Des réformes stratégiques et ciblées peuvent renforcer le paysage des affaires au Maroc

ECONOMIE. L’économie marocaine a fait preuve de résilience, affichant des tendances positives en 2024, malgré des défis importants. Les récentes précipitations ont permis d’atténuer les conditions de sécheresse, ouvrant la voie à des perspectives plus favorables pour le secteur agricole. Selon le dernier bulletin d’information économique de la Banque mondiale pour le Maroc, intitulé Prioriser les réformes pour améliorer le climat des affaires, la croissance globale devrait atteindre 3,6 % en 2025. En 2024, la croissance globale du produit intérieur brut (PIB) du Maroc a ralenti à 3,2 %, sous l’effet de la sécheresse. Toutefois, la croissance non agricole a augmenté pour atteindre un taux estimé à 3,8 %, portée par la revitalisation du secteur industriel et le rebond de la formation brute de capital. L’inflation étant passée sous la barre des 1 %, Bank Al-Maghrib a pu amorcer un assouplissement de sa politique monétaire. La position extérieure du Maroc demeure stable, avec un déficit modéré du compte courant financé par des flux d’investissements directs étrangers croissants, soutenus par la solidité de la confiance des investisseurs. En dépit de pressions sur les dépenses, le ratio dette/PIB diminue progressivement. D’importants défis socioéconomiques demeurent. Le récent choc inflationniste a érodé le pouvoir d’achat des ménages, entraînant une baisse des indicateurs de confiance. Bien que les marchés du travail urbains se soient améliorés, avec environ 162 000 emplois créés en 2024, la création d’emplois reste un défi majeur. Au cours de la dernière décennie, la population en âge de travailler a augmenté de plus de 10 %, tandis que l’emploi n’a progressé que de 1,5 %. Cet écart est influencé par les effets persistants des chocs post-pandémiques, les impacts tardifs des réformes récentes et le faible niveau de participation des femmes au marché du travail. L’économie devrait croître plus rapidement, à un rythme de 3,6 % en 2025, l’amélioration des conditions climatiques permettant une reprise partielle de la production agricole, avec une hausse prévue de 4,5 % du PIB agricole. La croissance non agricole devrait, quant à elle, ralentir légèrement à 3,5 %, en raison d’effets de base. « Les perspectives économiques du Maroc restent robustes, caractérisées par une inflation maîtrisée, une position extérieure solide, une trajectoire régulière vers l’assainissement budgétaire et un ratio dette/PIB stable, souligne Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur de Division pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale. La poursuite de réformes structurelles pour répondre aux chocs récents et aux défis liés à l’emploi, notamment ceux auxquels sont confrontés les jeunes Marocains, demeure essentielle pour soutenir la croissance économique. Cela nécessitera des améliorations ciblées de l’environnement des affaires. » Le rapport comprend un chapitre spécial consacré au climat des affaires au Maroc, s’appuyant sur les données issues du rapport Business Ready publié en 2024, et mettant en lumière les opportunités de réformes. Le Maroc affiche de meilleures performances que les pays à revenu comparable en matière de cadres réglementaires et de services publics, mais accuse un retard en ce qui concerne l’efficacité opérationnelle. Les principales pistes d’amélioration identifiées incluent la lutte contre les coûts élevés et les obstacles à l’embauche formelle, la clarification des procédures, l’optimisation des processus numériques et de la transparence dans la résolution des litiges, ainsi que la finalisation du cadre juridique et la numérisation des services liés aux cas d’insolvabilité. Cette section intègre également une analyse des pratiques de pays performants afin d’éclairer la hiérarchisation des réformes à venir. Le rapport montre qu’avec des réformes stratégiques et un engagement fort en faveur de la modernisation, le Maroc dispose d’un potentiel considérable pour améliorer son environnement des affaires, stimuler la croissance économique et favoriser un marché du travail plus inclusif. BM
Combler les lacunes et forger les aspirations : l’initiative RELANCE pour élargir les possibilités d’éducation et d’emploi pour les jeunes au Tchad et en Mauritanie

La Banque mondiale a approuvé le Projet d’intervention régionale du Sahel pour l’apprentissage et la collaboration dans l’éducation, ou RELANCE selon son acronyme en anglais. Cette initiative phare vise à renforcer les systèmes éducatifs, élargir l’accès à une éducation de qualité et améliorer les perspectives d’emploi pour les jeunes vulnérables au Tchad et en Mauritanie. D’un montant de 137,15 millions de dollars, le projet est financé par des crédits de l’Association internationale de développement (IDA) et des dons du Fonds fiduciaire pour le Sahel et les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest (SAWAC). Il constitue un engagement important en faveur de l’avenir des jeunes dans l’une des régions les plus précaires du monde. Au Sahel central, un tiers des jeunes ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation professionnelle, et 94 % des enfants âgés de 10 ans sont incapables de lire ou comprendre un texte adapté à leur âge. Au Tchad, 57 % des enfants d’âge primaire ne sont pas scolarisés ; en Mauritanie, ce sont 45 % des jeunes en âge de fréquenter le cycle secondaire qui sont en dehors du système scolaire. Dans ces pays, investir dans l’éducation est une démarche de long terme essentielle pour briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la violence dont trop d’enfants et de jeunes sont prisonniers. Le projet RELANCE adopte une approche régionale et innovante pour bâtir une société plus résiliente et inclusive, en prenant acte des difficultés communes au Tchad et à la Mauritanie. Les deux pays connaissent en effet des taux élevés de jeunes non scolarisés et de pauvreté des apprentissages, tandis qu’ils sont également confrontés aux effets de la dégradation de l’environnement, de la fragilité et des conflits. Le projet appuiera la création d’un institut régional d’éducation dédié à la recherche, qui formera également des professionnels de l’éducation et fournira des conseils sur l’action à mener. Cet institut jouera un rôle essentiel dans la promotion de la coopération régionale et l’harmonisation des politiques éducatives, et bénéficiera directement à au moins 1 500 professionnels du secteur dans les deux pays. Le projet RELANCE mettra également en place des parcours éducatifs flexibles et résilients grâce à l’introduction d’un modèle d’« école ouverte » conçu pour 850 000 jeunes nomades et réfugiés non scolarisés et dont la moitié sont des filles. Ce modèle innovant offrira d’autres voies d’accès à l’éducation formelle ou à l’emploi par le biais de la formation professionnelle et technique. Il reposera sur un format hybride combinant enseignement en présentiel et ressources d’apprentissage numériques, et garantira la continuité de l’éducation même dans les circonstances les plus difficiles. Le projet s’attachera à concevoir des centres d’apprentissage résilients, avec l’intégration d’infrastructures économes en énergie et résistantes aux catastrophes. « Le modèle de l’ »école ouverte » est tout à fait novateur et il pourrait véritablement révolutionner les possibilités d’éducation et d’emploi pour les jeunes vulnérables, explique Franz Drees-Gross, directeur par intérim de l’intégration régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient à la Banque mondiale. En favorisant la collaboration entre le Tchad et la Mauritanie, le projet RELANCE permettra d’assurer un maximum d’efficacité et d’impact, de créer des économies d’échelle et d’éviter les initiatives redondantes. » Le projet met en outre fortement l’accent sur l’égalité des sexes, avec des interventions ciblées visant à remédier aux disparités persistantes qui pénalisent les femmes dans les domaines de l’éducation et de la vie économique. Des efforts seront déployés pour accroître la scolarisation et la poursuite d’études des filles, à travers notamment des incitations financières pour les élèves méritantes et vulnérables et le développement de programmes et d’environnements scolaires intégrant la dimension du genre. « Ce projet va changer la donne pour le Tchad et la Mauritanie, souligne Waly Wane, chef de service Éducation à la Banque mondiale. En mettant l’accent à la fois sur l’éducation et les compétences professionnelles, nous faisons en sorte que les jeunes, et en particulier les filles et les populations vulnérables, disposent des outils dont ils et elles ont besoin pour réaliser leur potentiel et contribuer utilement à leur communauté. » Banque Mondiale
Maroc : la Banque mondiale renforce son engagement en faveur du développement du capital humain

Le Conseil d’Administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 600 millions de dollars pour la troisième phase du programme de renforcement du capital humain pour un Maroc résilient ». Cette troisième et dernière opération vise à soutenir la résilience du Maroc face aux risques sanitaires, à améliorer le capital humain durant l’enfance, à réduire la pauvreté des personnes âgées et à renforcer la gestion des risques climatiques. Depuis 2020, le Maroc est confronté à de multiples défis, notamment la pandémie de COVID-19, les fluctuations des prix des matières premières, l’inflation, un séisme dévastateur et des sécheresses prolongées. En réponse, le pays a engagé des réformes ambitieuses, guidées par le Nouveau Modèle de Développement, afin de favoriser une croissance plus forte et équitable. Cette initiative appuie les réformes nationales du Maroc visant à étendre l’assurance maladie obligatoire et la couverture maladie gratuite pour les populations vulnérables, la refonte des services de santé, la mise en place d’un programme d’aide sociale directe, l’extension d’une couverture retraite durable et le renforcement de la protection contre les chocs climatiques. Les deux premières opérations de financement, approuvées en juin 2022 et décembre 2023, ont permis d’accompagner d’importants changements législatifs, notamment la généralisation de l’assurance maladie obligatoire et le lancement d’un programme complet d’aide sociale. Cette troisième opération vise à consolider ces avancées en renforçant la gouvernance, en précisant la mise en œuvre des transferts monétaires et des régimes de retraite, et en améliorant l’efficacité de la gestion des risques de catastrophe. Le Maroc progresse sur la voie de la couverture sanitaire universelle en mettant en œuvre des réformes destinées à renforcer la protection contre les risques sanitaires (et ce, grâce à une couverture accrue de l’assurance maladie), étendre l’assurance maladie, en modernisant l’offre de soins et en assurant une répartition plus équitable des professionnels de santé. Le gouvernement ambitionne d’assurer la couverture de l’ensemble de la population dans le cadre d’un régime d’assurance maladie unifié, géré par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Malgré des progrès significatifs, avec une couverture effective atteignant désormais 75 % de la population, des défis persistent, notamment pour les travailleurs non salariés. Le Programme d’aides sociales directes, soutenu par la nouvelle Agence nationale du soutien social (ANSS), ciblera jusqu’à 60 % de la population non couverte par d’autres régimes d’allocations familiales. « Cette initiative, qui s’inscrit dans la lignée des deux opérations précédentes, vise à renforcer le système de protection sociale du Maroc. Aujourd’hui, ce système permet déjà à environ 75 % de la population d’accéder à des soins de santé plus abordables et à plus de 40 % des ménages de bénéficier de transferts monétaires, » souligne Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de la division Maghreb et Malte de la Banque mondiale. « Ces réformes sont conçues pour rendre le système plus complet, plus équitable et plus efficace, en particulier, au profit des populations les plus vulnérables aux aléas climatiques, notamment les agriculteurs. »
La Banque mondiale soutient la connectivité pour une intégration plus inclusive dans la région du Lac Tchad

La Banque mondiale a approuvé (récemment, Dnr) un financement de l’Association Internationale de Développement (IDA) d’un montant de 170 millions de dollars pour soutenir le Tchad dans l’amélioration de la connectivité multimodale et la logistique, ainsi que renforcer les chaînes de valeur commerciales dans la région du lac Tchad. Le projet de connectivité et d’intégration au Tchad vise à bitumer 55 km de la section Liwa-Rig Rig de la Route transsaharienne ainsi que 12 km de routes de desserte reliant Bol à cette même route. Par ailleurs, des améliorations ciblées seront effectuées sur environ 50 km de routes rurales, ce qui facilitera l’accès aux marchés pour les zones rurales à fort potentiel. Le projet prévoit également la construction d’installations logistiques commerciales et agricoles à haut rendement énergétique, alimentées par l’énergie solaire, telles que des entrepôts et des marchés adaptés aux besoins des femmes à Bol, Bagasola et dans d’autres régions si nécessaire. « En améliorant l’efficacité et la sécurité des transports le long de la Route transsaharienne et la navigabilité du Lac Tchad, le projet soutiendra la stabilisation de la région, favorisera les opportunités économiques et reliera les populations isolées aux zones agricoles, aux marchés, aux écoles et aux services de santé, a affirmé Clara de Sousa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Tchad. La région du lac Tchad subit un faible développement socio-économique en raison d’un manque d’infrastructures, d’accès limité aux services de base, et de moyens de subsistance touchés par le changement climatique et les conflits. « A travers ce projet, la Banque mondiale soutiendra les activités concernant l’appui du commerce sous-régional avec l’accent mis sur l’inclusion des femmes. Cela se fera notamment par le renforcement des capacités des commerçants, producteurs et associations/coopératives de transport, y compris les associations de femmes, en particulier dans les chaînes de valeur de la pêche et de la spiruline, pour améliorer leurs capacités financières et administratives », a ajouté Rasit Pertev, représentant résident de la Banque mondiale au Tchad. Le projet bénéficiera à 3,8 millions de personnes issues principalement des communautés de la région du lac Tchad et le long de la Route transsaharienne, y compris les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les producteurs de produits locaux participant à la chaîne de valeur régionale. BM
Un nouveau rapport évalue les dommages, les pertes et les besoins à Gaza et en Cisjordanie

Les besoins de reconstruction et de relèvement à Gaza sont estimés à 53 milliards de dollars, selon l’évaluation provisoire rapide des dommages et des besoins à Gaza et en Cisjordanie (IRDNA) publiée mardi 18 février. Le rapport analyse les dommages, les pertes et les besoins de relèvement et de reconstruction dans presque tous les secteurs de l’économie palestinienne, sur la base des données recueillies entre octobre 2023 et octobre 2024. Les évaluations rapides des dommages et des besoins reposent sur une méthodologie mondialement reconnue, appliquée dans divers contextes pour éclairer la planification du relèvement et de la reconstruction. Compte tenu des restrictions d’accès sur le terrain et de l’évolution rapide de la situation à Gaza, l’IRDNA fournit une estimation provisoire des impacts et des besoins. Les dommages aux structures physiques sont estimés à environ 30 milliards de dollars. Le logement est de loin le secteur le plus touché, concentrant 53 % des dommages, suivi par le commerce et l’industrie, qui en représentent 20 %. Les infrastructures essentielles (santé, eau, transports) concentrent plus de 15 % des dommages. Les pertes économiques dues à la baisse de la productivité, aux pertes de revenus et aux coûts d’exploitation sont évaluées à 19 milliards de dollars, les secteurs les plus touchés étant la santé, l’éducation et le commerce. Certains secteurs nécessitent des financements de reconstruction dépassant la valeur des destructions physiques, notamment pour la gestion des 41 à 47 millions de tonnes de gravats et de débris. À Gaza, la quasi-totalité des secteurs ont cessé toute activité économique. En un an, les prix ont bondi de plus de 300 %, avec une hausse de 450 % pour les denrées alimentaires. L’économie locale devrait se contracter de 83 % en 2024, ramenant sa contribution à l’économie palestinienne à seulement 3 %, alors que la ville abrite 40 % de la population. En Cisjordanie, une contraction de 16 % est également attendue en 2024. Le rapport, produit conjointement par le Groupe de la Banque mondiale, les Nations unies et l’Union européenne, propose une feuille de route pour échelonner les efforts de redressement et leurs coûts à court et moyen terme. Il souligne l’importance d’une réponse multisectorielle coordonnée, impliquant toutes les parties prenantes. Il note que la rapidité, l’ampleur et la portée du redressement et de la reconstruction dépendront de plusieurs facteurs, notamment les modalités de gouvernance, l’accès et la mobilité des personnes et des biens, ainsi que l’ordre public et la sécurité. BM
Renforcement du commerce régional de l’électricité et de l’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest

La Banque mondiale a approuvé (vendredi 24 janvier, Dnr) un programme d’investissement historique visant à renforcer l’intégration du système électrique régional, améliorer la sécurité énergétique et faire progresser la transition vers un secteur électrique plus abordable, plus durable et sobre en carbone en Afrique de l’Ouest. Le Programme régional du marché de l’électricité en Afrique de l’Ouest (WA-REMP), soutenu par l’Association internationale de développement (IDA) et doté d’un budget de 1,6 milliard de dollars, répondra aux besoins essentiels en électricité des ménages, des industries et des entreprises de taille moyenne, ainsi que des institutions régionales et nationales du secteur de l’électricité. « WA-REMP est une initiative transformatrice qui marque une nouvelle étape de l’engagement de la Banque mondiale à renforcer l’intégration du système électrique régional en Afrique de l’Ouest », a déclaré Franz Drees-Gross, directeur régional des infrastructures pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à la Banque mondiale. « Elle s’appuie sur les fondations bien établies du Pool énergétique ouest-africain (WAPP) et ses interconnexions régionales vitales, et renforce le marché régional et les institutions de régulation afin d’éliminer les derniers obstacles à un marché régional de l’électricité pleinement fonctionnel. Elle s’aligne également sur l’ambition de notre ambitieuse initiative ‘Mission’ qui vise à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici 2030 ». Dans sa première phase, WA-REMP aidera à mettre en œuvre le projet d’interconnexion Ghana-Côte d’Ivoire du WAPP pour améliorer les capacités de transport d’électricité, faciliter le commerce de l’électricité entre les deux pays, acteurs clés du marché régional, et renforcer les connexions avec d’autres participants régionaux. Cette initiative accentuera également la résilience du système électrique régional et le lancement du marché régional de l’électricité. Elle soutiendra aussi le projet du corridor de transmission de la Mauritanie, en étendant l’accès à l’électricité dans les zones mal desservies, en renforçant le réseau national, et en soutenant le développement de la capacité des énergies renouvelables et les investissements du secteur privé. Elle permettra les exportations d’électricité de la Mauritanie vers le WAPP, contribuant ainsi à la sécurité et à la durabilité énergétiques de la région. Les avantages du nouveau programme s’étendront à toute l’Afrique de l’Ouest, favorisant la croissance économique et la création d’emplois de qualité, tout en démontrant l’impact de la collaboration régionale. WA-REMP souligne l’engagement du Groupe de la Banque mondiale en faveur du développement durable et de la sécurité énergétique dans la région. En renforçant l’intégration du système électrique régional, il ouvre la voie à un avenir énergétique plus résilient, plus inclusif et plus durable. BM.
La Banque mondiale désaltère Bamako et les villes secondaires du Mali

La Banque mondiale a approuvé un crédit de l’Association Internationale de Développement (IDA) d’un montant de 100 millions de dollars pour appuyer le Mali à augmenter l’accès à l’eau potable et améliorer la conservation des sources d’eau dans des villes bénéficiaires.Le Projet d’Appui à la Sécurité de l’Eau au Mali (PASEMa) soutiendra l’amélioration de l’accès aux services d’eau potable à Bamako (notamment la zone de la rive gauche), Mopti/Sévaré, San, Ouélessébougou, Dioila, Bafoulabé/Mahina). Pour Bamako les travaux concerneront le transfert d’eau de Djikoroni-Para à la station de Missira et de la station de Missira à Kati-Sud, la construction de la station de pompage à Missira, celle d’un château d’eau de 2 000 m3, ainsi que des branchements sociaux pour les ménages non raccordés à un réseau d’eau potable. Pour les villes secondaires, le projet appuyera la construction de systèmes d’alimentation en eau comprenant la réalisation d’infrastructures de production pour un volume de 24 400 m3/jour, des stations de pompage, trois châteaux d’eau de 2 000 m3 chacun, un réservoir semi-enterré de 1 000 m3, un réseau de distribution d’eau, des branchements sociaux et des bornes fontaines publiques dans les périphéries. Il est également prévu l’acquisition d’équipements de détection des fuites pour la réduction des eaux non facturées, l’amélioration de la qualité des services d’alimentation en eau et une meilleure maitrise des réseaux et des couts d’exploitation. Enfin, PASEMa soutiendra l’aménagements de périmètres de protection des sources d’eau situées dans les bassins des fleuves Niger et Sénégal et alimentant les villes sélectionnées. « Le PASEMa permettra de répondre de façon pérenne aux préoccupations immédiates en matière d’accès à l’eau potable, tout en prenant en compte la préservation des sources d’eau. Il jette ainsi les bases d’une résilience à long terme du secteur et contribuera à la croissance de l’emploi et de l’activité économique dans le secteur de l’eau » a déclaré Clara de Sousa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali. Les principaux bénéficiaires du PASEMa sont les ménages de la zone du projet (Bamako, Mopti/Sévaré, San, Ouélessébougou, Dioila, Bafoulabé/Mahina) et la population rurale bénéficiant des écosystèmes restaurés grâce aux solutions basées sur la nature. Ses investissements bénéficieront à quelques 500 000 personnes dont environ 50 % de femmes et 19,2 % de jeunes, réparties comme suit : 227 000 personnes auront accès au moins aux services d’eau de base ; 270 000 personnes bénéficieront d’une meilleure qualité de service ; et 30 000 personnes dans les zones rurales proches des villes de la mise en œuvre du projet, bénéficieront de la restauration des écosystèmes. BM
Le Cameroun en route vers un accès à l’électricité abordable, fiable et universel

REPORTAGE. Dès le petit matin, Sandrine Nguele, infirmière en chef au centre médical du village de Batchenga, s’occupe de ses patients. Depuis octobre dernier, ce centre médical très fréquenté, bénéficie d’un accès au réseau électrique. Le village, situé à une heure et demie de route de la capitale camerounaise, Yaoundé, s’approvisionne en énergie propre et renouvelable grâce à la centrale hydroélectrique de Nachtigal. « Quand l’hôpital était privé d’électricité, il n’y avait pas beaucoup de monde : on pouvait passer trois jours sans patients », explique Sandrine Nguele. « Depuis que nous sommes raccordés à l’électricité, nous avons constaté une augmentation de la fréquentation et des revenus. Les patients n’ont plus besoin de se rendre à l’hôpital de district situé à 20 km d’ici pour faire leurs tests et autres examens. » Quand l’hôpital était privé d’électricité, il n’y avait pas beaucoup de monde : on pouvait passer trois jours sans patients. Depuis que nous sommes raccordés à l’électricité, nous avons constaté une augmentation de la fréquentation et des revenus. Les patients n’ont plus besoin de se rendre à l’hôpital de district situé à 20 km d’ici pour faire leurs tests et autres examens. Sandrine Nguele, infirmière en chef au centre médical du village de Batchenga Au Cameroun, l’accès à l’énergie reste un défi majeur pour le développement. Malgré d’importantes subventions gouvernementales et un vaste potentiel hydroélectrique, seulement 71 % de la population a accès à l’électricité, et le coût est parmi les plus élevés de la région. Dans les zones rurales, 75 % de la population reste sans électricité, même si beaucoup vivent à proximité du réseau. Cette dure réalité touche aussi bien les petites entreprises que les citoyens. Une énergie abordable, fiable et durable est essentielle pour alimenter les hôpitaux, maintenir les chaînes du froid et permettre aux entreprises de prospérer. Pour de nombreux entrepreneurs, le coût élevé de l’électricité est un obstacle important à l’exploitation et à la compétitivité. L’achèvement de la centrale hydroélectrique de Nachtigal et l’injection de 360 MW à partir de six des sept turbines à partir de la mi-janvier 2025, change véritablement la donne pour le Cameroun. Cet ajout de près de 30 % d’énergie renouvelable au mix de production constitue la première phase d’une feuille de route pour le développement durable de l’hydroélectricité sur le fleuve Sanaga. L’énergie supplémentaire fournira à l’ensemble de la population et des entreprises une énergie plus abordable, fiable et plus propre. Ce résultat a été rendu possible par la mobilisation d’un milliard de dollars de capitaux privés mobilisés par des garanties de la Banque mondiale et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), ainsi qu’à une participation au capital de la Société financière internationale (IFC), l’institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. D’autres institutions financières, dont la Banque africaine de développement, ont également uni leurs forces. Donner accès à l’électricité à la population Le gouvernement du Cameroun s’est fixé un objectif ambitieux visant à élargir l’accès à l’électricité, à accroître l’utilisation des énergies renouvelables, à stimuler la production d’électricité et à renforcer la capacité de transmission pour répondre à une demande croissante, qui devrait quadrupler d’ici 2035. L’achèvement de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, un projet transformateur pour l’avenir énergétique du pays, est au cœur de cette vision. Parmi les étapes récentes, citons l’achèvement de la sous-station de Nyom II et la première phase des lignes de transmission associées nécessaires pour acheminer l’énergie de Nachtigal. Ces développements ont considérablement amélioré l’absorption d’énergie pour les ménages et les industries reliés au réseau interconnecté du Sud. Le centre médical de Batchenga n’est qu’un exemple de la portée croissante des efforts d’électrification. Plus de 140 000 foyers dans les zones rurales de la région du Centre ont ainsi eu accès à une électricité fiable au cours de l’année écoulée. Ces connexions sont réalisées grâce à l’extension du réseau, aux mini-réseaux et aux solutions hors réseau via le Projet d’électrification rurale et d’accès à l’électricité dans les régions sous desservies du Cameroun, et aux installations solaires photovoltaïques (PV) qui remplacent la production thermique à base de diesel. L’énergie renouvelable pour réduire les émissions de carbone et les coûts Le Cameroun adopte les énergies renouvelables pour réduire les coûts et les émissions de carbone. Le réseau se substitue de plus en plus à la production hors réseau à base de diesel et à l’éclairage au kérosène, qui émettent du carbone noir, l’un des principaux responsables du changement climatique. Le pays s’efforce de verdir son mix de production d’électricité en faisant progresser le développement de l’énergie solaire photovoltaïque, avec un objectif de capacité installée de 250 MW. Des extensions sont en cours dans les centrales solaires existantes de Maroua et Guider. Des solutions innovantes, telles que des conteneurs d’énergie solaire photovoltaïque modulaires et préassemblés avec stockage par batterie, soutiendront davantage la demande croissante d’électricité grâce à une énergie rentable, fiable et renouvelable. Du centre médical animé de Batchenga à l’ambitieux projet hydroélectrique de Nachtigal, le Cameroun rejoint le mouvement Mission 300, qui vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Chaque étape, qu’il s’agisse de connecter les communautés rurales au réseau ou de réduire les émissions de carbone grâce aux énergies renouvelables, rapproche le pays d’un avenir plus radieux et durable. BM