Guinée : renforcer la résilience climatique et la croissance économique avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour le Projet de pêche et d’aquaculture de Kounki de Guinée.Ce projet vise à renforcer la résilience climatique et à développer la chaîne de valeur dans les communautés de pêche et d’aquaculture dans les zones ciblées. Il s’agit d’améliorer l’adaptation par des opportunités d’emploi accrues, la diversification des moyens de subsistance et l’accès au financement pour les PME du secteur. Le projet prévoit également l’amélioration des infrastructures pour réduire les risques de catastrophe, la promotion de pratiques climatiques intelligentes et le renforcement des systèmes de gestion des pêches et des mangroves grâce à des approches scientifiques et communautaires. En complément des 100 millions de dollars, le projet Kounki bénéficie également d’un cofinancement de 20 millions d’euros de l’Agence française de Développement et d’une subvention de 5 millions de dollars de PROBLUE, portant le montant total à 128 millions de dollars auxquels s’ajoutent 4 millions d’euros issus du Contrat de Désendettement et de Développement France-Guinée (C2D). Ces financements de l’IDA et des partenaires représentent une étape significative dans leur engagement à promouvoir le développement durable et à réduire la pauvreté en Guinée. « Nous nous engageons à soutenir la Guinée dans son parcours vers le développement durable. En investissant dans la résilience des communautés de pêche et d’aquaculture, nous répondons aux défis immédiats, et nous posons également les bases de la croissance économique à long terme et de la sécurité alimentaire, » a déclaré Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale pour la Guinée. « Le projet Kounki permettra de stimuler la transformation structurelle en renforçant la capacité d’adaptation des communautés de pêche et d’aquaculture, particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique. » Le projet Kounki devrait améliorer considérablement les moyens de subsistance des communautés côtières de la Guinée en leur fournissant les outils et les ressources nécessaires pour s’adapter aux impacts du changement climatique. En promouvant des pratiques durables et en améliorant l’accès au financement, le projet vise à favoriser une économie plus résiliente et inclusive. « Le Projet de pêche et d’aquaculture de Kounki marque un tournant stratégique majeur dans notre ambition à transformer le secteur des pêches de la Guinée », a déclaré Mme Fatima Camara, Ministre des pêches et de l’économie maritime. « À travers cet appui substantiel du Groupe de la Banque mondiale et de ses partenaires, nous visons à améliorer les moyens de subsistance de nos communautés, à protéger nos ressources naturelles et à garantir que nos pêches contribuent de manière significative au développement de notre pays. » Le projet Kounki contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la Guinée « Simandou 2040 » et de la Stratégie Halieutique (2022-2027). Il soutiendra les réformes et investissements prioritaires clés liées au renforcement de la gouvernance des pêches, au développement des chaînes de valeur des pêches artisanale et de l’aquaculture, à la protection des écosystèmes et à la création d’un environnement favorable aux investissements du secteur privé. BM
Des communautés congolaises vont bénéficier de l’aide de 19,47 millions de dollars reçue par le pays pour réduire les émissions liées à la déforestation

La République Démocratique du Congo (RDC) a reçu 19,47 millions de dollars en reconnaissance de la réduction de 3,89 millions de tonnes d’émissions de carbone grâce aux efforts de protection et de restauration des forêts dans la province du Mai-Ndombe. Ce paiement provient du Fonds de Partenariat pour le Carbone Forestier (FCPF) de la Banque mondiale et marque le premier versement dans le cadre d’un accord plus large qui pourrait débloquer jusqu’à 55 millions de dollars pour la réduction de 11 millions de tonnes d’émissions. Une part importante des fonds ira aux communautés locales et aux peuples autochtones qui aident à mener les efforts de conservation des forêts sur le terrain. Une fois vérifiées de manière indépendante, ces réductions d’émissions sont converties en crédits carbone. En dehors des crédits payés par la Banque mondiale, la RDC recevra 1,7 million de crédits disponibles pour le gouvernement afin de les vendre en tant que crédits carbones de haute qualité. Cela offre une opportunité précieuse d’attirer des acheteurs privés, développer des activités fructueuses et faire avancer les objectifs climatiques et de développement de la RDC. Le Programme Juridictionnelle de Réductions des Émissions se concentre sur la province du Mai-Ndombe, qui abrite certaines des forêts les plus riches en biodiversité du monde et une partie essentielle du Bassin du Congo — le plus grand puits de carbone au monde. Le programme promeut un modèle de développement vert qui équilibre la réduction de la pauvreté, la conservation des ressources naturelles, la protection de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique, tout en offrant des alternatives durables à la déforestation. Le programme devrait bénéficier à plus de 120 000 personnes — y compris aux femmes, aux jeunes et aux peuples autochtones — en promouvant la gestion durable des forêts et l’agroforesterie pour renforcer les moyens de subsistance. Il mettra 400 000 hectares sous gestion paysagère durable, créera des opportunités économiques à travers les chaînes de valeur forestières et l’écotourisme, et générera environ 2 000 emplois locaux. De plus, il soutiendra les institutions provinciales avec des investissements dans les infrastructures de huit territoires et réhabilitera plus de 900 kilomètres de routes rurales pour améliorer la connectivité et l’inclusion économique. « Cette réussite reflète la détermination de la République Démocratique du Congo à gérer ses forêts de manière responsable et à créer des opportunités pour notre peuple », a déclaré Eve BAZAIBA MASUDI, Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement et du Développement Durable de la RDC. « Le programme Mai-Ndombe nous aide non seulement à protéger les écosystèmes vitaux, mais aussi à offrir des avantages directs aux communautés et à renforcer leurs moyens de subsistance. Nous sommes impatients de travailler avec nos partenaires pour étendre ce succès et garantir que les marchés du carbone fonctionnent pour la RDC et son peuple. » Pour s’assurer que le financement atteigne ceux qui travaillent sur le terrain, le gouvernement de la RDC a élaboré un Plan de Partage des Bénéfices transparent et inclusif en étroite consultation avec les parties prenantes locales. Le plan décrit comment les paiements de carbone seront distribués équitablement parmi les communautés locales, les peuples autochtones, les autorités coutumières et autres partenaires locaux au sein de la juridiction du Mai-Ndombe, avec une attention particulière aux groupes dépendants des forêts et vulnérables tels que les femmes et les jeunes. « Nous félicitons le gouvernement de la République Démocratique du Congo pour cette étape importante », a déclaré Albert G. Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC. « Ce paiement est une reconnaissance des progrès du pays dans la protection de ses forêts et la création de nouvelles opportunités pour les communautés. Le programme Mai-Ndombe est un exemple de la manière dont la finance peut soutenir le développement local, renforcer la résilience et offrir des avantages tangibles aux personnes qui dépendent le plus de la forêt. » « Le Projet de Gestion Améliorée des Paysages Forestiers a jeté les bases de pratiques de gestion des terres et des forêts plus durables en RDC, et ces efforts portent maintenant leurs fruits », a déclaré Patrice Savadogo, Spécialiste Principal des Forêts à la Banque mondiale. « Le Programme de Réductions d’Émissions de Mai-Ndombe s’appuie sur cette base pour obtenir des résultats mesurables — réduire les émissions tout en soutenant les moyens de subsistance locaux — contribuant ainsi de manière significative à réaliser l’ambition de la RDC de pays solution face au défi du changement climatique ». BM
Tunisie : un nouveau projet pour consolider le système de santé et intensifier la lutte contre les pandémies

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé (le 28 mai, DNR) un financement de 125,16 millions de dollars, dont un don de 17,16 millions de dollars du Fonds de lutte contre les pandémies, pour appuyer les efforts de la Tunisie en vue d’améliorer l’accès à des services de santé résilients, de qualité et mieux préparés aux urgences. Ce soutien s’inscrit dans le cadre du Projet de renforcement du système de santé tunisien. Cette initiative nationale vise à renforcer la préparation aux pandémies et les soins d’urgence, à moderniser les services de soins de santé primaires, ainsi qu’à améliorer la gouvernance et la numérisation du système de santé publique. Le projet appuie la mise en œuvre de la Politique Nationale de Santé (PNS) de la Tunisie, une stratégie de réforme conduite par le gouvernement et axée sur l’accès équitable aux soins, avec un accent particulier sur la prévention et la protection de la santé. « En renforçant la résilience et la réactivité du système de santé tunisien, ce projet contribuera à garantir que tous les Tunisiens, en particulier les plus vulnérables, puissent accéder à des soins de qualité en temps utile, souligne Alexandre Arrobbio, chef des opérations de la Banque mondiale pour la Tunisie. Il s’appuie sur un partenariat solide qui a permis d’obtenir des résultats notables pendant la crise de la COVID19, qu’il s’agisse de la fourniture d’équipements de protection, du déploiement des vaccins, de l’approvisionnement en oxygène médical, du développement de plateformes numériques ou encore de la modernisation des hôpitaux et des laboratoires. Aujourd’hui, nous intensifions ces efforts pour soutenir la prestation de services de santé et la préparation aux futures pandémies à l’échelle nationale, en collaboration étroite avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé. » Le Projet de renforcement du système de santé tunisien vise à améliorer l’accès de l’ensemble de la population à des soins de santé critiques, à des services d’urgence et à des interventions hospitalières de qualité. Il bénéficiera également directement aux agents de santé de première ligne en renforçant leurs capacités dans des domaines clés tels que la surveillance des maladies, l’épidémiologie de terrain, les soins d’urgence et l’utilisation de systèmes numériques, notamment les dossiers médicaux électroniques. Aligné sur les priorités de développement de la Tunisie, le projet contribuera à renforcer la préparation du pays en matière de santé publique et à assurer la continuité et la qualité des services essentiels. Le projet renforcera le système de santé à travers trois volets interdépendants. Il appuiera le développement de systèmes de surveillance intégrés à l’approche « Une seule santé » et le renforcement des infrastructures de laboratoire et de santé publique, afin de garantir des capacités solides de suivi et de riposte. Il réorganisera par ailleurs les services de soins de santé primaires au niveau communautaire en promouvant la médecine familiale, en adaptant les capacités des établissements aux besoins réels, et en développant la télémédecine ainsi que les dossiers médicaux électroniques, améliorant ainsi l’accessibilité, la continuité et la qualité des soins. Il contribuera enfin à améliorer les soins d’urgence et les infrastructures hospitalières en modernisant les flottes d’ambulances, en mettant en place des systèmes de répartition géolocalisés, et en renforçant les technologies de triage et de gestion des lits, afin d’assurer une prise en charge efficace, coordonnée et équitable des prestations de service. « La Tunisie redouble d’efforts pour améliorer la prestation des services de santé, en vue d’élargir l’accès aux soins et de les rendre plus équitables, explique Yassine Kalboussi, spécialiste de la santé à la Banque mondiale et chef d’équipe du projet. Ce projet soutiendra la transformation technologique et structurelle du système de santé, renforcera les capacités du personnel de santé et améliorera la qualité des services, en particulier dans les zones les plus mal desservies. » BM
La Banque mondiale soutient la connectivité et la résilience des infrastructures routières au Mali

La Banque mondiale a approuvé (récemment) un crédit de l’Association Internationale de Développement (IDA) d’un montant de 219.8 millions de dollars (environ 133 milliards F CFA) pour soutenir le Mali dans l’amélioration de la connectivité résiliente au climat des corridors routiers prioritaires du pays. Le Programme d’amélioration de la connectivité et la résilience des infrastructures routières (Mali Nafa Soro Siraw, Mali-NSS) réhabilitera et modernisera le tronçon Diéma-Sandaré, long de 137,7 km, du Corridor Bamako – Dakar par le Nord aux normes de résilience climatique. Il financera également la réhabilitation des aménagements annexes et hydrauliques le long des routes et pistes rurales dans les régions de Nioro et Kayes, autour de la zone d’influence du tronçon Diéma-Sandaré. Enfin, le projet renforcera les agences routières nationales par le biais d’un renforcement des capacités et d’investissements dans les institutions publiques. « La remise en état des tronçons détériorés améliorera la capacité d’adaptation du réseau routier national dans son ensemble, compte tenu de l’importance cruciale du Corridor Bamako – Dakar pour la connectivité. » a déclaré Clara de Sousa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali. « Grâce à cette nouvelle opération, des infrastructures routières de meilleure qualité, plus sûres et résilientes au climat amélioreront l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux marchés ; elles permettront également l’accès aux opportunités économiques, en particulier pour les femmes et les jeunes filles. » Le projet bénéficiera indirectement à un million d’habitants situés dans un rayon de 150 km le long de la route. Les bénéficiaires directs sont les usagers de la route et les populations proches des routes rénovées et entretenues. Le projet réduira également la durée des trajets et les coûts de transport pour les usagers de la route. BM
La Banque mondiale soutient l’investissement dans les infrastructures du sud du Niger

La Banque mondiale a approuvé (19 mai, DNR) un financement de 400 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), comprenant un crédit de 380 millions de dollars et une subvention de 20 millions de dollars, pour un nouveau projet visant à améliorer la résilience des infrastructures routières et à libérer le potentiel économique grâce à une meilleure logistique dans le sud du Niger. Le Projet d’intégration et de connectivité du sud du Niger financera la réhabilitation du tronçon Maradi-Zinder de la route nationale 1 (RN1) et la modernisation de 525 km de routes de desserte et de routes rurales pour les rendre conformes aux normes de résilience au climat. Ces investissements faciliteront la connectivité en toute saison et amélioreront l’accès aux marchés, aux centres de santé, aux écoles et aux opportunités d’emploi. Parallèlement, le projet appuiera des réformes visant à garantir la durabilité du réseau routier, en améliorant la gestion des actifs routiers et la planification de l’entretien pluriannuel. Dans le cadre de la vision à long terme du Niger pour renforcer la connectivité et améliorer l’accès aux services et à l’emploi, le projet financera également des études en vue de futurs investissements en infrastructures et en chaînes de valeur dans le bassin de la RN1.. « La RN1 entre Maradi et Zinder constitue le moteur économique du pays. Grâce à son réseau de routes secondaires, elle dessert plus de 16 millions de personnes au Niger et au Nigéria », souligne Han Fraeters, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Niger. « Avec cet investissement, le Niger met en place les fondations nécessaires à la création d’emplois à grande échelle. Il stimulera la circulation des produits agricoles et la création de nouvelles entreprises dans un pays qui compte la population la plus jeune du monde. » Le Niger accueille environ un million de personnes déplacées de force, dont 10 % se trouvent dans le bassin de la RN1 de la région de Maradi. Les populations déplacées présentent des taux de pauvreté plus élevés, et comptent environ 75 % de femmes et d’enfants. C’est pourquoi le projet mettra un accent particulier sur ces populations vulnérables et leurs communautés d’accueil. « À travers la réduction de l’insécurité alimentaire, l’amélioration de l’accès aux services essentiels et la création d’opportunités d’emploi, le projet améliorera considérablement leurs conditions de vie », souligne Guillermo Diaz-Fanas, chef d’équipe du projet à la Banque mondiale. « Les habitants de cette région ont le potentiel de devenir un moteur de développement pour le bassin de la RN1. » La durée prévue du projet est de six ans. Dix pour cent des fonds sont mobilisés par le biais du guichet pour les réfugiés et les communautés d’accueil de l’IDA. BM
Des perspectives de croissance modérée pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en 2025, malgré un climat d’incertitude

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, intitulé Changer de vitesse : le secteur privé comme moteur de la croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, la région devrait enregistrer une croissance modeste de 1,9 % en 2024, suivie d’une progression modérée à 2,6 % en 2025. Ces perspectives restent soumises à une grande incertitude en raison de l’évolution rapide de l’environnement mondial. La croissance observée dans les pays exportateurs de pétrole s’explique par la levée progressive des restrictions sur la production. Dans les pays importateurs, le rebond attendu devrait être soutenu par une reprise de la consommation, portée par le ralentissement de l’inflation, ainsi que par de meilleures performances du secteur agricole dans certaines économies. Les prévisions restent néanmoins assombries par un niveau élevé d’incertitude, alimentée par les conflits en cours, les chocs climatiques extrêmes, les fluctuations des marchés pétroliers et l’évolution de la conjoncture politique mondiale. Cette incertitude est aggravée par l’impact potentiel des dynamiques commerciales volatiles sur la croissance et l’inflation à l’échelle mondiale. Le rapport souligne par ailleurs que les conflits risquent de compromettre des décennies de progrès économique, avec des effets durables sur le développement. Le rapport examine le rôle central du secteur privé dans la relance de la croissance, la création d’emplois et la stimulation de l’innovation. L’absence d’un secteur privé dynamique freine la croissance dans la région MENA. Le rapport souligne le manque de dynamisme du secteur privé dans la région MENA. La croissance de la productivité du travail a diminué dans de nombreux pays, tandis que les niveaux d’investissement et d’innovation des entreprises restent faibles. Les marchés sont peu marqués par l’entrée ou la sortie de nouvelles entreprises. Un écart important subsiste également entre un petit secteur formel et un large secteur informel, avec des niveaux de productivité très disparates. Par ailleurs, la participation des femmes dans le secteur privé demeure limitée. « La région continue de sous-utiliser son capital humain, les femmes étant largement exclues du marché du travail. Les entreprises ont tout à gagner à promouvoir les femmes à des postes de direction, car elles ont tendance à recruter davantage de femmes à leur tour, explique Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Réduire les inégalités entre les sexes en matière d’emploi pourrait permettre d’augmenter le revenu par habitant d’environ 50 % dans une économie type de la région MENA. » Les gouvernements et les entreprises ont des rôles complémentaires à jouer pour favoriser le développement d’un secteur privé plus dynamique. Les autorités publiques peuvent stimuler les performances du secteur privé en renforçant la concurrence sur les marchés, en améliorant l’environnement des affaires et en investissant dans la collecte et l’accessibilité des données. « Un secteur privé performant est essentiel pour promouvoir une croissance durable et la prospérité dans la région, souligne Roberta Gatti, économiste en chef de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Pour concrétiser ce potentiel, les gouvernements doivent pleinement assumer leur rôle de garants de marchés concurrentiels. » De leur côté, les entreprises peuvent renforcer leurs capacités en adoptant de meilleures pratiques de gestion. La mobilisation du potentiel inexploité des entrepreneures et des travailleuses pourrait constituer un moteur important de croissance. Le rapport souligne qu’un avenir plus prometteur est à portée de main pour le secteur privé de la région MENA, à condition que les gouvernements redéfinissent leur rôle et que les entreprises investissent dans les talents et les mobilisent de manière plus efficace. BM
L’augmentation des recettes intérieures est essentielle pour renforcer les réserves budgétaires

Dans une conjoncture économique mondiale de plus en plus incertaine, les projections de croissance sont revues à la baisse dans la plupart des pays d’Asie du Sud. Comme le souligne également la Banque mondiale dans son dernier bulletin semestriel régional, une plus forte mobilisation des recettes intérieures pourrait aider l’Asie du Sud à renforcer des situations budgétaires fragiles et à accroître la résilience face aux chocs futurs. Publiée (le 23 avril, Dnr) sous le titre « Taxing Times » (a), la nouvelle édition du South Asia Development Update prévoit un ralentissement de la croissance régionale à 5,8 % en 2025 — soit un taux inférieur de 0,4 point de pourcentage aux projections du mois d’octobre —, avant une légère remontée à 6,1 % en 2026. Ces perspectives sont en outre exposées à des risques accrus, du fait notamment d’une conjoncture mondiale très incertaine qui vient s’ajouter à des vulnérabilités intérieures, dont notamment des marges de manœuvre budgétaire limitées. « Les multiples chocs subis au cours de la dernière décennie ont érodé les réserves budgétaires des pays d’Asie du Sud et leur capacité à faire face à un environnement mondial de plus en plus difficile, explique Martin Raiser, vice-président de la Banque mondiale pour l’Asie du Sud. La région a besoin de réformes ciblées pour renforcer la résilience économique et accélérer la croissance et la création d’emplois. Le moment est venu de s’ouvrir au commerce, de moderniser l’agriculture et de dynamiser le secteur privé. » Le renforcement de la résilience économique passe avant tout par une plus forte mobilisation des recettes intérieures. Bien que les taux d’imposition en Asie du Sud soient souvent supérieurs à la moyenne des économies en développement, le niveau des rentrées fiscales y est majoritairement moins élevé. Sur la période 2019-2023, le montant des recettes publiques dans la région a représenté en moyenne 18 % du PIB, contre 24 % du PIB dans les autres économies en développement. Les déficits de recettes sont particulièrement prononcés pour les taxes à la consommation, mais ils sont également considérables en ce qui concerne les impôts sur le revenu des particuliers et des sociétés. Compte tenu des taux d’imposition actuels, on estime que les recettes fiscales en Asie du Sud sont en deçà de leur potentiel à hauteur de 1 à 7 points de PIB. Ce manque à gagner s’explique en partie par le poids de l’économie informelle et l’importance du secteur agricole dans la région, mais pas seulement. Même en tenant compte de ces facteurs, les pertes fiscales restent en effet considérables, ce qui souligne la nécessité d’améliorer la politique et l’administration fiscales. « Le faible niveau des recettes est à l’origine de la fragilité budgétaire de l’Asie du Sud et il pourrait mettre en péril la stabilité macroéconomique, en particulier en ces temps de grande incertitude, souligne Franziska Ohnsorge, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Asie du Sud. Les taux d’imposition en Asie du Sud sont relativement élevés, mais le recouvrement des impôts ne l’est pas, ce qui fait peser une lourde charge fiscale sur ceux qui en paient et prive les pouvoirs publics des ressources nécessaires pour améliorer les services de base. » Le rapport préconise plusieurs axes d’action en vue d’accroître ces recettes : suppression des niches fiscales, rationalisation des codes des impôts, application renforcée de la loi et facilitation de la discipline fiscale. Pour cela, il recommande notamment de réduire les exonérations fiscales ; de simplifier et unifier le régime fiscal de manière à favoriser la sortie de l’économie informelle ; et d’exploiter les technologies numériques pour identifier les contribuables et faciliter la perception des impôts. Le rapport souligne également l’intérêt que pourrait présenter la taxation de la pollution pour à la fois lutter contre les niveaux élevés de pollution de l’air et de l’eau et augmenter les recettes publiques. Tour d’horizon des prévisions En Afghanistan, sur fond de déclin de l’aide internationale, la croissance économique est estimée à 2,5 % pour l’exercice 2024/25 (soit un rythme plus lent que l’accroissement démographique), et les prévisions tablent sur un taux de 2,2 % en 2025/26. Au Bangladesh, la croissance devrait ralentir à 3,3 % au cours de l’exercice 2024/25, dans un contexte d’incertitude politique et de difficultés financières persistantes, et le rebond attendu en 2025/26 a été revu à la baisse, à 4,9 %. Au Bhoutan, les prévisions de croissance pour l’exercice 2024/25 ont été ramenées à 6,6 % en raison de la faible performance du secteur agricole, tandis que les projections pour 2025/26 ont été revues à la hausse, à 7,6 %, à la faveur de l’expansion attendue dans la construction hydroélectrique. En Inde, la croissance devrait marquer le pas, pour tomber à 6,5 % sur l’exercice 2024/25, puis à 6,3 % en 2025/26, alors que le contexte mondial d’atonie économique et d’incertitude sur les politiques commerciales devrait annuler les effets positifs de l’assouplissement monétaire et de la rationalisation réglementaire sur l’investissement privé. Aux Maldives, l’achèvement d’un nouveau terminal aéroportuaire devrait contribuer à accélérer la croissance à 5,7 % en 2025, mais les difficultés liées au service de la dette extérieure continuent de représenter un risque de détérioration important. Au Népal, les prévisions de croissance ont été abaissées à 4,5 % pour l’exercice 2024/25, en raison des dommages causés par les inondations et les glissements de terrain, et à 5,2 % pour 2025/26, du fait des défaillances persistantes du système financier. Au Pakistan, l’économie poursuit sa reprise après avoir dû faire face à des catastrophes naturelles, des tensions exogènes et la montée de l’inflation, avec des prévisions de croissance de 2,7 % pour l’exercice 2024/25 et de 3,1 % pour 2025/26. Au Sri Lanka, le gouvernement a poursuivi ses avancées dans la restructuration de la dette, et les perspectives de rebond des investissements et de la demande extérieure devraient porter la croissance à 3,5 % en 2025, puis à 3,1 % en 2026. Les rapports semestriels de la Banque mondiale sur la situation économique de l’Afghanistan (a), du Bangladesh (a), des Maldives (a), du Pakistan (a) et du Sri Lanka (a) ont également été publiés le 23 avril 20225. BM
Des femmes réfugiées au Congo font germer le changement grâce aux transferts monétaires

Claudine Moukabagwiza se tient fièrement au milieu des cultures florissantes de sa ferme, située à Igné, dans le sud du pays. Elle a deux points communs avec les 24 femmes qui travaillent à ses côtés : « Nous sommes toutes réfugiées du Rwanda, et nous avons bénéficié du projet Lisungi. »Grâce aux transferts monétaires conditionnels, à la formation professionnelle et aux subventions aux petites entreprises fournis dans le cadre du programme Lisungi, elles ont fondé une coopérative agricole, transformant de petites parcelles de terre en fermes prospères. « Quand nous sommes arrivés au Congo, nous n’avions plus rien », se souvient Claudine. « Mais la richesse vient du sol. » Leur parcours ne s’est pas limité à l’agriculture. Le succès de ces femmes leur a permis d’acheter des terres, d’augmenter leur production et de mettre en place un système d’épargne. « C’est pourquoi nous avons nommé notre association “La richesse se trouve sous le sol’’, explique la présidente de l’association. « Nous voulons acheter plus de terres, produire plus de nourriture et économiser davantage. Nous devons également résoudre les problèmes de stockage et de livraison. » L’autonomisation des femmes au-delà de l’aide financière Historiquement, de nombreuses femmes – en particulier les femmes réfugiées – ont été confrontées à d’importants obstacles dans l’accès à la propriété foncière et au crédit. Le projet Lisungi s’est attaqué à ces inégalités profondément enracinées en versant directement aux femmes des subventions en espèces et en offrant une formation aux femmes et aux hommes. Le projet a également promu l’égalité des sexes par le biais d’événements communautaires, de campagnes de sensibilisation et de séances de formation sur les violences faites aux femmes. En outre, il a introduit les paiements numériques avec l’argent mobile, réduisant ainsi les risques de corruption et garantissant la transparence et la sécurité. Un filet de sécurité sociale plus fort pour les ménages vulnérables du Congo Lancé en 2014 par le gouvernement en collaboration avec la Banque mondiale, Lisungi (qui signifie « aide » ou « soutien » en lingala) a été conçu pour réduire la pauvreté et renforcer le capital humain. Doté d’un budget de 34 millions de dollars, le projet a combiné des transferts monétaires conditionnels (liés à la fréquentation scolaire et aux bilans de santé) avec des subventions aux entreprises, à l’éducation et à l’apprentissage. Entre 2015 et 2023, environ 76 000 personnes ont bénéficié des transferts monétaires conditionnels du projet Lisungi, et plus de 95 000 personnes ont reçu des subventions pour lancer leur petite entreprise. Bien que le projet ait atteint sa date de clôture officielle le 29 février 2024, son impact perdure. Le gouvernement du Congo a en effet institutionnalisé les systèmes de prestations développés dans le cadre du programme Lisungi par le biais de son Programme national de filets sociaux. Ce maintien de l’appui dans la durée reflète l’engagement du gouvernement congolais à faire de la protection sociale une priorité nationale. La Banque mondiale continue elle aussi de soutenir la protection sociale au Congo à travers le Projet de Protection sociale et d’inclusion productive des jeunes. Investir dans les systèmes de diffusion L’originalité du programme Lisungi tient à son registre social unique complet, qui a permis d’identifier et d’inscrire les ménages vulnérables. Actuellement, cette base de données contient des informations sur 852 149 ménages sur une population de 6,1 millions d’habitants au Congo. Ce registre demeure un outil essentiel pour coordonner les différents programmes sociaux, assurer l’efficacité, la transparence et la collaboration entre le gouvernement congolais, la Banque mondiale, les agences des Nations Unies telles que le Programme alimentaire mondial (PAM), et l’Agence française de développement (AFD). Conjuguer action humanitaire et aide au développement L’une des réalisations les plus importantes du programme Lisungi a été son approche inclusive des populations réfugiées. Grâce à un financement additionnel de 22 millions de dollars au titre du sous-guichet IDA-18 de la Banque mondiale pour les réfugiés et les communautés d’accueil, le projet a étendu sa portée à plus de 60 000 réfugiés et demandeurs d’asile originaires de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et du Rwanda. Par le biais de campagnes de sensibilisation et d’ateliers, le projet a également contribué à réduire les tensions entre les réfugiés et les communautés d’accueil ainsi qu’entre la majorité bantoue et les groupes autochtones. Une communication transparente sur la sélection des bénéficiaires, leurs droits et les processus de paiement a contribué à renforcer la confiance et la cohésion sociale. Lisungi est un exemple de réussite de la collaboration entre la Banque mondiale et le HCR, qui montre comment les partenariats stratégiques peuvent améliorer l’efficacité des initiatives de protection sociale. Veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte Le ciblage inclusif de Lisungi s’est étendu au-delà des réfugiés et des communautés d’accueil. Il a également apporté un soutien aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées, aux populations autochtones, aux femmes enceintes et aux enfants âgés de 0 à 14 ans. Ainsi à Likouala, dans le nord du pays, plus de 71 000 personnes ont eu accès à des soins de santé gratuits, 900 jeunes ont bénéficié de bourses d’apprentissage pour la formation professionnelle et 4 830 enfants autochtones ont bénéficié de kits scolaires. Pour des femmes comme Claudine, ce projet ne se limitait pas à la seule aide financière, il a représenté une occasion de changer leur vie. « Avant Lisungi, je ne pouvais pas subvenir à mes besoins essentiels. Cela m’a aidé à mettre de la nourriture sur la table et à payer l’école de mes enfants. Ce projet nous a donné foi en l’avenir. » Partout au Congo, les femmes transforment leur vie grâce aux transferts monétaires et aux efforts de développement humain portés par le programme Lisungi, semant ainsi les graines d’un changement durable. BM