Tunisie/élections locales : un taux de participation de 11,66% à la fermeture des bureaux de vote

Tunisie/élections locales : un taux de participation de 11,66% à la fermeture des bureaux de vote

Après la fermeture de tous les bureaux de vote pour les élections locales tunisiennes, le taux de participation s’était établi à 11,66%, a annoncé Farouk Bouasker, président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) de la Tunisie. Lors d’un point de presse à Tunis, M. Bouasker a rappelé que le scrutin s’était déroulé dans les 2.155 circonscriptions électorales réparties sur les 24 provinces du pays et représentant les 2.085 unités administratives élémentaires. Selon lui, 32,37% des électeurs ayant voté ce dimanche étaient des femmes, alors que 19,51% étaient âgés de moins de 35 ans et que 50,15% appartenaient à la catégorie de 36-60 ans. « Malgré la complexité de la mission, aucune infraction, d’ordre organisationnel ou encore logistique, n’a été signalée lors de ce processus (…) les résultats préliminaires seront proclamés au plus tard, le 27 décembre 2023 », a souligné M. Bouasker. D’ici le printemps prochain, tous les conseils locaux et régionaux ainsi que le Conseil national des régions et districts seront mis en place officiellement et opérationnels », a fait savoir le chef de l’ISIE. Environ neuf millions d’électeurs tunisiens ont été attendus aux urnes ce dimanche pour élire 2.434 conseillers locaux sur 7.205 candidats, dont 1.028 personnes à mobilité réduire. Le calendrier électoral de l’ISIE prévoit que les résultats définitifs soient proclamés avant le 27 janvier 2024, après expiration des délais de recours. Ces élections permettront à 2.434 conseillers locaux (qui seront élus) de composer, plus tard, le futur Conseil national des régions et des districts, la deuxième chambre du Parlement tunisien. La Constitution de la Tunisie, adoptée par référendum en juillet 2022, institue un parlement bicaméral, qui est composé de l’Assemblée des représentants du peupls (ARP, chambre basse) et du futur Conseil national des régions et des districts (chambre haute).

Tchad/présidentielle : le pouvoir et l’opposition divisés sur le taux de participation

Alors que les bureaux de vote pour la présidentielle ont à peine fermé ce dimanche soir au Tchad, le parti au pouvoir et l’opposition sont divisés sur le taux de participation des électeurs : une victoire de la démocratie, selon le parti au pouvoir, et une victoire du boycott, d’après l’opposition. « La démocratie a triomphé. Les Tchadiens ont donné une grande leçon démocratique. Les électeurs ont bravé la distance, la chaleur et le discours de la peur. Un signal politique très fort a été envoyé », a déclaré à la presse dimanche soir le secrétaire général du Mouvement patriotique du salut (au pouvoir), Mahamat Zen Bada, également directeur de campagne du président Idriss Déby, candidat à sa propre succession. « Les Tchadiens ont démontré à la face du monde le degré de civisme et d’attachement à la démocratie. Cette forte mobilisation des électeurs donne une mesure juste des appels au boycott », a ajouté M. Zen Bada, qui a reconnu en même temps des « insuffisances mineures » dans l’organisation du scrutin. L’opposant Saleh Kebzabo, rival historique de M. Déby qui s’est retiré du processus électoral, a quant à lui salué une « victoire importante du boycott », en qualifiant le scrutin de « simulacre ». « Nulle part dans tout le pays n’a été constaté une file quelconque d’électeurs en attente, comme on le voit habituellement », a indiqué M. Kebzabo. Il a même avancé un taux de participation, « moins de 10% des électeurs ont fait le déplacement pour voter. » M. Kebzabo a félicité ses compatriotes pour avoir fait « preuve d’un patriotisme » par leur « engagement pour un Tchad nouveau ». De son côté, M. Zen Bada a également félicité les Tchadiens qui ont su « déjouer les pièges » du boycott et appelé l’opposition à se plier aux vœux exprimés par le peuple tchadien. « Ils (les opposants) doivent saisir la main qui leur est tendue », a conclu M. Zen Bada. Le scrutin de dimanche se déroule dans un contexte social et politique tendu. Lors de son meeting de clôture de la campagne électorale tenu vendredi dernier dans la capitale N’Djamena, M. Déby avait assuré à ses militants qu’il allait gagner. Selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ce sont au total 7.388.348 électeurs, dont 49,24% d’hommes et 50,76% de femmes, qui devraient aller voter. Les résultats provisoires sont attendus d’ici deux semaines. 

Le taux de participation de la main d’œuvre féminine marocaine peine à se redresser

Le taux de participation de la main d’œuvre féminine marocaine peine à se redresser

Le Maroc, à l’instar d’autres pays de la région MENA (Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord), enregistre un taux de participation des femmes au marché du travail parmi les plus faibles au monde, relève une étude sur les coûts économiques des inégalités de genre dans le marché du travail au Maroc. D’après cette étude, publiée par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) et ONU-Femmes, «plusieurs obstacles jugés principaux et d’autres complémentaires peuvent être à l’origine de la faible participation des femmes au marché du travail». En effet, l’étude pointe du doigt, en l’occurrence, les normes liées au genre, le cadre juridique, la structure de l’économie et du marché du travail, le capital humain. Elle soutient que ces facteurs influencent à la fois l’offre et la demande de travail. Se référant aux données du Haut-commissariat au plan (HCP), l’étude indique que le taux d’activité au Maroc s’est établi en 2019 à 21,5% pour les femmes contre 71% pour les hommes ; tandis que le taux d’emploi s’est élevé à 18,6% contre 65,5% pour les hommes. Pour la DEPF, qui relève du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, l’analyse des statistiques montre que «le Maroc accuse non seulement un retard par rapport aux niveaux mondiaux de participation des femmes à la population active, mais il enregistre également une tendance inverse, avec une réduction de 24% des taux d’activité depuis 2000». Si l’on en croit les auteurs de ladite étude, cette tendance n’est que partiellement attribuable à la conjoncture économique ou à d’autres facteurs structurels, au regard du fait que sur la même période, les taux d’emploi et d’activité des hommes n’ont reculé que respectivement de 4% et de 10%. Il est important de préciser que, pour cerner les facteurs déterminant l’accès des femmes à l’activité au Maroc, l’étude s’est appuyée sur les données émanant du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2014). D’après les auteurs, ils se sont focalisés sur la population urbaine en âge de travailler (à savoir les personnes âgées de 15 à 60 ans), tout en excluant les étudiants et ce, afin de se concentrer sur le choix de l’emploi au lieu des choix liés à la scolarisation. C’est ainsi qu’une analyse multivariée a été appliquée permettant d’estimer économétriquement l’emploi féminin moyennant la méthode d’estimation «probit», précise-t-on. Il est ainsi ressorti que «les contraintes familiales, en l’occurrence le nombre d’enfants à charge, constituent un obstacle important orientant la décision des femmes d’intégrer le marché du travail», souligne l’étude affirmant que ces mêmes contraintes sont largement à l’origine du recours des femmes au marché du travail en quête de sources de revenus additionnelles. A ce facteur s’ajoute une réalité bien connue de tous : la proportion de femmes dans le ménage affecte sensiblement leur accès au travail du fait qu’un poids élevé des femmes dans un ménage leur procure plus de chance d’accéder à l’autonomie économique, fait savoir l’étude. «Pour ce qui est de l’effet de l’éducation sur l’accès des femmes à l’activité, les analyses effectuées font état d’effets contrastés en fonction des secteurs d’activité», poursuit la même source. Si les niveaux d’éducation du primaire au secondaire collégial exercent un effet positif sur la probabilité de l’emploi des femmes dans l’industrie, les statistiques tendent à montrer que «l’accès au niveau d’étude supérieur impacte négativement la probabilité de l’emploi des femmes dans ce secteur», note l’étude précisant que le statut dominant des employées dans l’industrie étant celui d’ouvrier sans généralement une qualification. L’étude, produite avec le soutien financier de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (AFD), affirme en revanche que l’accès aux études qualifiantes et supérieures impacte positivement la probabilité de l’emploi des femmes dans le secteur des services. A noter que «l’effet de l’accès à l’éducation (valable pour les quatre niveaux étudiés) est très important pour que les femmes aient une chance d’accéder à un emploi dans le secteur public», selon les auteurs qui notent, à cet égard, que les femmes diplômées sont très concentrées dans le fonctionnariat. En effet, plus de la moitié des femmes diplômées du supérieur (55%) en activité sont embauchées dans le secteur public contre moins d’un tiers (28%) dans les services. Selon toujours cette étude, près de 54% des femmes fonctionnaires disposent de diplôme d’études supérieures et 30% d’entre elles d’un diplôme du niveau secondaire. Alain Bouithy