République du Congo. Des partisans de l’opposition détenus depuis quatre mois doivent être libérés

Amnesty International demande aux autorités congolaises de libérer immédiatement et sans condition cinq partisans de l’opposition incarcérés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. L’un d’entre eux a déjà passé quatre mois derrière les barreaux. Parfait Mabiala, partisan du mouvement d’opposition Incarner l’espoir, est incarcéré depuis son arrestation le 23 novembre 2019 à Pointe-Noire. Trois autres opposants, Franck Donald Saboukoulou Loubaki, Guil Miangué Ossebi et Meldry Rolf Dissavoulou ont été arrêtés un peu plus tard, entre le 13 et le 17 décembre 2019 à Brazzaville. Celeste Nlemvo Makela, militant du mouvement citoyen Ras-Le-Bol, a été interpellé le 22 décembre 2019. Amnesty International demande leur libération immédiate et inconditionnelle.Les autorités congolaises tentent de nouveau d’employer le harcèlement et les poursuites judiciaires comme moyens de faire taire l’opposition. Elles doivent abandonner toutes les charges retenues contre ces détenus et les libérer immédiatement et sans condition. Fabien Offner, chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty International. « Dans un pays où les autorités se targuent de promouvoir les droits humains et nient l’existence de prisonniers politiques et de prisonniers d’opinion, ce à quoi nous assistons depuis quelques années et ce que nous constatons aujourd’hui atteste d’une politique de détention des partisans de l’opposition, des défenseurs des droits humains et des militants. À n’en pas douter, les autorités durcissent l’offensive contre les voix dissidentes, a déclaré Fabien Offner, chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty International. « Ces arrestations à caractère politique sont d’autant plus inquiétantes que plusieurs candidats de l’opposition, défenseurs des droits humains et militants arrêtés de manière arbitraire depuis les élections de 2016 sont toujours en prison. Les autorités congolaises tentent de nouveau d’employer le harcèlement et les poursuites judiciaires comme moyens de faire taire l’opposition. Elles doivent abandonner toutes les charges retenues contre ces détenus et les libérer immédiatement et sans condition. » Ces partisans de l’opposition sont inculpés d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État. Amnesty International estime qu’ils sont incarcérés uniquement parce qu’ils sont membres de mouvements qui se montrent critiques à l’égard de la situation des droits humains et de l’état de droit au Congo. Il s’agit d’une violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, que le Congo a ratifiés. Arrêtés sur la base de rumeurs concernant une manifestation programmée, ces militants ont été interrogés sur leurs liens avec les leaders d’Incarner l’espoir, de Ras-le-Bol et d’autres mouvements. Incarner l’espoir est dirigé par un opposant politique installé en France, qui s’est officiellement déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2021. Celeste Nlemvo Makela, militant de Ras-le-Bol, est inculpé d’« incitation à troubler l’ordre public » au titre de la Loi du 21 août 2006 sur les partis politiques, alors qu’il n’est membre d’aucun parti. Le 3 mars 2020, un autre membre de Ras-le-Bol, Hallel Bouesse, a été interpellé à l’aéroport international de Maya-Maya, à Brazzaville, alors qu’il était sur le point d’embarquer pour Dakar. Il a été conduit à la Direction Générale de Surveillance du Territoire afin d’être interrogé sur ses liens avec Incarner l’espoir et une organisation congolaise de défense des droits humains, avant d’être relâché dans la soirée. Depuis quelques années, les autorités congolaises harcèlent et poursuivent en justice leurs opposants pour les réduire au silence. Les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, ainsi que le droit à l’accès à l’information sont menacés au Congo, où des syndicalistes, des opposants politiques, des membres de la société civile, des journalistes et des avocats sont régulièrement harcelés et pris pour cibles uniquement parce qu’ils font leur travail. Jean-Marie Michel Mokoko, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, a été condamné en 2018 à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État » et « détention illégale d’armes et de munitions de guerre ». Malgré la déclaration publique du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire qui a conclu que la détention de Jean-Marie Michel Mokoko était arbitraire et a demandé sa libération immédiate, il se trouve toujours derrière les barreaux, tout comme d’autres militants et candidats de l’opposition. C’est le cas d’André Okombi Salissa, lui aussi sous le coup d’une détention jugée arbitraire par le Groupe de travail des Nations unies. Amnesty International
Le coronavirus, une catastrophe annoncée pour l’Afrique et notre pays, le Congo Brazzaville

TRIBUNE. Face à la montée fulgurante du CORONAVIRUS, le monde entier connait une crise humanitaire sans précédant et est en alerte maximal. En Europe et aux États Unies, tous les pays s’organisent et prennent des mesures pour contenir voir éradiquer cette épidémie qui a déjà fait 8784 morts et dont le rythme de contamination se fait de manière très inquiétante. Ici en France, il y a eu 108 décès ce jeudi 19 mars 2020, ce qui porte le nombre de décès à 372. En Afrique, il y a déjà 500 cas déclarés, or que nos frontières sont très poreuses. Il sied de noter que, le virus COVID-19 ne contient aucun traitement spécifique en raison de sa très forte mutation. Si la France qui a le meilleur système de santé au monde connait de tels chiffres, alors qu’en sera-t-il pour notre pays, le Congo, qui a un système de santé qui n’est pas au point et qui en temps normal a déjà du mal à soigner la population congolaise ? L’OMS prévient que les pays d’Afrique pourraient être les pays les plus dévastés par le virus, faute de moyens et d’infrastructures pour les contenir. Le gouvernement de la République vient d’annoncer deux (2) nouveaux cas de contamination, ce qui porte à trois le nombre de personnes contaminées. Dans notre société où les gens ont de familles nombreuses, des enfants, cousins, femmes, nièces, dans une même maison, il faut à mon avis parler en termes de dizaines des cas déjà contaminés. Personne n’oublie que la période d’incubation est de 14 jours, donc durant cette période, la personne contaminée vit normalement, rencontre des gens et donc les contamine et ces derniers font la même chose, ainsi de suite. Dans une société congolaise où les gens sont très attachés à la famille, où les gens sont confinés dans les bus et taxis comme des poissons dans une boite de sardines, où l’Etat ne dispose pas de transport en commun pour faire respecter la distance d’un mètre entre deux personnes, comment peut-on éviter une contamination en masse ?La contamination en masse finira par arriver dès lors qu’il n’ y a pas de vaccin contre cette épidémie. Peut-on combattre efficacement le coronavirus lorsque le marché de Poto-poto est ouvert, lorsque le marché Total de Bacongo est ouvert, lorsque le grand marché de Pointe-Noire est ouvert, pour ne citer que ceux-là ? Notre système économique et social n’est pas adapté pour se passer vraisemblablement de nos marchés qui sont des lieux de forte concentration et donc de forte contamination. Toute proportion gardée, notre pays n’a pas les capacités pour combatte efficacement ce virus. Aujourd’hui, tous les experts s’accordent à dire que le meilleur remède, pour combattre la propagation du coronavirus, est le confinement. Or que celui-ci est impossible à pratiquer dans notre pays parce que les conditions de base ne sont pas réunies : Si le courant est instable, il est impossible de faire des provisions, si l’eau manque dans nos pompes, il est impossible de se laver les mains plusieurs fois par jour ; Pas d’unité de production agroalimentaire capable de nourrir notre population, donc impossibilité de fermer efficacement nos frontières. Les solutions proposées par le gouvernement de la république paraissent en deçà des enjeux de l’heure et semblent sous-estimer la dangerosité de cette épidémie.Cette situation exige de mesures exceptionnelles telles que : La Fermeture de l’administration de notre pays sauf les secteurs clés comme l’armée, la police, la santé, l’agriculture, le commerce; La Création d’un centre de santé << spécial CORONAVIRUS >>. Ce centre devra être doté de plusieurs lits et d’une quantité suffisante d’oxygène pour les réanimations ; Il faut passer d’un budget de 1,5 milliard à 10 milliards de Fcfa pour permettre l’achat de plusieurs Kits de tests, des lits d’hospitalisation ainsi qu’une quantité suffisante d’oxygène. Outre ces mesures et étant donné que notre pays ne dispose d’aucun ensemble ou équipement de diagnostic fiable et ne pourra soigner efficacement les malades, la seule solution s’avère donc être le renforcement de notre système immunitaire comme l’a annoncé la Dr MONICA RINALDI dans un article publié sur le site Opera News. Un organisme dont le système immunitaire est fort résiste mieux aux maladies : les symptômes seront plus légers et la guérison plus rapide et les possibilités de contaminer les autres seront moindres. Une alimentation saine, riche en, fruits et légumes frais, d’aliments peu ou pas transformés permet de résister à plusieurs maladies. La vitamine C par exemple est l’allié par excellence du système immunitaire. On peut la trouver dans les agrumes (oranges ; citrons, pomélos..), les goyaves, le fruit de Baobab, l’ananas, les fraises, le chou. Outre la vitamine C, renforcer son système immunitaire en vitamine B (Poulet, Rognons, jaune d’œuf…), vitamine A (mangues, carottes, tomates ; foie de bœuf, mouton et porc..) et en vitamine D (poisson de mer et d’eau douce) parait aujourd’hui la seule façon de résister aux effets néfastes de cette épidémie. A l’étape actuelle de cette épidémie, il ne faut rien négliger car il n’y a pas encore de traitement et les gens continuent de mourir par centaine chaque jour. Paris le 19 mars 2020 Henri Blaise NZONZA Président de la Nouvelle Dynamique pour le Congo
Une icône s’en est allée, une fierté de la musique congolaise nous a quittés !

TEMOIGNAGE. Le Grand AURLUS MABÉLÉ, un des Rois du SOUKOUSS dont je vantais encore la carrière il y a deux semaines dans mon cours en Licence 1 à l’Université Gaston Berger de St Louis. Deux moments resteront gravés dans ma mémoire : l’émission CAP SUR LE CONGO (CFI/TV CONGO) en 1992 à la piscine de l’hôtel Méridien de Brazzaville, en Guest star avec Ismaël Lô, ma toute première émission internationale avec les TCHIELLY. Aurlus Mabélé avait fini sa prestation dans la piscine. Et notre dernière rencontre à Paris en juillet 2008, nous allions voir son regretté manager Jean Pierre Mendy qui l’a devancé dans l’au-delà. Nous avions marché dans Paris, pendant près de 2h, il m’avait ce jour-là donné sa bénédiction et, son au-revoir. Merci Grand Frère pour ta carrière ! Merci de nous avoir rendu si Fiers ! Que ton âme repose en PAIX ! Saintrick Mayitoukou
Petite mise en bouche du Clip « Benoit » avec Aldebel

Voici une petite mise en bouche du Clip « Benoit » avec Aldebel dont la sortie officielle est prévue pour très bientôt.
Bernard Ngavoulou, le musicophilosophe valorise le ntsiawa

« Une chanson musicophilosophique est une chanson qui véhicule, outre des concepts philosophiques, un message novateur, rassembleur et constructif de la société… » Né à MBOUMOU, un petit village situé à 11 km du district de Ntsiaki dans le département de la Bouenza, Bernard NGAVOULOU, musicophilosophe, comme il aime s’appeler, a démarré sa carrière musicale en 2011 chez Parfait Young en enregistrant le titre NTSIAEH qui signifie Ntsiaki avec l’appui de Laveron MOUKROKOTO son guitariste adulé et de sa fille Berfelelie Jessica NGAVOULOU Kintsissa qui a apporté la voix féminine. Ce premier single parfumé du style ntsiawa a boosté sa carrière musicale jusqu’à l’enregistrement d’autres titres comme wata yah mokah, Mahama, Mbaeh qui prône l’amour du prochain, Naloukaka…qui lui ont permis de sortir son premier album intitulé Mabouh qui signifie le bercail faisant allusion à son Mboumou natal.Fonctionnaire de l’Etat congolais, Bernard NGAVOULOU, le musicophilosophe a connu une touche particulière quand il a rendu hommage à Fernand MABALA et à Lutumba Simaro Massiya.Au cours de cette interview, il nous explique tout sur sa carrière musicale et ses projets. Pagesafrik.info : Bonjour qui est réellement Bernard NGAVOULOU :Bernard NGAVOULOU : je suis Congolais né à Mboumou comme vous l’aviez mentionné dans votre introduction, après avoir enseigné pendant plus d’une décennie, je suis allé à l’ENAM ce qui a fait de moi administrateur. J’aimerais ajouter que je suis aussi un ami de la philosophie, pas un philosophe, mais j’insiste un ami de la philosophie. J’avais des prédispositions de faire la musique d’autant plus que mon feu oncle dont je porte le nom jouait un instrument qu’on appelle chez nous « indité » ou la sanza. Dans ma jeunesse, j’écoutais beaucoup la musique et j’ai commencé à composer les chansons lorsque je suis arrivé en classe de 3ème. Ma rencontre avec Laveron MOUKROKOTO m’a permis de faire la connaissance de Parfait Young auprès duquel j’enregistre mes chansons jusqu’à ce jour. Pourquoi vous vous appelez musicophilosophe ?BN : je suis le musicophilosophe parce que j’ai conçu et élaboré le concept de musicophilosophie. Je l’affirme sans esprit d’oscillation que je suis le seul et l’unique au monde à avoir créé ce concept. Et puisqu’il a une véritable énergie polémique et discursive, je lui ai donné une approche définitionnelle à ce dernier, j’ai circonscrit son objet d’étude, rassemblé les éléments épistémologiques qui expliquent sa scientificité et je m’emploie pour le devenir de ce domaine de savoir. En quoi vos chansons sont musicophilosophique ?BN : C’est probable. Ce qui est sûr, c’est que mes chansons ne sont pas obscènes et elles ne le seront jamais. Je laisse donc le soin aux esprits les plus assermentés pour dire si mes chansons peuvent être placées dans l’épicentre de la pensée musicophilosophique. Toutefois, mon premier single sera musicophilosophique comme le souhaitent les fans illuminés. Une chanson musicophilosophique est une chanson qui véhicule, outre des concepts philosophiques, un message novateur, rassembleur et constructif de la société. Un album est en chantier pour corroborer cela. Les chansons aujourd’hui pleines des insanités ne peuvent pas être classées dans la musicophilodophie. Vous ne pouvez pas écouter des chansons pareilles avec vos enfants et autres membres de la famille. Pourquoi vous valorisez le ntsiawa ?BN : je valorise le ntsiawa parce que c’est un style musical qui est l’un des trésors culturels dont regorge le Congo. Le meilleur moyen de le conserver et le vulgariser, c’est de le mettre sur des supports audio visuels. C’est ça le véritable enjeu qui se cache derrière la pratique du ntsiawa. C’est aussi une manière pour moi de faire un clin d’œil à Léopold Sedar Senghor qui parle du « rendez-vous du donner et du savoir », ça veut dire pendant que nous consommons les musiques qui viennent d’ailleurs, les Congolais ont aussi l’obligation de mettre à la face du monde leurs recettes musicales. J’ai un album intitulé Mabouh avec six titres et plusieurs singles. En passant je signale aussi que j’ai composé des chansons sur la municipalisation de la Lekoumou et de la Bouenza Pourquoi avoir rendu hommage à Fernand MABALA et à Lutumba ?BN : Fernand MABALA est un grand qui a vécu au « quartier meilleurs » où j’ai grandi et où se trouve notre maison familiale. C’est un grand artiste musicien qui a apporté sa touche dans la valorisation de la chanson congolaise à travers des compositions typiques. Personne ne peut oublier des titres comme « Yatama », « Ainsi va la vie ». C’est un monument de lamusique et de la sape qui mérite d’être reconnu et son nom restera à jamais dans la mémoire des nombreux congolais. Concernant Lutumba, c’est un monument qui a fait une musique que moi je peux qualifier de « musique réflexive » c’est-à-dire qu’il a composé des chansons pleines de paraboles, d’interrogations et de questionnements. Il a fait la musicophilosiophie sans probablement le savoir. Si vous avez un mot à l’endroit des promoteurs culturels, que leur diriez-vous ? Et quels sont vos projets ?BN : je sollicite leur implication dans la valorisation de notre culture qui est en passe de disparaître. Ils doivent savoir qu’ils ont la responsabilité de mettre leur expertise au service de la musique du Congo au risque d’être accusé demain…Concernant mes projets, ils se résument à deux choses : continuer à ntsiawaliser mes œuvres musicales et faire des clips si je peux trouver quelques sponsors que les musiciens ne trouvent presque plus. Propos recueillis par Fresnel BONGOL TSIMBA
Ludovic Ngatsé: je m’impliquerai de plain-pied pour que tous les chantiers trouvent un aboutissement heureux

Ludovic Ngatsé, le Ministre délégué auprès du Ministre des Finances et du Budget, a déclaré au lendemain de sa nomination qu’il est « très fier d’avoir été choisi pour travailler auprès du Ministre des Finances, afin que tous les projets aboutissent et que le Programme avec le FMI trouve son aboutissement ». « J’ai expérimenté le fonctionnement des entreprises de l’Etat, pour que, demain, je sois utile au Président de la République, au Ministre des Finances et au Gouvernement, afin que tout ce qu’ils ont engagé puisse aboutir, bien sûr, avec l’apport de tout ce monde », a-t-il confié à la presse. Ludovic Ngatsé a rappelé qu’il a été administrateur général d’ERNST& YOUNG, le premier Cabinet d’Audit et de Conseil au Congo qu’il a dirigé durant plus d’une quinzaine d’années, « avec les résultats que vous connaissez », rapporte la cellule de presse du ministère des Finances que dirige Calixte Nganongo. « Je pense que j’ai expérimenté le fonctionnement des entreprises de l’Etat, pour que, demain, je sois utile au Président de la République, au Ministre des Finances et au Gouvernement, afin que tout ce qu’ils ont engagé puisse aboutir, bien sûr, avec l’apport de tout ce monde », a fait savoir de même source le Ministre délégué auprès du Ministre des Finances et du Budget. Avant de conclure: « je m’y impliquerai de plain-pied pour que tous ces chantiers trouvent leur aboutissement heureux ». Titulaire du Diplôme d’expertise comptable et d’un Diplôme d’études approfondies (DEA) en finances des Universités françaises, Ludovic Ngatsé a été le premier président élu de l’Ordre des experts-comptables du Congo, depuis décembre 2019. Enseignant-chercheur permanent à l’Université Marien Ngouabi depuis 2001, le nouveau Ministre délégué a créé et dirigé ERNST & YOUNG en République démocratique du Congo (RDC) de 2007 à 2012. Martin Kam
LE DERNIER SOUPIR (à la mémoire d’Aurélien Matsonama : 1953 – 2020)

TRIBUNE. SOUPIR est une brève pause musicale. Un silence imposé par la note noire. Il est tout de même inconcevable dans une musique très rythmée. La fermeture de rideau est donc définitive. La rubrique nécrologie est saturée. 2020 s’annonce encore plus catastrophique que les années précédentes. Une autre icône vient de s’éteindre dans l’anonymat. Je ne saurais décrire notre relation. Un grand-frère, un compatriote, un compagnon d’ambiance ? . Notre jeunesse aurait été moins joyeuse sans sa contribution. Peu importe nos goûts musicaux, nous étions TOUS derrière lui pour l’accompagner sur la scène internationale. AURLUS MABELE a connu son ascension musicale au début des années 80 à la M.E.C (Maison des Etudiants Congolais) située au 20 de la rue Béranger dans le 3e arrondissement de Paris. Il a été le produit de notre PATRIOTISME acerbe avant de conaître un succès PLANETAIRE. Le premier artiste AFRICAIN a avoir remporté les Maracas d’or au BRESIL Il est le principal inspirateur des CHAMPETEROS en Colombie. Aucune période n’est jamais propice aux décès, mais celle que nous traversons n’est propice qu’au NEANT. Le monde entier est confiné. On ne peut même plus assister aux funérailles au risque d’élargir les carrés, celui des mécréants en particulier. Le ROI DU SOUKOUSS ne pourrait être inhumé en petit comité. RIP Nysymb Lascony
Aurlus MABELE, l’icône du « Soukous, est mort

Le chanteur congolais Aurlus MABELE, âgé de 67 ans, est mort le jeudi 19 mars à 19 heures, des suites de la contamination au Coronavirus. Le propulseur du « Soukous » aux 30 ans d’une carrière record et aux deux générations de fans, est l’auteur de tubes qui sont rentrés dans la mémoire collective populaire, comme « Africa Mousso », « Femme ivoirienne », « Embargo », « Betty », « Asta De », « Loketo », « Vacances aux Antilles », « Zebola », « Ebouka », « Sans frontières », “Waka Waka”, etc. Il aura vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et aura contribué à faire connaître le « Soukous » hors des limites du continent africain. Accompagné par des guitaristes talentueux, il a fait danser toute l’Afrique, toute la Caraïbe, par des musiques avec ses rythmes typique du soukous. Aurlus Mabele, cette star qui s’est battu plusieurs années contre la maladie La musique congolaise comporte sa part de légende, et son histoire est marquée par un certain nombre de personnalités toutes plus célèbres les unes que les autres. Elles sont malheureusement vite oubliées, dès qu’elles se trouvent handicapées par la maladie. C’est bien le cas de la figure la plus marquante de l’histoire du « Soukous », Aurlus Mabele qui vient de nous quitter. Il était hébergé depuis quelques années, en maison de repos médicalisée, ce qui a nécessité un budget important, et dans le cas d’Aurlus Mabele la situation était difficile à assurer. Il lui a manqué souvent de régler des frais supplémentaires appelés frais de dépendance. Nous avions à ce sujet, il y a plus d’une année sollicité la générosité de toute personne de bonne volonté, les artistes, l’Union des musiciens Congolais, pour venir en aide à Aurlus Mabele. Le calvaire d’Aurlus MABELE En 2005, le médecin diagnostique sur Aurlus Mabele une tumeur maligne de la gorge persistante. Peu de temps après, il est victime d’une attaque cérébrale. Pour l’artiste, c’est un véritable calvaire qui commence. Au terme d’un traitement agressif qui l’a transformé physiquement, Aurlus Mabele s’en sort, soutenu par son producteur Jimmy Houetinou et par ses proches; mais son état de santé tient en alerte ses nombreux fans, depuis qu’il avait été transféré dans une maison de repos médicalisée, de la région parisienne. Aurlus Mabele, Quand tu nous manques ! Isolé depuis plusieurs années et absent des circuits de diffusion musicaux, Aurlus Mabele s’est éteint avec son talent et son succès. Le “Soukous” est orphelin de son géniteur et de son propulseur. Beaucoup d’amants de “Loketo”, la marque déposée d’Aurlus Mabele sont très tristes de sa disparition. Car ils ne l’écouteront plus sur un nouvel album. Ils ne verront plus encore “la bête de scène” qui a convaincu qu’autour de sa musique, aucune ressemblance n’est possible. Habitué aux expériences successives, à une extraordinaire capacité à intégrer les influences rythmiques, Aurlus Mabele fait partie des artistes qui ont contribué à la renaissance de la Rumba et du Soukous dans les années 80. La mort d’Aurlus Mabele Tout semble prouver qu’Aurlus Mabele a traversé depuis longtemps une épreuve difficile, liée à une santé qui a évolué en dent de scie – comme cela peut arriver à tout le monde – avant de succomber non pas de son mal habituel, mais il a été emporté par le Corona virus (COVID-19). Qui est Aurlus MABELE ? De son vrai nom Aurélien Miatsonama alias “Aurlus Mabele”, il est né à Brazzaville en 1953 dans l’agglomération cosmopolite de Poto-Poto. Etudiant, il aborde la musique dans les années 70, années qui voient la floraison des orchestres, des chansons et des nouvelles danses. C’est la période où beaucoup d’adolescents longtemps tributaires de l’influence des grands orchestres vont chercher une voie pour de nouveaux styles. En 1974, ensemble avec ses compatriotes tels que May Cacharel, Jean Baron, Pedro Wapechkado, et autres, Aurlus Mabele crée le groupe Ndimba Lokole. Il se confirme comme parolier qui évolue sur des thèmes sciemment instaurés pour plaire aux jeunes. Il ouvre la voie et montre ce qu’il adviendra lorsque la musique sera libre de toute contingence matérielle ou sociale. De Brazzaville, Aurlus Mabele atterrit à Paris d’abord pour les études, mais c’est la musique qui l’emportera. En 1986, il fonde avec Diblo Dibala et May Cacharel le groupe “Loketo”. Il devient l’un des chefs de file du “Soukous”. Il forme avec le guitariste Diblo Dibala le duo le plus célèbre de tout le mouvement “Soukous”. Ils enregistrent plusieurs albums et sillonnent le monde entier. Aurlus Mabele et Diblo Dibala vont se séparer, pour former chacun son “Loketo”. Mais leur démarche résolument expérimentale les place tout de même à l’avant-garde des courants de cette époque. Aurlus Mabele est demeuré une très grande culture, beaucoup de feeling musical et d’intuition psychologique qui font que chaque chanson est un petit chef-d’œuvre jouissant d’une individualité, d’une couleur spécifiques. Adieu l’artiste ! Clément OSSINONDE