Centrafrique : « l’embargo sur les armes ne concerne plus les forces gouvernementales », affirme Sylvie Baïpo Temon

Centrafrique : « l’embargo sur les armes ne concerne plus les forces gouvernementales », affirme Sylvie Baïpo Temon

Après plusieurs ambiguïtés autour de la question de levée de l’embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine, la ministre des Affaires étrangères sort du silence et apporte des précisions. Sylvie Baïpo Temon assure que dorénavant, cette décision ne concerne plus les forces gouvernementales. A en croire la cheffe de la diplomatie centrafricaine, l’embargo n’est plus applicable aux forces gouvernementales, notamment, les Forces armées centrafricaines et les forces de sécurité intérieure. Seulement, il revient aux autorités centrafricaines de notifier au Conseil de sécurité de l’Onu, tout besoin d’approvisionnement en armes de guerre. « Aujourd’hui, ce texte ne s’applique pas aux forces régulières«  « Jusqu’à ce 29 juillet, et cela depuis 2013, nous avons parlé de l’embargo sur les armes qui pesait sur les forces régulières centrafricaines. Mais aujourd’hui, il y a un texte qui dit que ce texte de limitation d’accès aux armes ne s’applique pas aux forces régulières centrafricaines » affirme Sylvie Baïpo Temon, ministre centrafricaine des Affaires étrangères.  Même si le titre du document mentionne le maintien de l’embargo, Sylvie Baïpo Temon, explique qu’il ne concerne que les groupes armés. « Le contenu dit bien qu’il y a eu exemption«  « Ce texte s’applique aux groupes armés. Lesquels sont illégitimes et n’ont pas le droit d’avoir les armes. Cinq pays, dont deux Etats membres permanents, ont voté abstention. Parce qu’ils voulaient manifester cette ambiguïté sur un texte qui fait le buzz médiatique sur les gros titres, mais qui dans le contenu, dit le contraire. Ainsi, j’invite les gens à ne pas se limiter aux gros titres mais plutôt aux contenus » précise la cheffe de la diplomatie centrafricaine. De son côté, le gouvernement se dit satisfait de la décision du Conseil de sécurité de l’Onu. Toutefois, il regrette la citation directe des groupes armés dans ce document. Une manière, selon la ministre des Affaires étrangères, de les légitimer. Imposé par le Conseil de sécurité de l’Onu en 2013, l’embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine fait suite au renversement, par un coup d’Etat, du régime de l’ancien président François Bozizé par une coalition de rebelles dénommée Séléka.

Centrafrique: une mission gouvernementale dépêchée au Tchad

Centrafrique: une mission gouvernementale dépêchée au Tchad

Deux jours après l’incident diplomatique entre la République centrafricaine et son voisin tchadien, les regards sont toujours tournés vers la facilitation pour un dénouement diplomatique de la crise. Ceci, après l’offre de Bangui de mettre en place une mission d’enquête bilatérale sur les incidents qui ont mis à mal l’entente entre les deux pays. Offre timidement accueillie par Ndjamena qui souhaite une enquête internationale. Trois ministres centrafricains de la Défense, de la Sécurité et des Affaires étrangères sont dépêchés à Ndjamena. Ils vont tenter de désamorcer la crise diplomatique entre la République centrafricaine et le Tchad. Cette mission intervient alors que le Tchad a renforcé son dispositif sécuritaire à la frontière avec la RCA, notamment à Sourou, localité où se sont déroulés les événements du dimanche 30 mai 2021. L’approche est d’abord bilatérale, selon le gouvernement centrafricain. Son porte-parole, Ange Maxime Kazagui, met sur la table l’offre d’une mission mixte d’enquête Tchad-RCA pour faire la lumière sur les faits ayant mis à mal la coopération entre ces deux pays frères. Mais un communiqué de Mahamat Cherif Zene, ministre des Affaires étrangères tchadien, parle « d’acte prémédité, planifié et opéré qui ne restera pas impuni ». En réaction à l’offre de Bangui, le ministre porte-parole du gouvernement tchadien demande plutôt une enquête internationale. De leur côté, les ressortissants de ces deux pays appellent à la prudence et à la retenue. Sur les réseaux sociaux, certains internautes interpellent les autorités de ces deux peuples à ne pas tomber dans la manipulation. « Nous déconseillons formellement aux autorités tchadiennes de faire la guerre à la Centrafrique, car les deux peuples n’ont pas de problèmes », a indiqué sur son compte Facebook, un blogueur tchadien vivant au Canada. Pour le moment, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale dont les deux pays sont membres, ne s’est pas encore prononcée sur cette affaire. La mission centrafricaine de « haut niveau » aura la responsabilité de calmer le jeu et faire revenir Ndjamena autour de la table de discussion. Cet incident, faut-il le rappeler, intervient après la fermeture unilatérale des frontières avec le Tchad par Ndjamena en 2014.