Congo/Lettre ouverte à Pascal Tsaty Mabiala : le temps des masques est révolu

Monsieur Tsaty Mabiala, Depuis l’Europe où je vis, comme nombre de nos compatriotes forcés à l’exil ou à l’observation distante, je vous écris non par goût de la polémique, mais par devoir de lucidité. Vous incarnez officiellement l’opposition au Congo. Mais que reste-t-il de ce rôle, sinon un titre vidé de sa substance ? Pendant que le pays s’enlise dans la confiscation démocratique, l’arbitraire et la misère, vous semblez plus soucieux de préserver votre place dans l’architecture d’un pouvoir verrouillé que de porter la voix du peuple. Depuis trop longtemps, vous multipliez les discours prudents, les compromis silencieux, les postures inoffensives. Cette stratégie du « ni trop, ni trop peu » a certes sa logique, mais elle ne change rien au quotidien des Congolais. Soyons clairs : une opposition qui ne dérange pas n’est pas une opposition. Une opposition qui s’accommode des institutions sans contrepoids devient un rouage du système qu’elle prétend contester. Vous n’êtes pas sans intelligence, Monsieur. Vous savez que le pouvoir ne vous craint pas, précisément parce qu’il sait qu’il peut compter sur votre retenue. Nous sommes nombreux, dans la diaspora comme au pays, à espérer un sursaut. Non pas une révolution de façade, mais une parole ferme, une stratégie claire, un engagement sans ambiguïté. L’histoire n’est pas tendre avec ceux qui jouent sur deux tableaux. Elle distingue ceux qui prennent position, au risque de perdre, de ceux qui s’installent dans le confort d’une opposition tolérée, au risque d’être oubliés. Ce pays mérite mieux. Il mérite une opposition audacieuse, lucide, et résolument tournée vers l’intérêt collectif. À vous de décider, Monsieur Tsaty Mabiala, si vous souhaitez rester une note de bas de page dans l’histoire du Congo, ou si vous êtes encore capable d’incarner, enfin, le changement que vous prétendez défendre. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u Observateur politique – Activiste de la diaspora