Tchad : la Banque africaine de développement organise une rencontre des acteurs sur la bonne gouvernance et la lutte contre les flux financiers illicites dans le secteur des ressources naturelles

Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé du 21 au 25 juillet, un atelier de formation et de dialogue stratégique dans le cadre de l’initiative Gouvernance des ressources naturelles dans les États en transition et fragiles (GONAT) autour du thème : « Débloquer la richesse de l’Afrique : infléchir les flux financiers illicites en faveur d’une croissance et d’un développement résilients ». L’atelier a réuni une cinquantaine de participants – dont des responsables des ministères des Finances, de l’Économie, de la Planification, de l’Environnement, des Mines et de la Géologie, ainsi que des représentants de la société civile, du secteur privé, des milieux universitaires et des communautés locales. Depuis son lancement en 2023, GONAT a réalisé des diagnostics, élaboré des modules de formation et déploie actuellement des sessions de formation et de dialogue stratégique dans le pays. Ces actions visent à renforcer les capacités nationales pour lutter contre les flux financiers illicites et améliorer la gestion des prêts adossés à des ressources naturelles. Après la République centrafricaine et la Sierra Leone, le Tchad est le troisième pays à accueillir ce dialogue stratégique de haut niveau, centré sur la promotion d’un renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gouvernance des ressources extractives. Les prochaines sessions sont prévues au mois d’août en République démocratique du Congo et au Mozambique. L’atelier était conjointement organisé par l’Institut africain de développement (IAD) et le Centre africain de gestion et d’investissement dans les ressources naturelles (ECNR). « Le renforcement de la gouvernance et de la transparence globales dans le secteur des ressources naturelles est une étape essentielle pour réformer la gestion, le suivi et la mise en œuvre liés aux flux financiers illicites, au commerce illégal des ressources et aux prêts adossés à ces ressources en Afrique. L’initiative GONAT contribue à résoudre ces problèmes et faire en sorte que l’Afrique valorise ses richesses naturelles en faveur d’une croissance et d’un développement résilients – a déclaré Solomane Koné, directeur du Centre africain de gestion et d’investissement des ressources naturelles- nous visons à doter les pays des outils et des partenariats nécessaires pour bâtir des systèmes résilients et redevables ». « Les flux financiers illicites sont l’un des principaux obstacles au développement en Afrique. Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique » de la Banque africaine de développement, ils coûtent au continent près de 90 milliards de dollars par an en moyenne, soit environ 4 % de son PIB », a précisé Eric Ogunleye, directeur de l’Institut africain de développement de la Banque. Les échanges ont aussi porté sur le recours croissant aux prêts adossés à des ressources, mécanismes garantis par les revenus futurs du pétrole ou des minéraux. Bien que ces prêts offrent un accès rapide aux capitaux, ils comportent des risques de surendettement et une vulnérabilité accrue aux fluctuations des prix des matières premières. « Si une deuxième phase de l’initiative GONAT devait être lancée, nous recommanderions qu’elle se concentre sur des domaines stratégiques prioritaires pour le secteur des ressources naturelles au Tchad – notamment les études géologiques, l’extension de la numérisation du cadastre, la gestion des revenus et le renforcement des capacités dans l’ensemble de nos institutions. », a déclaré Mme Kadidja Hassane Abdoulaye. L’atelier a abordé notamment les thématiques suivantes : « Les méthodes de détection des flux financiers illicites, incluant le suivi des transactions commerciales et la coopération douanière » ; « Des cadres juridiques et fiscaux destinés à protéger les contrats d’extraction » ; « Les outils pour négocier des prêts adossés à des ressources plus transparents, en phase avec les Objectifs de développement durable ». En proposant leur assimilation dans les politiques nationales, l’atelier a notamment recommandé de : s’assurer que la recherche et les connaissances guident la prise de décision et les politiques publiques dans le secteur des ressources naturelles ; de réformer les lois et institutions du secteur minier ; d’accroître la transparence et la divulgation publique autour des activités extractives ; de renforcer les capacités techniques ; d’instaurer des commissions multipartites pour auditer les flux de ressources et coordonner l’action gouvernementale ; de ratifier et appliquer des initiatives clés, telles que l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), la Déclaration de Yaoundé, le Processus de Kimberley et leurs accords connexes. Parmi les intervenants de haut niveau on pouvait noter : la secrétaire d’État au Pétrole, aux Mines et à la Géologie, Mme Kadidja Hassane Abdoulaye ; le secrétaire général à l’économie et à la planification au ministère des Finances, M. Ahmat Abderahim Abbo ; le directeur du Centre africain de gestion et d’investissement des ressources naturelles à la Banque africaine de développement, Solomane Koné ; le directeur des ressources naturelles (ECNR), Banque africaine de développement, Innocent Onah ; M. Abdallah Mahamat-Nour, professeur-chercheur, hydrogéologue, directeur du Laboratoire hydro-géosciences et réservoir, et chef du programme de master GeoRes à l’université de N’Djamena. À propos de l’initiative GONAT GONAT est une initiative phare du Groupe de la Banque africaine de développement. Elle vise à renforcer la gouvernance dans les secteurs des ressources naturelles dans les pays fragiles et en transition. Le projet se concentre actuellement sur six pays : le Mozambique, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Tchad et le Zimbabwe. Il couvre un large éventail de secteurs, notamment le pétrole, le gaz, les minéraux, la sylviculture, la pêche et la faune. Afdb
Le Tchad trace sa voie vers la durabilité avec l’appui de la Facilité africaine pour l’économie circulaire

Le Tchad, pays sahélien souvent perçu à travers le prisme des urgences climatiques et humanitaires, fait aujourd’hui une entrée dans la dynamique continentale de l’économie circulaire. Grâce au soutien de la Facilité pour l’économie circulaire (ACEF) de la Banque africaine de développement, le pays vient d’adopter une feuille de route nationale pour l’économie circulaire. À travers ce plan ancré dans la « Vision 2030 », le plan national de développement, le Tchad ne se contente pas de recycler. Il repense la croissance. Longtemps, au détour des ruelles de N’Djamena, des voix résonnent : « Vous n’auriez pas des bouteilles ? ». Des collecteurs informels récupèrent et revendent à bas prix des déchets réutilisables, perpétuant sans le savoir un modèle d’économie circulaire enraciné dans la nécessité. Aujourd’hui, cette pratique populaire vient de s’élever au rang de stratégie nationale avec la publication officielle le 9 juillet 2025 de la Feuille de route pour l’économie circulaire 2025–2035. Le document valorise des pratiques ayant peu de visibilité et les inscrit dans un cadre structurant, doté d’une gouvernance, d’un financement et d’objectifs chiffrés. Ce tournant s’inscrit dans une transformation d’envergure portée par la Facilité africaine pour l’économie circulaire, en partenariat avec l’Alliance africaine pour l’économie circulaire (ACEA). Portées par trois piliers — renforcement des cadres politiques, appui à l’entrepreneuriat circulaire et consolidation d’une coopération continentale — les interventions de l’ACEF permettent aux pays d’ancrer l’économie circulaire comme levier structurant de croissance verte et inclusive. Outre le Tchad, le Bénin, le Cameroun et l’Éthiopie figurent parmi les premiers à opérationnaliser cette vision à travers l’initiative des Feuilles de route nationales pour l’économie circulaire (NCER), en cohérence avec les priorités nationales. Pour les autorités tchadiennes, l’enjeu dépasse les considérations environnementales. « Cette initiative ne relève pas du luxe, mais bien d’une nécessité vitale pour l’avenir du Tchad. Elle vise à préserver les ressources naturelles, à lutter contre la pollution, à générer des emplois durables et à stimuler l’innovation locale. Elle constitue également une opportunité stratégique pour diversifier une économie encore largement dépendante du pétrole », a déclaré le ministre tchadien de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous. Dans un pays où plus de 3,7 millions de personnes vivent en insécurité alimentaire, où les pertes post-récoltes dépassent 200 000 tonnes par an, et où moins de 12 % de la population a accès à l’électricité, la feuille de route présente des solutions concrètes : transformer les pertes agricoles en compost, produire du biogaz à partir des déchets animaux, ou encore récupérer les eaux usées pour irriguer les cultures. Les résultats visés sont à la mesure des défis : réduire de 40 % les déchets non valorisés d’ici 2035, créer plus de 25 000 emplois verts dans des filières locales, et hisser l’accès à l’électricité au niveau médian africain grâce à des solutions circulaires comme la biomasse ou la valorisation des déchets organiques. Des cibles claires, au service d’une transformation systémique. Pour structurer ces réponses, la feuille de route identifie six secteurs stratégiques — agroalimentaire, déchets, plastiques, construction, eau et énergie — déclinés en trente actions concrètes. Parmi elles, le développement de fermes circulaires inspirées du modèle béninois de Songhaï, l’intégration de matériaux durables dans les normes de construction, et la structuration du recyclage des plastiques par les jeunes entrepreneurs. À N’Djamena, l’entreprise Karo illustre cette dynamique. Son fondateur, Ghislain Bindah Dingaotabet, collecte chaque année plus de sept tonnes de déchets plastiques. En quatre ans, quinze tonnes ont été transformées en briques écologiques, tandis que la production de biogaz à partir de biomasse animale et végétale se développe jusque dans les zones rurales. « Nous sommes une équipe de jeunes innovants et engagés, prêts à mettre notre énergie au service du pays. Il faut simplement nous donner les moyens de concrétiser nos idées », souligne-t-il Portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs, d’ONG et d’institutions publiques, cette transition circulaire est désormais soutenue par une gouvernance solide. Deux ateliers nationaux ont permis de structurer le processus, et un comité technique spécialisé pilote la mise en œuvre aux côtés des partenaires techniques et financiers. Avec sa Feuille de route pour l’économie circulaire, le Tchad transforme ses vulnérabilités en leviers d’action. Il mobilise la circularité comme un outil de souveraineté et une voie vers un futur ancré dans les réalités africaines. Afdb.
Tanzanie : la Banque africaine de développement approuve 135 millions de dollars de financement supplémentaire pour accélérer la reprise économique verte et inclusive

Le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé (récemment, DNR) un financement supplémentaire de 135,61 millions de dollars pour le Programme de compétitivité économique et d’inclusion sociale de la Tanzanie (ECSIP-SF) pour l’exercice 2025-26. Il s’agit de la troisième et dernière phase d’une initiative de réforme pluriannuelle conçue pour renforcer la viabilité budgétaire, améliorer la compétitivité du secteur privé et promouvoir l’inclusion socio-économique – des priorités clés du programme de développement national de la Tanzanie. S’appuyant sur les bons résultats des phases précédentes, le programme a déjà contribué à l’atteinte de résultats dans plusieurs secteurs. Il a permis de réduire le déficit fiscal à 3,3 % du PIB au cours de l’exercice 2023/24 ; et de renforcer l’administration fiscale et la gestion des dépenses publiques. Il a aussi permis d’améliorer le climat d’investissement pour les MPME et le développement de l’industrie verte, mais également de développer la protection sociale pour les femmes, les jeunes et les populations vulnérables. Ce nouveau financement permettra d’approfondir les réformes visant à stimuler la mobilisation des recettes nationales, d’améliorer la gouvernance et l’environnement des affaires, et de promouvoir une industrialisation intelligente sur le plan climatique et le développement des micro, petites et moyennes entreprises. Le programme vise des domaines de progrès mesurables tels que l’augmentation du ratio impôts/PIB, l’amélioration du classement des entreprises et des indices d’inclusion sociale (par exemple, l’indice Ibrahim de la gouvernance africaine), et l’élargissement de l’accès au crédit pour le secteur privé, en particulier les micro-entreprises et les petites et moyennes entreprises. « Ce financement reflète notre engagement commun avec le gouvernement tanzanien à conduire une transformation économique non seulement résiliente, mais aussi inclusive et intelligente face au climat », a déclaré Abdoulaye Coulibaly, directeur du département de la Gouvernance et des réformes économiques de la Banque. « Les réformes soutenues par l’ECSIP-SF créeront des emplois, stimuleront l’investissement privé et veilleront à ce que personne ne soit laissé pour compte ». Ce programme s’attaque directement aux principaux défis nationaux, notamment la pauvreté et la vulnérabilité climatique, par le biais de réformes ciblées et d’investissements dans le capital humain, les infrastructures et le développement des entreprises. Il a été élaboré en étroite collaboration avec les partenaires de développement de la Tanzanie, notamment le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Union européenne. Afdb
En République démocratique du Congo (RDC), réévaluer les incitations fiscales peut favoriser la croissance et l’équité

En République démocratique du Congo (RDC), la rationalisation des incitations fiscales pourrait améliorer l’efficacité des politiques fiscales et ouvrir la voie à de futures baisses de taux d’imposition, tout en garantissant des ressources adéquates pour le développement et les dépenses sociales, selon le dernier rapport sur la situation économique de la Banque mondiale pour la RDC, publiée aujourd’hui. Le rapport intitulé «Réévaluer les incitations fiscales : le rendez-vous manqué des promesses de croissance et d’équité » souligne le taux de croissance du PIB élevé de 6,5 % atteint en 2024, soutenu par des activités minières dynamiques, notamment dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. Malgré l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique, ce chiffre reste légèrement inférieur à la moyenne de 7,9 % enregistrée entre 2021 et 2023. Même avec cette forte croissance, le rapport souligne que la réduction significative de la pauvreté et la création d’emplois restent limitées. La stabilité macroéconomique a été maintenue grâce à la discipline budgétaire et à l’absence de financement monétaire du déficit. L’inflation, bien qu’encore élevée, a chuté à 8,6 % en juin 2025. Le potentiel de développement de la RDC demeure important, avec des perspectives économiques positives. La section spéciale du rapport examine les incitations fiscales, en se concentrant sur leur évolution et leur impact. Les recettes fiscales de la RDC représentent 12,5 % du PIB, contre une moyenne de 16 % en Afrique subsaharienne. Selon le rapport, les incitations fiscales entraînent un manque à gagner d’environ 5 % du PIB — soit un tiers des recettes fiscales totales ou trois fois le budget du secteur de la santé — tout en apportant des bénéfices minimes aux ménages vulnérables. « La RDC possède un énorme potentiel économique. Pour parvenir à une croissance inclusive et durable, le pays doit accroître ses recettes intérieures, rationaliser les incitations fiscales et investir dans les services sociaux ainsi que dans les infrastructures », a déclaré Albert Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe. Pour relever ces défis et mobiliser davantage de ressources pour la croissance, le rapport recommande de simplifier la politique fiscale, d’harmoniser les taux d’imposition, de remplacer les incitations fiscales basées sur le profit par des incitations basées sur les coûts, et d’améliorer la transparence et l’évaluation de ces incitations.
La Banque africaine de développement et Casablanca Finance City organisent une rencontre stratégique dédié à l’accélération de l’intégration économique africaine conclue par l’appel de Casablanca

La Banque africaine de développement et Casablanca Finance City (CFCA), premier centre financier africain, ont organisé le 23 juillet 2025 à Casablanca, une rencontre stratégique de haut niveau sur le thème suivant : « Connecter l’Afrique – la voie ZLECAF ». L’évènement a réuni des dirigeants du secteur privé africain ainsi que des représentants d’institutions régionales et panafricaines parmi lesquelles l’Union du maghreb arabe (UMA), Afreximbank, l’Agence de développement de l’Union africaine (NEPAD), la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la commission Afrique de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), OCP Group, Attijariwafa Bank, Africa 50, Tanger Med Zone, Orange, Africa Properity Network ainsi que des experts du Boston Consulting Group. Les sessions thématiques ont permis de faire un diagnostic sur l’état d’avancement de la ZLECAf. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité du secteur privé, de financer les infrastructures propices au commerce et d’opérationnaliser les chaînes de valeur régionales. Ils ont également souligné la nécessité de renforcer l’intégration régionale en adoptant une approche pragmatique axée sur la circulation des biens et des personnes, des biens et des idées, ainsi que sur la libération des opportunités d’investissement et de commerce. Cap sur un marché de 3 400 milliards de dollars à structurer Avec une population de plus de 1,5 milliard et un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars, l’Afrique, recèle un potentiel économique considérable. Selon les projections, la mise en œuvre effective de la ZLECAf par la levée des obstacles tarifaires et non-tarifaires, entraînerait une augmentation de 52 % du commerce intra-africain d’ici 2035. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des chaînes de valeur mondiales, où l’Afrique, qui compte 11 des 20 économies à la plus forte croissance selon les dernières données du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, occupe désormais une place stratégique. Une première pierre posée à Casablanca « Nous sommes ici pour poser la première pierre d’un partenariat avec CFCA, un acteur clé capable de fédérer des opérateurs d’envergure au Maroc et en Afrique pour exploiter tout le potentiel de la ZLECAf. Ce sont les acteurs régionaux qui construiront les réseaux d’affaires en mesure de catalyser les investissements, d’intégrer les chaînes de valeur régionales et de dynamiser le commerce », a déclaré Joy Kategekwa, directrice de l’intégration régionale du Groupe de la Banque africaine de développement. Lamia Merzouki, directrice générale adjointe de Casablanca Finance City Authority a souligné que « la mise en œuvre réussie de la ZLECAf passe nécessairement par une mobilisation efficace du secteur privé. C’est tout l’enjeu de la discussion que nous lançons aujourd’hui avec la Banque africaine de développement pour réfléchir à des outils concrets pour stimuler les échanges intra-africains, identifier des opportunités d’investissement pertinentes et faciliter l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes de valeur continentales. » « Cette approche régionale est efficace. Nous la soutenons d’ores et déjà sur tout le continent par des investissements stratégiques dans des infrastructures structurantes — routes, ports, chemins de fer, corridors logistiques — ainsi que des lignes de crédit dédiées à la facilitation du commerce extérieur », a déclaré Achraf Tarsim, responsable pays de la Banque pour le Maroc. Les participants ont relevé la nécessité d’intensifier les efforts afin de combler le déficit annuel estimé à plus de 130 milliards de dollars dans le financement des infrastructures sur le continent afin de transformer les opportunités offertes par la ZLECAf. L’appel de Casablanca A l’issue de la rencontre, les participants ont appelé à la création d’une plateforme dédiée au secteur privé qui s’articulerait autour de quatre priorités opérationnelles : Accélérer l’accès au marché africain pour les entreprises en instaurant un dialogue structuré entre secteurs public et privé et en mettant à disposition des outils concrets, tels que des données de marché, des guides pratiques d’entrée sur les marchés africains, des recommandations politiques, et un répertoire de projets bancables qualifiés à l’échelle continentale. Compenser les déficits d’infrastructures au service du « Made in Africa » en soutenant le développement de corridors économiques intégrés et durables (routes, ports, rails, infrastructures numériques) et en créant un environnement juridique et réglementaire attractif pour mobiliser les capitaux privés, les expertises techniques et les opérateurs régionaux. Renforcer l’intégration financière régionale en soutenant l’harmonisation des marchés de capitaux africains, le développement de solutions de financement du commerce et la mobilisation d’instruments innovants tels que le blended finance, les fonds panafricains ou les garanties adaptées, pour faciliter la montée en puissance des projets structurants. Positionner les centres financiers et pôles d’affaires comme leviers d’accélération de la ZLECAf en créant un environnement propice aux affaires, en attirant les talents, en mettant en place les bons écosystèmes et en valorisant l’opportunité africaine à travers des actions de sensibilisation, de formation et de promotion. La plateforme servirait d’outil stratégique pour amplifier la voix et l’engagement du secteur privé dans la mise en œuvre de l’AfCFTA.
Le Groupe de la Banque africaine de développement accorde une garantie de crédit partielle de 120 millions d’euros à Mota-Engil Africa pour soutenir son prêt lié au développement durable

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé, le 11 juillet 2025 à Abidjan, une garantie partielle de crédit non souveraine d’un montant maximal de 120 millions d’euros afin de permettre à Mota-Engil Africa, un leader du secteur de la construction et des infrastructures en Afrique, de lever un prêt lié à la durabilité (SLL) d’au moins 170 millions d’euros auprès de prêteurs commerciaux. Cette transaction marque le premier soutien direct de la Banque à une entreprise d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC), reconnaissant ainsi la contribution essentielle du secteur à la croissance économique inclusive, à la création d’emplois et à la construction d’infrastructures résilientes au climat. La garantie partielle de crédit de la Banque permettra à Mota-Engil Africa de mobiliser des financements commerciaux à long terme et d’allonger la maturité moyenne de sa dette, renforçant ainsi sa situation financière et sa capacité à mettre en œuvre des projets d’infrastructures durables en Afrique. Cette transaction reflète l’engagement de la Banque à diversifier son engagement auprès du secteur privé et à soutenir la mise en place d’infrastructures durables à grande échelle, conformément à sa Stratégie décennale 2024-2033. « Cette transaction historique sous forme de garantie témoigne de l’engagement de la Banque africaine de développement à utiliser les garanties pour attirer des capitaux privés mondiaux et régionaux en faveur d’une croissance verte et inclusive. Cette garantie permettra à Mota-Engil Africa de consolider son bilan et de mener des projets conformes à ses objectifs de développement durable et aux priorités de développement de l’Afrique », a déclaré Solomon Quaynor, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation. La Banque africaine de développement reconnaît l’importance de renforcer les acteurs régionaux comme Mota-Engil Africa, qui dispose de près de 80 ans d’expérience sur le continent, d’un carnet de commandes de 10 milliards d’euros et d’une présence dans 14 pays africains. L’entreprise emploie plus de 24 500 personnes en Afrique, dont plus de 95 % sont locales. Elle fournit également des infrastructures clés en main, de l’ingénierie industrielle, des services environnementaux et des concessions de transport, outre une solide expérience en matière de réalisation de projets et de gestion des risques. Le portefeuille de projets de l’entreprise comprend des projets dans les secteurs des transports, des mines, de l’eau et des infrastructures urbaines, notamment la concession historique du corridor de Lobito, qui s’étend de l’Angola à la République démocratique du Congo. L’intervention de la Banque vise à renforcer le rôle de Mota-Engil Africa en tant que partenaire d’infrastructures résilientes et durables pour l’avenir de l’Afrique. Le produit du prêt financera un portefeuille de projets d’infrastructures à fort impact éligibles, alignés sur le Cadre de financement lié à la durabilité de l’entreprise. Il s’agit notamment d’infrastructures de transport, de services environnementaux, de systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et de travaux de génie civil à haut rendement énergétique dans plus d’une douzaine de pays africains. La stratégie de développement durable de Mota-Engil Africa s’appuie sur des indicateurs clés de performance mesurables, notamment des objectifs d’amélioration des performances en matière de santé et de sécurité, d’augmentation de la représentation des femmes au sein des instances dirigeantes et de renforcement de la création d’emplois locaux et du développement des compétences. « Nous sommes fiers d’être le premier partenaire EPC à bénéficier de cet instrument innovant, a déclaré Manuel Mota, président de Mota-Engil Africa. La garantie de la Banque soutiendra nos efforts pour réaliser des projets d’infrastructures à fort impact, tout en améliorant le profil de maturité de notre dette et en accélérant la réalisation de nos engagements ESG. » Cette opération est alignée sur les priorités opérationnelles de la Banque, « les High 5 », en particulier « Industrialiser l’Afrique » et « Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique », et contribue au double objectif de la Stratégie décennale : accélérer une croissance verte inclusive et favoriser des économies prospères et résilientes. Afdb.
Le Groupe de la Banque africaine de développement obtient la certification EDGE Move, marquant une nouvelle étape dans l’égalité des genres

Dans le cadre de sa recertification EDGE Move et sa certification EDGEplus, la Banque africaine de développement renouvelle son engagement à poursuivre ses progrès grâce à un plan d’action dédié et ciblé. Deux ans après avoir atteint le niveau 1 « Assess » de la certification EDGE, la Banque africaine de développement a atteint le niveau 2, une reconnaissance supplémentaire de son engagement en matière de suivi, d’analyse comparative et de parité des genres au sein de ses effectifs. Ces progrès rapides reflètent les efforts continus et soutenus de la Banque pour accorder la priorité au genre. EDGE est la principale certification au monde qui mesure l’égalité des genres sur le lieu de travail. La Banque a lancé le processus de certification EDGE en 2022. En 2019, 83 % des cadres de la Banque africaine de développement étaient des hommes. En 2023, année de la certification EDGE niveau 1 de la Banque, la proportion de femmes aux postes de direction était passée de 17 % à 25 %, et la proportion de femmes parmi les jeunes professionnels était passée de 20 % à 65 %. En 2024, la parité hommes-femmes au niveau de la vice-présidence est passée à 45 %, soit le taux le plus élevé à ce jour dans l’histoire de la Banque. La Banque s’est fixé comme objectif d’atteindre une parité hommes-femmes de 50/50 au sein de ses effectifs d’ici 2030. Le niveau EDGE 2 reconnaît le travail de la Banque africaine de développement en faveur de l’égalité des genres et d’un environnement inclusif où la voix de chaque employé est valorisée et entendue. Certifiée EDGE, la Banque s’engage également à maintenir un effectif multigénérationnel et géographiquement diversifié. Jacques Edjangue, vice-président de la Banque africaine de développement chargé de la Gestion des personnes et des talents, a souligné que « l’obtention de la certification EDGE PLUS Niveau 2 est une étape importante pour la Banque africaine de développement. Elle témoigne de notre engagement indéfectible à promouvoir un environnement de travail diversifié, équitable et inclusif. Cette reconnaissance confirme non seulement nos progrès en matière d’égalité des genres, mais aussi nos efforts plus larges pour intégrer la diversité d’âge et géographique comme dimensions clés de l’inclusion. Elle renforce également notre engagement à promouvoir en permanence un environnement propice où chaque talent peut s’épanouir et où chaque voix peut être entendue. » Dans le cadre du niveau 1 de l’évaluation EDGE, le Groupe de la Banque africaine de développement s’est engagé à mettre en œuvre un plan d’action qui décrit la manière dont il entend accélérer les progrès dans les quatre piliers des normes EDGE et combler les lacunes identifiées. Ces quatre piliers sont : la représentation, la rémunération, les politiques et pratiques favorisant des parcours professionnels équitables, ainsi que l’inclusion. « L’obtention des certifications EDGE Move et EDGEplus par la Banque africaine de développement témoigne de son engagement constant en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion. Cette étape importante n’est pas seulement le signe d’un progrès institutionnel, elle est le fruit d’un leadership délibéré, en phase avec la Stratégie décennale de la Banque visant à bâtir une Afrique prospère, inclusive et résiliente », a déclaré Aniela Unguresan, fondatrice de EDGE Certified Foundation, avant d’ajouter : « Deux ans seulement après la certification initiale de la Banque africaine de développement au niveau EDGE Assess, la représentation des femmes dans le programme Jeunes professionnels et aux postes de vice-président est égale à celle des hommes — une avancée importante sur la voie de l’objectif de parité des genres dans l’ensemble de ses effectifs fixé par la Banque pour 2028. De plus, la Banque africaine de développement a désormais mis en place une solide infrastructure de politiques et de pratiques pour garantir des perspectives de carrière équitables pour tous et gère proactivement l’équité salariale entre les genres. » Afdb.
Desert to Power : la production indépendante d’électricité au Sahel franchit une étape décisive lors de la 5e réunion ministérielle

Les représentants de six pays membres de l’Initiative Desert to Power, ont approuvé, le 30 juin 2025 à Ouagadougou, des documents stratégiques essentiels pour stimuler la production indépendante d’électricité au Sahel à l’occasion de la 5e réunion ministérielle relative à l’initiative menée par la Banque africaine de développement. La réunion s’est tenue sous la présidence de Yacouba Zabré Gouba, ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières du Burkina Faso, en présence des ministres de l’Énergie de Djibouti, du Niger et du Tchad, ainsi que de représentants de leurs homologues du Mali et de la Mauritanie. Cette rencontre clé a permis de faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Initiative Desert to Power et d’approuver deux documents stratégiques essentiels : le Protocole commun pour les producteurs indépendants d’électricité (PIE) et la Stratégie de promotion des mini-réseaux verts. Le Protocole commun « PIE », élaboré en étroite collaboration avec la taskforce de Desert to Power et la Facilité africaine de soutien juridique (ALSF), établit des principes et des documents standardisés pour faciliter le développement de centrales solaires à grande échelle dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). L’objectif de la stratégie des mini-réseaux est de définir un cadre pour accélérer leur mise en œuvre et encourager la participation. Les ministres ont salué les progrès significatifs de l’Initiative, notamment la mise en œuvre de plus de quinze projets, dont les premiers sont déjà opérationnels. Ils ont également souligné l’importance des efforts de renforcement des capacités. Les échanges se sont poursuivis dans le cadre d’un atelier technique sur la modélisation financière, visant à renforcer les outils d’analyse financière pour la viabilité des sociétés nationales d’électricité du Sahel. La participation active des directeurs généraux et directeurs financiers des compagnies nationales d’électricité à cette rencontre souligne l’ancrage opérationnel de l’Initiative. En remerciant la Banque africaine de développement pour le soutien apporté aux pays présents à travers l’Initiative Desert to Power, M. Gouba a souligné que « cette rencontre nous a donné un nouveau départ. Nous devons redoubler d’efforts et travailler en synergie pour atteindre les objectifs fixés. » Le vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte, Kevin Kariuki, a salué les ministres pour leur engagement. Il a souligné le fait que le Protocole commun validé constituait un levier essentiel pour accélérer le développement des projets solaires menés par les producteurs indépendants, au profit des populations sahéliennes. Il a aussi invité les pays à se rallier à la Mission 300, un effort collectif audacieux de la Banque africaine de développement et la Banque mondiale visant à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici 2030, pour favoriser l’accès universel à l’électricité dans leurs pays respectifs. « La Mission 300 est plus qu’un objectif, c’est un appel à l’action coordonnée, au leadership politique et à une mise en œuvre ciblée, dont aucun pays ne peut se permettre de se soustraire », a affirmé M. Kariuki. En marge des travaux, les participants ont effectué une visite de terrain à la centrale photovoltaïque de Gonsin, au nord-ouest de la capitale burkinabè, Ouagadougou. Cette centrale d’une capacité installée de 42 MWc, réalisée dans le cadre de l’Initiative Desert to Power, dispose d’un système de stockage de dix mégawatts, illustrant parfaitement les résultats concrets et l’impact de l’Initiative au Burkina Faso. À propos de l’Initiative Desert to Power Lancée en 2019 par la Banque africaine de développement, l’Initiative Desert to Power vise à exploiter le potentiel solaire de onze pays du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal et Soudan) par des investissements dans la production solaire et l’accès à l’électricité. L’initiative vise à produire dix gigawatts d’énergie solaire afin d’alimenter 250 millions de personnes qui n’ont pas encore accès à l’électricité dans le Sahel.