Banque mondiale : des réformes sont nécessaires pour stimuler la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté dans la CEMAC

La région de la CEMAC a connu une croissance économique plus forte en 2024, avec un taux de 3,0 % contre 2,0 % en 2023. La huitième édition du Baromètre économique de la CEMAC souligne cependant que la croissance régionale reste modeste et fortement dépendante du secteur pétrolier et des autres matières premières. Ces secteurs ne créant pas suffisamment d’emplois pour la population en croissance rapide au sein de la région, de nombreux jeunes sont en situation de chômage. Selon le rapport, en 2024, les réserves, la situation budgétaire et la balance commerciale de la région se sont détériorées en raison de la baisse des prix du pétrole, ce qui souligne la forte exposition de la CEMAC à la volatilité des marchés des hydrocarbures, le pétrole représentant plus des deux tiers du total des biens exportés par la région. Les pressions inflationnistes ont continué à diminuer progressivement, mais le niveau élevé de chômage et le manque de croissance et d’opportunités économiques continuent d’aggraver la pauvreté. Selon les estimations de la Banque mondiale, un tiers de la population de la CEMAC était en situation d’extrême pauvreté en 2024, soit environ 22 millions de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2017). La croissance régionale devrait rester modérée, à 2,9 % sur 2025-2027. La CEMAC est riche en ressources minérales, en hydrocarbures, en bois et possède un grand potentiel agricole. Conjugués à une population jeune et à un niveau élevé d’urbanisation, ces facteurs pourraient constituer la base d’une croissance économique accélérée et d’une création plus forte d’emplois si des réformes étaient adoptées et mises en œuvre pour renforcer les infrastructures et créer un environnement plus attrayant pour les investissements du secteur privé. Les pays de la région sont confrontés à des risques importants, notamment des chocs commerciaux mondiaux, une demande atone de produits de base, des coupes dans l’aide au développement, des coûts élevés du service de la dette et d’autres fortes pressions sur les dépenses publiques. « Pour favoriser une croissance plus robuste, créer plus d’emplois, développer le commerce intrarégional et mondial et sortir davantage de personnes de la pauvreté, les pays de la CEMAC doivent créer de meilleures conditions pour que les entreprises locales puissent se développer, investir et embaucher davantage de personnes, ainsi que développer leurs exportations », déclare Robert Utz, économiste principal pour la CEMAC à la Banque mondiale et auteur principal du rapport. « Il serait essentiel que les pays de la CEMAC accélèrent les réformes prévues dans les plans économiques régionaux, y compris le Programme de réformes économiques et financières de la CEMAC (PREF-CEMAC II) et le prochain Programme économique régional », explique Cheick Fantamady Kanté, directeur de division pour le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale à la Banque mondiale. Alors que la CEMAC fait face aux incertitudes qui pèsent sur l’environnement commercial et financier mondial, il serait essentiel d’accélérer les réformes pour tirer le meilleur parti possible des ressources naturelles, renforcer la gestion des finances publiques, créer de meilleures conditions pour les entreprises et soutenir les plus vulnérables pour s’engager sur une trajectoire de développement plus solide, bénéficiant à l’ensemble des populations de la région. BM
Cameroun/Monde de la Culture. Honneur à M. Léon Koungou

ZOOM. Léon Koungou, né Koungou Léon Dieudonné Florent, né le 4 juin 1970, à Yaoundé, au Cameroun, est politologue. Spécialiste des relations internationales. Il travaille sur les aspects de défense et de sécurité. Ses travaux portent notamment sur la prolifération nucléaire, les politiques de défense et de sécurité en Afrique subsaharienne, et les problématiques du terrorisme dans la zone sahélo-saharienne, plus spécifiquement Boko Haram et ses deux branches, le Groupe Sunnite pour la prédication et le Djihad ou « Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’Awati Wal-Jihad », la Maison Mère -, et l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest – ISWAP, Al-Qaïda. Tant de choses complexes pour le commun des mortels. Léon Koungou les étudie, depuis plusieurs années. Travaille, avec une intelligence active, à les comprendre, dans leurs causes, leur profondeur, leur essence reelle, leurs objectifs, dans le monde d’aujourd’hui. Un en pleine mutation. Ses conférences sur ces domaines sont un délice pour les différents auditoires qu’il affronte, avec courage. Brillant universitaire, Leon Koungou s’est formé à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et à l’Université de Namur. Ecrivain et auteur de plusieurs ouvrages, Leon Koungou a publié entres autres livres » Sahel Indocile » aux Editions Etudes Africaines. M. Léon Koungou dont je connais l’attachement aux principes républicains, est une figure qui en impose par ses qualités morales. Homme modeste, loyal, d’esprit sincère, respectueux des autres. L’amitié est pour Léon Koungou une règle d’or. J’en ai la preuve, partageant avec lui une solide fraternité. Paris 29 mai 2025 Ouabari Mariotti
Odeurs de velléités. Des revendications territoriales en Afrique Centrale

TRIBUNE. Région riche en ressources naturelles, l’Afrique Centrale est également fragile en termes de stabilité politique et de relations entre les États. Des signes de velléités de revendications territoriales ont tendance à émerger dans cette partie de l’Afrique, suscitant des inquiétudes quant aux conséquences potentielles pour la région. Une tendance aux effets graves, dans les rapports entre les Etats concernés. Et les tensions territoriales pourraient avoir des répercussions sur les relations entre ces États et la stabilité régionale. Plus que jamais, il est essentiel de comprendre les causes profondes de ces tensions et de trouver des solutions aux fins de les apaiser. Les revendications en question sont souvent liées à des questions de frontières coloniales, de ressources naturelles et d’identité culturelle. Aussi est-il crucial de prendre en compte ces facteurs pour comprendre les motivations des acteurs impliqués. La compétition pour les ressources naturelles, tels que le pétrole, le gaz et les minerais, peut également exacerber les tensions territoriales. Dans ce cas, les États doivent trouver des moyens de gérer ces ressources de manière équitable et transparente. Si l’on y prend garde, les revendications territoriales peuvent entraîner des conflits armés, des déplacements de populations et des crises humanitaires. Ainsi est il essentiel de prévenir ces conflits avant qu’ils ne dégénèrent. Les tensions territoriales pouvant également nuire à la coopération régionale et internationale, ce qui pourrait avoir des conséquences économiques et politiques désastreuses pour les États concernés. La diplomatie et le dialogue sont par ailleurs essentiels pour apporter l’apaisement et éloigner les tensions territoriales. Aux États concernés d’engager des négociations de bonne foi et être prêts à faire des compromis nécessaires. Quant à la communauté internationale, elle pourrait jouer un rôle important en facilitant les négociations et en fournissant une assistance technique et financière pour aider les États à gérer les ressources naturelles de manière équitable. Dans le cadre des économies régionales, en faisant prévaloir la coopération dans ce contexte, ce serait une voie idéale pour réduire les risques de conflit et créer un avenir plus stable et prospère. Sans citer de cas spécifiques des velléités de revendications territoriales, en Afrique Centrale, il est crucial qu’il soit pris en compte ces tendances pour anticiper les défis potentiels et trouver des solutions pacifiques. Ce qui a l’avantage d’exalter le dialogue constructif entre les parties touchées et d’éviter toute exacerbation des tensions. La logique consistant à se concentrer sur les principes généraux de résolution des conflits et de coopération régionale, plutôt que de citer des potentiels cas qui pourraient être sensibles. Paris 29 mai 2025 Ouabari Mariotti
USA-FRANCE-FMI : une crise de confiance aux portes des dictateurs de la CEMAC (lecture 5 minutes)

Malgré les tentatives de préservation de sa stabilité monétaire face à des chocs exogènes persistants, la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) est dans le collimateur de la diplomatie américaine qui a lancé le projet de loi « CEMAC Act » et, en même temps, dans le viseur de la France qui vient de convoquer ses sujets ce 17 avril à Paris. Le dépôt au Congrès des États-Unis du projet de loi “CEMAC Act” révèle un malaise grandissant autour de la gouvernance des réserves de change de cette institution et de sa relation avec le FMI. Cette séquence diplomatique met en lumière un jeu d’équilibre fragile entre orthodoxie monétaire, pressions extérieures et souverainetés nationales, avec des implications profondes pour les pays les plus vulnérables de la sous-région. Au premier rang desquels le Congo-Brazzaville. La ‘‘CEMAC Act’’ : une interpellation américaine sur la transparence financière Le projet de loi déposé en mars 2025 par le représentant républicain Bill Huizenga — surnommé CEMAC Act — propose de suspendre l’appui des États-Unis aux décisions du FMI impliquant la CEMAC, tant que cette dernière n’aura pas procédé à une évaluation complète et vérifiable de ses réserves de change brutes. Officiellement, ce texte exige plus de transparence. Mais en réalité, il cible la BEAC, accusée d’opacité dans la gestion des fonds de restauration environnementale imposés depuis 2018 aux multinationales pétrolières opérant dans la sous-région. Lesdits fonds destinés à financer la réhabilitation des sites d’extraction sont placés sous le contrôle de la BEAC, qui entend les inclure dans les réserves officielles de la zone. Pour les initiateurs du projet de loi, cette démarche va à l’encontre des standards du FMI, lesquels stipulent qu’une réserve de change doit être “disponible rapidement” et “effectivement contrôlée” par l’État. À leurs yeux, la BEAC ne remplit pas ces conditions, tout en refusant de lever son immunité souveraine, ce qui soulève des inquiétudes juridiques et financières à l’international. Ce projet de loi américain et la gestion des finances des pays de la CEMAC ont fait réagir Paris qui a illico convoqué les ministres des finances et de l’économie de la zone CEMAC pour un conciabule dont nous vous livrerons la teneur très bientôt. Une orthodoxie monétaire défensive risque d’asphyxier la croissance Face à ces accusations, la BEAC affiche sa volonté de rester fidèle à son mandat fondamental : garantir la stabilité extérieure de la monnaie régionale dans un contexte post-pandémique marqué par des vulnérabilités persistantes. En mars 2025, la couverture des importations dans la CEMAC est tombée à 4,8 mois, en dessous du seuil minimal recommandé par le FMI (cinq mois). En réponse, la BEAC a durci sa politique de réserves obligatoires et imposé aux IOC une date limite — le 30 avril 2025 — pour signer un accord sur la gestion des fonds environnementaux, avec à la clé des pénalités pouvant atteindre 150 % des montants dus. Dans le même temps, le FMI reste prudent. Tout en saluant la stabilisation apparente des réserves (estimées à 7 584,9 milliards FCFA), il appelle à maintenir des taux d’intérêt élevés pour juguler l’inflation. Cette stratégie, bien qu’efficace sur le papier, risque de pénaliser la reprise économique dans plusieurs pays membres. En effet, les économies les plus fragiles, à faible diversification structurelle, subissent de plein fouet le renchérissement du crédit et la contraction de la liquidité bancaire. Le Congo en dissidence silencieuse : entre contournement du franc CFA et « révolte » de souveraineté Dans cette configuration tendue, le Congo se démarque. Confronté à des contraintes budgétaires structurelles, à une dette publique encore élevée et à une forte dépendance aux exportations pétrolières, le pays semble avoir pris ses distances vis-à-vis de la discipline monétaire régionale depuis le règne de Gilbert Ondongo. Au terme d’un accord conclu avec la BSCA Bank, établissement congolais à capitaux mixtes (54 milliards de capital) dont 50% détenus par la Banque agricole de Chine (ABC) ayant pour PCA, M. Gu Shu qui a effectué le déplacement de Brazzaville en septembre 2023. Une partie des réserves stratégiques de change du Congo est désormais domiciliée en Chine, en dehors du traditionnel Compte d’Opérations du Trésor Français. En clair, les 2200 milliards/an en moyenne planqués par les entreprises du fameux contenu local (dont nous avons déjà parlé) sont « exfiltrés » du Congo par cette voie. Le Congo coincé Selon certaines indiscrétions, quand la crise s’installe, le Congo est dans l’impossibilité de payer des salaires, absence de trésorerie, etc. Obligé, de « rapatrier » une infime partie de ce trésor de guerre avec la complicité de certains responsables de la BEAC (à confirmer). Pourtant cette pratique est strictement interdite. Ce choix, hautement symbolique et politique, marque une tentative de desserrement du carcan du franc CFA français, dont la gestion centralisée à Paris via le Compte d’Opérations reste un sujet de débat international. En optant pour une domiciliation alternative, le pouvoir congolais réaffirme ses ambitions à une gestion autonome de ses actifs stratégiques, tout en s’alignant discrètement sur une logique de rééquilibrage géopolitique vers l’Asie, en particulier la Chine et les Emirats Arabes Unis (EAU) qui viennent de recevoir M. Sassou pour la énième fois. Mais cette dissidence silencieuse soulève des questions. Peut-on durablement participer à une union monétaire tout en contournant ses principes fondateurs ? Quelle crédibilité accordée à une convergence régionale fondée sur des règles que certains États jugent pénalisantes ? Le CEMAC Act, en mettant à jour ces failles, offre une opportunité rare : réinterroger la gouvernance monétaire de la CEMAC, afin d’y intégrer plus de différenciation, de transparence et d’équité. D’ailleurs le Secrétaire Permanent actuel du Groupe d’Action contre le Blanchiment d’argent en Afrique Centrale (GABAC), M. André KANGA, parent de M. Sassou de Likendze (Loukolela), précédemment Directeur Général de l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF), organe central de la lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT) au Congo. A ce titre, aurait couvert de nombreuses enquêtes graves au sujet de crimes et délits économiques de haut
L’Afrique face à la guerre commerciale mondiale : courber l’échine ou jouer ses cartes ?

TRIBUNE. Alors que la guerre commerciale entre grandes puissances redéfinit les équilibres de l’économie mondiale, une question s’impose : quelle place pour l’Afrique dans ce tumulte ? Et surtout, quelle posture adopter face à des partenaires devenus de plus en plus protectionnistes, à l’image des États-Unis sous Donald Trump ? L’ancien président américain, chantre d’un nationalisme économique assumé, n’a pas hésité à imposer des droits de douane sur une multitude de produits. Le continent africain n’y a pas échappé. Mais dans sa stratégie, Trump a soigneusement épargné les ressources les plus cruciales pour l’industrie américaine : pétrole, gaz, minerais rares. Des matières premières dont l’Afrique est l’un des principaux fournisseurs. De là, une double interrogation : faut-il, comme certains, adopter une posture conciliante en espérant une réciprocité hypothétique ? Ou au contraire, entrer dans une logique de rapport de force ? À l’image du Zimbabwe qui a supprimé certains droits de douane pour séduire Washington, ou bien à la manière de David face à Goliath ? Cette deuxième option peut sembler audacieuse, presque irréaliste. Et pourtant, elle mérite d’être sérieusement envisagée. L’Afrique dispose d’atouts stratégiques indéniables. En menaçant de suspendre ou de renégocier les contrats miniers avec les entreprises américaines, ou en imposant à son tour des taxes sur les exportations sensibles, le continent pourrait se faire entendre. Mais à une condition : parler d’une seule voix. L’Union africaine ou a minima, une coalition de pays producteurs devrait porter cette vision collective. Car pris individuellement, aucun pays ne pèse suffisamment face aux États-Unis. Et si cette tension mondiale offrait, paradoxalement, une opportunité historique ? Celle d’accélérer la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Ce marché potentiel de plus de 3 milliards de consommateurs reste largement sous-exploité. C’est le moment, peut-être, de le rendre concret, opérationnel, stratégique. Certes, le pouvoir d’achat moyen sur le continent n’égale pas celui des marchés occidentaux. Mais comme le disait Donald Trump lui-même : une guerre commerciale peut, dans certains cas, être un remède aux déséquilibres structurels. À condition de la jouer avec intelligence. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio
Afrique : La législation américaine cherche à réviser les politiques de change de la Banque des États d’Afrique centrale qui réduisent les investissements de la Central African Economic and Monetary Community de 45 milliards de dollars

La Chambre africaine de l’énergie soutient la loi américaine CEMAC, qu’elle considère comme une étape cruciale pour forcer la Banque des États d’Afrique centrale à réformer ses politiques de change L’AEC a toujours adopté une position ferme contre les réglementations de change imposées par la BEAC, qualifiant ces politiques d’« absurdes », d’« hostiles aux investisseurs étrangers » et d’incompatibles avec les normes financières mondiales. En restreignant les flux de devises étrangères dans la région, ces réglementations sapent la confiance des investisseurs, retardent les paiements aux entrepreneurs, empêchent le rapatriement des capitaux et introduisent des risques inutiles dans les projets énergétiques. La réglementation devrait réduire les investissements étrangers dans la région de la CEMAC de 45 milliards de dollars d’ici 2050, tout en réduisant les recettes publiques des pays de la CEMAC de 86 milliards de dollars. Les conséquences de cette situation ne peuvent être surestimées. Riche en pétrole et en gaz, la région de la CEMAC a le potentiel d’exploiter ses ressources naturelles pour une croissance économique à grande échelle et à long terme. Les opérateurs américains, forts de leur expertise et de leur forte présence dans la région, joueraient un rôle déterminant dans la réalisation de cet objectif. Il s’agit notamment de grandes entreprises du secteur de l’énergie telles que Chevron, ExxonMobil, Vaalco Energy et bien d’autres. Outre les entreprises américaines, d’autres acteurs majeurs tels que TotalEnergies, Trident Energy, BW Offshore, Eni et Perenco pourraient freiner les investissements, ce qui aurait un impact significatif sur l’avenir énergétique de la région. Sans ces entreprises, la région risque de perdre des projets majeurs. Le méga-hub gazier de Guinée équatoriale, par exemple, permettra de monétiser les ressources gazières de la région. Dirigé par Chevron et Marathon Oil, le projet traite le gaz du champ d’Alba dans l’usine de GNL de Punta Europa. L’accord pour la deuxième phase, qui relierait le champ d’Aseng, a déjà été signé, tandis que des accords d’importation de gaz avec le Cameroun et le Nigeria voisins sont en place. Le Cameroun fait des progrès pour valoriser ses ressources gazières sous-développées, tandis que le Gabon fait avancer un projet de FLNG qui produirait 700 000 tonnes par an de GNL et 25 000 tonnes de GPL. Développé par Perenco, le projet devrait démarrer en 2026. La République du Congo augmente sa capacité de GNL dans le cadre du projet Congo LNG dirigé par Eni. La société vise 3 millions de tonnes par an en 2025. Parallèlement, conformément aux objectifs nationaux visant à porter la production de pétrole à 500 000 barils par jour, TotalEnergies investit 600 millions de dollars dans le champ pétrolifère de Moho Nord. Toutefois, ces efforts ne porteront leurs fruits que si la BEAC crée un environnement monétaire plus transparent et plus stable. L’introduction de la loi CEMAC marque un changement significatif dans la façon dont la communauté internationale perçoit les politiques de la BEAC. Les législateurs américains, reflétant les points de vue de l’AEC et de nombreux chefs d’entreprise africains, prennent des mesures décisives là où les gouvernements africains auraient dû agir depuis longtemps. Les entreprises africaines soutiennent massivement cette législation car elle tient la BEAC pour responsable et impose des réformes indispensables. Depuis des années, l’AEC appelle les dirigeants africains à pousser la BEAC à adopter des politiques plus transparentes et plus favorables aux investisseurs. Maintenant que les États-Unis interviennent, la BEAC est sous pression. En refusant de soutenir les actions du FMI, le projet de loi signale que ces politiques monétaires ont sapé la confiance mondiale et présentent désormais un risque pour le système financier international, ce qui pourrait avoir un effet domino sur le financement du développement, les efforts de restructuration de la dette et les futurs programmes du FMI. « Nous avons toujours appelé la BEAC à se comporter de manière raisonnable et à rechercher ce qui est dans le meilleur intérêt des Africains, et non à subir les pressions du FMI qui détruisent l’emploi et les investissements, dissuadent les investisseurs et conduisent les pays de la CEMAC à des sanctions ou à des restrictions commerciales qui plongent leurs citoyens dans une pauvreté encore plus grande. La BEAC doit mieux agir et c’est un signal d’alarme pour nous faire comprendre que les investisseurs qui investissent dans la région ne peuvent plus être traités d’une manière qui ne soit pas dans l’intérêt des citoyens et des investisseurs. Ils ont une nouvelle occasion de revenir à la table des négociations et de faire ce qu’il faut en se débarrassant de ces réglementations qui maintiennent notre région à la traîne. À l’AEC, nous comprenons la position du Congrès américain et, en tant que personnes qui ont toujours appelé à une approche pragmatique et sensée de ces questions, nous pensons que nous avons l’obligation de protéger les investisseurs tout en encourageant la croissance, l’emploi et les opportunités pour les pays de la CEMAC », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. L’AEC s’engage à soutenir le dialogue et la collaboration entre les acteurs des secteurs public et privé afin de garantir que ces changements essentiels soient apportés. C’est clair : les politiques de change obsolètes de la BEAC ne sont plus acceptables et une réforme est urgente. L’adoption potentielle de la loi CEMAC est un signal d’alarme, et l’AEC exhorte la BEAC et les décideurs politiques d’Afrique centrale à y voir une opportunité de créer un écosystème financier plus juste et plus fonctionnel qui attirera les capitaux internationaux et soutiendra les ambitions industrielles de la région. La transition énergétique de l’Afrique centrale, son avenir économique et sa capacité à être compétitive sur la scène mondiale sont en jeu. En réformant le mandat de la BEAC et en alignant ses politiques sur les normes mondiales, la région peut instaurer la confiance et la stabilité dont elle a besoin pour attirer les investissements essentiels à sa prospérité à long terme. African Energy Chamber.
CAN U-17 CAF TotalEnergies : Le Cameroun tenu en échec par l’Afrique du Sud

Après sa courte défaite 2-1 face au Burkina Faso, le Cameroun était face à l’Afrique du Sud pour son deuxième match du Groupe B de la Coupe d’Afrique des Nations U-17 CAF TotalEnergies avec une seule idée en tête : la victoire. Malgré de nombreuses occasions de but et une domination tout au long du match, le Cameroun n’a pas réussi à trouver le chemin des filets, concédant un match nul et vierge face à Amajimbos. Les Sud-Africains, quant à eux, sortaient d’une impressionnante remontée contre l’Égypte, un résultat qui les plaçait favoris avant la rencontre. Ce sont cependant les Lionceaux camerounais qui ont dominé les Sud-Africains, les privant de leur jeu de passes habituel qui leur avait permis d’inscrire quatre buts plus tôt dans la semaine. Le Cameroun a manqué la chance d’ouvrir le score sur une frappe bien exécutée de David Bondoma qui a heurté le poteau en première mi-temps. Bondoma, qui restait une menace pour la défense sud-africaine, a failli ouvrir le score dans les dernières minutes, après une impressionnante course solitaire, ponctuée par un dernier tir dans la surface. Si ce résultat ne signe pas l’élimination du Cameroun, il met en difficulté les Lionceaux et les contraint à s’imposer face à l’Egypte lors de la troisième et dernière journée de la phase de poules pour espérer une qualification. Amajimbos, quant à lui, qui espérait un deuxième succès pour décrocher directement sa qualification pour les quarts de finale et pour la prochaine Coupe du Monde de la FIFA, devra attendre les derniers matchs du Groupe D pour connaître officiellement son sort. L’Afrique du Sud prend néanmoins la tête de la poule avec 4 points, devant le Burkina Faso, deuxième, qui affronte l’Égypte dans une rencontre dont l’issue pourrait changer le classement actuel. Avec son seul point, le Cameroun se classe troisième devant l’Égypte. Caf
Etude Africascope 2024: RFI et France 24 toujours en tête des audiences en Afrique francophone

RFI et France 24 confirment en 2024 leurs succès d’audience diffusé et numérique dans les pays d’Afrique francophone et leurs positions en tête des classements selon l’étude « Africascope 2024 », réalisée par Kantar au Cameroun, au Congo-Brazzaville, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en République démocratique du Congo (RDC), et au Sénégal*. France 24, 1ère chaîne d’information internationale France 24 conserve sa première position, toutes cibles confondues, parmi les chaînes d’information internationales, et reste la plus regardée chaque jour et chaque semaine. Elle reste par ailleurs identifiée et connue par plus de 90% de la population. La chaîne figure dans le Top 5 des chaînes les plus regardées tous les jours, chaînes toutes confondues, dans 3 des 7 capitales, et dans le Top 10 dans 6 des 7 capitales Elle est la 1 ère chaîne , chaînes toutes confondues en audience quotidienne, à Kinshasa et à Brazzaville La France enregistre 46,7% d’audience hebdomadaire en moyenne dans les 7 capitales, et plus de 53% à Kinshasa et Libreville 80,6% (+1,1 pts) des cadres et dirigeants la suivent chaque semaine, en forte augmentation à Brazzaville (+ 13,8 pts), mais aussi à Dakar (+6,1 pts) et à Douala (+5,5 pts). Son temps de visionnage quotidien moyen par téléspectateur augmenté encore à 57mn (+1mn) RFI dans le Top 6 des radios les plus écoutées chaque jour RFI reste la radio internationale la plus écoutée et se maintient dans le Top 6 des radios, toutes stations confondues, les plus écoutées dans les capitales francophones, chaque jour et chaque semaine. RFI est la 1 ère radio, toutes stations confondues, à Brazzaville et Libreville, et en deuxième position à Abidjan, Yaoundé et Kinshasa. La radio du monde enregistre un enregistrement de 1h10 de temps d’écoute moyen par jour par auditeur, en forte augmentation de +12mn en moyenne, et jusqu’à +21mn à Brazzaville et +20mn à Kinshasa. Près de 1 habitant sur 3 l’écoute chaque semaine, et plus d’1 sur 2 ( 52,5%, +4,6 pts) à Brazzaville Elle compte 70,2% (+4,9 pts) des cadres et dirigeants qui l’écoutent chaque semaine , en forte augmentation dans de nombreuse capitales, notamment à Libreville (76,6%, +6,2 pts), Abidjan (62,7%, +8,5 pts), ou encore Dakar (46,3%, +11,1 pts). Sur le numérique, des performances en forte augmentation portées par la consommation vidéo** Les internautes du continent ont particulièrement suivi l’actualité africaine, française et internationale à travers les environnements numériques et réseaux sociaux de RFI et France 24, notamment par le visionnage de vidéos. 2,5M et 1,5M fréquentations mensuelles sur les sites de RFI (+ 7%) et France 24 (+ 7%), portées notamment par la Côte d’Ivoire, avec plus de 900 000 (+10%) et plus de 570 000 visites (+4%). 154 millions (+15%) de vidéos vues sur YouTube pour France 24, avec une forte augmentation au Congo-Brazzaville (+26%) , au Sénégal (+22%) et en Côte d’Ivoire (+18%). 125 millions de vidéos vues sur Facebook dans les langues africaines de RFI, avec une très forte augmentation notamment en mandenkan (+462%) et en fulfulde (+164%) . De son côté, le compte TikTok de RFI en haoussa , ouvert en août 2024, a enregistré en peu de temps 3,1 millions de vidéos vues dans les pays d’Afrique francophone. La vidéo, un format toujours plébiscité au Sahel malgré les interdictions de RFI et France 24 au Burkina Faso, au Mali et au Niger . Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, où la diffusion de RFI et France 24 est suspendue et leurs sites internet parfois rendus inaccessibles***, les contenus vidéos postés sur les réseaux sociaux et plateformes de RFI et France 24, en français comme en langues africaines, permettent aux chaînes de continuer à toucher leurs publics : 3,5 millions (+33%) de vidéos au Burkina Faso et 2,3 millions (+72%) au Niger ont été vues en 2024, tandis que 51% du temps de visionnage des vidéos sur Facebook de RFI en mandenkan proviennent du Mali et du Burkina Faso. Sur le même plan, 11% des vidéos vues dans le monde sur les chaînes YouTube de France 24 provenance du Mali et du Burkina Faso (+11%) . Ces très bons résultats de RFI et France 24, complétés par ceux de TV5Monde sur la même période, montrent une nouvelle fois l’attachement à la complémentarité du bouquet de chaînes françaises et francophones, qui séduit un grand nombre de téléspectateurs, d’auditeurs et d’internautes dans la région. * Source : Kantar – Africascope janvier – décembre 2024, enquêtes réalisées sur les périodes avril-mai 2024 et en octobre 2024 auprès d’un échantillon représentatif de la population âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas) dans 7 villes d’Afrique francophone : Abidjan (Côte d’Ivoire), Brazzaville (Congo-Brazzaville), Dakar (Sénégal), Douala et Yaoundé (Cameroun), Kinshasa. (RDC), et Libreville (Gabon) . ** Source : Environnements propres : Piano Analytics / Réseaux sociaux : Facelift