L’OMS demande des études et des données supplémentaires sur l’origine du virus SARS-CoV-2 et rappelle que toutes les hypothèses restent ouvertes

Le rapport établi par l’équipe internationale sur sa mission de terrain à Wuhan, menée du 14 janvier au 10 février 2021, a été publié mardi 30 mars. Le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé à la conduite d’études supplémentaires. Le rapport découle d’une résolution adoptée par les États Membres à l’unanimité lors de l’Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue en mai 2020. Dans cette résolution, l’OMS était priée « d’identifier la source zoonotique du virus et de déterminer par quelle voie il s’[était] introduit dans la population humaine, y compris en examinant le rôle potentiel d’hôtes intermédiaires, notamment moyennant des missions scientifiques et des missions de collaboration sur le terrain ». Dans les remarques qu’il a adressées aux États Membres aujourd’hui, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a reçu le rapport complet ce week-end, a remercié l’équipe pour son travail inlassable. Il a affirmé que cela faisait considérablement progresser notre compréhension, tout en soulevant des questions qui devront être traitées dans le cadre d’études supplémentaires, comme l’indique le rapport lui-même. « Du point de vue de l’OMS, toutes les hypothèses restent sur la table. Ce rapport marque un début très important, mais le chemin ne s’arrête pas là. Nous n’avons pas encore trouvé la source du virus et nous devons continuer de suivre les éléments scientifiques et d’explorer toutes les pistes possibles », a-t-il ajouté. « Trouver l’origine d’un virus est un travail de longue haleine et nous devons au monde d’en établir la source afin de pouvoir prendre collectivement des mesures pour réduire le risque que cela ne se reproduise. Une seule mission d’enquête ne peut suffire à apporter toutes les réponses. »

Ebola en RDC : lancement d’un essai clinique pour évaluer l’efficacité des médicaments utilisés

Ebola en RDC : lancement d’un essai clinique pour évaluer l’efficacité des médicaments utilisés

Le ministère de la santé de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé lundi qu’un essai clinique avait commencé pour évaluer l’efficacité et la sécurité des médicaments utilisés dans le traitement des patients atteints du virus Ebola au Nord-Kivu. « Jusqu’à présent, les patients étaient traités selon un protocole d’utilisation compassionnelle, avec des médicaments prometteurs et présentant un bon profil d’innocuité en laboratoire. Le pas de géant que la RDC prend maintenant clarifiera ce qui fonctionne le mieux et sauvera de nombreuses vies dans les années à venir », a déclaré le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Bien que notre objectif reste de mettre un terme à cette épidémie, le lancement de l’essai contrôlé randomisé en RDC constitue une étape importante vers la découverte définitive d’un traitement Ebola qui sauvera des vies », a-t-il ajouté. Il s’agit du tout premier essai multi-médicaments pour un traitement contre Ebola. Cet essai fera partie d’une étude multi-épidémies et multi-pays acceptée par les partenaires dans le cadre d’une initiative de l’OMS. « Nous espérons ainsi un jour dire que la mort et la souffrance causées par Ebola sont derrière nous », a dit le chef de cette agence onusienne. Jusqu’à présent, plus de 160 patients ont été traités avec des thérapeutiques expérimentales dans un cadre éthique mis au point par l’OMS, en consultation avec des experts sur le terrain et en RDC, appelé Utilisation surveillée en urgence des interventions expérimentales non enregistrées et expérimentales (MEURI). Le protocole MEURI n’a pas été conçu pour évaluer les médicaments. Une fois les protocoles d’essais mis en place, les patients se verront proposer des traitements dans ce cadre dans les établissements où l’essai a commencé. Dans d’autres cas, l’usage compassionnel continuera. Les données recueillies seront utiles pour tirer des conclusions sur la sécurité et l’efficacité des médicaments. « Notre pays est trop souvent frappé par des épidémies d’Ebola, ce qui signifie également que nous avons une expertise unique pour la combattre », a déclaré le Dr Olly Ilunga, ministre congolais de la Santé. « Ces essais contribueront à l’acquisition de ces connaissances, tout en continuant à intervenir sur tous les fronts pour mettre un terme à l’épidémie actuelle ». Recueillir des informations pour mieux traiter à l’avenir En octobre, l’OMS avait convoqué une réunion des organisations internationales, des partenaires des Nations Unies, des pays exposés au risque d’Ebola, des fabricants de médicaments et d’autres acteurs afin de convenir d’un cadre permettant de poursuivre les essais lors de la prochaine épidémie d’Ebola, où et quand elle aura lieu. Au fil du temps, cela conduira à une accumulation de preuves qui aideront à tirer des conclusions solides d’une épidémie à l’autre sur les médicaments actuellement disponibles et sur tout nouveau médicament susceptible de se présenter. L’objectif central du plan à long terme et des essais en cours est toujours de garantir que les patients atteints d’Ebola et leurs communautés soient traités avec respect et équité. L’OMS souligne que tous les patients devraient recevoir les soins de la plus haute qualité et avoir accès aux médicaments les plus prometteurs. L’essai en cours est coordonné par l’OMS et dirigé et parrainé par l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC (INRB), en partenariat avec le ministère de la Santé de la RDC, l’Institut national de l’allergie et des maladies infectieuses (NIAID), l’Alliance pour l’action médicale internationale (ALIMA) et d’autres organisations.

La 71e Assemblée mondiale de la Santé s’achève sur de nouvelles orientations

La 71e Assemblée mondiale de la Santé s’achève sur de nouvelles orientations

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, a dit aux délégués à l’Assemblée mondiale de la Santé qu’ils avaient donné une nouvelle orientation à l’Organisation. Dans son allocution de clôture de l’Assemblée, il a déclaré que, désormais, tout ce que ferait l’OMS serait évalué par rapport aux cibles du «triple milliard» qui ont été approuvées cette semaine dans le cadre du nouveau plan stratégique quinquennal de l’Organisation. Ces cibles, à atteindre d’ici à 2023, sont les suivantes: 1 milliard de personnes supplémentaires bénéficiant de la couverture sanitaire universelle; 1 milliard de personnes supplémentaires mieux protégées face aux situations d’urgence sanitaire; 1 milliard de personnes supplémentaires bénéficiant d’un meilleur état de santé et de plus de bien-être. Le dernier jour de l’Assemblée, les délégués sont également parvenus à un accord sur la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, et sur le confinement des poliovirus. Nutrition Les délégués ont renouvelé, à l’unanimité, leur engagement à investir dans les politiques et les programmes d’amélioration de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, et à porter ces programmes à plus grande échelle. Les États Membres ont examiné les efforts déployés pour atteindre les cibles mondiales sur la nutrition et en ont conclu que les progrès avaient été lents et inégaux. Ils ont toutefois noté une légère progression dans la réduction du retard de croissance; en effet, le nombre d’enfants de moins de cinq ans présentant ce type de retard a été ramené de 169 millions en 2010 à 151 millions en 2017. L’OMS dirige une action mondiale pour améliorer la nutrition et notamment une initiative mondiale afin que tous les hôpitaux soient adaptés à l’accueil des nourrissons, pour porter à plus grande échelle la prévention de l’anémie chez l’adolescente et pour prévenir le surpoids chez l’enfant grâce à des conseils sur l’alimentation complémentaire. Un nouveau rapport sur l’application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel a été présenté. Il montre que six pays supplémentaires ont adopté ou renforcé, en 2017, la législation visant à réglementer la commercialisation des substituts du lait maternel. Poliomyélite Alors que les niveaux de transmission du poliovirus sauvage sont plus faibles que jamais et que le monde est plus près que jamais d’être déclaré exempt de poliomyélite, les débats ont porté sur la façon de libérer durablement le monde de la poliomyélite. En mai 2018, seuls neuf cas dus au poliovirus sauvage avaient été notifiés dans deux pays seulement: l’Afghanistan et le Pakistan. Les délégués ont examiné les plans d’urgence pour interrompre la transmission des dernières souches de virus restantes. Dans le cadre de la préparation pour un monde sans poliomyélite, les activités mondiales de confinement continuent à s’intensifier et les États Membres ont adopté une résolution historique sur le confinement des poliovirus. Après l’éradication, les poliovirus continueront à être conservés dans un nombre limité d’établissements pour assurer des fonctions essentielles aux niveaux national et international telles que la production de vaccins antipoliomyélitiques ou la recherche. Il est crucial que les poliovirus soient correctement confinés, dans des conditions de sûreté et de sécurité biologiques strictes lors de leur manipulation et de leur stockage, afin qu’ils ne soient pas disséminés dans l’environnement – accidentellement ou intentionnellement – et n’entraînent pas à nouveau de flambées dans des populations sensibles. Les États Membres se sont massivement engagés à mettre en œuvre et à financer intégralement, à très court terme, toutes les stratégies visant à libérer durablement le monde de la poliomyélite. Le représentant du Rotary International, qui s’exprimait au nom de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (dont sont membres l’OMS, le Rotary, les CDC, l’UNICEF et la Fondation Bill & Melinda Gates), a passionnément plaidé auprès de la communauté internationale en faveur de l’éradication d’une maladie humaine pour la deuxième fois seulement dans l’histoire et pour que plus aucun enfant, où qu’il se trouve, ne soit jamais paralysé par un poliovirus quel qu’il soit. Allocution de clôture Dans son allocution de clôture de l’Assemblée de cette année, le Dr Tedros a dit que partout où il allait, il recevait le même message: la santé est un pont vers la paix. «La santé peut changer la vie d’une personne mais aussi transformer les familles, les communautés et les nations», a-t-il fait remarquer aux délégués. Il a également précisé que le nouveau plan stratégique quinquennal de l’Organisation appelait l’OMS à mesurer ses succès non pas selon ses résultats mais selon ses réalisations, c’est-à-dire en fonction de l’impact mesurable qu’elle a là où c’est le plus important – dans les pays. «En fin de compte, nous ne sommes pas au service des gens qui ont le pouvoir mais au service des gens qui n’ont pas de pouvoir», a dit le Directeur général. Il a précisé aux délégués que pour savoir vraiment si les débats de cette semaine à l’Assemblée ont été fructueux, il faudra déterminer s’ils se sont traduits par de vrais changements sur le terrain, et il a appelé les délégués à rentrer dans leur pays en étant plus déterminés que jamais à œuvrer chaque jour pour la santé de la population. «L’engagement dont j’ai été témoin cette semaine me remplit d’espoir et me permet d’être sûr qu’ensemble nous pouvons promouvoir la santé, préserver la sécurité mondiale, et servir les populations vulnérables», a-t-il conclu.

De nouvelles données de l’OMS indiquent une accélération des efforts pour éliminer l’hépatite

De nouvelles données de l’OMS indiquent une accélération des efforts pour éliminer l’hépatite

«Il est encourageant de voir que les pays matérialisent leur engagement en action pour combattre l’hépatite», s’est félicité le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimant que la définition d’interventions ayant un fort impact est une étape essentielle vers l’élimination de cette maladie dévastatrice. « De nombreux pays ont réussi à étendre la vaccination contre l’hépatite B. Nous devons désormais en faire plus pour étendre l’accès au diagnostic et au traitement », a-t-il lancé. Selon les nouvelles données de l’organisation onusienne, plus de 86% des pays examinés (28 pays, dnr) ont fixé des cibles pour l’élimination de l’hépatite et plus de 70% ont commencé à élaborer des plans nationaux pour permettre l’accès à une prévention efficace, au diagnostic, au traitement et aux services de soins. Autre bonne nouvelle, « près de la moitié des pays couverts par l’enquête visent l’élimination en donnant l’accès universel au traitement de l’hépatite », a noté l’OMS qui reste préoccupée par le fait que les progrès doivent encore s’accélérer. Directeur à l’OMS du Département VIH/sida et du Programme mondial de lutte contre l’hépatite, le Dr Gottfried Hirnschall a en effet constaté que la dynamique de l’action nationale contre l’hépatite se renforce. Il déplore toutefois le fait que « pas plus d’une personne sur 10 porteuses du virus sait qu’elle est infectée et peut accéder au traitement. C’est inacceptable ». Ainsi, a-t-il estimé, «pour faire de l’élimination de l’hépatite une réalité, les pays doivent accélérer leurs efforts et augmenter leurs investissements dans les soins indispensables. Il n’y a tout simplement aucune raison pour que des millions et des millions de personnes n’aient pas été encore dépistées et ne puissent pas avoir accès à un traitement dont elles ont absolument besoin.» Selon l’OMS, quelque 325 millions de personnes étaient affectées par l’hépatite en 2015, dont 257 millions par l’hépatite B et 71 millions par l’hépatite C, les deux principaux facteurs de mortalité parmi les cinq types d’hépatite. « L’hépatite virale a provoqué 1,34 million de décès en 2015, un chiffre proche du nombre de morts par tuberculose et dépassant celui des décès liés au VIH », a rappelé l’organisation.

OMS: les politiques de lutte antitabac ont largement progressé

OMS: les politiques de lutte antitabac ont largement progressé

Dans un récent rapport sur l’épidémie mondiale de tabagisme, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé que davantage de pays ont mis en œuvre des politiques de lutte antitabac, allant des mises en garde illustrées sur les paquets aux zones non-fumeurs, en passant par des interdictions de la publicité. Selon l’OMS, environ 4,7 milliards de personnes, soit 63% de la population mondiale, sont couvertes par au moins une mesure globale de lutte antitabac. Par rapport à 2007, quand seulement 1 milliard de personnes et 15% de la population étaient protégées, le chiffre a quadruplé. Les stratégies pour la mise en œuvre de ces politiques ont sauvé des millions de personnes d’une mort prématurée. Cependant, relève le rapport, l’industrie du tabac continue d’entraver les efforts des gouvernements pour appliquer pleinement les interventions qui sauvent des vies et permettent des économies. Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, « les gouvernements ne doivent pas perdre de temps pour intégrer toutes les dispositions de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac dans leurs programmes et politiques nationaux de lutte contre le tabagisme. Ils doivent aussi prendre des mesures autoritaires contre le commerce illicite du tabac, qui aggrave exacerbe l’épidémie mondiale de tabagisme et les conséquences aux niveaux sanitaire et socioéconomique.» Le responsable de l’agence onusienne est persuadé qu’« en travaillant ensemble, les pays peuvent éviter que, chaque année, des millions de personnes meurent de maladies liées au tabagisme et ainsi économiser des milliards de dollars par an en dépenses de santé et en perte de productivité». Aujourd’hui, 4,7 milliards de personnes sont protégées par au moins une mesure relative à une «meilleure pratique» figurant dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, soit 3,6 milliards de plus qu’en 2007 selon le rapport. C’est grâce aux l’intensification de l’action par les gouvernements qui ont redoublé d’efforts pour appliquer les mesures phares de la Convention-cadre qui a permis ce progrès a pu être enregistré. A signaler que les stratégies pour soutenir l’application des mesures de réduction de la demande dans la Convention-cadre, comme les mesures «MPOWER», ont sauvé des millions de personnes d’un décès prématuré et permis d’économiser des centaines de milliards de dollars au cours des 10 dernières années. Pour rappel, ce programme a été mis en place en 2008 pour faciliter l’action des gouvernements concernant 6 stratégies de lutte conformes à la Convention-cadre. A savoir: surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention (Monitor); protéger la population contre la fumée du tabac (Protect); offrir une aide à ceux qui veulent arrêter le tabac (Offer); mettre en garde contre les méfaits du tabagisme (Warn); faire respecter l’interdiction de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage (Enforce); et augmenter les taxes sur le tabac (Raise). Avec CP

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le nouveau Directeur général de l’OMS, prend ses fonctions

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le nouveau Directeur général de l’OMS, prend ses fonctions

Ancien ministre de la Santé puis des Affaires étrangères de l’Éthiopie, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a pris ses fonctions de directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ce samedi 1er juillet. Elu en mai dernier pour un mandat de 5 ans, le nouveau responsable de l’agence onusienne succède au Dr Margaret Chan. Il entend poursuivre cinq priorités. A savoir: parvenir à la couverture sanitaire universelle, renforcer la capacité des pays et des communautés locales à détecter, prévenir et gérer les urgences sanitaires; améliorer la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents; réduire les répercussions sur la santé des changements climatiques et environnementaux; et construire une OMS transformée, transparente et responsable, rappelle une note de l’organisation. «Ensemble pour un monde plus sain» Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus veut un monde où chacun peut mener une vie saine et productive, quelle que soit son identité ou son lieu de vie. Il est persuadé « qu’engagement mondial pour le développement durable, partie intégrante des Objectifs de développement durable, est une chance unique d’agir sur les facteurs sociaux, économiques et politiques déterminants de la santé et d’améliorer la santé et le bien-être de chacune et chacun, partout dans le monde ». Pour que cette vision se réalise, le directeur général de l’OMS pense qu’il faut faire de l’institution dont il a désormais la charge « une organisation forte et efficace qui peut répondre aux nouveaux défis et atteindre les Objectifs de développement durable dans le domaine de la santé. » Pour ce faire, il explique que l’OMS « a besoin d’un leadership redynamisé qui combine les compétences requises dans les domaines de la santé publique, de la diplomatie et de la politique pour aborder les défis les plus urgents. » Pour information, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus est aussi président de plusieurs partenariats internationaux.