LITTERATURE. J’ai tué mon mari (1) de Florent Lina Mouissou : De la prison à l’autre bout du destin

LITTERATURE. J’ai tué mon mari (1) de Florent Lina Mouissou : De la prison à l’autre bout du destin

Quand Maryse, le personnage central du roman retrouve sa liberté après cinq ans en prison, elle ne sait pas que son destin va retrouver le goût de vivre après l’odieux assassinat de son mari pour des raisons que le lecteur découvre au cours de sa longue « confession » qui constitue la trame essentielle du roman. À vingt deux ans, Maryse rencontre Joël et une nouvelle page commence à s’écrire dans son univers sentimental. Projet de mariage avec son amour après à peine cinq mois de fiançailles. Ne pouvant pas se rendre dans leur pays en Afrique, le mariage coutumier, avec présentation de la dot, est célébré par procuration. Commence alors une vie de couple comblé de bonheur avec la naissance de leur fille Mindy. Mais ce bonheur qui va subir un coup fatal après le voyage de Joël au pays pour revoir ses parents après plusieurs années de séparation. Pendant son séjour au pays, celui-ci s’amourache d’une jeune femme qu’elle va faire venir en France en se servant des papiers de Maryse. Commence alors sa descente aux enfers sentimentale quand Joël prend la décision de se séparer d’elle. Quand elle découvre que son mari s’est servi de ses papiers pour faire venir sa nouvelle conquête en France, elle ne peut supporter cette trahison. Aussi décide-t-elle de le tuer par vengeance avant de se donner la mort qui n’arrivera pas à se  concrétiser. Condamnée pour meurtre, Maryse passe plusieurs années en prison. Elle retrouve le goût de vivre aux côtés de Nancy qu’elle a rencontrée en prison, avant de revoir sa meilleure ami Monique et sa fille Mindy. Et le bonheur perdu après le meurtre de son mari lui revient quand, José, son nouvel amour l’accepte malgré son douloureux passé : elle a tué son mari et a passé plusieurs années en prison. Maryse, une femme et deux hommes : l’endroit avec Joël Vingt ans de mariage avec son premier amour Joël, Maryse découvre le bonheur de vivre avec un homme avec lequel elle va avoir une fille, Mindy. Voyage de noces de porcelaine quand leur fille aura dix neuf ans, croisière en bateau en famille du côté de la Méditerranée, contribuent au bonheur d’une femme aimée par son homme. Mais le bonheur subit paradoxalement une première tristesse quand leur fille, après son bac, quitte le toit parental pour aller vivre au campus. Leur fille partie, Maryse et Joël voient leur amour s’attiédir ; s’ouvrir alors une autre page dans la vie de la femme : « Elle avait compris pourquoi parfois les couples se séparaient quand les enfants quittaient leur nid » (p.92). Leur fille ne vivant plus sous leur toit, Joël, vingt cinq ans après son arrivée en France, va profiter de ses vacances d’été pour repartir rendre visite à ses parents en Afrique. Aussi, ce voyage va bouleverser la vie du couple. Maryse, malgré la confiance qu’elle éprouve pour son mari, s’inquiète de l’absence de celui-ci. Surtout après le discours de sa voisine dont le voyage de son homme en Afrique avait transformé négativement ce dernier : « Cécile lui avait raconté comment des jeunes femmes désespérées cherchaient des hommes, surtout les vacanciers venus de l’Europe » (p.97). Et tout ce que craignait Maryse va se concrétiser quand son mari revient de l’Afrique où il s’est amouraché d’une jeune fille qu’il fait venir en France. Maryse n’en revient pas quand elle se voit délaissée par l’homme qu’elle a aimé toute sa vie en lui étant fidèle. Et cette trahison pousse Maryse à commettre l’irréparable avant de se retrouver en prison : « Cinq coups de couteau avec ne violence démoniaque. Tout était passé si vite que Joël n’avait rien vu venir » (p.114). Maryse, une femme et deux hommes : l’envers avec José Cinq ans en prison ont marqué Maryse qui n’a plus envie des hommes. Aussi, va-t-elle se réfugier, grâce à son amie Nancy, dans le « royaume de Dieu », Nancy, une femme qui avait aussi tué son homme avant de se retrouver, comme elle, en prison : « Nancy avait poignardé son mari, suite à des violences conjugales répétitives » (p.55). Grâce à cette femme qui sera aussi sa marraine pour son baptême, Maryse retrouve le goût de vivre. Aussi, sur insistance de cette dernière, elle finit par accepter un rendez-vous avec un certain José qui va changer sa vie sentimentale. Car  au cours d’une soirée galante, les deux tourtereaux finissent par se découvrir : l’homme est divorcé depuis cinq ans. Quand José demande à Maryse d’être sa femme en lui proposant d’emménager ensemble, cette dernière ne sait comment lui révéler son passé de femme ayant tué son premier mari. Après maintes réflexions et hésitations, elle est obligée de se dévoiler malgré elle : « Je dois te dire quelque chose : J’ai passé cinq ans en prison pour avoir tué mon mari parce qu’il m’avait trahie » (p.147) ; et de lui déclarer, un peu perplexe, son amour : « Tu sais bien que je t’aime (…). Tu es un homme bien et je veux bien finir ma vie à tes côtés » (p.147). Elle est surprise quand, contre toute attente, l’homme lui déclare, à son tour, son amour en faisant fi de son sombre passé : « Peu importe ton passé, je veux finir ma vie à tes côtés (…). Mais si Dieu t’a pardonné alors qui suis-je pour ne pas le faire ? » (p.151). Avec cette attitude de José, s’annonce le début d’une nouvelle vie pour le couple. J’ai tué mon mari : des hommes irresponsables en amour Ce roman apparait comme une série de destins de femmes délaissées par leurs hommes qui les martyrisent sentimentalement. Maryse est trahie par son mari qui tombe amoureux d’une autre femme au cours de son séjour en Afrique : « Joël avait fini par faire venir sa dulcinée, il vivait avec elle à quelques pâtés de maisons à peine de chez Maryse » (p.105). En prison, cette dernière fait la connaissance de Nancy qui, elle aussi, a été  trahie par un homme. Elle va l’aider à « revivre » à travers la parole de Dieu et son nouvel amour.  Cécile, la voisine de Maryse a été aussi victime du voyage

ACTUALITES CONGOLAISES. Quelques annonces du Président de l’Assemblée nationale Isidore Mvouba à la cérémonie d’ouverture de la 11ème session ordinaire administrative

ACTUALITES CONGOLAISES. Quelques annonces du Président de l’Assemblée nationale Isidore Mvouba à la cérémonie d’ouverture de la 11ème session ordinaire administrative

Brazzaville, le 1er février 2021 ; la voix du Président de l’Assemblée Nationale Isidore Mvouba a retrouvé, une fois de plus, l’oreille du monde politique et des larges masses populaires, après un long silence diversement interprété sur les réseaux sociaux dont certains se sont caractérisés par des fake news à propos de son séjour de santé en France. Aussi, le Président de l’Assemblée Nationale devait remettre de l’ordre dans sa famille politique en lui rappelant ce vers célèbres de Joachim Du Bellay : « Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage». Fidèle à lui-même et après avoir remercié ses amis politiques qui ont constitué l’auditoire de cette cérémonie, le Président de l’Assemblé Nationale a plongé son regard dans l’actualité politique dont l’effervescence est manifeste dans presque tout le pays, une effervescence où, depuis bientôt une année se manifeste une crise sanitaire qui défie l’humanité. Regard politique Pour Isidore Mvouba, l’Assemblée Nationale qu’il préside étant un maillon important du microcosme politique, doit être regardante, surtout en ce moment où nous nous acheminons vers l’élection présidentielle de mars 2021. Aussi, d’après lui, le président Sassou N’guesso serait, sans contexte,  l’acteur le mieux placé pour conduire, après le 21 mars 2021, le Congo vers de nouveaux horizons. Sans ambages, il a rappelé la rencontre de Madingou avec sa pluralité d’hommes politiques dans toute sa diversité. Revenant sur l’élection présidentielle, il a spécifié qu’ « il serait hasardeux de confier les clés du Congo à des mains inexpérimentées (…) ; l’expérience est le bâton blanc par excellence du non-voyant. Cette expérience plaide pour lui ». Et de signifier que l’expérience serait du côté du président de la République. Pour le Président de l’Assemblée Nationale, cette onzième session ordinaire administrative qui va aller du 1er février au 10 avril 2021, permettra à l’instance législative d’examiner et d’adopter les affaires à elle inscrites ainsi que celles qui lui seront transmises au cours de la session. Si le président de l’Assemblée Nationale a constaté les difficultés qu’éprouve le Gouvernement pour honorer ses engagements vers les étudiants et les retraités qui ne sont pas traités à la même enseigne que les fonctionnaires qui sont payés régulièrement, il a reconnu que « tout n’est pas parfait, loin s’en faut mais l’espoir est permis : l’espoir de la mise en place d’un système qui [permettrait] de payer régulièrement les bourses des étudiants, [et] les pensions des retraités ». De la crise sanitaire Un sujet qui doit préoccuper la classe politique pour un travail de sensibilisation et de conscientisation des larges masses populaires. Aussi, votre serviteur qui a eu à affronter cette sale Covid-19, ne peut rester insensible aux propos du Président de l’Assemblée Nationale à ce sujet. Celui-ci a tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne cette lutte implacable que nous menons contre cette pandémie qui continue à braver inexorablement l’humanité. Et dans un élan pédagogique, il a réitèré ce que nous devons intérioriser : « Ne considérons pas nos masques comme des attributs de coquetterie, portons-les convenablement en tout temps et en tout lieu comme des instruments qui sauvent ». Il nous a aussi rappeléà ce propos « l’urgence pour le Congo,  de se doter d’un vaccin (…) une mission impérieuse que le Gouvernement [devrait] exécuter avec diligence ». Le président de l‘Assemblée Nationale a esquissé d’autres points importants qui sont d’actualité telle l’ouverture imminente de l’Université de Kintélé et la mise en œuvre par le Gouvernement des conditions louables qui devraient permettre aux les larges masses populaires à se préparer pour le 21 mars 2021. Aussi, ces dernières sont-elles à l’attente des résultats de cette session qui devraient tomber le 10 avril 2021. Noël Kodia-Ramata

LITTERATURE CONGOLAISE. Bloody Kongo (1) de Dina Mahoungou ou l’hyperbole de la guerre de Brazzaville

LITTERATURE CONGOLAISE. Bloody Kongo (1) de Dina Mahoungou ou l’hyperbole de la guerre de Brazzaville

Voici un récit construit à partir des événements tragiques de la guerre du Congo des années quatre vingt dix. Le lecteur se voit entrainé dans les méandres de l’horreur et du sang, depuis Brazzaville jusqu’à Pointe Noire en passant par certaines régions de la région du sud occupés par les enfants-soldats, les insurgés, l’armée loyale du président Denis Mathurin et ses mercenaires. À cela s’ajoute le regard révélateur et historique du narrateur vers certains pays du continent tels Le Zaïre, le Gabon, la Centrafrique… En dehors de quelques péripéties qui se passent à Brazzaville et à Pointe Noire, le récit de Bloody Kongo dévoile la faune et la flore où surgissaient à certains les pygmées de l’Afrique centrale. Si dans la plupart des romans, se découvrent des héros sur lesquels se focalise le trajet du récit du début à la fin, chez Dina Mahoungou, l’histoire racontée est grande partie « écrite » par des « groupes-personnages » auxquels viennent se greffer certaines individualités comme Denis Mathurin, Yacine Diémé, Makoumbou Mâ Mpombo dit le grêlé qui apparaissent et disparaissent au cours de la guerre qui met sur scène les enfants- soldats, l’armée loyale du président Denis Mathurin et ses mercenaires. Ce roman apparait comme une suite de séquences narratives dont l’horreur de la guerre interpelle le lecteur. Aussi, on remarque que Bloody Kongo ne peut se lire linéairement car se présentant comme un long reportage sur la guerre de Brazzaville et l’environnement dans laquelle elle se manifeste. Des récits de la guerre au récit-pluriel défini par plusieurs genres, l’auteur nous plonge dans une écriture qui rappelle la technique du Nouveau roman du siècle dernier. En dehors de rares déclarations dialogiques des personnages, ces derniers sont focalisés en grande partie de l’extérieur dans un récit que l’on pourrait définir comme un reportage de presse. Et cette façon atypique de nous révéler un texte où les dialogues sont presqu’inexistants donne une autre dimension au roman congolais où cette réalité diégétique est rare.     Des personnages sans personnalité En dehors de président Denis Mathurin, Yacine Diémé, Makoumbou Mâ Mpombo alias le grêlé, le professeur Milandou, (exilé à Zanzibar, qui apparait au dernier moment), tous nommés par l’auteur, la plupart des personnages de Bloody Kongo sont anonymes et évoluent toujours en groupe : les enfants-soldats, l’armée du président Denis Mathurin, les mercenaires de ce dernier, les résistants de Makoumbou Mâ Mpombo, les amazones de Yacine Diémé. Les personnages de Bloody Kongo vivent et agissent en groupe sans pour autant s’adresser la parole entre eux ; ils sont en général synonymes de l’horreur que développe le roman : « Le carnage était à son comble, les enfants-soldats pisteurs infatigables, admirables et terribles, tiraient au bazooka sur les mercenaires surpris » (p.38). Si les enfants-soldats se montrent guerriers intrépides, de leur côté les mercenaires au service du président Denis Mathurin se confrontent aux difficultés du terrain dans l’exercice de leur « sale » boulot : « Puisque les mercenaires du chef de l’Etat ne connaissaient pas le terrain, les partisans semaient des leurres et, de loin, les surveillaient. Ils jaillissaient brusquement des eaux (…). Aussitôt les mercenaires étaient noyés sous les plantes aquatiques » (p.112). Quant aux amazones et leur cheffe Yacine Diémé, on les rencontre dans la forêt où elles se sont installées. On remarque que ces groupes de personnages anonymes sont toujours sous la direction d’un timonier dans l’exercice de leur métier. Les résistants ont pour chef le grêlé : « Makoumbou Mâ Mpo, alias le grêlé, restait seul,  isolé en surplomb de l’océan. (…) le chef des résistants, le cœur gonflé de haine leva les yeux vers le ciel (…). L’oiseau-Dieu franchit les airs (…) tandis que le grêlé (…) regardait l’oiseau foncer sur lui » (p.103). Bloody Kongo, un récit de la guerre De l’incipit à la clausule, la lecture de ce roman fait penser à un film de guerre où les enfants-soldats et l’armée loyale du général Denis Mathurin soutenue par des mercenaires se livrent à des combats sans merci. Et le roman s’ouvre par un morceau de la guerre de Brazzaville des années quatre vingt dix : « Dans les grandes cités telles que Bacongo ou Makélékélé, de grands carrefours étaient défigurés par les bombardements, les rues ressemblaient à des tranchées » (p.20). Aussi, à propos de quelques descriptions liées à cette guerre de Brazzaville, l’auteur y met un peu du sien par la technique de l’hyperbole et de l’exagération artistique pour donner une autre couleur à sa peinture. Et nous le remarquons dans sa façon de décrire l’horreur de cette guerre : « Les quartiers entiers furent soufflés par des bombes. Isolé dans sa rage et dans son humiliation, l’état major employait du gaz moutarde sur des villages des autochtones et des indigènes pygmées » (p.87). Et des scènes d’une extrême horreur et d’une violence qui dépasse un peu la réalité de la guerre de Brazzaville, reviennent de temps à autre dans le coulé narratif. Aussi, le lecteur qui pourrait croire à ces séquences de guerre peintes avec exagération, seraient la risée des historiens. Ceux-ci se moqueraient de ce dernier et lui lanceraient : « Malheur lecteur qui pense que ce qui est écrit dans ce roman est vrai, alors que nous sommes en pleine fiction » ; voici un exemple d’hyperbole de ces scènes : «  Le long de la jetée, sur les poteaux télégraphiques, on avait  pendu des dizaines d’hommes d’affaires blancs, de l’autre côté des massifs » (p.95). Du récit de la guerre au récit-pluriel Dans son ensemble le roman Bloody Kongo  se lit comme une succession de roman de guerre, roman d’histoire fondé sur une partie de l’Histoire de l’Afrique centrale, de roman fantastique qui épouse la technique du reportage quand le narrateur, qui se transforme en reporter, nous plonge, pendant certains moments, dans la faune et la flore dans lesquelles se déroule une partie de la guerre qui oppose l’armée loyale avec ses mercenaires aux enfants-soldats. –Bloody Kongo, un roman de guerre : « Dans la grande cité de Pointe-Noire. Il y eut des braquages partout, des vols et des agressions : à Fonds N’Tiétié à Loandjili, (…) Les enfants-soldats, devenus experts

AFRIQUE CENTRALE. Quand la communication s’avère fluide entre le Congo et la Centrafrique

AFRIQUE CENTRALE. Quand la communication s’avère fluide entre le Congo et la Centrafrique

Invité par son homologue Jean Jacques Pouambi, président du Haut Conseil de la Communication (HCC) de la République centrafricaine, le Président du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), M. Philippe Mvouo a séjourné du 27 novembre au 5 décembre 2020 à Bangui pour une visite de travail. Au cours de ce voyage, le Président du CSLC  a été accompagné de trois de ses collaborateurs : son conseiller spécial, M. Joseph Bahoua, son conseiller spécial, M. Landry Tati, son directeur du protocole et des relations publics et le Haut Conseiller Joachim Mbanza. Plongée dans les journées de visite au cours desquelles le président du CSCL et sa délégation ont été honorés. -Lundi 30 novembre 2020 La délégation du Président Philippe Mvouo a été reçue par le Président de l’Assemblée nationale centrafricaine Laurent Gon-Baba qui avait  à ses côtés M. Jean Jacques Pouambi, Président du HCC et M. Delphin Embonza, ambassadeur plénipotentiaire du Congo en Centrafrique. Le partenariat et les échanges entre le CSCL et le HCC, en ce qui concerne la régulation des médias, au moment où la République centrafricaine entre dans le tourbillon des élections présidentielle et législative programmées  pour le 27 décembre 2020, ont constitué l’essentiel de leur rencontre. Quelque temps après, le Président Philippe Mvouo et son homologue Jean-Jacques Pouambi se sont retrouvés du côté de l’Assemblée nationale où le Ministre de la Communication, Maxime Kazaguiétait venu défendre le projet de loi sur la communication en Centrafrique, loi initiée par le HCC. Celui-ci a encouragé le partenariat entre les deux Institutions de régulation des médias. -Mardi 1er décembre 2020 Journée solennelle où le Président du CSLC, Philippe Mvouo a été  fait, à titre exceptionnel, Commandeur dans l’Ordre centrafricain de la Renaissance Nationale. Et, c’est lui-même Son Excellence, le Président Faustin Archange Touadera qui lui a « accroché » sa médaille au cou parmi tant d’autres récipiendaires ; une heureuse distinction honorifique qui a eu lieu au cours de la célébration du 62ème anniversaire de la proclamation de la République centrafricaine, juste avant le défilé militaire et civil. -Jeudi 3 décembre 2020 À l’occasion de sa visite de travail dans ce pays frère, le Président Philippe Mvouo,  au cours au cours de la cérémonie de signature de l’accord de coopération entre les deux Institutions,s’est fait remarqué par son discours émouvant et teinté d’une éloquence particulière devant les sommités du HCC de la Centrafrique. Notons  qu’il ya eu une échange d’expérience entre le CSLC et le HCC avant la signature de la dite accord. À tout Seigneur, tout honneur, le président du CSLC a saisi l’occasion pour remercier son Excellence, le Président Faustin Archange Touadera qui a fait de lui, à titre exceptionnel, Commandeur dans l’Ordre centrafricain de la Renaissance Nationale. Mettant en exergue la bonne et fructueuse coopération entre les deux pays ayant à leur tête les présidents Denis Sassou Nguesso et Faustin Archange Touadera, Philipe Mvouo a exprimé à son homologue sa cordialité. Il a affirmé, sans ambages,  que « le dialogue entre les Institutions de régulation des médias est une exigence du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) autant qu’elle l’est pour le Réseau Francophone de Régulation de Médias (REFRAM), deux Réseaux auxquels [les Institutions du Congo et de la Centrafrique] sont membres ». -Samedi 5 décembre  « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage », le Président du CSLC Philippe Mvouo, avec sa délégation au complet (le Haut-Conseiller Joachim Mbanza, son conseiller spécial Joseph Bahoua et son directeur de protocole et des relations publics, Landry Tati) a quitté Bangui dans la matinée pour arriver à Brazzaville qui était déjà plongé dans le couvre-feu de la soirée. Noël Kodia-Ramata

LITTERATURE CONGOLAISE. Quand la femme chante l’amour en poésie

LITTERATURE CONGOLAISE. Quand la femme chante l’amour en poésie

Une pierre précieuse sur l’île de Virginie (1) : un chant d’amour multidimensionnel Une poésie d’amour sans fausses hontes, un chant déclaré par une femme à son amour. Un véritable amour dont elle semble être prisonnière tout en demandant à son homme de la chérir, de l’adorer, d’être une pierre précieuse pour le bonheur de leur destin. Ce chant d’amour donne une autre dimension à la femme qui se dévoile dans la lumière qui éclaire un certain homme qu’elle appelle nommément  par Pierre qui, curieusement rime avec une pierre qui lui est précieuse. Et dans ses vingt huit textes qui constituent ses envolées lyriques, se reflète l’amour de la poétesse pour son homme, pour sa mère et sa grand-mère. S’y découvrent aussi deux poèmes qui chantent l’amour du pays natal. Une pierre précieuse sur l’île de Virginie, une poésie qui navigue dans le bonheur, loin des douleurs, des larmes de tristesse  provoquées paradoxalement l’amour, à certains moments. Une femme au cœur de l’homme aimé La foi en amour devient pour la poétesse une sorte de religion qui fait de son homme aimé une espèce de Christ, un amour indélébile dans le cœur de l’homme. Se dégage dans la majorité des textes, le bonheur d’aimer et d’être aimée. Dans ce recueil, certains textes s’appellent les uns les autres, créant ainsi une isotopie de l’amour exponentiel d’une femme pour son homme. Un amour qui parfois sème le doute : « L’amour est une chose extrêmement sérieuse / C’est pourquoi j’ai toujours eu peur de tomber amoureuse » (p.36). Mais pour Virginie Ngolo Awé, les frontières de l’amour pour son homme ont été détruites par le destin. Elle a décidé d’aimer l’homme qu’elle estime et qui doit être l’homme de sa vie ; une sorte d’engagement : « Quand je m’engage, c’est sans partage / Quand je m’engage, c’est pour l’éternité » (p.26). D’abord exprimé implicitement à travers le bestiaire avec l’image du colibri : « Gentil colibri / (…) Sois mon ami / Fais de moi ton abri » (p.27), image où s’exprime la beauté de l’amour à travers cet oiseau enchanteur, la poétesse se dévoile ouvertement à partir du texte intitulé « Ma pierre précieuse » ; un texte qui exprime le bonheur de la poétesse d’avoir rencontré la perle rare, un certain homme qui se prénomme Pierre : « La Divine Providence / A voulu qu’on t’appelât Pierre / Pierre Ngolo, l’élu de mon cœur : Ma pierre d’amour / ma pierre pour toujours » (p.30). Aussi, l’homme aimé dévoilé au grand jour devient en quelque sorte le nerf directeur de l’amour qu’exprime la poétesse à son Pierre, une pierre précieuse. Pierre : l’homme-vie de la poétesse En parcourant ce recueil, tout homme se sentirait heureux d’être à la place de ce Pierre que la femme adore, aime, adule et estime de toute son âme, de toute sa clairvoyance. Cet homme qui, par coïncidence, se prénomme Pierre, apparait ici comme une pierre précieuse pour la poétesse, à l’instar d’un morceau de diamant qui illustre la couverture de l’ouvrage.. L’amour est une épreuve difficile à affronter ; mais l’auteure a su quand même le contenir pour l’être aimé : « Je suis amoureuse / Et je suis heureuse / Car à l’épreuve du temps / Nombre d’amours s’émoussent / Comme de la mousse » (p.31). Dans ce recueil, la poétesse s’interroge sur l’homme en ce qui concerne ses qualités avant de mettre en exergue l’homme parfait qu’est son Pierre : « Existe-t-il un homme parfait ? / (…) Existe-t-il une pierre / Plus précieuse que les autres / (…) Que ma pierre à moi, oui / (…) C’est un diamant d’homme / Un homme parfait, mon Pierre Ngolo » (pp. 35-36). Et à tout moment, l’image de cet homme reste accroché à son cœur comme on peut le remarquer dans « Amour lunaire » quand on peut lire : « Pays des roses et d’Eros / Où moi Virginie, jument de Vénus / J’ai succombé à Pierre, étalon d’Apollon » (p.40). Aussi, dans « Mon précieux », elle écrit « Si j’avais été un gnome ? / À toi, Pierre Ngolo, j’aurai offert / Les plus belles pierres » (p.49) ; dans « Merci infiniment », elle clame : « Merci Pierre pour la pureté / La douceur et la force incontestable de ton amour » (p.51) et dans « Sur cette pierre, j’ai bâti ma maison », elle récidive : « Mon amour s’appelle Pierre / Et sur cette pierre j’ai bâti ma maison »(p.59), la poétesse clame aux yeux du monde l’attachement qu’elle a pour son homme. Un amour permanent et constant qui n’a pas subi les turpitudes du destin comme on le remarque souvent pour certains tourtereaux : « De mes émotions déchaînées / Dégoulinent de ma plume / Pour traduire la constance de mes sentiments / À l’endroit de mon Prince charmant / Après toutes ces années, rien n’a changé ; / Car en amour / Rien n’est plus important que la constance » (p.39). Malgré l’amour qui la lie à son homme, amour  qui a enflammé et qui enflamme encore son cœur, la poétesse n’oublie pas ses parents et son pays natal qui occupent aussi une partie de son cœur. Mère et grand-mère dans le pays natal Même si on aime follement son homme ou sa femme, on ne peut oublier le cordon ombilical  qui nous lie à une autre femme-mère. Aussi, se réveille en nous l’amour maternel. Et Virginie Ngolo Awé ne fait pas exception. C’est d’abord à sa maman qu’elle exprime son amour : « Mère Michou /  (…) J’écris ces mots pour te dire / Et te redire encore que je t’aime infiniment » (p.69). Mais cette femme qui est sa mère aussi a, à son tour, une mère. Peut-on aimer sa mère sans penser à sa grand-mère ? Impossible pour notre auteure. Elle exprime son attachement à la mère de sa mère dans « La femme à la main garnie » quand elle s’exclame : « La générosité, le respect et l’amour du / prochain sont des qualités que j’ai héritées de : cette femme au grand cœur, ma grand-mère » (p.74). De cet amour que la poétesse a pour sa mère et sa grand-mère se réveille celui de son Congo natal. Et le sentiment d’appartenir à un terroir se lit

CONGO. La force du direct : Quinzomadaire de communication : un homme politique à la une

CONGO. La force du direct : Quinzomadaire de communication : un homme politique à la une

ISIDORE MVOUBA : FIDÉLITÉ EN POLITIQUE, LA VOIE VERS LA DIGNITÉ Dans le cadre de l’information, peu de recherches sur les hommes politiques concordent avec la stricte vérité sur le personnage présenté. Aussi, dans l’analyse de Force du direct à propos de l’interview d’Isidore Mvouba, se dégage les quatre points essentiels de la personnalité de ce dernier en ce qui concerne l’homme politique envers son parti le PCT (Parti Congolais de Travail), surtout après la dure épreuve imposée par la Conférence Nationale de 1991 qui avait pour point focal : le multipartisme avec sa démocratie plurielle. -Militant de l’UJSC (Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise) depuis l’ex-URSS (Union de Républiques Socialistes Soviétiques), Isidore Mvouba l’a toujours été. Au sein du CFCO (Chemin de Fer Congo Océan) de Pointe Noire qu’il a intégré dès son retour au pays parce que ingénieur des chemins de fer, son militantisme le fait remarquer au sein du PCT dans l’art de mener les débats politiques. C’est surtout quand le pays entre dans le multipartisme après la Conférence Nationale qu’Isidore Mvouba montre sa fidélité envers le PCT. Des transfuges de ce parti quittent le bateau qu’ils pensent aller à la dérive, pour former l’UPADS (Union Panafricaine pour la Développement Social) afin de  conquérir le pouvoir. Appelé par certains dirigeants du nouveau parti politique le MCDDI (Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral) de Bernard Kolélas, Isidore Mvouba, enfant du quartier nord de Ouenzé pense qu’il ne pourra pas supporter la ligne intransigeante de ses parents du Pool. Il reste fidèle à son PCT. -Défendre le PCT pendant le Conférence Nationale, une dure et rude épreuve surtout que les vieux caciques du PCT sont pris à partie par la majorité des conférenciers, particulièrement ceux de la diaspora. Ils sont accusés d’être à l’origine de la débâcle du pays car, à cette époque le pays traverse une crise socio-économique notoire (pas de recrutement dans la Fonction publique et retard dans le paiement des salaires). Il faut faire confiance à la jeunesse pour redorer le blason du PCT. Et, dans cette jeunesse se remarque Isidore Mvouba qui, en 1992 acceptera d’être le directeur de campagne du président Denis Sassou Nguesso aux premières élections pluripartites. Mvouba se rappelle-t-il ses paroles à lui adressées par le président Denis Sassou Nguesso avant la Conférence Nationale : « Camarade Mvouba, le parti va souffrir au cours de la Conférence Nationale ; mais le parti a sa jeunesse, une jeunesse intrépide. Vous dites que vous êtes l’auxiliaire actif du parti, vous devez le démontrer à la Conférence Nationale » ? Aussi, les interventions d’Isidore Mvouba seront pertinentes et remarquées au cours des débats de la Conférence Nationale, à la grande satisfaction de son mentor qu’il va accompagner dans sa traversée du désert de 1992 à 1997, quand le PCT va accepter sa défaite aux élections de 1992 pour éviter l’embrasement du pays. Quand le président Pascal Lissouba et son gouvernement commet la maladresse de ne pas organiser les élections de 1997 aux dates prévues par la Constitution,  commence alors la fameuse guerre du 5 juin 1997 qui rassemble, autour du président  Denis Sassou Nguesso, Isidore Mvouba et une bonne partie de la jeunesse restée fidèle aux idéaux du PCT. Aussi, Denis Sassou Nguesso va garder un bon souvenir de son  militant aguerri  jusqu’à la victoire du PCT sur l’UPADS dont plusieurs dignitaires vont prendre la poudre d’escampette pour aller se réfugier à l’étranger, particulièrement en Afrique et en Europe. -Et vint la rançon d’une alliance ! Fidèle au PCT et à son président dans l’exercice de ses activités politiques, Isidore Mvouba devient incontournable et reste égal à lui-même, n’oubliant pas ses amis militants du PCT, particulièrement le groupe hétérogène des militants du quartier Ouenzé, espace géographique de son enfance et de sa jeunesse. S’étant fait remarquer par le chef de l’Etat, il commence de récolter les fruits de sa fidélité au PCT. Quelques responsabilités lui sont confiées : il est d’abord nommé directeur du cabinet du chef de l’Etat avant d’occuper de postes importants au sein du gouvernement comme celui de Premier Ministre. Aujourd’hui, président de l’Assemblée Nationale, Isidore Mvouba continue à jouer un rôle prépondérant au sein du PCT à l’orée de 2021. Et quand La Force du direct, ce nouvel outil d’information et de communication écrit : « Faire la politique, c’est d’abord un choix », on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la personnalité d’Isidore Mvouba pourrait être dignement gravée dans l’histoire politique de ces cinquante dernières années. Et cela, pour avoir choisi de servir le PCT et à son président Denis Sassou Nguesso. Noël Kodia-Ramata

LITTÉRATURE CONGOLAISE. L’os de mes eaux (1) : un clair-obscur d’une écriture surréaliste

LITTÉRATURE CONGOLAISE. L’os de mes eaux (1) : un clair-obscur  d’une écriture surréaliste

Voici une poésie atypique de Hugues Eta qui se distingue de la majorité des recueils de poèmes par sa présentation. On découvre dans L’os de mes eaux quatre textes de longueur très variable (« Hauts les os », « Retours » « Cloche du silence » et « Chant des palmiers ») qui défient la compréhension du lecteur habitué souvent à lire sonnets, alexandrins et autres formes classiques de présentation d’un poème. Ce livre définit une poésie de tristesse accrochée au pays natal où apparaît  souvent l’élément aquatique éclairé  par les astres tels le soleil la lune et les étoiles. Cette poésie parait hermétique et surréaliste et la femme n’y trouve pas sa place par rapport au lyrisme de la plupart des poètes. Hugues Eta : poésie et tristesse Le poète est le seul homme capable de vivre au carrefour de ses heurs et malheurs qu’il peut exprimer ouvertement à travers l’oralité (la chanson) et l’écriture (texte matériel). Déjà dans le poème incipit, Hugues Eta nous livre un sentiment de détresse qui est presque présent dans tous ses textes : « Les pages de mon livre de vie arrachées / Je livre les os vers les yeux (…) / Je dialogue avec un tam-tam agenouillé » (p.7). L’image de ce tam-tam qui rythme le destin de l’homme noir toujours debout en face de son batteur, présenté ici dans une position à genou, ne laisse-t-il pas perplexe le poète devant son destin ? Le sentiment de tristesse coule presque dans les quatre textes de ce recueil avec des souffles plus ou moins disproportionnés. Si dans « Retours », la tristesse ne provoque que lamentation et peine : « La pluie ne veut plus rester dehors / Et laisser ouvertes les fenêtres de mes pleurs » (p.10), elle va jusqu’à déclarer chez le poète le sentiment de l’irréparable : « Mon pot de pleurs en argile se brise / J’hérite de ses cicatrices » (p.63). On peut même dire que la poésie dans L’os de mes eaux est une expression de pleurs et de larmes qui s’étale presque dans tout le livre. Des larmes partout comme on peut le constater dans la majorité des textes qui évoquent l’amertume et la tristesse : « Pour renouveler l’ombre au gré des empreintes de mes pleurs » (p.11), « J’offre un verre à mes larmes / Qui déroulent un tapis sur les crânes des futaies » (p.22), « Je vois à travers le miroir des larmes / Le vol d’un oiseau dépaysé » (p.30), « Mes larmes vivent les étreintes des rives abandonnées » (p.65). Dans les textes de Hugues Eta, se découvre aussi un pan de la nature à travers le fleuve et les astres dans le clair- obscur de son pays natal. L’eau, le soleil, la lune et les étoiles dans L’os de mes eaux Déjà dans le texte qui ouvre son livre, le poète navigue dans l’image aquatique et s’exprime dans un ton exclamatif qui semble refroidir sa pensée : « Ô les eaux / Les pluies qui tombent lorsque je presse les cieux / Sont des pilotis pour mes habitations »(p.7). Dans cette solitude qu’il exprime à travers le « je » personnel, lui revient sans cesse l’image du fleuve de son pays : « Le fleuve venimeux avale ses eaux / J’écris un poème (…) mes joues sont deux rives / D’un fleuve qui charrie des os croisés » (pp.36 et 41). L’eau dans cette poésie rappelle la mer qu’il habite et qui l’habite du côté, éventuellement, de Pointe Noire : « L’océan était conduit à sa dernière demeure / Je suis l’os du littoral seul survivant » (p.23). Aussi, cette vaste étendue, que les scientifiques nomment « océan », devient « mer » pour le poète et se confond avec l’image de sa mère : « Je ne dirai plus à ma mer biologique que / De donner naissance comme poète / Sur le regard des vagues de ma mère »(p.23). La mer et le fleuve qui coule majestueusement dans le pays du poète sont assistés, jour et nuit par le soleil et la lune selon la position qu’ils occupent dans l’axe du temps. Ces deux astres qui apparaissent dans le premier poème, commencent à briller dans « Cloche du silence » et « Chant des palmiers » où ils reviennent à tout moment dans les déclarations de l’auteur. Dans « Cloche du silence », c’est un soleil en déconfiture qui nous est livré : « Le jour dans mes mains réunit les débris d’un soleil éventré / Pour assécher le réservoir de l’ouest » (p.18) ; ce soleil qui rappelle le natal du poète car brillant aussi dans l’image paternelle de ce dernier : « Le soleil qui se lève sur la case de mon père / Se couche à mi-parcours sur la toiture de mes yeux d’enfant » (p.20). Ici se révèle une poésie éclairée par le soleil qui vient atténuer la tristesse exprimée par l’auteur. Il est difficile de parler du soleil sans pour autant faire allusion à son contraire la lune souvent accompagnée de ses « enfants » les étoiles : « Le déracinement des clairs de lune / Débaptise le champs fertile des étoiles saisonnières » (p.32). Un peu plus loin, le poète se voit rattrapé par l’image obsédante des astres de la nuit comme on le remarque dans « Cloche du silence » quand il écrit : « La nuit se déshabille / (…) La sueur succède à la mer destituée / Signe d’une naissance entre les étoiles infirmes / Mes yeux dépaysés dans leurs propres orbites / Se rappellent les lunes chastes » (p.37). Une particularité de la poésie de Hugues Eta : l’écriture ainsi que les images qui illustrent  les textes s’avèrent hermétiques ; ils font fi de la ponctuation et amènent les lecteurs à leur donner le ton et le sens qui leur conviennent selon leur sensibilité et leur état d’âme. L’os de mes eaux appartient au poète tout en nous interpelant malgré son égoïsme à travers l’occurrence du « moi » qui définit son texte dans son ensemble ; il ne cesse de se présenter par les pronoms personnels tels Je, Ma, Mon, Mes. Aussi le remarque-t-on à travers l’idée du possessif qui ouvre ce recueil : «  mes eaux » qui spécifie le titre et la récurrence des pronoms Je, Ma, Mon, Mes qui donnent une dimension personnelle et possessive aux textes. Noël Kodia-Ramata (1) Hugues Eta, L’os

LITTERATURE CONGOLAISE. Et quand nos rêves embrassent les ténèbres (1) : Un chant poétique de Tristell Mouanda

LITTERATURE CONGOLAISE. Et quand nos rêves embrassent les ténèbres (1) : Un chant poétique de Tristell Mouanda

La poésie de Tristell Mouanda s’inscrit dans l’ère du temps car elle respecte le destin juvénile de l’auteur qui est « accroché » à celui de son Afrique. Il veut être en symbiose avec son peuple malgré l’image du continent que lui revoit sans cesse l’histoire on ne peut plus aléatoire de son Afrique natale. Il y a dans la poésie de Tristell Mouanda l’Afrique des ancêtres et des héros. Le poète se trouve au carrefour des fleuves du Congo et du Nil, des astres, des rêves d’un peuple de douleur. S’y dégage l’image éphémère de la femme dans son instinct maternel et idyllique. On y rencontre aussi une poésie des joies et des souffrances internes qui accompagnent le destin de l’auteur dont l’avenir du continent semble incertain. Aussi, s’adresse-t-i à sa mère Afrique en visitant l’univers des astres avant de se mirer timidement dans l’image de la femme. L’Afrique au cœur de l’imaginaire du poète Depuis la naissance de la Négritude, l’Afrique occupe toujours une place importante dans l’imaginaire des écrivains, particulièrement chez les poètes. L’Afrique est chantée dans presque toutes ses dimensions sociales et sociétales. Le regard du poète prend source dans son Congo natal avant de s’éparpiller sur le continent : « Ici à Brazzaville, je lis la vie entre les / lignes du temps » (p.21). Ce pays natal revient vers le poète par l’aquatique symbolisée par le fleuve qu’il partage avec l’autre Congo jumeau : « Magnifique Ô la voix du fleuve : Dans notre muse poétique / la voix du fleuve c’est la voix de la vie » (p.29). Aussi, remarque-t-on dans le subconscient du poète l’importance de ce fleuve qui accompagne le destin de tout un peuple, cet élément aquatique revient dans plusieurs poèmes comme on peut le remarquer dans le Texte N° 19 : « Le jour de ma naissance / J’ai pleuré mes péchés (…) / Un peu d’eau pour étancher ma soif / Le fleuve pour chanter / Mon peuple sans vie / Le fleuve meurt » (p.57). Dans l’imaginaire de son Congo natal, lui reviennent dans les méandres du fleuve Congo, quelques souvenirs fraternellement amicaux de quelques poètes de la phratrie : « Ô fleuve de la résurrection / (…) Ma mémoire crayonne l’aurore de  / (…) Gabriel Mwéne / Okoundji, d’Huppert Malanda » (p.31). À partir de son natal, le poète ouvre la porte du continent pour découvrir d’autres horizons avec leurs peuples et leurs histoires. Le premier sentiment qui colle à son esprit est l’image sombre des antivaleurs qui a ont à survoler son pays : « Je me suis mûri  en écoutant les mêmes / mots : tribalisme, guerre » (p.17). Un cri d’alarme du poète qui révèle certains maux du continent. Et dans presque tous ses textes, Tristell Mouanda se mire dans cette Afrique qui ne quitte pas son imaginaire. Aussi, en bon « fils de Dieu », il implore le Christ pour sauver son Afrique : « Ô Christ ! / Pourquoi la nuit ensemence des joues stériles au Mali ? » (p.23). Et c’est dans la prière que le poète pense sauver l’Afrique : « Car la paix est blessée en République Démocratique du Congo / Pour ce pays, Priez ! » (p.27). La poésie de Tristell Mouanda, en survolant une partie du destin politique du continent, s’avère engagée et engageante. Aussi, chante-t-il d’abord certains héros de son Congo, des figures qui ont marqué la lutte pour libérer le peuple kongo de l’assujettissement colonial : « Ô Simon Kimbangu, Ma Kimpa Vita / Je vous en supplie / Divinités éclairées » (p.24). L’écho de ce chant se répand sur le continent pour « réveiller » les autres héros, ces hommes qui sont morts pour la libération de l’Afrique et l’émancipation de l’homme noir dans toute sa diversité :  « Je brûlerai mes prières nocturnes qui viennent de l’Inde… / De Patrice Lumumba, Bob Marley, Martin / Luther King / À Mandela » (p.23). Dans cette poésie de douleur pour une Afrique martyrisée, se dégage le patriotisme de l’auteur qui traverse ses frontières nationales pour se transformer en destin panafricaniste. Et ce panafricanisme est éclairé par des astres tels le soleil, la lune et les étoiles qui, sans cesse, brillent sur l’écriture du poète comme on peut le remarquer dans certains vers comme : « La nouvelle lune sera la case départ / (…) Les étoiles portèrent des racines » (p.43).  L’éphémère image de la femme Il est rare de parcourir une poésie sans être « réveillé » par l’image de la femme dans sa dimension universelle : la femme-mère, la femme idyllique, la femme héroïne, trois dimensions qui apparaissent quand même dans Et quand nos rêves embrassent les ténèbres. Dans la poésie orale (la chanson) comme dans celle que nous révèle l’écriture, le poète oublie rarement l’instinct maternel comme on peut le revivre chez Jean Baptiste Tati Loutard à travers les poèmes « Nouvelle de ma mère » et « Appel à ma mère », que l’on peut découvrir respectivement dans Poèmes de la mer et L’Envers du soleil. Dans Et quand nos rêves embrassent les ténèbres,  l’adresse de l’auteur à sa mère apparait comme un poème épistolaire : « Reviens ô mère / Par cette opacité / Je perds espoir »(p.21). La femme ici nous rappelle aussi le réveil de l’Afrique à travers l’héroïne Kimpa Vita à la page 24 (Texte N°3). Chez Tristell Mouanda, la femme est aussi vue du côté idyllique, côté cru des sentiments amoureux. À une femme qui semble émouvoir son cœur, comme il l’exprime au conditionnel, le poète explose : « Ô femme sacré ! / Je voudrais t’écrire une lettre d’amour / Je voudrais recevoir ton premier baiser / d’amour » (p.55). Dans son ensemble, Et quand nos rêves embrasent les ténèbres annonce l’avenir d’une poésie qui se veut au confluent de l’hermétisme d’un Tchicaya U Tam’Si ou d’un Maxime Ndébéka auquel s’ajoute le clair-obscur lyrique d’un Tati Loutard. Et il n’est pas étonnant de constater cette symbiose chez le jeune poète Tristell Mouanda car ces trois grandes figures de la poésie précitées ne sont autres que les précurseurs de la poésie congolaise. Avec Tristell Mouanda, Huppert Malanda, Glad Among Lemra, Gabriel Mwéne Okoundji et Maha Lee Cassy, pour ne citer que ces cinq noms parmi une pléiade de jeunes écrivains,