteur privé. Un obstacle majeur réside également dans l’absence de cadres juridiques clairs pour la gestion des fonds privés au sein des institutions académiques. Cependant, les participants sont unanimes : les opportunités sont majeures. Elles incluent l’engagement politique des États et des organisations régionales, l’efficacité démontrée du modèle RESSAC basé sur des consortia multi-acteurs, et l’existence de mécanismes de financement climatiques innovants, tels que le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo et le Fonds Vert Climat. L’atelier a également salué la dynamique de création de pôles d’excellence et d’alliances scientifiques trans-bassins (Congo-Amazonie-Bornéo Mékong). Vers l’autonomie financière : financer la Recherche Face à la pénurie de financements publics, l’Atelier a plaidé pour une diversification radicale des sources de financement.La mobilisation des États afin de renforcer les contributions nationales avec une programmation pluriannuelle alignée sur les cycles de recherche.Au niveau du secteur Privé, mobiliser les entreprises forestières et agro-industrielles via des incitations fiscales et des partenariats public-privé. S’agissant des Fonds régionaux, développer des fonds dédiés, notamment en s’appuyant sur le Fonds Bleu de la Commission Climat du Bassin du Congo géré par la BDEAC.En termes de gouvernance, les participants ont émis le vœu de mettre en place un cadre juridique régional harmonisé pour la gestion des financements privés, permettant aux universités de créer des structures de valorisation et des incubateurs d’innovation. Un modèle innovant et intégré pour la formation Pour produire des connaissances pertinentes, la Déclaration préconise l’adoption de modèles de recherche-action en partenariat, impliquant systématiquement les communautés locales, les peuples autochtones et les opérateurs économiques. L’opérationnalisation de cette nouvelle vision passera par des dispositifs concrets :• La création de pôles d’excellence régionaux spécialisés (climat, biodiversité, agroforesterie, intelligence environnementale).• La mise en place de programmes conjoints de formation (Masters, Doctorats, Post-doctorats).• La mutualisation des infrastructures via des réseaux d’observatoires et de laboratoires partagés. Un appel à l’action En conclusion, les signataires réaffirment leur détermination à bâtir un système régional de recherche-formation fort, inclusif et souverain sur le plan scientifique.Ils ont convenu d’élaborer une Feuille de Route régionale comprenant la création d’un mécanisme sous-régional de financement de la recherche, la mutualisation des infrastructures, et l’inscription du projet au centre des débats des ministres de l’Enseignement supérieur. L’appel est lancé à l’ensemble des partenaires : unir les efforts pour consolider les dynamiques enclenchées par le programme RESSAC et doter l’Afrique centrale des outils scientifiques nécessaires pour gérer et valoriser durablement le capital naturel exceptionnel du Bassin du Congo. Wilfrid Lawilla D.
États fragiles à la 30e Conférence des Parties (COP30) : nous sommes « exclus » du financement climatique

Le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a déclaré que la conférence de cette année devait placer « les personnes au centre » de l’action climatique. Mais un réseau d’États fragiles affirme que plus d’un milliard des personnes les plus à risque au monde restent exclues de la discussion. Dans une déclaration publiée mardi, le Réseau pour un accès amélioré et équitable au financement climatique (Improved and Equitable Access to Climate Finance Network) a indiqué que les pays touchés par les conflits et la fragilité sont « exclus » des financements destinés à l’adaptation aux impacts climatiques. Le Réseau – composé de 10 pays confrontés à une gouvernance fragile et à des conflits, dont le Burundi, la Mauritanie, la Somalie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée – appelle les fonds climatiques et la COP30 à faire davantage pour combler « cet angle mort urgent au cœur du financement climatique ». UN ANGLE MORT CONCERNANT LES CONFLITS DANS LE FINANCEMENT CLIMATIQUE Plus d’un milliard de personnes vivent dans des pays affectés par les conflits, la violence et une gouvernance fragile. Pourtant, en 2022, ces pays n’ont reçu que 10 % du financement climatique mondial, alors même qu’ils comptent parmi les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Les pays sont confrontés à plusieurs obstacles pour accéder aux financements, notamment des délais longs et des exigences de candidature très strictes. Selon le ministre yéménite de l’Eau et de l’Environnement, Tawfiq Al-Sharjabi, qui s’exprimait lors d’un événement parallèle à la CCNUCC mardi : « Des procédures complexes, des capacités techniques limitées et l’absence d’instruments financiers flexibles – tout cela limite notre capacité à obtenir des financements climatiques. » En conséquence, il peut souvent être plus facile pour les pays d’obtenir de l’aide humanitaire que des financements climatiques, selon le ministre somalien de l’Environnement et du Changement climatique, Bashir Mohamed Jama. « La Somalie reçoit un peu plus de 300 millions de dollars de financements liés au climat chaque année, soit moins de 1 % du montant dont nous avons besoin pour nous adapter », a déclaré Jama. « À titre de comparaison, chaque année la Somalie reçoit 1,1 milliard de dollars d’aide humanitaire. » Jama a ajouté que cette différence met en lumière « un échec accablant au cœur du système de développement mondial : il est plus facile de débloquer des financements après les catastrophes que d’investir pour les prévenir ». Des procédures complexes, des capacités techniques limitées et l’absence d’instruments financiers flexibles – tout cela limite notre capacité à obtenir des financements climatiques Les négociations à la COP30 pour augmenter les flux de financement climatique confèrent une urgence supplémentaire à ce problème. « L’ambition de débloquer 1,3 billion de dollars supplémentaires à Belém est admirable, mais nous devons voir la même ambition pour faire en sorte que les fonds existants parviennent aux personnes qui en ont le plus besoin », a déclaré Mauricio Vazquez, responsable des politiques sur les risques et la résilience au sein du groupe de réflexion ODI Global. UNE DYNAMIQUE DE CHANGEMENT CROISSANTE Le Réseau pour un accès amélioré et équitable au financement climatique a été créé en 2024 pour attirer davantage l’attention sur cet angle mort dans le financement climatique. Mardi, trois nouveaux membres ont rejoint le Réseau : la Mauritanie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Soudan du Sud. Dans sa déclaration, le Réseau appelle les fonds climatiques et les banques de développement à poursuivre les réformes de leurs mécanismes d’allocation afin de garantir que les financements atteignent les populations vivant dans des zones touchées par les conflits et les crises humanitaires. Le Réseau plaide également pour que les financements soutiennent des projets à long terme visant à renforcer la résilience climatique des pays, plutôt que des interventions uniquement post-catastrophe. DES ENJEUX CRUCIAUX L’adaptation climatique figure en bonne place à l’ordre du jour de la COP30. À Belém, les gouvernements chercheront à finaliser un ensemble complet d’indicateurs pour l’Objectif mondial d’adaptation – un engagement collectif dans le cadre de la CCNUCC visant à définir et suivre la manière dont le monde renforce sa résilience et réduit sa vulnérabilité climatique. Mais les experts affirment que si davantage n’est pas fait pour inclure les pays fragiles et affectés par les conflits, les impacts du changement climatique ne feront qu’aggraver les conditions de vie, les moyens de subsistance et les économies entières de ceux qui sont laissés le plus en arrière. « Nous constatons directement les impacts des liens entre changement climatique et conflits », a déclaré Asif R. Khan, directeur de la division politique et médiation au sein du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix des Nations unies, qui préside actuellement le Mécanisme Climat-Sécurité. La plupart des opérations de paix de l’ONU sont déployées dans des régions fortement exposées aux risques climatiques et parmi les moins équipées pour gérer les chocs climatiques. Khan a déclaré : « Le changement climatique amplifie les pressions qui alimentent les conflits et les déplacements. Par exemple, le manque d’accès à l’eau a accentué les tensions entre les communautés pastorales et sédentaires dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest. » La manière la plus efficace de soutenir les pays fragiles consiste à les rendre plus stables et pacifiques. Khan a ajouté : « Pour nous, aider les pays à gérer les risques climatiques s’inscrit dans un effort plus large de prévention des crises. Et cela signifie faire plus que planter des arbres ou installer des panneaux solaires. Il s’agit aussi d’impliquer toutes les composantes de la société afin de travailler ensemble dans la même direction pour renforcer la résilience et favoriser la paix. Cela implique, à son tour, des analyses de risques concertées, des partenariats durables et des financements adaptés à la réalité du terrain. » Cet accent mis sur la collaboration – entre consolidation de la paix, développement et adaptation climatique – est également au cœur de l’approche de plusieurs gouvernements donateurs. Neale Richmond, ministre d’État du ministère des Affaires étrangères de l’Irlande, a déclaré : « La politique de