Vers une Confédération du Liptako Gourma ?

C’est un nouveau pas vers l’intégration régionale au Sahel. La réunion des Hauts Fonctionnaires des pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) s’est ouverte ce lundi à Ouagadougou. Cette réunion intervient juste après le retrait « sans délai » du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’objectif de cette rencontre est clair : renforcer et accélérer le processus d’intégration des États du Liptako Gourma en vue de parvenir à la création d’une Confédération entre le Burkina Faso, la République du Mali et la République du Niger. Cette initiative vise à mutualiser les forces et les moyens des trois pays pour faire face aux défis communs, notamment le terrorisme, la pauvreté et le développement économique. La réunion des Hauts Fonctionnaires est une étape importante dans le processus de création de la Confédération. Elle permettra de discuter des textes fondamentaux et de préparer la réunion des Ministres de l’AES prévue le 15 février 2024.

La CEDEAO exhorte le Burkina, le Mali et le Niger à privilégier le dialogue et la réconciliation, face aux incertitudes liées à leur retrait de la communauté

La CEDEAO exhorte le Burkina, le Mali et le Niger à privilégier le dialogue et la réconciliation, face aux incertitudes liées à leur retrait de la communauté

L’organe régional a adopté cette position à l’issue d’une session extraordinaire de son Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS) qui s’est tenue le 8 février 2024 à Abuja, au Nigeria, tout en soulignant l’impérieuse nécessité de mettre l’accent sur la diplomatie et l’esprit d’unité, face aux défis qui se posent à l’échelle régionale. A l’issue des travaux, le Ministre des Affaires étrangères du Nigeria et Président en exercice du Comité de médiation et de sécurité, l’Ambassadeur Yusuf Tuggar, a déclaré que la décision prise par le Burkina, le Niger et le Mali de se retirer de l’organisation constitue un défi supplémentaire,  mais que les autres membres, animés par l’esprit de coopération,  sont déterminés à relever ce défi, en défendant les valeurs de la Communauté. Il a poursuivi en ces termes “Nous devons mettre à profit la dynamique créée au cours de la présente session et poursuivre nos efforts en vue d’encourager les pays membres concernés à accepter le dialogue, dans un esprit de compréhension et de réconciliation”. L’Ambassadeur Tuggar a souligné l’impact préjudiciable que ce retrait du Burkina, du Mali et du Niger pourrait avoir pour leur citoyens. Il a déclaré dans ce cadre que « Le choix fait ces trois pays de sortir de la CEDEAO aura pour effet non seulement de créer de grandes difficultés pour leurs populations, mais également de saper les efforts d’intégration régionale. ». Il a également réaffirmé l’engagement de la CEDEAO à promouvoir le dialogue, la diplomatie et la réconciliation, qui constituent les fondements de son approche en matière de résolution des conflits au sein de la communauté. En ce qui concerne les implications de ces décisions sur le processus d’intégration plus large, l’Ambassadeur Tuggar a estimé qu’il s’agit d’un léger recul, plutôt que d’une perturbation complète de l’intégration africaine. Il a évoqué les déplacements importants des populations au sein de la région et les liens qui les unissent, soulignant le niveau élevé des réalisations accomplies, en dépit des difficultés actuelles. Outre les questions relatives à l’intégration régionale et la diplomatie, le Conseil s’est également penché sur le problème urgent du terrorisme. Une décision importante prise à cet égard est celle concernant l’appel à l’activation de la Force en attente de la CEDEAO, pour lutter contre la menace existentielle du terrorisme qui plane sur la communauté, y compris sur le Burkina, le Mali et le Niger. En dépit des sanctions imposées à leur encontre, la CEDEAO a continué de soutenir ces pays dans leurs efforts de lutte contre le terrorisme. Pour sa part, le Président de la Commission, S.E. Dr Omar Alieu Touray,  a affirmé que la CEDEAO demeure déterminée à œuvrer en faveur de la réalisation des aspirations de ses citoyens relatives à une gouvernance responsable et démocratique. « Nous sommes passés d’une CEDEAO des Etats à une CEDEAO des Peuples, où les exigences de gouvernance démocratique et de transparence ont une importance primordiale, » a-t-il déclaré, avant de souligner que l’organisation entend tout mettre en œuvre en vue de promouvoir ces idéaux dans chacun de ses pays membres. Avant la clôture de la session, la CEDEAO a réitéré son engagement en faveur de la bonne gouvernance, du renforcement des institutions, ainsi que du bien-être de ses citoyens. La Communauté est unie dans ses efforts pour le dialogue, la réconciliation et la lutte contre le terrorisme – toutes choses qui incarnent l’esprit de coopération et d’unité définissant la CEDEAO. CP

Une délégation algérienne en visite de travail à Agadez

L’ambassadeur d’Algérie  au Niger M. Bekhedda MEHDI et le Directeur Général de l’Agence Algérienne de Coopération Internationale pour la Solidarité et le Développement et M. Abed Hallouz, ont effectué jeudi  8 février 2024, une visite de travail à Agadez. Les membres  de la délégation algérienne ont visité un site retenu pour la construction d’un Institut Islamique et d’un Centre d’hémodialyse dans la commune d’Agadez. Lors de leurs entretiens avec le   gouverneur de la région d’Agadez le général de brigade Ibrah BOULAMA, ils ont annoncé la construction d’une Polyclinique à Tchirozérine et le projet de construction d’une centrale Hybride Solaire de 10MWC à Arlit. La visite  a aussi pour objectif,  une reconnaissance des sites retenus dans le cadre des projets initiés au profit de la population d’Agadez.  L’Agence Algérienne de Coopération Internationale pour la Solidarité et le Développement a pour principales missions l’élaboration et la mise en œuvre de la politique nationale de l’Algérie en matière de coopération internationale ; économique, sociale, humanitaire, culturelle, éducative, scientifique et technique, ainsi que d’assurer et de préparer l’exécution du budget de la coopération internationale. L’Algérie et le Niger partagent une frontière longue de 951 kilomètres, un lien géographique qui s’accompagne d’une histoire commune. Au fil des années, ces deux pays ont développé des relations de coopération solides, notamment sur le plan politique et économique. ANP

Talon réagit (enfin) après le départ des pays de l’AES de la CEDEAO : « Il faut tout laisser tomber pour préserver la paix »

Le président béninois Patrice Talon a finalement donné son avis sur la situation dans l’espace CEDEAO, après le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation. Lors d’une conférence de presse ce jeudi 8 février, Talon a déclaré : « Les sanctions ne sont pas faites pour durer dans le temps. Nous sommes les premiers à vouloir que les sanctions s’arrêtent. S’il faut arriver à la division des peuples, il faut tout laisser tomber, faire la paix entre les organes pour préserver la paix entre les peuples ». Le Bénin a été l’un des pays les plus stricts dans l’application des sanctions contre les pays du Sahel, en fermant sa frontière avec le Niger et en suspendant les importations de marchandises transitant par le port de Cotonou. La levée de la suspension des importations fin décembre a été un premier pas vers l’apaisement, mais la déclaration de Talon aujourd’hui est un signe clair que le Bénin est prêt à aller plus loin pour sortir de la crise.

CEDEAO : L’AES a raison de se retirer !

Le PPA-CI de Laurent Gbagbo apporte son soutien Le Parti des Peuples Africains (PPA-CI) de Laurent Gbagbo exprime son soutien aux pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) qui ont décidé de se retirer de la CEDEAO. Le PPA-CI dénonce les sanctions « nocives » de la CEDEAO contre les pays qui ont connu des ruptures de l’ordre constitutionnel et l’instrumentalisation des institutions financières à des fins politiques. Le parti rappelle les mises en garde de Laurent Gbagbo contre une guerre de la CEDEAO contre le Niger et souligne que la décision de l’AES est une sage décision.

Riyad: Les chancelleries du Mali, du Burkina et du Niger saluent « la décision de leurs autorités de se retirer de la CEDEAO »

Riyad: Les chancelleries du Mali, du Burkina et du Niger saluent « la décision de leurs autorités de se retirer de la CEDEAO »

Le mercredi, 31 janvier 2024, l’Ambassadeur du Mali à Riyad, Son Excellence Monsieur Boubacar Gouro DIALL, a reçu pour un déjeuner de travail, son homologue du Burkina Faso, Son Excellence Monsieur Boukary SAVADOGO, et le Chargé d’Affaires du Niger, M. Adahi Siraji. Cette rencontre tripartite s’inscrit « dans le cadre de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) », a annoncé l’Ambassade de la République du Mali à Riyad sur le réseau social X (autrefois Twitter), précisant que les échanges ont porté sur la situation au sein de l’espace AES. « Les trois diplomates ont salué la décision de leurs autorités de se retirer de la CEDEAO, qui s’est éloignée de l’idéal panafricain et qui est devenue une menace pour les États de l’AES », a-t-elle indiqué dans un bref communiqué. La même source ajoute que les trois chancelleries « ont convenu de mettre en place le Groupe des Ambassadeurs AES en Arabie Saoudite et de se rencontrer régulièrement ». Adrien Thyg

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger quittent la CEDEAO : quelles répercussions sur la région ?

Dimanche, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont simultanément annoncé leur retrait de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), déclarant que l’organisation régionale était sous le contrôle de « puissances étrangères » et ne parvenait pas à résoudre efficacement les problèmes auxquels ils sont confrontés, notamment celui du terrorisme. Les prémices de cette démarche ont émergé le 16 septembre dernier, lorsque les trois pays ont signé la Charte du Liptako-Gourma, créant ainsi l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Cette alliance, survenue cinq mois après le retrait du Mali du G5 Sahel soutenu par la France, vise à assurer la défense collective contre les menaces terroristes. Certains observateurs n’ont pas été surpris par le retrait de ces trois pays. Leurs dirigeants militaires estiment que la CEDEAO, en ne parvenant pas à répondre à leurs besoins et en maintenant des sanctions sévères, a violé ses principes fondateurs basés sur le développement économique des Etats membres et son rôle clé dans la résolution des conflits régionaux. Les gouvernements de transition ont fait savoir que leur décision répondait « aux attentes, aux préoccupations et aux aspirations de leurs populations ». La CEDEAO a précisé, dans un communiqué publié quelques heures plus tard, qu’elle n’avait pas officiellement reçu la décision de retrait des trois Etats membres et qu’il fallait un délai d’un an pour que le retrait d’un membre soit effectif. Selon le communiqué, le Burkina Faso, le Niger et le Mali demeurent des membres importants, et la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement reste déterminée à trouver une solution négociée à cette impasse politique. En dépit de cet optimisme affiché par la CEDEAO, les conséquences de la décision prise par Bamako, Niamey et Ouagadougou sont à surveiller, marquant un tournant dans l’organisation régionale. Leur départ aura un impact sur la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO. La circulation des personnes au sein de la communauté ne sera plus effective pour les populations de ces trois pays, ainsi que pour le reste de la communauté qui souhaite se rendre au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Actuellement, un grand nombre d’expatriés des trois pays concernés se sont installés dans d’autres pays de la CEDEAO, et vice versa. Le commerce inter-étatique, promu dans le cadre de la CEDEAO, va également subir un gros coup avec le rétablissement de frais de douane et de taxes. La facture risque d’être élevée pour les trois Etats sans débouché maritime. Ainsi, le Mali s’appuie sur les ports de Dakar au Sénégal et d’Abidjan en Côte d’Ivoire, le Niger sur celui de Cotonou, et le Burkina Faso sur les ports d’Accra au Ghana et de Lomé au Togo. En attendant, ces trois pays font partie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux concernant leur possible retrait du franc CFA pour émettre leur propre monnaie. Leur départ de la CEDEAO ajoute aussi de l’incertitude au projet de monnaie unique l’Eco, prévu pour 2027. Depuis les coups d’Etat dans ces trois pays, les liens militaires avec la France, qui avait une forte présence dans la région du Sahel, ont été rompus. Les juntes cherchent désormais à diversifier leurs partenariats en matière de sécurité et à renforcer leurs relations avec d’autres acteurs. Leur retrait de la CEDEAO risque de compromettre la coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme et des échanges économiques, ce qui pourrait entraîner un risque d’ »asphyxie » économique et sociale dans ces Etats déjà fragiles, favorisant ainsi la montée du terrorisme. Fondée en 1975 dans le but de promouvoir l’intégration économique des Etats membres, la CEDEAO était considérée comme l’autorité politique et régionale en Afrique de l’Ouest, mais elle a été confrontée ces dernières années à une situation instable en raison des coups d’Etat récurrents dans la région. Par Cheikh Tidiane Ndiaye

« La CEDEAO est devenue une menace » pour les pays réfractaires, selon Bamako

C’est le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop qui a fait ce constat auprès de la chaine ORTM1 suite au retrait de son pays, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO. D’après le chef de la diplomatie malienne, la Communauté « a été instrumentalisée contre les institutions de nos pays, contre nos États, contre nos populations ». Il a souligné que l’organisation a pris des « mesures coercitives », qui ont impacté les populations, et est allée jusqu’à brandir la « menace d’intervention militaire ». Face à ces actions, le Mali, le Burkina et le Niger ont pris une « décision de survie », insiste M.Diop… Lire la suite sur Sputniknews