
Au Gabon, environ 94 % de la population a accès à l’électricité et environ 90 % disposent de moyens de cuisson propre.
La Banque africaine de développement, en partenariat avec le gouvernement gabonais, a clos la 10e édition de l’Africa Energy Market Place (AEMP) à Libreville.
Ce forum phare, qui s’est tenu les 8 et 9 avril 2026 à la résidence Nomad Suites à Libreville, au Gabon, a réuni des décideurs politiques de haut niveau, des partenaires au développement et des dirigeants du secteur privé afin d’accélérer les réformes et les investissements nécessaires pour libérer le potentiel énergétique du Gabon et faire progresser l’initiative continentale Mission 300.
La « Mission 300 », une initiative conjointe de la Banque africaine de développement et du Groupe de la Banque mondiale, vise à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030, le Groupe de la Banque s’étant engagé à fournir un accès à 50 millions de personnes.
Lancé en 2018, l’AEMP est la principale plateforme de dialogue politique pour le secteur énergétique du Groupe de la Banque, opérant dans le cadre du Programme d’assistance technique au secteur de l’énergie en Afrique. Vingt-quatre pays ayant déjà rejoint cette initiative avant cette édition, le Gabon devient le 25e pays à participer à la plateforme. Le forum de Libreville a constitué un espace essentiel qui a permis au Gabon d’aligner ses priorités énergétiques nationales sur la feuille de route de la Mission 300 et d’élaborer un Pacte national pour l’énergie solide, capable de mobiliser des investissements, d’accélérer les réformes et de garantir un accès inclusif à l’énergie.
« Notre expérience a montré que des réformes cohérentes sont le fondement de systèmes énergétiques durables. Ici, au Gabon, c’est exactement ce que nous avons constaté : une appropriation politique claire, un pacte énergétique cohérent et une détermination commune à transformer les plans en projets investissables. La participation du secteur privé n’est pas un simple complément de la Mission 300 ; elle est essentielle à son succès », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Énergie, du Climat et de la croissance verte du Groupe de la Banque africaine de développement.
Les participants ont mené un dialogue structuré autour des cinq piliers stratégiques du projet de Pacte national de l’énergie du Gabon : l’extension des capacités de production et la modernisation des infrastructures du réseau ; la mise à profit de l’intégration énergétique régionale par le biais de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et du Pool énergétique de l’Afrique centrale ; le développement des énergies renouvelables distribuées (ERD) et des solutions de cuisson propre ; la mobilisation des investissements du secteur privé grâce à des financements innovants et à des partenariats public-privé ; et l’amélioration de la viabilité financière et de la gouvernance de la société nationale d’électricité SEEG. Les discussions ont porté sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique — de la production au transport et à la distribution —, avec un accent particulier mis sur l’électrification rurale.
Wale Shonibare, directeur des Solutions financières, de la Politique et de la régulation de l’énergie du Groupe de la Banque africaine de développement, a qualifié ces deux jours de réunions de très fructueux.
« L’objectif de l’Africa Energy Market Place est de créer un environnement propice à la participation du secteur privé, en mettant en place les réformes nécessaires pour attirer les investissements et mobiliser des financements auprès des partenaires donateurs, des banques de développement et des promoteurs du secteur privé. Cet AEMP a joué un rôle déterminant dans la consultation des parties prenantes afin de renforcer le Pacte national de l’énergie et de préparer le terrain pour une mise en œuvre rapide. L’appropriation par le gouvernement est absolument essentielle à la réussite, et c’est exactement ce que nous avons constaté ici », a déclaré M. Shonibare.
Le Gabon fait figure de pionnier en matière d’accès à l’énergie en Afrique
Le Gabon aborde ce processus avec des atouts majeurs : environ 94 % de sa population a accès à l’électricité et près de 90 % dispose de moyens de cuisson propre. Toutefois, cet accès reste fortement concentré dans les centres urbains, avec un déficit important dans les zones rurales.
Le forum a également abordé un paradoxe structurel majeur : alors que certaines régions du pays ont une capacité de production excédentaire, d’autres sont confrontées à des pénuries persistantes — conséquence de l’existence de quatre réseaux isolés qui ne sont pas encore interconnectés. L’interconnexion de ces réseaux au sein d’un réseau national, et à terme l’intégration du Gabon au Pool énergétique de l’Afrique centrale ainsi qu’au marché régional élargi de l’énergie dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, ont été identifiées comme des priorités stratégiques pour la sécurité énergétique, l’efficacité énergétique et la croissance économique à long terme.
Les principaux résultats du forum comprennent une Note d’information sur les investissements dans l’accès à l’énergie au Gabon, alignée sur la Mission 300 ; un accord entre les parties prenantes sur les projets prioritaires en matière d’énergies renouvelables et d’extension du réseau électrique ; un projet de recommandations de réforme politique et réglementaire assorti de proposition de calendrier de mise en œuvre ; ainsi que la création d’une Unité de mise en œuvre et de suivi du Pacte (CDMU), qui servira de mécanisme gouvernemental de mise en œuvre et de responsabilisation. Dans les prochains mois, les travaux de mise en œuvre du Pacte national de l’énergie vont démarrer, le processus de l’AEMP ayant jeté les bases d’une action rapide et coordonnée.
L’AEMP-Gabon a été organisé conjointement par la Banque africaine de développement et le gouvernement gabonais, avec la participation de coorganisateurs, tels que la Banque mondiale, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC), l’initiative Énergie durable pour tous (SEforALL) des Nations unies, l’Association des développeurs de mini-réseaux en Afrique (AMDA) et l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI).
Afdb