Congo/Lettre ouverte à Pascal Tsaty Mabiala : le temps des masques est révolu

Congo/Lettre ouverte à Pascal Tsaty Mabiala : le temps des masques est révolu

Monsieur Tsaty Mabiala, Depuis l’Europe où je vis, comme nombre de nos compatriotes forcés à l’exil ou à l’observation distante, je vous écris non par goût de la polémique, mais par devoir de lucidité. Vous incarnez officiellement l’opposition au Congo. Mais que reste-t-il de ce rôle, sinon un titre vidé de sa substance ? Pendant que le pays s’enlise dans la confiscation démocratique, l’arbitraire et la misère, vous semblez plus soucieux de préserver votre place dans l’architecture d’un pouvoir verrouillé que de porter la voix du peuple. Depuis trop longtemps, vous multipliez les discours prudents, les compromis silencieux, les postures inoffensives. Cette stratégie du « ni trop, ni trop peu » a certes sa logique, mais elle ne change rien au quotidien des Congolais. Soyons clairs : une opposition qui ne dérange pas n’est pas une opposition. Une opposition qui s’accommode des institutions sans contrepoids devient un rouage du système qu’elle prétend contester. Vous n’êtes pas sans intelligence, Monsieur. Vous savez que le pouvoir ne vous craint pas, précisément parce qu’il sait qu’il peut compter sur votre retenue. Nous sommes nombreux, dans la diaspora comme au pays, à espérer un sursaut. Non pas une révolution de façade, mais une parole ferme, une stratégie claire, un engagement sans ambiguïté. L’histoire n’est pas tendre avec ceux qui jouent sur deux tableaux. Elle distingue ceux qui prennent position, au risque de perdre, de ceux qui s’installent dans le confort d’une opposition tolérée, au risque d’être oubliés. Ce pays mérite mieux. Il mérite une opposition audacieuse, lucide, et résolument tournée vers l’intérêt collectif. À vous de décider, Monsieur Tsaty Mabiala, si vous souhaitez rester une note de bas de page dans l’histoire du Congo, ou si vous êtes encore capable d’incarner, enfin, le changement que vous prétendez défendre. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u Observateur politique – Activiste de la diaspora

Séjour européen de Tsaty Mabiala: la réaction du ministre Ouabari Mariotti

Séjour européen de Tsaty Mabiala: la réaction du ministre Ouabari Mariotti

TRIBUNE. Le Département de la Communication UPADS – Paris a publié, ce 17 juin 2019, un second communiqué sur le séjour européen du Ministre Pascal Tsaty Mabiala, Premier Secrétaire de l’UPADS, Député et Chef de l’Opposition Congolaise. Un communiqué qui vient, à la suite du précédent, rendu public la veille, pour requalifier les termes du séjour du ministre et éloigner en quelque sorte toute perspective de rencontre avec la diaspora congolaise, ne limitant les échanges du ministre qu’avec les militants de l’UPADS qui le désireraient. Cela, dispose le communiqué, aux fins de dissiper des malentendus dans l’esprit des militants, au regard des avis et propositions émanant des opinions UPADS de différents pays. Pour ma part, ainsi décidé du programme du ministre Pascal Tsaty Mabiala, il ne lui est pas, au plan politique, rendu service. Lui, leader d’un parti de gouvernement à la reconquête d’un pouvoir légitime perdu, quand bien même il aura contribué à élaborer ce programme. Par ailleurs, de cette démarche, en ressortiront affectés l’UPADS et les partis de l’opposition congolaise dont Pascal Tsaty Mabiala assure le leadership. Dans les rangs des militants et sympathisants UPADS France – Europe dont les organes du parti ne donnent pas de réels signes d’existence sur leurs espaces de compétence, il s’accentuera, faute d’assemblée générale explicative avec le Premier Secrétaire du parti, l’insupportable ignorance sur la nature réelle du combat du parti au Congo. Ce à quoi s’ajoutera la méfiance vis à vis des choix du parti sur les enjeux politiques au pays, d’autant que ces militants et sympathisants ne participent pas à leur élaboration. L’amère déception, en France-Europe, des partisans des leaders de l’opposition siègeant aux côtés de Pascal Tsaty Mabiala au sein de la plateforme sera perceptible. Ces partisans qui auront manqué une occasion en or d’être informés, aux détails près, par leur Chef, sur les problématiques que défendent leurs leaders à Brazzaville. En fait de précaution devant garantir le caractère privé du séjour européen du ministre Pascal Tsaty Mabaiala, il est à redouter que l’intéressé n’ait été dissuadé par des forces opposées au mouvement général pour le changement qui gronde dans le pays de renconter la diaspora congolaise. Une diaspora congolaise en pôle position dudit mouvement, très active sur bien de fronts de la lutte contre le pouvoir de Brazzaville. A tout prendre, sa stature d’homme d’Etat, sa qualité de représentant du peuple au parlement, sa culture et sa pratique militante sur plusieurs années le liant, le ministre Pascal Tsaty Mabiala est en obligation politique et morale de se prêter à un service minimum de trois séquences d’échanges. Une avec les militants UPADS. Une autre avec les partenaires des partis rassemblés autour de l’oppostion congolaise dont il a la charge du commandement. La troisième avec les leaders d’opinion de la diaspora.Exécuté comme tel, je lui exprime mon total soutien. Non réalisé, il s’en culpabilisera en rentrant à Brazzaville. Paris le 18 juin 2019. Ouabari Mariotti – Membre de l’UPADS.

Guillaume Foutou : L’UPADS doit clarifier sa relation avec le pouvoir

Guillaume Foutou : L’UPADS doit clarifier sa relation avec le pouvoir

POLEMIQUE. Le Premier secrétaire de l’Upads (Union panafricaine pour la démocratie sociale), Pascal Tsaty Mabiala, pourrait très prochainement avoir fort à faire avec certains caciques du parti, à l’instar de l’ancien député Guillaume Foutou visiblement très remonté contre lui. « Il va falloir qu’on arrête d’être un parti chauve-souris, ni oiseau ni animal », a récemment lancé le candidat malheureux des dernières sénatoriales exigeant que soient éclaircies les relations entre le pouvoir et le parti aux trois palmiers. « Nous devons clarifier la relation de l’Upads avec le Président de la République et le PCT. En ce sens que, s’il faut qu’on travaille avec le Président Sassou Nguesso, il faut le dire clairement et l’assumer. S’il faut être dans une opposition constructive, il faut aussi le dire », a-t-il expliqué. Guillaume Foutou est persuadé qu’en continuant d’«être un parti sauve-souris tel que le camarade Tsaty Mabiala est en train de le gérer, l’Upads va disparaître », a-t-il prévenu sur les réseaux sociaux. La formation politique fondée par l’ancien président Pascal Lissouba disparaîtra totalement « si on n’y prend pas garde avec la gestion chaotique du camarade Tsaty Mabiala », a-t-il soutenu. L’ancien proche du Premier secrétaire prend toutefois la peine d’assurer que l’Upads ne sera « jamais de la radicalisation, car ça n’a jamais apporté de lendemains meilleurs ». Enfin, il a suggéré aux membres du Conseil national, aux membres du Bureau politique et aux militants de faire de telle sorte que « nous partions rapidement au congrès » avant la fin de l’année. Un cadre approprié, peut-on deviner, pour mettre un terme à « la gestion chaotique du camarade Tsaty Mabiala. »