Mafia présumée : milliards, sociétés-écrans et patrimoines cachés, le «Cartel» congolais dans le viseur des enquêteurs (lecture en 5 mins) 

PARLONS-EN. « Rien ne restera caché sans que cela ne soit découvert » Luc 8 : 17. Cette citation de l’excellent médecin et sociologue, Luc, rédigé entre 70 – 85 après Jésus Christ, trouve sa signification dans le cambriolage subi par Oumar Gamby dit Barouni ouvrant la piste de l’argent Congolais avec des sociétés, des propriétés, des noms et prête noms qui remontent dans les services spéciaux.

Après les procédures judiciaires engagées par des avocats gabonais et le Parquet national financier (PNF) visant Ma Antou, les Bongo et Cie, de nouvelles interrogations émergent autour d’un réseau financier congolais opérant entre plusieurs pays avec point focal, le Congo. Ce réseau a été tracé le 9 septembre 2026 grâce au cambriolage subi par l’un de ses membres (Oumar Gambi) à l’hôtel Plaza Athénée (Paris). Les circonstances rapportées de cette affaire suscitent des questionnements sur le profil de l’intéressé, l’origine des fonds et des biens, ainsi que sur les  papiers qui ont été présents dans sa chambre.

Oumar Gambi a déclaré avoir été victime d’un vol alors qu’il séjournait au septième étage dudit hôtel. Comment les auteurs ont-ils pu accéder à un étage aussi élevé sans qu’ils soient repérés ? Quelle était la nature exacte des biens dérobés ? Quelle était l’origine des importantes sommes d’argent liquide ? Les montants, documents et les objets concernés ont-ils été déclarés ou sécurisés auprès de l’hôtel ?

Des sociétés et cartel Gambi – Rodrigues au centre des interrogations

Selon les notes d’enquête qui ont fuité dont l’authenticité reste à établir, Oumar Gambi est dans des affaires rocambolesques depuis 2016 jusqu’à son entrée dans le Cartel.

Gambi est actuellement lié aux sociétés Global Holding Group, Nioro Trading, Axial Global Distribution, TPC Sarlu et Imperial Holding. Les notes dont nous avons eu connaissance évoquent également, l’existence d’un réseau financier informel présenté comme un « Cartel », auquel appartiennent Omar Gambi, Rodrigues Nguesso, Patrick Obambi et Tchistère Mayanith.

L’une des informations les plus sensibles contenues dans ces notes concerne le chiffre vertigineux de plus de 100 milliards de francs cfa de crédits annuels (2026) que siphonne ce Cartel via la Banque Sino-Congolaise pour l’Afrique (BSCA) et la Banque Gabonaise et Française Internationale (BGFI).

Les mêmes notes attribuent à Patrick Obambi la gestion des fonds de M. Sassou après Bouity dans un passé lointain, et les dividendes du pétrole récemment par Denis Marie Gokana, Denis Christel Sassou Nguesso, Armel Dongou. 

Cette note attribue également l’acquisition,  directement ou par l’intermédiaire de prête-noms, de plusieurs biens immobiliers, notamment en Belgique et au Congo à Patrick Obambi.

La propriété effective des biens, leur financement, leur valeur et l’identité de leurs véritables bénéficiaires sont établis rapidement par l’analyse des registres fonciers, des sociétés civiles, commerciales concernées, des mouvements financiers correspondants.

 Un patrimoine qui interpelle

Une autre partie des documents évoque l’acquisition des biens réalisée au cours des six dernières années, par 289 dignitaires de Brazzaville et leurs intermédiaires et prête-noms présumés en France, au Rwanda, aux Seychelles, au Gabon, au Liban, en Belgique, en Espagne, au Portugal et à Dubaï.

Une autre question des enquêteurs est celle de la traçabilité des patrimoines et des flux financiers : les propriétaires réels de ces biens, les revenus qui leur ont permis de les acquérir. Les enquêteurs vérifient également si ces acquisitions correspondent aux revenus officiellement déclarés par leurs propriétaires, le nombre des sociétés interposées ou des montages financiers destinés à masquer les bénéficiaires effectifs.

La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) devrait examiner certaines opérations et pratiques de la BSCA et de la BGFI qui ont été signalées.

L’affaire Oumar  touche à la transparence des flux financiers, à la lutte contre le blanchiment de capitaux, aux soupçons des détournements des fonds publics, à l’identification des bénéficiaires effectifs et au contrôle des mouvements de fonds entre divers pays.

Elle prolonge ainsi le chapelet des affaires qui entachent les relations du Congo avec les bailleurs internationaux et les institutions financières telles que le FMI.

 Les questions qui interpellent

Comment d’énormes sommes se trouvent-elles entre les mains du Cartel ? Les établissements bancaires concernés ont-ils respecté leurs obligations de vigilance ? La police, la gendarmerie et la CID devraient interpeller les membres de ce Cartel, dans le respect de leurs compétences respectives, afin de faire toute la lumière sur les éventuels faits de corruption, de détournement de fonds, de blanchiment ou d’enrichissement illicite, auquel cas ils seraient taxés de complices..

L’affaire Oumar devrait également interpeller M. Sassou afin qu’il soit regardant lorsqu’on lui propose des cadres. La République regorge de bons et meilleurs cadres que l’on peut nommer aux postes clés des forces de défense et de sécurité, de la finance publique tels que la direction générale de la Caisse de dépôts et de consignation (CDC), la direction générale du Trésor Public. Pourquoi seulement Fred Otsa, Philippe Andely et exclure le vivier KONGO du choix ?

Croire au silence d’une administration corrompue n’est qu’illusion. Détourner de l’argent de l’État qui devrait servir à construire les écoles, payer les bourses des étudiants, les salaires des personnels de santé et de l’université, les pensions des retraités, les émoluments des parlementaires, finit toujours par se savoir. Pour illustration, la confusion subie par  André Oko Ngakala, Oumar Gambi, Rodrigue Nguesso, Aristide Okassa et Serges Oboa, celui-la qui disait publiquement pouvoir maîtriser les renseignements alors qu’il est, avec tous les autres, incapable de comprendre ce qui se joue devant eux au point de ne point anticiper sauf s’ils se complaisent à toutes les affaires mafieuses et sécuritaires compromettantes qui surgissent tous azimut :  affaires judiciaires de la famille Sassou, résurgence de l’affaire des disparus du beach, incursions des Fardciens à Betou et à Makotipoko, irruption des hommes armés dans la chambre de Gambi qui ont récupéré les documents en simulant un braquage.

L’affaire Gambi révèle des implications financières criminelles profondes. Voler, dilapider l’argent public est un véritable crime. Il  est temps que ceux qui pillent le Congo arrêtent ce carnage. On ne peut demeurer si cruel devant le peuple qui souffre. Une bonne partie des 3,36 milliards de dollars USD soit 2000 milliards de fcfa reçus de novembre 2026 à ce jour se retrouve  dans les poches de Christian Yoka et sa bande. 

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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