Le tourisme de montagne au Maroc, héritage de la période coloniale

Le tourisme de montagne au Maroc, héritage de la période coloniale

Si de nos jours le tourisme de montagne est l’étendard de la stratégie de développement du tourisme rural appliquée au Maroc, son histoire ainsi que son essor sont intimement liées à l’action du protectorat français. Le 18ème siècle a été le berceau de la mise en tourisme de la montagne au Maroc. Notamment, à travers les explorations d’aventuriers ressortissants de pays occidentaux en concurrences pour le contrôle du pays, à savoir, la France, l’Allemagne et l’Angleterre. Le chemin parcouru peut être décliné en trois phases distinctes. Explications. La phase d’exploration et de reconnaissance : Nous sommes au 18ème siècle et le Maroc traverse une grave crise de dynastie. Les Abids font et défont les sultans pendant que les tribus Guichs se soulèvent et pillent les villes impériales. L’ordre est finalement rétabli par Mohamed III qui restaure l’unité du sultanat et réimpose son autorité sur le royaume. L’ouverture diplomatique et commerciale de l’état marocains aboutit à la conclusion de plusieurs traités avec les principales puissances européennes. Cette fenêtre ouverte sur le monde a donné lieu à plusieurs voyages d’exploration à finalité touristique, scientifiques et militaires. Le 18ème siècle fut donc la période qui a vu la première évocation de la montagne marocaine dans un récit européen, dans « The Register Of The Slaves Of Sultan Mawlay Isma’Il of Morocco At The Turn Of The Eighteenth Century. ». The Journal of African History: 89–98, rédigée par Thomas Pellow. Cet auteur originaire de Cornouailles, un comté d’Angleterre situé à l’extrémité sud-ouest de l’île de Grande-Bretagne a réussi a incorporer les harkas chérifiennes dans l’Atlas au sud de Marrakech et livre un aperçu général sur les itinéraires du Haut Atlas. Il est le précurseur de plusieurs ouvrages, dont on peut citer : « Nouvelles du Maroc et du Fez » du danois « Horst » qui a franchi l’Atlas en 1781 à l’instar du médecin anglais, William Lempriere, 9 ans plus tard. A l’aube du 19ème siècle, les récits se raréfient à cause de l’instabilité sécuritaire liée au différents conflits dans la région. Ce qui n’empêchera pas René caillé d’être le 1er français à découvrir le Haut atlas et la vie locale de ses résidents montagnards, ainsi que plusieurs itinéraires. En 1870, Joseph Hooker dans « A Journal Of A Tour In Morocco » et Joseph Thomson à travers « Travels In The Atlas », sont les portes drapeaux de la vague d’explorateurs anglais qui ont parcouru méthodiquement les versants nord du Haut Atlas en atteignant le sommet le plus haut du Maroc. Il y a eu aussi la période marquée par la prédominance des explorateurs et missionnaires français : le Vicompte Charles de Foucauld (1883), le marquis de Seconzac (1901), Abel Brives (1901-1907), Louis gentil (1908) et August Moulieras (1872-1893). Ces explorateur ont contribuais à la récolte d’informations pour le repérage des itinéraires touristiques empruntés plus tard par les voyageurs et touristes de la période coloniale. LA PÉRIODE COLONIALE : Le Maroc est en proie à l’appétit des pays européens colonialistes. La montagne s’est repliée sur elle même dans l’idée de préparer la résistance, renforçant ainsi son isolement tout en affaiblissant ses relations avec les espaces avoisinant, Marrakech et les régions du Nord. Cette période a été aussi celle des missionnaires français qui prônaient la pacification. Pour ses derniers, l’accès à la montagne était dangereux, ils furent donc obligés de trouver des combines. Pour accéder le Haut Atlas, Segonzac s’est travestit en serviteur d’un Chrif de l’Atlas. Et c’est en se déguisant en mendiant qu’il a pu mené à bien son voyage dans le Rif. Ses explorations avaient pour objectif, des reconnaissances militaires et touristiques. Au commencement du 20ème siècle et malgré l’état de guerre dans la région du Haut Atlas, des ingénieurs, scientifiques et militaires ont renoué avec l’exploration et l’étude dans le but de prouver l’intérêt touristique de l’atlas. La mise en tourisme de la montagne en cette période coloniale fut possible grâce à des travaux de repérages et de reconnaissance des circuits. En 1922, le marquis de Segonzac tente l’ascension du point le plus élevé de l’atlas. De son prisme de l’époque, c’était l’Adrar Takherkhort (2631m). Cette ascension lui a permi de découvrir la suprématie d’un autre sommet vers le sud. C’est ainsi qu’en 1923, après une double tentative, qu’il fut le premier européen à atteindre le sommet de Toubkal (4167 m). Les explorateurs de cette période se sont principalement focalisés sur la zone du Toubkal, cette disposition s’est poursuivie lors des deux décennies suivantes, ponctués par la conquête de la majorité des sommets dans une forme plus touristiques. La Phase Post-Coloniale Plusieurs étapes ont façonné l’histoire marocaines du tourisme post-colonial. La plus illustre étant celle des années 1980, avec l’instauration d’un projet de coopération bilatérale avec la France. malheureusement, l’activité touristique est restée dépendante de l’héritage colonial en l’absence d’initiative nationale et locale. Au crépuscule de la colonisation, le secteur du tourisme en montagne fut longtemps délaissé par le ministère du tourisme et les pouvoirs publics, qui ont longtemps privilégié Le tourisme balnéaire et culturel. Même si elles n’étaient que deux dans le paysages, gérées par des guides français, on pouvait trouver quelques agences de voyages et guides qui ont fait de la montagne marocaine leur terrain de prédilection. La douzaine de personnes employées dans ce domaines sont majoritairement étrangères, ou des marocains travaillant avec des agences européennes. Le club Alpin Francais et les tours opérateurs Français ou anglais étaient à l’initiative de nombreux voyages. Des excursions dans le terrain de jeu étaient essentiellement les sommets de Toubkal et M’goun (4071 m). Lors de ces voyages, les hébergements et les autres prestations, tel que l’accompagnement, le portage de bagages et le service des muletiers, rentrés dans un cadre informel, en l’absence de structures officielles et d’arsenal juridique organisant cette filières. Cette officialisation ne fut effective qu’en 1987 avec la création de la cellule montagne au sein de la direction des aménagements et équipements touristiques au niveau du ministère de tourisme. Cette cellule à été au cœur d’un projet lancé en