
Les monnaies numériques de banque centrale peuvent contribuer à accroître l’inclusion en permettant à davantage de personnes d’accéder aux services financiers à moindre coût, à renforcer la fiabilité et l’efficacité des systèmes de paiement et à rendre les paiements et les envois de fonds internationaux moins coûteux et plus rapides.
C’est ce qu’a rappelé la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, lors de son intervention à une table ronde de haut niveau sur les monnaies numériques de banque centrale : pour une nouvelle vision du rôle du secteur public en matière de monnaie et de paiements.
Lors de cette rencontre tenue récemment au Maroc, la DG du FMI a par ailleurs affirmé que « les monnaies numériques de banque centrale pourraient permettre de réduire le nombre d’intermédiaires pour les paiements internationaux, de favoriser la concurrence et d’améliorer la transparence ».
Kristalina Georgieva a toutefois attiré l’attention des participants à cette table ronde sur le fait que, « mal conçues, les monnaies numériques de banque centrale pourraient également générer des complications juridiques et des problèmes de confidentialité des données, des cybermenaces, et des risques pour la stabilité et l’intégrité financières, ainsi que pour les opérations des banques centrales ».
Par ailleurs, a-t-elle poursuivi, « la facilité d’accès aux MNBC étrangères pourrait entraîner des risques de substitution des monnaies et de volatilité des flux de capitaux ».
Pour la DG, touts ces aspects sont importants pour l’institution internationale qu’elle dirige et qui, comme elle l’a rappelé, « a pour mandat de veiller à ce que les monnaies numériques, y compris celles des banques centrales, favorisent la stabilité économique et financière au niveau national et mondial ».
À cet égard, Kristalina Georgieva a déclaré considérer cette table ronde comme le prolongement de des récents échanges à Djeddah sur les MNBC dans la région, en septembre 2022, assurant que cette rencontre concorde également avec deux publications à paraître du FMI sur les monnaies numériques de banque centrale, la première sur les MNBC et les paiements numériques privés en Afrique subsaharienne, et la seconde présentant une feuille de route pour les MNBC au Moyen-Orient et en Asie centrale.
Deux documents qui présenteront une nouvelle analyse et les enseignements tirés de ces régions, a-t-elle assuré.
Saluant le partenariat continu qui lie le FMI et le Maroc et qui a permis l’organisation conjointe de cet événement, a déclaré à la presse que le principal objectif dans le cadre de cet événement de haut niveau était « de mener une réflexion approfondie sur les monnaies numériques de banque centrale en Afrique ».
Elle a en outre confié : « nous avons convenu de la nécessité de poursuivre le dialogue sur ce type de monnaies et de rassembler et de partager les connaissances et les informations disponibles au profit de nos pays membres en Afrique, au Moyen-Orient et au-delà ».
Martin Kam