Un appui de la BAD pour réduire l’usage du cash au Maroc

Paiements électroniques et inclusion financière La Banque africaine de développement (BAD) accorde un don à Bank Al-Maghrib (BAM) en vue de développer les paiements électroniques et renforcer l’inclusion financière au Maroc, a annoncé l’institution financière. A travers son Fonds pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI), lancé en juin 2019, hébergé et géré au sein de la Division de l’inclusion financière et de l’intermédiation, la Banque panafricaine a octroyé un don de 510.000 dollars américains au Fonds de développement de l’acceptation des paiements électroniques mis en place par la Banque centrale du Maroc. Développement d’un réseau structuré d’acceptation des paiements électroniques chez les commerçants S’inscrivant dans le cadre de la Stratégie nationale de développement des paiements numériques, qui promeut la promotion des paiements, la digitalisation des transactions et la réduction de la dépendance au numéraire, ce financement vise à soutenir l’extension des paiements numériques, à renforcer l’inclusion financière et à réduire l’usage du numéraire au Maroc, a fait savoir l’institution financière. Justifiant son intervention en faveur du Royaume, la BAD a indiqué que la participation de l’ADFI répond à des enjeux cruciaux définis par la Banque centrale du Maroc sur les plans national et sectoriel. Explications. « Bien que le Maroc ait réalisé des avancées significatives dans le développement des infrastructures numériques et l’adoption des technologies, des défis majeurs persistent, notamment l’utilisation limitée des paiements électroniques, la forte dépendance à l’argent liquide, et le poids de l’économie informelle représentant environ un tiers du PIB », a-t-elle constaté estimant que ces obstacles freinent l’inclusion financière des populations vulnérables, des femmes, des jeunes et des habitants des zones rurales. Dans ce contexte, le financement apporté « vise à accélérer la transition vers les paiements numériques tout en élargissant l’accès à des services financiers adaptés aux besoins de tous », a expliqué l’institution convaincu qu’il contribuera à combler l’écart entre les capacités technologiques croissantes du pays, telles que la pénétration élevée des smartphones et d’Internet, et leur faible utilisation pour les paiements numériques. La Banque panafricaine estime également que ce soutien joue « un rôle essentiel dans l’atténuation des risques économiques en renforçant l’intégration des populations marginalisées dans l’économie formelle, et en développant des mécanismes sécurisés tels que les transferts numériques et les micro-assurances ». Cité par la MAP, Achraf Tarsim, responsable du bureau pays de la BAD au Maroc, affirme que « cet accord contribuera à élargir l’accès aux services financiers pour les populations et les commerçants et renforcera l’écosystème national des paiements, consolidant les bases d’une économie numérique inclusive et durable ». Directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza estime pour sa part que « le Fonds d’acquisition constitue un levier structurant pour accélérer l’adoption des paiements électroniques au Maroc ». Il est important de préciser que les donateurs actuels de l’ADFI sont la Fondation Gates, l’Agence française de développement (AFD), le ministère des Finances du gouvernement luxembourgeois, le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France, le ministère des Finances du gouvernement indien et l’Initiative pour le financement des entreprises féminines (We Fi), comme le rappelle la BAD dans un document disponible sur son site Internet. Présent au Maroc depuis 1970, le Groupe de la Banque africaine de développement s’est illustré dès 1978 en finançant en priorité le secteur de l’eau potable et de l’assainissement. Depuis lors, plus de 150 opérations, pour un total de 15 milliards de dollars américains, ont été déployées dans les secteurs de l’énergie, du développement social et humain, du secteur privé, de l’eau et de l’assainissement, des transports et de l’agriculture. Alain Bouithy
Maroc. Le déficit commercial se creuse à près de 353,15 MMDH en 2025

En progression de 15,8% sur un an Le déficit commercial s’est aggravé en 2025. Selon les statistiques publiées récemment par l’Office des changes, il a grimpé de 15,8% comparativement à 2024 pour atteindre près de 353,15 milliards de dirhams (MMDH) à fin décembre 2025 contre 304,93 MMDH un an auparavant. En hausse de +8% (+60,95 MMDH), les importations de biens se sont chiffrées à 822,22 MMDH à fin décembre 2025 contre 761,27 MMDH une année auparavant. Elles dépassent ainsi les exportations qui n’ont augmenté que de +2,8% (+12,73 MMDH) pour atteindre 469,07 MMDH contre 456,34 MMDH à fin décembre 2024. Les importations ont contribué à la détérioration de la balance commerciale Dans le détail, les données du commerce extérieur montrent que les produits finis d’équipement ont progressé de +13,3% (+23,41 MMDH) en raison principalement de l’augmentation des achats des voitures utilitaires (+4,31 MMDH), des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+2,75 MMDH) et des avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+2,29 MMDH). Il ressort des chiffres, élaborés sur la base des déclarations douanières, que les produits finis de consommation ont pour leur part bondi de +11,8% (+21,44 MMDH), indique l’Office dans son récent bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs. Cette évolution est justifiée par la hausse des achats des voitures de tourisme (+37,7%, soit +10,80 MMDH), des médicaments et autres produits pharmaceutiques (+16,5%, soit +1,78 MMDH) et des appareils récepteurs radio et télévision (+27,2%, soit +920MDH). En hausse de +31,5% (+10,47 MMDH), les importations de produits bruts ont fortement progressé après la hausse des importations des soufres bruts et non raffinés (+5,97 MMDH), de l’huile de soja brute ou raffinée (+1,28 MMDH) et des déchets, ferraille et autres minerais (+1,23 MMDH). Autre progression enregistrée au cours de cette même période, celle des demi produits (+4,8%, soit +7,92 MMDH). L’Office des changes attribue cette augmentation « essentiellement, à la hausse des achats des produits chimiques (+1,55 MMDH), des fils, barres et profilés en cuivre (+1,40 MMDH) et des matières plastiques et ouvrages divers en plastique (+1,11 MMDH) ». Soulignons également la hausse de +3,3% (+3,01 MMDH) des produits alimentaires, après une augmentation des importations des animaux vivants (+1,39 MMDH) et du maïs (+1,21 MMDH), indique l’Office. A l’inverse, les approvisionnements en sucre brut ou raffiné et en blé ont connu une baisse respectivement de 1,79 MMDH et 1,02 MMDH. Egalement en baisse, la facture énergétique qui a reculé « de 5,5% (-6,26 MMDH), suite, essentiellement à la baisse des approvisionnements en gas-oil et fuel-oil de -9,7% sous l’effet prix en recul de -14,5%, et ce malgré la hausse des quantités importées de +5,6% », a précisé l’Office. S’agissant des exportations, les données montrent une progression des ventes de phosphates et dérivés de +14,6% (+12,72 MMDH) due à la hausse des ventes des engrais naturels et chimiques (+9,03 MMDH), de l’acide phosphorique (+2,20 MMDH) et des phosphates (+1,48 MMDH). Les ventes dans l’aéronautique ont pour leur part progressé de +10% (+2,64 MMDH), suite à l’accroissement des ventes du segment de l’assemblage de +1,89 MMDH et des exportations du segment EWIS de +758MDH, selon les explications contenues dans le bulletin. La même source relève, en revanche, une quasi-stabilité à 86,82 MMDH des ventes dans l’agriculture et agro-alimentaire, qui s’explique par la « baisse des exportations de l’industrie alimentaire (-1,46 MMDH) et de la pêche, aquaculture (-149MDH), contrebalancée par l’accroissement des exportations de l’agriculture, sylviculture et chasse (+1,48 MMDH) », peut-on lire. Dans le registre des baisses, on retiendra celles enregistrées dans les branches électronique et électricité (-8,8% soit -1,60 MMDH), suite au recul des exportations des composants électroniques (-3,02 MMDH), atténué par la hausse des exportations des fils et câbles (+1,04 MMDH) et textile et cuir (-4,5%, soit -2,07 MMDH) en raison, essentiellement, de la baisse des exportations des vêtements confectionnés (-1,14 MMDH), combinée au recul des exportations des articles de bonneterie (-672MDH). Autre baisse, celle de la branche automobile (-2%, soit -3,10 MMDH), attribuée principalement à la baisse des ventes du segment de la construction (-9,65 MMDH), atténuée par la hausse des exportations du segment du câblage (+4,13 MMDH) et du segment de l’intérieur véhicules et sièges (+609MDH). Alain Bouithy
Maroc. Repli modéré des prix à la production dans l’industrie manufacturière

Après deux mois de hausses consécutives L’indice des prix à la production du secteur des «Industries manufacturières hors raffinage de pétrole» a reculé à fin décembre 2025, mettant un terme à deux mois consécutifs de hausse. Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), il a enregistré une baisse de 0,1% au cours du mois de décembre 2025 par rapport au mois de novembre 2025. Pour rappel, cet indice a connu des hausses de 0,3% et 0,4% respectivement en novembre et octobre derniers, après une série de baisses enregistrées au cours des six précédents mois : septembre (0,1%), août (0,1%), juillet (0,1%), juin (0,1%), mai (0,1%) et août (0,1%). La baisse de l’indice global portée par le recul des industries alimentaires Dans sa note d’information relative à l’indice des prix à la production industrielle, énergétique et minière du mois de décembre 2025, l’organisme public justifie ce léger recul par la baisse des prix observée dans certaines branches importantes de l’industrie. En effet, les données recueillies par cette institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc font état d’un recul de 0,7% des «Industries alimentaires» et de 0,4% de l’«Industrie automobile». A l’inverse, la note du HCP fait état de hausses des prix au niveau de la «Fabrication de boissons» (1,1%), de l’«Industrie d’habillement» (0,5%), de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique» (0,8%), de la «Fabrication de meubles» (0,9%), de l’«Industrie du textile» (0,3%) et de la «Métallurgie», de l’«Industrie chimique» et de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» (0,1%). A titre de comparaison, la précédente baisse enregistrée en septembre dernier s’expliquait par la baisse des prix de 0,2% des «Industries alimentaires», de 0,5% de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques», de 0,3% de la «Fabrication d’équipements électriques», de 1% de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique» et de 0,1% de l’«Industrie du textile». Dans une note relative à cette période, le HCP avait également fait état de la hausse des prix de 0,1% de la «Métallurgie» et l’«Industrie chimique», de 0,3% de l’«Industrie d’habillement», de 0,4% de l’«Industrie du cuir et de la chaussure» et de 0,6% de la «Fabrication des machines et équipements». Il est à rappeler que la première baisse de l’année 2025 avait été enregistrée au cours du mois de février (0,1%), après une progression de 0,1% observée en janvier de la même année. Le HCP l’avait attribuée au recul des prix de 1% des «Industries alimentaires», de 1,6% de la «Métallurgie» et de 0,7% du «Travail du bois et fabrication d’articles en bois et en liège». Au cours de ce même mois, l’institution avait, par ailleurs, noté la hausse des prix de 1,9% de la «Fabrication d’équipements électriques», de 1,6% de l’«Industrie du papier et du carton», de 0,9% de la «Fabrication de boissons», de 0,3% de la «Fabrication de produits métalliques», de 0,2% de la «Fabrication de meubles» et de 0,1% de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique» et la «Fabrication de produits informatiques». Rappelons également que l’évolution de l’indice des prix à la production du secteur observée au cours du mois de novembre 2025 (0,3%) était attribué à la hausse des prix de 1,8% de l’«Industrie chimique», de 0,8% de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» et de 0,2% des «Industries alimentaires », d’après le HCP qui avait également fait état d’une baisse des prix de 1,3% de la «Métallurgie» et l’«Industrie du textile». Enfin, à fin décembre, le Haut-commissariat au plan annonce que les indices des prix à la production des «Industries extractives», de la «Production et distribution d’électricité» et de la «Production et distribution d’eau» ont connu une stagnation au cours du mois de décembre 2025. Alain Bouithy
Maroc/Chômage. Les jeunes, les femmes et les diplômés toujours les plus touchés

La légère baisse du chômage en 2025 ne change pas fondamentalement la donne Le taux de chômage a enregistré une baisse modérée en 2025, selon les chiffres publiés par le Haut-Commissariat au plan (HCP). Cette légère amélioration n’a toutefois pas fondamentalement changé la donne pour les jeunes, les femmes et les diplômés qui restent les plus touchés. Entre 2024 et 2025, « le taux de chômage est passé de 13,3% à 13% au niveau national », a indiqué l’institution publique précisant qu’il est passé de 6,8% à 6,6% (-0,2 point) en milieu rural et de 16,9% à 16,4% en milieu urbain (-0,5 point). L’analyse des données recueillies montre que le nombre de chômeurs a reculé de 17.000 personnes, passant de 1.638.000 à 1.621.000 chômeurs, ce qui correspond à une baisse de 1%. Selon les explications de l’institution, « cette baisse est la conséquence d’une diminution de 9.000 chômeurs en milieu urbain et de 8.000 en milieu rural ». Une amélioration en trompe-l’œil. En effet, à bien y voir, ce taux reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%), a fait savoir l’organisme dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2025. Cette situation révèle les difficultés d’insertion professionnelle de ces catégories et l’inadéquation entre formation et besoins du marché. Autre point important relevé dans la note, en 2025, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée. D’après la même source, « la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8% ». Ainsi, la durée moyenne de chômage est passée de 31 à 33 mois. Il est à préciser que 36,6% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite à l’arrêt ou à l’achèvement des études ou formation et 25,4% suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement. Petite note positive : à l’inverse des trois catégories suscitées, le taux de chômage est passé de 21% à 20,9% (-0,1 point) parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 7,6% à 7,2% (-0,4 point) pour les personnes âgées de 35 à 44 ans, et de 4% à 3,6% (-0,4 point) pour celles âgés de 45 ans et plus, a également fait remarquer l’institution. Le sous-emploi affiche une progression notable, aussi bien en milieu urbain que rural Autre évolution préoccupante : durant la même période, le taux de sous-emploi a bondi de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural. Il faut dire que « le volume du sous-emploi est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural », comme le relève l’institution dans son rapport. De quoi susciter l’inquiétude d’autant plus que « tous les secteurs d’activité économique ont connu une hausse du taux de sous-emploi », selon un constat du HCP. Précisons à ce sujet que le secteur des « BTP » enregistre la hausse la plus importante, avec +2,1 points (de 19,6% à 21,7%), suivi du secteur de l’« agriculture, forêt et pêche » avec +0,8 point (de 12,1% à 12,9%), du secteur de l’« industrie » avec +0,8 point (de 6,3% à 7,1%) et du secteur des « services » avec +0,5 point (de 7,9% à 8,4%), comme l’a fait remarquer l’organisme. Alain Bouithy
Maroc. Le déficit budgétaire s’accentue légèrement à 61,6 MMDH en 2025

Malgré la forte hausse des recettes fiscales Selon les chiffres publiés par la Trésorerie générale du Royaume (TGR), le déficit budgétaire s’est légèrement accentué au terme de l’année 2025, prolongeant presque ainsi une tendance haussière observée depuis mai de l’année écoulée. En effet, « sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises, la situation des charges et ressources du Trésor dégage un déficit budgétaire de 61,6 MMDH à fin décembre 2025 contre un déficit budgétaire de 61,5 MMDH un an auparavant », a-t-elle indiqué dans son bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP) de décembre 2025. Ce déficit s’explique par un «solde positif de 30 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA)», a indiqué l’institution publique rappelant qu’il s’était établi à 61,5 MMDH à fin décembre 2024 et tenait compte d’un solde positif de 21,8 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA. Dans le détail, les recettes ordinaires brutes ont progressé de 10,9% (+40,3 MMDH) s’établissant à 410 MMDH contre 369,7 MMDH à fin décembre 2024, suite à l’augmentation des impôts directs de 19,8%, des droits de douane de 6,5%, des impôts indirects de 10%, des droits d’enregistrement et de timbre de 10,1% et par la baisse des recettes non fiscales de 7,6%. Il est à préciser que les recettes fiscales brutes se sont établies à 358,9 MMDH contre 314,5 MMDH à fin décembre 2024, soit une hausse de 14,1% (+44,4 MMDH), résultat de la hausse des recettes douanières de 9,1% et de la fiscalité domestique de 16,6%. S’agissant des recettes non fiscales, la TGR indique qu’elles ont été de 51,03 MMDH contre 55,20 MMDH un an auparavant, en baisse de 7,6% (-4,1 MDH). Le recul des recettes non fiscales s’explique notamment par la diminution des versements des comptes spéciaux du Trésor au budget général (18,94 MMDH contre 23,7 MMDH), l’absence de recettes au titre de la privatisation et des produits de cession des participations de l’Etat (qui ont été de 1,7 MMDH un an auparavant) ainsi que par le recul des recettes en atténuation des dépenses de la dette (3,4 MDH contre 4,8 MDH). Précisons que cette évolution intervient en dépit de l’augmentation des recettes de monopoles (20,6 MMDH contre 16,6 MMDH) et des fonds de concours (4,3 MMDH contre 2,8 MMDH), a fait savoir la TGR. Progression des dépenses Concernant les dépenses émises au titre du budget général, les chiffres montrent qu’elles ont atteint 567,4 MMDH à fin décembre 2025, en hausse de 9,9% par rapport à leur niveau à fin décembre 2024. Cette évolution résulte de la hausse de 11,5% des dépenses de fonctionnement, de 8,2% des dépenses d’investissement et de 7,2% des charges de la dette budgétisée. Toujours selon la Trésorerie générale, « la hausse de 7,2% des charges de la dette budgétisée s’explique par l’augmentation de 13% ou +5 MMDH des intérêts de la dette (43,7 MMDH contre 38,7 MMDH) et la hausse de 3,7% ou +2,4 MMDH des remboursements du principal ou amortissements (65,9 MMDH contre 63,5 MMDH) ». Dans son bulletin de statistiques des finances publiques, la TGR précise également que l’accroissement des remboursements du principal provient de la hausse des amortissements de la dette intérieure de 12,5 MMDH, conjuguée à la baisse des amortissements de la dette extérieure de 10,2 MMDH. Selon la même source, «les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, se sont élevés à 821,7 MMDH, représentant un taux global d’engagement de 83% contre 84% à fin décembre 2024 et un taux d’émission sur engagements de 93% contre 92% un an auparavant». A fin décembre 2025, les recettes des CST ont atteint 224,3 MMDH, compte tenu des versements reçus des charges communes d’investissement du budget général pour 31 MMDH contre 28,4 MMDH à fin décembre 2024. Intégrant la part des CST au titre des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pour 6,8 MMDH, les dépenses émises au cours de la même période se sont établies à 194,8 MMDH, a fait remarquer la TGR soulignant que le solde de l’ensemble des comptes spéciaux du Trésor s’est élevé à 29,5 MMDH. Quant aux recettes des SEGMA, elles ont été de 3,35 MMDH contre 3,1 MMDH à fin décembre 2024, en hausse de 6,7% ; tandis que les dépenses ont été de 2,8 MDH à fin décembre 2025 contre 2,6 MDH à fin décembre 2024, correspondant à une progression de 7,3%. Enfin, «à fin décembre 2025, les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 111,6% des prévisions de la loi de Finances, les dépenses ordinaires ont été exécutées pour 101,6% et les dépenses d’investissement ont été émises pour 100,7%», conclut la TGR. Alain Bouithy
Une nouvelle étape pour renforcer l’entrepreneuriat et l’emploi au Maroc : La BAD impulse une dynamique axée sur les résultats

Contribuer à transformer le potentiel entrepreneurial en impact La Banque africaine de développement (BAD) a officiellement lancé, lundi 26 janvier à Rabat, le Programme d’appui et de financement de l’entrepreneuriat pour la création d’emplois (PAFE-Emplois), annonce l’institution panafricaine. Le lancement du nouveau dispositif a eu lieu lors d’un atelier réunissant une quarantaine de participants dont des représentants des institutions nationales, des partenaires techniques et financiers ainsi que les équipes chargées de sa mise en œuvre, précise la Banque panafricaine. Ce programme « a pour objectif de soutenir les dispositifs publics d’accompagnement des entrepreneurs, le financement d’un entrepreneuriat inclusif, le renforcement des mécanismes d’incitation destinés aux très petites et moyennes entreprises (TPME) et le soutien aux approches opérationnelles innovantes en faveur de l’emploi », souligne la BAD dans un communiqué. Le PAFE-Emplois « permettra de promouvoir la création d’emplois en développant les TPME et contribuera à instaurer une culture axée sur les résultats, notamment en matière d’impact sur l’emploi », ajoute la même source. Dans le cadre dudit programme, soutenu par l’Initiative pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA – Affirmative Finance Action for Women in Africa) via Women Entrepreneurs Finance Initiative (We-Fi), l’institution financière annonce que « les femmes entrepreneuses recevront une subvention qui les aidera à finaliser la préparation de leurs projets et à lever des fonds ». Comme l’explique Achraf Tarsim, responsable du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Maroc, « en liant les lignes de garanties et subventions à l’investissement pour les TPME à des objectifs emplois, ce nouveau financement axé sur les résultats contribuera à transformer le potentiel entrepreneurial en impact ». Selon lui, ce dispositif « permettra de renforcer davantage l’efficacité des projets et de catalyser durablement le développement économique local en offrant aux jeunes et aux entrepreneurs les moyens de façonner leur avenir. » Le PAFE-Emplois « se veut être une réponse à cette ambition : faire de l’entrepreneuriat et des TPME un levier central de création d’emplois formels et durables», insiste, pour sa part, le directeur-adjoint du Trésor et des Finances extérieures chargé du secteur financier, Abdeljalil El Hafre. Il est important de noter qu’outre l’apport de l’AFWA, le PAFE-Emplois bénéficie également du soutien d’autres partenaires institutionnels, notamment le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques et Tamwilcom. Toujours selon l’institution financière, le programme « compte également sur l’implication d’autres partenaires techniques et financiers comme la Banque allemande de développement (KFW) et la Banque islamique de développement (BID) ». Il est à rappeler que l’atelier de lancement a présenté le cadre stratégique et la gouvernance du programme, les mécanismes de financement axés sur les résultats, ainsi que les normes environnementales et sociales, souligne la BAD dans son communiqué précisant que les discussions ont également permis d’identifier les priorités opérationnelles pour la phase de démarrage et de définir une feuille de route partagée entre les différents acteurs. A titre de rappel, depuis 1978, le Groupe de la Banque africaine de développement a mobilisé près de 15 milliards d’euros pour financer plus de 150 projets et programmes au Maroc, ajoute la Banque africaine précisant que ses interventions couvrent des secteurs stratégiques tels que le transport, la protection sociale, l’eau et l’assainissement, l’énergie, l’agriculture, la gouvernance et le secteur financier. Alain Bouithy
Maroc. La confiance des ménages tempérée par de fortes incertitudes

Malgré l’amélioration de l’ICM au quatrième trimestre 2025 Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), l’Indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 57,6 points au quatrième trimestre de 2025, contre 53,6 points enregistrés le trimestre précédent et 46,5 points le même trimestre de l’année précédente. Cette évolution, issue des résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par l’institution publique auprès des ménages, traduit une amélioration de la confiance des ménages, tant en glissement trimestriel qu’en glissement annuel. L’analyse des résultats de l’enquête laisse toutefois transparaître une certaine prudence. En effet, selon la note d’information du Haut-commissariat, 77,8% des ménages sondés déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 16,9% un maintien au même niveau et 5,3% une amélioration. Ainsi, le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 72,5 points, contre moins 72,9 points au trimestre précédent et moins 76,2 points au même trimestre de l’année passée. L’enquête montre également que 49,4% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 40,7% à un maintien au même niveau et 9,9% à une amélioration. Le spectre du chômage inquiète toujours les ménages La préoccupation des ménages demeure puisque « le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit ainsi à moins 39,5 points, contre moins 44,3 points au trimestre précédent et moins 46,1 points au même trimestre de l’année passée », souligne l’institution. Bien que le solde d’opinion sur le chômage s’est établi à moins 47,7 points, traduisant une amélioration par rapport au trimestre précédent (moins 56,4 points) et au même trimestre de l’année précédente (moins 77,2 points), il n’en demeure pas moins que 65,2% contre 17,5% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. La prudence est également de mise s’agissant de l’achat des biens durables, les ménages jugeant la conjoncture peu favorable. En effet, « 67,1% contre 14,2% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables », d’après le HCP soulignant toutefois une amélioration du solde de cet indicateur qui s’est établi à moins 52,9 points. Il était de moins 57,7 points au trimestre précédent et de moins 71,9 points au même trimestre de l’année précédente. Il est à noter que 58,4% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 39,2% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,4% affirment épargner une partie de leur revenu ; le solde d’opinion est resté ainsi négatif. Autre enseignement de cette enquête : 48,6% des ménages considèrent que leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois (le solde d’opinion est resté ainsi négatif, à moins 43,5 points). Il n’en demeure pas moins que 16,4% contre 20,6% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois. A moins 4,2 points, le solde de l’indicateur marque « une amélioration par rapport au trimestre précédent (moins 10,0 points) et à la même période de l’année précédente (moins 16,3 points) », selon l’organisme. Enfin, si les perceptions sont moins pessimistes concernant la capacité future des ménages à épargner au cours des 12 prochains mois (10,7% contre 89,2% des ménages), 91,7% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Pour la majorité des ménages, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter au cours des 12 prochains mois. Alain Bouithy
Maroc/Inflation. Les prix augmentent légèrement en 2025

Après un repli en novembre, l’IPC progresse de 0,8% au terme de l’année écoulée (FENETRE) Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), l’indice des prix à la consommation (IPC) annuel moyen a connu une légère hausse au terme de l’année 2025. Les chiffres publiés par l’institution publique montrent qu’il a enregistré une augmentation de 0,8% par rapport à l’année 2024. Précisons que cette légère hausse intervient après la baisse de l’IPC de 0,3% observée en novembre dernier qui a mis fin à une séquence haussière entamée en début d’année 2025 et dont le pic avait été atteint en février de la même année. Il est important de rappeler que mis à part les trois premiers mois de l’année écoulée, janvier (2,0%), février (2,6%) et mars (1,6%), les hausses enregistrées tout au long de l’année étaient restées en dessous de 1% : octobre (0,1%), septembre (0,4%), août (0,3%), juillet (0,5%), juin (0,4%), mai (0,4%) et avril (0,7%). La progression de l’IPC en 2025 est la conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires et de celui des produits non alimentaires qui ont progressé respectivement de 0,8% et 0,5%, a fait savoir l’organisme dans sa note d’information relative à l’Indice des prix à la consommation (IPC) de l’année 2025. S’agissant des produits non alimentaires, les variations enregistrées vont d’une baisse de 2,6% pour le «Transport» à une hausse de 3,3% pour les «Restaurants et hôtels». Sur cette base, l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc estime que l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu une hausse de 0,8% au cours de l’année 2025 par rapport à l’année 2024. Rappelons que la baisse de 0,3% de l’IPC enregistrée au cours du mois de novembre 2025 a été justifiée par la baisse de l’indice des produits alimentaires de 1,2%, conjuguée à la hausse de celui des produits non alimentaires de 0,4%. En ce qui concerne les produits non alimentaires, les données recueillies par le Haut-Commissariat montraient que les variations allaient d’une baisse de 1,5% pour le «Transport» à une hausse de 2,5% pour les «Restaurants et hôtels». Au terme de 2025, l’organisme public a fait savoir, par ailleurs, que les hausses les plus importantes de l’IPC annuel ont été enregistrées à Fès (1,7%), Kénitra (1,3%), à Guelmim (1,2%), Settat (1,1%), à Tétouan (1,0%), Rabat et Errachidia (0,9%), Agadir et Tanger (0,8%), Casablanca (0,7%), Meknès, Dakhla et Al Hoceima (0,5%), Béni-Mellal (0,4%) et à Marrakech (0,2%). Il est important de noter que, comparé au mois de novembre 2025, l’indice des prix à la consommation a enregistré une baisse de 0,1% en décembre 2025, résultant du recul de 0,3% de l’indice des produits alimentaires et de la stagnation de l’indice des produits non alimentaires. Toujours selon le HCP, les baisses des produits alimentaires observées entre novembre et décembre 2025 ont concerné principalement les «Huiles et graisses» (3,9%), les «Fruits» (2,8%) et les «Viandes» (1,2%). En revanche, les prix ont augmenté pour les «Poissons et fruits de mer» (3,3%), les «Légumes» (2,8%), le «Lait, fromage et œufs» (0,6%) et le «Café, thé et cacao» (0,4%), poursuit l’institution soulignant, en ce qui concerne les produits non alimentaires, que la baisse a concerné principalement les prix des «Carburants» avec 0,5%. Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu une baisse de 0,2% au cours du mois de décembre 2025 par rapport au mois précédent. A titre de comparaison, les baisses des produits alimentaires observées entre octobre et novembre 2025 avaient concerné principalement les «Fruits» (6,4%), les «Huiles et graisses» (5,2%), les «Viandes» (1,9%), les «Poissons et fruits de mer» (0,4%) et le «Café, thé et cacao» (0,2%). En revanche, les prix avaient augmenté de 2,3% pour les «Légumes» et de 0,3% pour le «Lait, fromage et œufs». Pour les produits non alimentaires, la hausse avait concerné principalement les prix des «Carburants» avec 0,2%. Au cours de la même période, « les baisses les plus importantes de l’IPC avaient été enregistrées à Errachidia avec 1,4%, à Settat et Al Hoceima avec 1,2%, à Safi et Béni Mellal avec 1,1%, à Guelmim avec 0,9%, à Oujda et Laâyoune avec 0,7%, à Casablanca avec 0,6%, à Kénitra, Marrakech, Meknès et Tanger avec 0,4%, à Agadir, Rabat et Tétouan avec 0,3% et à Fès avec 0,2% », comme l’avait relevé l’institution dans sa précédente note. Alain Bouithy