Congo. Cession des terres aux Rwandais : La cachexie vésanique d’un pouvoir errant

LIBRES PROPOS. Depuis plusieurs semaines, toutes les feuilles de choux parues dans notre pays, titrent sur la cession des terres congolaises aux entreprises, mieux à l’Etat Rwandais.

Au-delà des noms d’oiseaux et des diatribes caustiques qui fusent, les messages xénophobes et autres perditions dans la manière de faire comme ce fut le cas lors des interpellations superfétatoires sur le sujet des Ministres Hugues Ngouelondélé et Lydia Mikolo, ou encore du père Mikolo et de Monsieur Martin Mberi, n’apportent aucune valeur ajoutée à ce combat digne et hautement légitime.

Concernant les deux dernières personnalités citées, la jeunesse congolaise devrait comprendre que juger le passé à l’aune des valeurs du présent, n’est nullement le meilleur socle stratégique pour une unité d’actions. L’exemple des coups d’Etat des années 70 est là pour nous édifier.

Même si nous ne sommes pas des prophètes du droit à l’oubli et du lynchage sélectif, la rigueur intellectuelle devrait nous imposer de ne pas privilégier ces méthodes répulsives qui comportent de sérieux risques de suffocation et déperdition de notre engagement.

Pour revenir à l’épineuse question des cessions des terres congolaises au Rwandais, il est difficile de comprendre les raisons qui pouvaient pousser un Président de la République à mettre en musique des idées aussi saugrenues.

Céder des terres aux Rwandais, c’est abandonner un secteur considéré depuis des lustres comme la priorité des priorités ; c’est laisser un pan entier de notre économie être contrôlé par des étrangers ; c’est laisser des mouvements financiers, qui seront assurés par une banque Rwandaise, échapper au contrôle de notre pays ; en somme, c’est vouloir la destruction totale du Congo.

Qu’adviendra-t-il des populations de l’arrière-pays, qui ne demandent et ne reçoivent rien de la part d’un pouvoir PCT qui a totalement démissionné, si elles sont privées du seul moyen qui leur permet de subvenir à leurs besoins vitaux ?

L’installation des entrepreneurs Rwandais, guidés par le rêve d’expansion à travers une production de masse et des moyens de production plus performants, aura une incidence négative sur la production locale de nos paysans, ce qui entrainera de facto une baisse des coûts, donc l’appauvrissement de cette frange de la population, qui sera poussée à la mendicité et à une incapacité d’autofinancement (études de enfants et des étudiants, acquisition des biens et services, soins, …).

Ainsi poussés à la survie, ces congolais vont s’appauvrir davantage et seront définitivement éloignés du monde du travail et donc à l’émancipation. Vouloir volontairement de l’effondrement de la production locale qui est l’incarnation de la principale source de revenus des populations pauvres, c’est aussi priver les congolais majoritairement du secteur informel, de l’essentiel de l’argent qui circule dans les différents marchés du pays.

Seul l’idéal de détruire certains départements de notre pays peut pousser un pouvoir à ne pas vouloir financer des agriculteurs locaux et trouver mieux de les abandonner à la merci des carnassiers qui ont fait la démonstration dans de nombreux pays qu’ils manquent cruellement d’empathie.

Ce n’est pas parce que ce pouvoir qui a dilapidé les 300 milliards alloués au Fonds de Soutien à l’Agriculture a échoué, qu’il lui faut désormais cacher sa kleptomanie, blotti derrière des trublions qui demain revendiqueront ces terres comme étant les leurs.

Ce pouvoir qui semble appliquer à la lettre la théorie de l’obsolescence de l’homme en décidant de participer de façon indirecte à l’enfantement de congolais jetables, ne mérite aucune bienveillance de la part d’un peuple qui n’a plus rien à perdre.

Tous les congolais doivent se lever pour arrêter ce projet infâme et fétide. Aussi, tout calcul politique derrière cette stratégie scélérate, est voué à l’échec.

Que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville.

Laurent DZABA
Président de la Dynamique VJ2R
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