Un voyage à New York (1) : premier recueil de nouvelles de Prince Arnie Matoko

Un voyage à New York (1) : premier recueil de nouvelles de Prince Arnie Matoko

Après la poésie (2), Prince Arnie Matoko s’est ouvert la porte de la narration, et c’est à travers la nouvelle qu’il a posé ses premiers pas dans ce genre. Immersion dans son premier recueil de nouvelles. Un voyage à New York est un recueil de huit nouvelles dont les récits révèlent des personnages évoluant tantôt dans l’univers congolais, tantôt dans le monde de l’exil. Des récits qui nous font découvrir les villes de Pointe-Noire et Brazzaville dans les textes intitulés respectivement « Cadeau empoisonné », « Je n’aime pas le mari de ma mère », « La femme pardonnée », « Mawa la jolie », « Le mari cocufié » et « Trop c’est trop ». Et l’exil apparait dans les deux autres textes du livre, « La traversée » et « Un voyage à New York ». Des récits d’aventures où la fiction est souvent plus près des réalités sociales et géographiques qui accompagnent les personnages dans leurs parcours évènementiels. Aussi, découvrons-nous dans ce recueil, deux axes diégétiques qui définissent l’ouvrage de Prince Arnie Matoko : d’un côté la vie de couple dans la société congolaise avec toutes les turpitudes de la vie conjugale avec la dénonciation de quelques antivaleurs comme l’infidélité sur fond de l’appât sexuel ; et de l’autre côté le thème de l’exil auquel se confrontent certains héros. Six textes peuvent être considérés comme des récits du dedans tandis que les deux autres nous présentent des héros qui vivent pratiquement hors du Congo. Cadences et décadences des couples congolais Quelques textes de Matoko nous présentent, dans l’univers congolais, plus précisément à Pointe-Noire et à Brazzaville, des mésaventures conjugales souvent provoquées par l’attitude on ne peut plus rétrograde de la femme. Déjà les conflits hommes-femmes se font remarquer dans « Cadeau empoisonné » où la jeune Gladys qui se voit aimée par le jeune Patrick à qui elle confie ses mésaventures qui l’a poussée vers la prostitution, sera déçue par le comportement de ce dernier. Aussi, son état de santé qui va inquiéter toute sa famille au point d’accuser son oncle paternel, trouvera sa réponse le jour de son enterrement. La famille découvre un courrier à elle adressé par Patrick de l’autre côté de la Méditerranée dans lequel il se déclare responsable de la mort de Gladys : « String pour le sacrifice de ton âme, 200000 francs pour ton cercueil » (p.35). L’auteur, dans ce texte, essaie de condamner la prostitution des jeunes filles dans la ville de Pointe-Noire où elles préfèrent se donner aux Occidentaux comme Patrick qui, malheureusement a été à l’origine de la maladie de la jeune femme. Et ce drame de Gladys fait écho au destin tragique de l’héroïne de « Mawa la jolie » qui va mourir suite à un avortement clandestin consécutif à l’inceste que lui impose son père : « (…) les aventures et mésaventures intimes et sexuelles avec son père les avaient emmenés plusieurs fois à évacuer des grossesses » (p.127) « Mawa la jolie » est un texte qui met en relief les tares de certains Africains naïfs qui pensent trouver le salut à travers les nouvelles sectes religieuses. Aussi, la jeune Mawa dans ses ultimes paroles à son amie Mboté dénonce son père qui est tombé dans le piège de ces sectes : « Si je meurs (…), je crois que mon père fait partie de ces sectes qui pourrissent la vie et vendent l’âme des gens » (pp. 127-128) Pointe-Noire est la ville dans « Je n’aime pas le mari de ma mère » où la jeune Délicia se voit harcelée par son beau-père, à la grande surprise de sa mère qui ne croit pas à l’inconduite de son mari. Cette dernière ne peut que constater le mauvais comportement de son mari quand elle le surprend en train de défoncer la fenêtre de la chambre de sa fille. Accusée d’être de connivence avec son beau-père ; Délicia pense calmer sa mère en lui disant la vérité : « C’est ton mari qui est bordel (…). Sache qu’il me fait la cour et me propose de l’argent pour avoir des rapports sexuels (p.45). Mais elle ne croit pas à cette révélation de sa fille qui est chassée du domicile familial. Et ce n’est que quand elle sera battue par son mari qu’elle aura surpris en flagrant délit avec une autre femme dans un hôtel, qu’elle comprendra que sa fille avait raison : son mari est un obsédé sexuel. Dans « La femme pardonnée », se remarque le contraire de ce qui s’est passé entre la mère de Délicia et son mari. Miyalou se voit abandonné par sa femme qui ne peut supporter son chômage. Malgré son dévergondage qui l’emmène à la prostitution, Clémentine se voit pardonnée par son mari, fervent homme de Dieu quand elle reviendra au foyer. Elle avait compris qu’elle était trompée par son amant : « Miyalou agit comme le dit la Bible, pardonna à sa femme tout ce qu’elle lui avait fait subir, se réconcilia avec elle et reprit sa famille » (p.80). L’homme trahi par une femme se retrouve aussi dans « Le mari cocufié ». Bakala, comme Alphonse dans « Je n’aime pas le mari de ma mère », est aussi cocufié par sa femme Kimpoumboulou ; Elle est séduite par un « étranger » en mission de travail dans leur localité. Appréhendés dans la forêt, les deux amants filés par le frère de Bakala, sont emmenés manu militari devant le chef du village qui va convoquer le conseil des sages. Rocambolesque sera la situation de ce drame car devant les sages, Kimpoumboulou déclare qu’ « elle veut rester avec [son amant Moyebi Mbasi], devenir sa femme » (p.107). Mais quelle surprise quand cette dernière retombe dans les bras de son ancien mari, l’amant se voyant à son tour cocufié. Et ce comportement étrange va pousser la femme et Moyebi Mbasi vers un autre destin : « Kimpoumboulou incapable de supporter les yeux réprobateurs des autres, s’évada pour se

Livre : Prince Arnie Matoko sur le podium avec «Un voyage à New York»

Livre : Prince Arnie Matoko sur le podium avec «Un voyage à New York»

L’écrivain congolais et juriste Prince Arnie Matoko, a présenté et dédicacé, le 2 février 2017 à Brazzaville, son nouveau titre «Un voyage à New York», dans lequel il invite ses concitoyens et le monde au mieux-être. Publié en 2016 aux Editions l’Harmattan Congo-Brazzaville sous la préface du Professeur Omer Massoumou, enseignant de littérature à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Marien Ngouabi (UMNG), «Un voyage à New York» est un recueil de nouvelles de 161 pages. Parmi les nouvelles, on peut découvrir, «Cadeau empoisonné», «La traversée», «Le mari cocufié» et «Mawa, la jolie», qui font de ce recueil une espèce de quête d’un ailleurs et se base sur le socioculturel congolais qui constitue la source d’inspiration de l’auteur. «Un voyage à New York», est la nouvelle principale qui a donné son titre au recueil. C’est l’histoire d’un jeune nommé Francis qui fuit son pays en proie à une guerre fratricide pour trouver refuge aux Etats-Unis d’Amérique. Condamné pour vol, il refuse de quitter la prison à la fin de sa peine pour fuir un quelconque retour à la souffrance, tant la société qui l’a accueilli est gangrenée par le racisme et toutes sortes d’injustices. M. Massoumou a évoqué, dans sa préface, la mission de la littérature qui n’est autre qu’une forme de miroir de la société. Il a ajouté qu’il s’était senti interpelé par le devoir d’accompagner l’auteur et son œuvre pourvue de textes d’actualité. Dans ses notes de lecture, le critique littéraire, M. Emeraude Nkouka, a qualifié «Un voyage à New York» d’une exhortation au mieux-être». Selon lui, M. Matoko en appelle à une prise de conscience en partant de l’exploration d’une diversité de thèmes, parmi lesquels la condition féminine, l’immigration et le racisme. Appréciant l’ouvrage, le critique littéraire Noel Kodia Ramata souligne que «Un voyage à New York» s’avère être le premier texte de fiction en prose publié par l’auteur où il essaie de faire un mariage sémantique et lexicologique entre la poésie et la prose. Un livre qui montre que le poète est aussi un prosateur dont l’avenir semble prometteur. «Un voyage à New York», un recueil de nouvelles à lire pour découvrir les richesses créatrices que nous révèle la nouvelle génération des écrivains congolais. M. Prince Arnie Matoko est diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM). Magistrat de formation, il est passionné de littérature depuis le collège. Il a déjà publié trois recueils de poèmes, à savoir «Mélodie des larmes», «Sous les ailes de l’aurore» et «Ces fruits de mon jardin intérieur».

LITTERATURE CONGOLAISE. Vient de paraître : Un voyage à New York (1) de Prince Arnie Matoko

LITTERATURE CONGOLAISE. Vient de paraître : Un voyage à New York (1) de Prince Arnie Matoko

Voici un recueil de huit nouvelles dont les récits révèlent des personnages évoluant tantôt dans l’univers congolais, tantôt dans le monde de l’exil. Des récits qui nous font découvrir les villes de Pointe-Noire et Brazzaville dans les textes intitulés respectivement « Cadeau empoisonné », « Je n’aime pas le mari de ma mère », « La femme pardonnée », « Mawa la jolie », « Le mari cocufié » et « Trop c’est trop ». Et l’exil apparait dans les deux autres textes du livre, « La traversée » et « Un voyage à New York ». Des récits d’aventures où la fiction est souvent plus près des réalités sociales et géographiques qui accompagnent les personnages dans leur parcours évènementiels. Aussi, découvrons-nous dans ce recueil de nouvelles, deux axes diégétiques qui définissent l’ouvrage de Prince Arnie Matoko : d’un côté la vie de couple dans la société congolaise avec toutes les turpitudes de la vie conjugale avec la dénonciation de quelques antivaleurs comme l’infidélité sur fond de l’appât sexuel ; et de l’autre côté le thème de l’exil auquel se confrontent certains héros. Six textes peuvent être considérés comme des récits du dedans tandis que les deux autres nous présentent des héros qui vivent pratiquement hors du Congo. Un voyage à New York s’avère être le premier texte de fiction en prose publié par l’auteur où il essaie de faire un mariage sémantique et lexicologique entre la poésie et la prose. Un livre qui montre que le poète est aussi un prosateur dont l’avenir semble prometteur. Un voyage à New York, un recueil de nouvelles à lire pour découvrir les richesses créatrices que nous révèle la nouvelle génération des écrivains congolais. (1) Prince Arnie Matoko, Un voyage à New York, éd. L’Harmattan, Paris, 2016, 161p. 17€