Congo. Mais comment accepter la honte !

TRIBUNE. Très honnêtement, c’est le lieu et le moment de poser la question de ce qu’il faut pour que 25 ans après le retour au pouvoir de M. Sassou, on puisse offrir enfin un courant continu à la capitale congolaise Brazzaville et à Pointe-Noire la deuxième ville réputée être la capitale économique ?

Cela pose la question du sens de la prise de pouvoir par la force. A la base, il semblerait qu’il n’y ait pas un projet de développement du pays. Si oui, cela passe semble-t-il par la restauration de tout ce, en dehors de quoi, il est difficile voire impossible, d’aller vers une réalisation du pays.

Un petit émirat pétrolier de moins de 5 millions incapable d’amorcer un décollage économique que convient-il d’en dire ? Savez-vous ce qui arrive à un pays en échec rédhibitoire ? Les mœurs s’effritent, tout se déconstruit, le vol, la prostitution à tout âge et les braquages s’installent.

Y a-t-il de cela au Congo oui ou non ?

Après 25 ans de ratages, n’est-il pas sensé de convenir de l’impossible du possible parce que la philosophie de la conduite des choses tourne le dos à la lumière, que le cynisme qui falsifie le chaos en réussite est une pathétique aberration ?

Dans ce pays où les dirigeants brulent d’une envie furieuse de procrastination, entreprendre la construction d’un métro urbain, d’autant plus pertinemment qu’on a renoncé à la réhabilitation de la régie de transports, cela ne serait pas prétentieux ; ce serait tout simplement acter le 21e siècle naissant. Malheureusement, au pays du constructeur des libidineuses, on écrit les rêves par terre, au charbon de bois.

Nulle part au monde, le vol éhonté difficile à assumer par des réalisations, n’a jamais été vecteur de développement. Qui ne le comprend ? Et si, comme je le crois, on le comprend, pourquoi faire le contraire ? 

Le pire dans l’histoire, c’est que les intellos regardent. Brave et dynamique dans les années 60, nous sommes devenus un peuple génétiquement modifié, ressemblant à un homme injustement condamné à mort, assis sur la chaise électrique, dont le regard croise celui du vrai assassin et reste impassible sachant très bien qu’il passait ses dernières secondes sur la terre. Notre lâcheté est aussi muette que l’horreur de notre condamnation à mort.

Croyez-moi, bien qu’écrivant avec retenue, j’aurais souhaité ne pas m’inscrire dans cette démarche. Mais comment accepter la honte !

Que Dieu bénisse notre pays. Joyeux Noel à tous les croyants et chrétiens de notre Congo Eternel.

Laurent DZABA
Président du Mouvement Panafricain et Citoyen

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *