Collection « Nid d’artistes » : Une archive vivante pour une souveraineté culturelle africaine

Une consécration internationale pour l’édition marocaine et continentale : le 4ème opus sur Cotonou sacré « Plus beau livre africain » à Paris. C’est une reconnaissance internationale qui vient couronner une démarche éditoriale inédite sur le continent. À l’occasion du Salon du livre africain de Paris, qui s’est tenu du 21 au 22 mars 2026, Malika Éditions s’est vue décerner le prestigieux Prix du plus beau livre africain pour le quatrième opus de sa collection « Nid d’artistes », dédié à Cotonou et au Sud Bénin. Décerné par la Maison de l’Afrique, ce prix réaffirme une ambition claire : valoriser l’excellence éditoriale et artistique du continent tout en faisant rayonner la richesse de ses patrimoines. Réalisé avec le soutien de BANK OF AFRICA, cet ouvrage vient récompenser un projet de longue haleine. Après avoir exploré l’âme de Casablanca, le souffle de Dakar et l’énergie d’Abidjan, la collection « Nid d’artistes » confirme, avec cette distinction, son statut d’œuvre majeure à l’échelle du continent. Initiée en 2019 par Malika Éditions, cette collection s’impose aujourd’hui comme une archive précieuse et nécessaire : une mémoire vivante de l’Afrique racontée par ceux qui la créent. Une série de beaux-livres qui dépasse la simple chronique artistique pour s’affirmer comme un acte de résistance culturelle. Réappropriation du récit : Une mémoire construite de l’intérieur À une époque où l’image de l’Afrique a trop souvent été construite par un regard extérieur, « Nid d’artistes » opère un renversement fondamental. La collection est née d’une conviction profonde : la souveraineté culturelle commence par la maitrise de son propre récit et l’archivage de sa mémoire. Il ne s’agit pas seulement de montrer l’art, mais de documenter l’histoire en train de s’écrire. En donnant la plume et la voix aux artistes, écrivains et penseurs locaux, la collection répond à un véritable impératif d’archivage. Elle constitue une mémoire sensible, émotionnelle et visuelle de l’effervescence africaine pour les générations futures, offrant un espace d’expression à ceux et celles qui façonnent l’imaginaire de leurs villes. C’est une réappropriation du narratif, une manière de dire au monde : « Voici qui nous sommes, vus par nous-mêmes ». « Il est crucial que l’Afrique se raconte elle-même au lieu de laisser les autres la raconter à leur façon. Les artistes, les écrivains et les penseurs savent mieux que quiconque percevoir ce que nous ne voyons pas et exprimer ce que nous n’arrivons pas à dire », affirme Malika Slaoui, éditrice et fondatrice de la collection. « Ces ouvrages sont une source d’information pour les prochaines générations. C’est un travail de mémoire engagé : archiver la parole des créateurs aujourd’hui, c’est préserver l’identité de demain et protéger des voix, des visions et des gestes qui, sans cela, risqueraient de se perdre ». Une promenade émotionnelle et une archive esthétique À travers une mise en page exigeante et une iconographie généreuse, ces beaux-livres invitent à une promenade émotionnelle guidée par les gardiens du temple artistique africain. Véritable conservatoire vivant, chaque volume fédère une centaine d’acteurs culturels : plasticiens, photographes, designers, slammeurs, écrivains et musiciens. Qu’ils soient jeunes talents émergents ou ténors reconnus à l’international, ils tissent ensemble le récit intime et mémoriel de leur cité. Ils y déposent leurs visions singulières dans une histoire commune et une mémoire partagée, transformant chaque page en une archive précieuse du présent. C’est une ode à la diversité, une palette inépuisable de couleurs et de mots qui capture l’effervescence des capitales créatives. L’immersion et l’humilité comme méthode de travail La force de la collection « Nid d’artistes » réside aussi dans la méthodologie unique de son éditrice. Rejetant l’approche superficielle et loin de la compilation à distance, chaque livre est le fruit d’une immersion longue et patiente sur le terrain. C’est cette présence qui permet de constituer une équipe au niveau local (auteurs, contributeurs…) et favorise la rencontre, le dialogue et la collaboration dans une dynamique collective où la création se construit à plusieurs voix. « Pour chaque ville, je mène un travail immersif de terrain de plusieurs mois. Je vais personnellement à la rencontre des artistes, des écrivains et des acteurs culturels. Cette proximité constitue le socle de ma démarche. Elle me permet de tisser des liens forts et de restituer une vision juste, sensible et profondément humaine de la scène artistique. Le partage et l’échange sont au cœur de ce projet, qui s’inscrit pleinement dans notre ligne éditoriale axée sur la préservation de la mémoire, la transmission et le dialogue entre les cultures », explique l’éditrice.« J’ai profondément ressenti que, de Casablanca à Cotonou, ces scènes ont en commun une volonté farouche de raconter le monde depuis leur propre réalité. » Cette méthode, fondée sur l’humilité et l’écoute, permet de capter l’énergie brute des métropoles africaines. De Cotonou à Casablanca, ces villes partagent une vitalité incroyable et une volonté commune : interroger l’identité, le territoire et le présent. À propos de Malika Éditions. Fondée en 1998, Malika Éditions est une maison indépendante spécialisée dans les beaux-livres sur le patrimoine historique et artistique. Reconnue pour ses co-éditions prestigieuses avec des maisons européennes (Actes Sud, Gallimard, Somogy), elle a su enrichir sa ligne éditoriale en s’ouvrant à la scène contemporaine africaine. Sa signature : un dialogue constant entre l’image et le texte, au service de la transmission et du dialogue entre les cultures.
Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

PARUTION. La Société Littéraire a le plaisir d’annoncer l’ouverture d’un grand chantier de réflexion, d’étude et de valorisation autour de l’ouvrage de Serge Armand Zanzala : Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral! Sous-titré : « Je sais que cela vous amuse, mais j’ose quand même: pour une parole qui défie l’impossible et ouvre le débat » Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche ambitieuse, à la croisée de l’histoire, de la culture et du politique. Il propose une relecture profonde de notre passé, en invitant à reconnaître et à mettre en lumière les formations politiques, sociales et culturelles qui structuraient l’espace bantou bien avant la colonisation. Des royaumes et empires tels que le Kongo, le Loango, les ensembles Téké, Luba et Lunda, jusqu’aux royaumes de Ndongo et Matamba, sans oublier les réseaux des peuples Ngala, Fang, Mpongwe, Punu ou Nzebi, se dessine une histoire riche, plurielle et profondément interconnectée. Au cœur de cette mémoire se trouve le puissant Royaume Kongo, véritable centre de gravité politique et civilisationnel, autour duquel s’organisaient échanges, alliances et équilibres régionaux. Ce chantier éditorial vise à : Réhabiliter cette mémoire historique souvent fragmentée, Valoriser les continuités culturelles et civilisationnelles, et Nourrir une réflexion contemporaine sur l’avenir politique de cet espace Le concept de Kongo Atlantique s’inscrit dans cette dynamique : il ne s’agit ni de nier les États actuels ni d’effacer les frontières, mais de proposer une lecture fédératrice d’un héritage commun, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. Un sous-titre à la fois interpellateur et provocateur Le sous-titre de l’ouvrage se distingue par sa force et son audace. À travers cette formule, l’auteur interpelle directement les consciences et ose bousculer les certitudes établies. Cette parole, volontairement provocatrice, semble s’adresser en particulier aux quatre chefs d’État représentés en couverture : João Lourenço (Angola), Félix Tshisekedi (République Démocratique du Congo), Denis Sassou Nguesso (République du Congo) et Brice Oligui Nguema (Gabon). En affirmant « j’ose quand même », l’auteur pose un acte intellectuel fort : celui de défier les logiques politiques actuelles et d’ouvrir un débat que beaucoup jugent sensible, voire impossible. Ce sous-titre devient ainsi une interpellation directe des dirigeants, les invitant à réfléchir à l’histoire commune, aux responsabilités présentes et aux perspectives d’un avenir fédéral repensé. Un ouvrage qui rend hommage à une mémoire partagée et ouvre un débat essentiel sur l’unité, la souveraineté et la renaissance culturelle. Puisse cette réflexion collective inspirer nos quatre chefs d’Etat ainsi que les générations présentes et futures. Serge Armand Zanzala Directeur de Publication de La Société Littéraire et auteur du livre
Fès El Bali : Le défi d’une cité millénaire face à la « muséification »

Entre héritage idriside et exigences de la modernité, la plus ancienne médina du Maroc cherche l’équilibre parfait. Comment préserver l’authenticité d’un chef-d’œuvre de l’art islamique sans le figer dans le passé ? Voyage au cœur d’un patrimoine vivant. Un carrefour d’identités Fondée en 789 par Idris Ier, Fès est le fruit d’une alliance historique entre une élite arabe et les tribus amazighes. Ce mélange fondateur a donné naissance à une capitale spirituelle qui, dès le Moyen Âge, attirait érudits et artisans du monde entier. Si Casablanca est économique et Rabat politique, Fès demeure l’âme du pays. Plonger dans Fès el-Bali, c’est s’aventurer dans un labyrinthe de 9 000 ruelles. Ici, l’urbanisme n’est pas le fruit du hasard : l’étroitesse des rues offre une ombre naturelle contre la chaleur accablante et constituait jadis une défense impénétrable. Avec ses 350 mosquées et ses 200 fondouks, la médina s’étend sur 280 hectares de savoir-faire séculaire. Le dilemme de la conservation : Un équilibre fragile La reconnaissance de l’UNESCO en 1981 a révélé des visions divergentes. D’un côté, l’organisation internationale exige une authenticité stricte, refusant le béton au profit du mortier de chaux ou du bois de cèdre. De l’autre, les autorités marocaines doivent répondre aux besoins de 156 000 habitants réclamant des infrastructures modernes. Le cas des tanneries de Chouara est emblématique. Si l’UNESCO s’inquiète des rejets chimiques et de la pollution de l’oued Fès, le Maroc défend un processus artisanal manuel inchangé depuis le XIe siècle. Pour les autorités, fermer ces ateliers reviendrait à rompre une tradition économique vitale qui utilise encore le safran pour le jaune ou l’indigo pour le bleu. Le coût humain du patrimoine La vie dans un site classé impose des contraintes lourdes. Les habitants, souvent économiquement fragilisés, peinent à financer des restaurations traditionnelles coûteuses. Le tragique effondrement d’un immeuble en décembre 2025, ayant fait 22 victimes, a cruellement rappelé que la protection du patrimoine ne doit pas devenir un obstacle à la sécurité de base. Le défi est là : adapter les structures historiques (électricité, isolation, plomberie) pour qu’elles restent habitables, évitant ainsi l’exode des populations vers les quartiers modernes. Le tourisme : Sauveur et catalyseur Loin d’être une simple activité commerciale, le tourisme est le moteur de la renaissance de Fès. Il rend économiquement viable le travail des maalems (maîtres artisans). Un sac en cuir tanné végétalement ne peut rivaliser avec l’industrie de masse sans une clientèle en quête d’authenticité. Les succès sont réels : la restauration minutieuse de l’Université Al Quaraouiyine (fondée en 859) ou la réhabilitation du Fondouk Nejjarine en musée des arts du bois démontrent que le patrimoine peut générer ses propres revenus. Des initiatives comme le Festival des Musiques sacrées du monde transforment la médina en une scène culturelle globale, renforçant la fierté des jeunes générations pour leur héritage. Vers une authenticité dynamique Éviter la muséification signifie accepter que la médina est un « patrimoine vivant ». L’authenticité ne doit pas consister à figer les bâtiments dans le temps, mais à préserver les qualités essentielles — le tissu urbain dense, les zelliges, les cours fermées — tout en autorisant les adaptations nécessaires à la vie contemporaine. En fin de compte, Fès nous enseigne que la conservation la plus réussie est celle qui sert l’épanouissement humain. Ce n’est qu’à travers une approche équilibrée que la cité idriside pourra rester à la fois un chef-d’œuvre de l’histoire et une ville vibrante de modernité. Par Imane Leliège Traduit de l’anglais par Pr Mifdal Mohamed Professeur titulaire Études des médias, traduction et littérature Chef de département (langues et compétences transversales) Université Chouaib Doukkali -El Jadida Focus : La Restauration de Bab Boujloud Exemple parfait de restauration idéale, la célèbre porte bleue a été remise en état par des maîtres artisans utilisant les techniques séculaires du zellige, garantissant une stabilité structurelle sans trahir l’esthétique d’origine. Imane Leliège. Étudiante en Licence de Science Politique à l’UCO Angers, cet article est issu d’un travail d’analyse réalisé dans le cadre d’un échange Erasmus à l’Université de Zagreb, sous la direction de Mme Mirela Hrovatin. Imane explore ici les politiques mondiales du patrimoine appliquées à la réalité vivante de la médina de Fès.
Congo. « Gouvernance responsable pour le climat » : l’essai de Roch Régis Bikoua qui interpelle les décideurs

LIVRES. Dans son combat pour la protection de l’environnement, le Président de l’association Espoir pour l’avenir, l’écrivain Roch Régis BIKOUA publie son troisième livre intitulé La gouvernance responsable pour le climat aux éditions libres-opinions et contenant 15 chapitres illustrant une critique constructive sur la gouvernance climatique mondiale. Dans cette troisième signature, l’écrivain Roch Régis BIKOUA s’interroge sur la crédibilité de la parole politique dans le contexte climatique. Il met en lumière le fossé entre les promesses faites dans les sommets internationaux et la réalité des actions sur le terrain. L’auteur demande de repenser les mécanismes de responsabilité climatique et met en avant l’idée d’un tribunal climatique international, indépendant, pour juger des manquements aux engagements. Et y ajoute le rôle que pourrait jouer la société civile dans le contrôle et le suivi de ces engagements, en renforçant la transparence et la pression publique. Cet essai politique et environnemental est un appel à la prise de conscience mondiale pour le climat. Notons que l’écrivain congolais Roch Régis BIKOUA est auteur de plusieurs publications:
Brouxou ou quand l’imagination dépasse le réel

LIVRES. Il est des mots qui naissent d’une erreur de prononciation et deviennent des royaumes de rêves. Dans la nouvelle « Brouxou », extraite du recueil Une petite vie à Sidi Youssef Ben Ali de My Seddik Rabbaj, le réel et l’imaginaire s’entrelacent avec une délicatesse nostalgique pour raconter une histoire dont le théâtre est le quartier Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech. À travers une simple déformation phonétique — « Bruxelles » devenue « Brouxou » — l’auteur construit une méditation sensible sur l’enfance, le langage, l’exil rêvé et la désillusion. L’histoire est dédiée au poète et dramaturge belgo-marocain Taha Adnan, dont le parcours entre le Maroc et la Belgique éclaire le sens profond du texte. Tout commence dans ce quartier populaire où des enfants espiègles transforment le trajet vers la place Jemaa el-Fnaa en une aventure. Ils préfèrent s’accrocher discrètement aux calèches. Cependant, goûter à l’ivresse du risque, à la liberté conquise est payé parfois à coup de fouet. L’avion surgit dans la nouvelle comme une figure surnaturelle. Ni oiseau ni voiture : un « merveilleux entre-deux ». Un jour, à l’école, le maître explique que l’avion permet d’atteindre des capitales européennes comme Paris, Londres, Amsterdam et Bruxelles. Mais l’enfant entend « Brouxou ». Ce malentendu devient le point central du récit. Pour lui, « Brouxou » n’est pas une ville réelle : c’est un lieu mystérieux, riche, presque magique. Le mot lui-même le fascine par sa sonorité. Il le répète, le savoure, l’adopte. Rapidement, le terme se répand parmi ses amis et devient une expression du quartier. On l’utilise pour parler du luxe, de l’élégance ou d’un comportement prétentieux. Ce passage montre clairement comment le langage peut transformer la réalité. Un simple mot, mal compris, devient un symbole collectif. L’imaginaire des enfants remplit le vide laissé par l’ignorance géographique. Le génie de la nouvelle tient à cette alchimie. Le signifiant — le mot — précède le signifié — la réalité. « Brouxou » n’est pas encore un lieu géographique ; c’est un espace imaginaire, un pays où l’argent ne manque jamais, où les rues flottent dans l’air. Le narrateur invente ce qu’il ne connaît pas. Il partage le mot avec ses amis. Il l’élève au rang de mythe collectif. Brouxou devient une expression, un code, une mesure du luxe et de l’élégance. Le langage crée un monde parallèle. Plus tard, au lycée, la révélation tombe : Brouxou n’est autre que Bruxelles. Le choc est discret mais profond. La magie se fissure. L’erreur d’enfance devient faute linguistique. Le narrateur tente d’effacer l’ancien mot, d’adopter la prononciation correcte — « Brucelles » — comme on enfile un masque social. Derrière cette anecdote phonétique se cache une réflexion subtile sur l’ascension sociale et la honte des origines. Dire correctement le nom d’une capitale devient un signe d’appartenance. Mal le dire, c’est trahir le quartier. Le langage est ici territoire et frontière. En perdant « Brouxou », le narrateur perd une part de lui-même. L’enfance se retire comme une marée silencieuse. La ville réelle entre en scène à travers Taha Adnan, ami et confident, parti étudier en Belgique. À travers ses récits, le narrateur espère retrouver son mythe. Mais la description est prosaïque : studios exigus, difficultés financières, survie étudiante. La capitale européenne n’est plus cité enchantée mais espace de lutte. Brouxou vacille. Plus tard, le narrateur lui-même obtient l’occasion d’aller en Belgique. L’excitation est immense. Pourtant, à deux reprises, le périphérique l’empêche d’entrer dans le centre-ville. La ville est là, toute proche, mais inaccessible. L’ironie est poignante : arrivé enfin à Bruxelles, il ne rencontre toujours pas Brouxou. La déception est décrite avec une pudeur bouleversante. Ce n’est pas seulement un itinéraire contrarié ; c’est une collision entre imaginaire et réalité. L’enfant intérieur attendait un miracle. L’adulte se heurte à la logistique, aux horaires, à l’indifférence fonctionnelle des chauffeurs. La dédicace à Taha Adnan éclaire le texte d’une lumière fraternelle. À travers l’ami parti en Europe, le narrateur a voyagé sans quitter son quartier. Les récits de l’autre ont entretenu la flamme du mythe. Brouxou devient alors symbole du lien entre deux rives, entre deux langues, entre deux réalités. Le style de My Seddik Rabbaj est limpide, presque oral, mais traversé de fulgurances poétiques. Les comparaisons sont issues du quotidien : un château de sable qui s’effondre, un cadeau dont l’emballage dissimule un vide, une boule dans la gorge impossible à avaler. Cette simplicité donne au texte sa force. Elle permet au lecteur de reconnaître sa propre « Brouxou » — ce mot, ce lieu, cette illusion d’enfance qu’il a dû abandonner. Par Youssef Ait Bihi
Vision de la Chine 2030 : Nouvelle parution, anticiper le monde qui vient

LIVRES. La publication de Vision de la Chine 2030, ouvrage de Nasrallah Belkhayate, s’inscrit dans un moment décisif de l’histoire mondiale, où les recompositions économiques, technologiques, diplomatiques et civilisationnelles imposent une lecture plus fine des grands centres de puissance du XXIe siècle. À travers cet ouvrage, il s’agit d’éclairer, avec rigueur et hauteur de vue, les dynamiques profondes qui structurent l’ascension de la Chine et redessinent progressivement les équilibres internationaux. Ce livre n’est pas seulement une analyse de conjoncture. Il propose une grille de lecture stratégique destinée à comprendre la trajectoire chinoise dans ses dimensions les plus déterminantes : la puissance industrielle, la maîtrise technologique, la planification de long terme, l’influence financière, la diplomatie d’initiative et la capacité de Pékin à articuler vision nationale et projection globale. Vision de la Chine 2030 entend ainsi offrir aux décideurs, chercheurs, diplomates, entrepreneurs et lecteurs avertis un instrument de compréhension d’un monde en mutation accélérée. Dans un contexte international marqué par la rivalité des puissances, la fragmentation des chaînes de valeur, la bataille des normes et la transformation des espaces d’influence, la Chine apparaît comme l’un des acteurs majeurs autour desquels se recompose le futur. Comprendre la Chine de 2030, c’est donc anticiper les nouveaux rapports de force, les opportunités de coopération, les risques de dépendance et les marges d’autonomie stratégique ouvertes aux nations qui souhaitent penser leur avenir avec lucidité. À travers cette publication, Nasrallah Belkhayate porte une ambition claire : dépasser les lectures superficielles, sortir des réflexes idéologiques et proposer une approche structurée, géostratégique et prospective. L’ouvrage invite à interroger non seulement ce que la Chine devient, mais également ce que son évolution implique pour l’Afrique, pour le monde arabe, pour l’Europe et pour l’ensemble des pays appelés à redéfinir leur positionnement dans le nouvel ordre international. Vision de la Chine 2030 est ainsi conçu comme une contribution au débat intellectuel et stratégique de notre temps. Il appelle à une réflexion exigeante sur la redistribution de la puissance mondiale, sur les nouvelles centralités économiques et sur les formes émergentes de souveraineté dans un monde où la vitesse des transformations impose davantage de clairvoyance que de réaction. La sortie de cet ouvrage constitue, en ce sens, une invitation à penser l’avenir avec méthode, profondeur et discernement. Elle s’adresse à tous ceux qui considèrent que la compréhension des trajectoires chinoises est devenue indispensable pour anticiper le monde qui vient. Pagesafrik.com REPERES SOBRES, LISIBLES ET UTILES. Nasrallah Belkhayate est un auteur et géostratège engagé dans la lecture des grandes mutations du monde contemporain. Son travail s’inscrit dans une approche qui relie civilisation, souveraineté,diplomatie et transformations géopolitiques de long terme.Président de la Fondation Trophée de l’Africanité, il porte une réflexionattentive aux équilibres entre l’Afrique, l’Asie et les nouvelles dynamiques duSud global.Ses analyses privilégient la clarté, la profondeur historique et l’intelligence desrapports de puissance.Il s’intéresse particulièrement aux recompositions de l’ordre international, auxstratégies d’influence et aux modèles de modernisation.À travers ses écrits, il cherche à rendre accessibles des enjeux complexes à unlectorat diplomatique, institutionnel et intellectuel.Son regard accorde une place centrale au dialogue entre les continents, auxmémoires politiques et aux trajectoires nationales.Dans cet ouvrage, il propose une lecture structurée de la Chine contemporaineà partir des discours, des orientations et des ambitions de Xi Jinping.Cette démarche vise à offrir des repères sobres, lisibles et utiles à celles et ceux qui observent l’évolution du système international. Son écriture associe exigence analytique, sens de la synthèse et volontéconstante de replacer les faits dans leur horizon stratégique
Ramadaniat WeCasablanca 2026 : forte affluence et riche programmation artistique

MAROC. Tout au long du mois de Ramadan, la ville de Casablanca a accueilli l’édition 2026 de « Ramadaniat WeCasablanca – Ramadan à l’esprit bidaoui », une programmation culturelle et artistique dédiée aux nuits du mois sacré. Concerts de musique spirituelle et ateliers artistiques ont rythmé cette édition, qui a réuni plusieurs centaines de visiteurs dans différents espaces culturels de la ville. Organisée par la Société de Développement Local Casablanca Events & Animation, en partenariat avec le Conseil de la ville de Casablanca, la Direction Régionale de la Culture de la région Casablanca-Settat et le Conseil Scientifique Local de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à accompagner l’animation culturelle de la métropole durant le mois de Ramadan et à valoriser le patrimoine artistique et spirituel marocain. L’espace culturel Sacré-Cœur a accueilli, chaque soir à partir de 21h30, une série de concerts consacrés aux arts du samaâ, du madih, de l’inchad et du tarab. Ces soirées ont rassemblé près de 9000 spectateurs, venus assister aux prestations d’artistes et de mounchidines marocains parmi lesquels Haj Saïd Berrada, Dalal El Barnoussi, El Houssine Taous, le groupe Zaouia Cherkaouia, Othmane Benmoumen, Salma Chenouani, Yassine Lachhab, Saad El Kouhen et Mohamed El Mehdi Dahdouh. En parallèle, l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca a proposé, les week-ends à partir de 11h00, une série d’ateliers dédiés à la calligraphie arabe, à la poterie et au dessin. Ces ateliers ont rassemblé plus de 1200 participants, offrant des espaces d’apprentissage et de pratique artistique ouverts à différents publics. Dans le prolongement de cette programmation, des concours ont également été organisés tout au long du mois de Ramadan en partenariat avec le Conseil Scientifique Local, autour de douze catégories liées notamment au Saint Coran, au hadith, au fiqh ou encore au madih et samaâ. Ces initiatives ont suscité une forte mobilisation, rassemblant près de 800 participants. Les cérémonies de remise des prix se sont tenues le 05 et le 11 mars la première au siège du conseil scientifique et la deuxième à l’espace Sacré-Cœur, consacrant les lauréats des différentes catégories. Au fil de ses différentes activités, Ramadaniat WeCasablanca 2026 a rassemblé un public nombreux, confirmant l’intérêt des Casablancais et des visiteurs pour des rendez-vous culturels qui accompagnent les soirées du mois de Ramadan. À travers cette programmation, l’initiative poursuit son ambition de faire de la culture et des arts un vecteur de rencontre et de partage durant le mois sacré, pour contribuer à l’animation de la ville et à la valorisation de son patrimoine artistique et spirituel.
Workshop international : « Ombres et Éclats » s’invite à Casablanca

Jusqu’ au 29 mars 2026, la vibrante métropole de Casablanca se transforme en épicentre créatif international en accueillant l’événement « Ombres et Éclats : Mixité des couleurs de Casablanca ». Ce workshop, réunissant étudiants, designers, et professionnels de divers horizons, s’articule autour d’une exploration avant-gardiste de la lumière dans l’architecture. Imaginé et orchestré par l’École Supérieure de Design et des Arts Visuels (ESDAV), en partenariat avec IKOMĒ et l’École de design Nantes Atlantique, ce projet prolifique s’intègre dans une dynamique franco-marocaine où l’éducation, la création, et la recherche convergent pour un enrichissement culturel mutuel. Durant une semaine riche en découvertes et en échanges, les étudiants du Master Design de l’ESDAV auront le privilège d’investir l’immeuble Assayag, un bijou architectural édifié en 1930 sous la direction de Marius Boyer, véritable monument du patrimoine casablancais. Encadrés par leurs professeurs et des experts en conception lumière, ces jeunes talents travailleront sur des installations lumineuses contextualisées, exploitant la lumière comme une matière vivante capable de transformer l’espace. Considérée non seulement comme un outil narratif, mais aussi comme une force créative et sensible, la lumière deviendra le moyen d’une réinterprétation contemporaine de cet édifice historique. Ce travail expérimental et interdisciplinaire apportera une vision nouvelle de l’héritage architectural à travers des approches novatrices et audacieuses. Le point culminant du workshop sera marqué par une exposition publique, les 28 et 29 mars 2026, invitant les visiteurs à vivre une expérience immersive au sein des créations réalisées par les étudiants. L’événement permettra de redécouvrir ce lieu patrimonial d’une manière unique et saisissante. Un vernissage, organisé le vendredi 27 mars à 18h sur invitation, réunira partenaires institutionnels, professionnels influents et convives privilégiés autour des installations lumineuses imaginées. Cette soirée d’inauguration sera ponctuée par une présentation approfondie du projet, des discours inspirants prononcés par les partenaires, un émouvant hommage rendu à Abderrahim Jabrani, ainsi qu’un espace de dialogue autour des enjeux actuels liés à la lumière dans le cadre architectural. À travers « Ombres et Éclats », les concepteurs aspirent à élargir les perspectives des jeunes designers en sensibilisant davantage aux défis que représente l’usage créatif de la lumière. Cet événement traduit également une volonté affirmée de valoriser le patrimoine architectural unique de Casablanca et de renforcer l’interaction entre les mémoires du passé et les innovations contemporaines. Porté par une ambition internationale, il contribue à intensifier les échanges entre écoles et professionnels venus du monde entier. Le workshop est soutenu par l’ESDAV, IKOMĒ conception lumière, l’École de design Nantes Atlantique et bénéficie également de l’appui du Syndicat National des Architectes Privés (SNAP). Lieu : Immeuble Assayag – CasablancaWorkshop : du 22 au 27 mars 2026Vernissage (sur invitation) : vendredi 27 mars 2026 à 18hExposition ouverte au public : 28 et 29 mars 2026