Maroc/Chômage. Les jeunes, les femmes et les diplômés toujours les plus touchés 

Maroc/Chômage. Les jeunes, les femmes et les diplômés toujours les plus touchés 

La légère baisse du chômage en 2025 ne change pas fondamentalement la donne Le taux de chômage a enregistré une baisse modérée en 2025, selon les chiffres publiés par le Haut-Commissariat au plan (HCP). Cette légère amélioration n’a toutefois pas fondamentalement changé la donne pour les jeunes, les femmes et les diplômés qui restent les plus touchés. Entre 2024 et 2025, « le taux de chômage est passé de 13,3% à 13% au niveau national », a indiqué l’institution publique précisant qu’il est passé de 6,8% à 6,6% (-0,2 point) en milieu rural et de 16,9% à 16,4% en milieu urbain (-0,5 point). L’analyse des données recueillies montre que le nombre de chômeurs a reculé de 17.000 personnes, passant de 1.638.000 à 1.621.000 chômeurs, ce qui correspond à une baisse de 1%. Selon les explications de l’institution, « cette baisse est la conséquence d’une diminution de 9.000 chômeurs en milieu urbain et de 8.000 en milieu rural ». Une amélioration en trompe-l’œil. En effet, à bien y voir,  ce taux reste  plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%), a fait savoir l’organisme dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2025. Cette situation révèle les difficultés d’insertion professionnelle de ces catégories et l’inadéquation entre formation et besoins du marché. Autre point important relevé dans la note, en 2025, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée. D’après la même source, « la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8% ».  Ainsi, la durée moyenne de chômage est passée de 31 à 33 mois. Il est à préciser que 36,6% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite à l’arrêt ou à l’achèvement des études ou formation et 25,4% suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement. Petite note positive : à l’inverse des trois catégories suscitées, le taux de chômage est passé de 21% à 20,9% (-0,1 point) parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 7,6% à 7,2% (-0,4 point) pour les personnes âgées de 35 à 44 ans, et de 4% à 3,6% (-0,4 point) pour celles âgés de 45 ans et plus, a également fait remarquer l’institution. Le sous-emploi affiche une progression notable, aussi bien en milieu urbain que rural Autre évolution préoccupante : durant la même période,  le taux de sous-emploi a bondi de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural. Il faut dire que « le volume du sous-emploi est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural », comme le relève l’institution dans son rapport. De quoi susciter l’inquiétude d’autant plus que « tous les secteurs d’activité économique ont connu une hausse du taux de sous-emploi », selon un constat du HCP. Précisons à ce sujet que le secteur des « BTP » enregistre la hausse la plus importante, avec +2,1 points (de 19,6% à 21,7%), suivi du secteur de l’« agriculture, forêt et pêche » avec +0,8 point (de 12,1% à 12,9%), du secteur de l’« industrie » avec +0,8 point (de 6,3% à 7,1%) et du secteur des « services » avec +0,5 point (de 7,9% à 8,4%), comme l’a fait remarquer l’organisme. Alain Bouithy

Maroc. Le marché du travail reste miné par le sous-emploi et la baisse de l’activité

Maroc. Le marché du travail reste miné par le sous-emploi et la baisse de l’activité

Malgré un léger recul du chômage au 3ème trimestre de  2025  La nouvelle aurait pu être bonne pour le marché du travail. Mais avec la hausse du sous-emploi et le recul du taux d’activité et d’emploi, la baisse de 0,5 point du taux de chômage au troisième trimestre de 2025 ne change pas grand-chose à une situation qui demeure préoccupante à bien des égards. Selon les statistiques publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), entre le troisième trimestre de l’année 2024 et celui de 2025, le nombre de chômeurs a baissé de 55.000 personnes. Après une diminution de 29.000 chômeurs en milieu urbain et de 25.000 en milieu rural, il est passé de 1.683.000 à 1.629.000 chômeurs. «Ce qui correspond à une diminution de 3%», a précisé l’institution publique. Ainsi, «le taux de chômage a reculé  de 0,5 point, passant de 13,6% à 13,1%, de 0,7 point en milieu urbain, passant de 17% à 16,3%, et de 0,5 point en milieu rural, de 7,4% à 6,9%», a fait savoir le HCP dans sa note d’information  relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre de 2025. D’après la même source, toutes les catégories de la population ont connu une baisse du taux de chômage, à l’exception des femmes, pour lesquelles le taux de chômage a enregistré une hausse de 0,8 point, passant de 20,8% à 21,6%. Entre le troisième trimestre de 2024 et la même période de 2025, le chômage a reculé d’un point parmi les hommes, passant de 11,6% à 10,6%, a poursuivi l’organisme ajoutant qu’« il a également baissé de 1,1 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 39,5% à 38,4%, de 0,8 point parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans, de 7,7% à 6,9% ». Mais en dépit de ces reculs, le sous-emploi et le taux d’activité et d’emploi continuent de gangrener  le marché du travail. En effet, au cours de cette période, le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 133.000 personnes. Les données recueillies montrent qu’il est passé de 1.066.000 à 1.199.000 personnes au niveau national, de 590.000 à 651.000 personnes en milieu urbain et de 476.000 à 549.000 en milieu rural. Ainsi, «le taux de sous-emploi est ainsi passé de 10% à 11,1% au niveau national, de 8,8% à 9,5% en milieu urbain et de 12% à 13,8% en milieu rural», a fait remarquer l’institution. Le taux d’activité a de son côté baissé, au niveau national, de 43,6% à 43,3%. Selon les chiffres, il est passé de 45,7% à 45,2% en milieu rural et de 42,5% à 42,3% en milieu urbain. Le taux d’activité des hommes est passé de 68,6% à 68,1% et celui des femmes de 19,2% à 19,1%.  Quant au taux d’emploi, les chiffres suggèrent qu’il a stagné à 37,6% au niveau national. Ce taux a connu une légère baisse de 0,2 point en milieu rural (de 42,3% à 42,1%) et une quasi-stagnation (+0,1 point) en milieu urbain (de 35,3% à 35,4%). De plus, ce taux a augmenté de 0,2 point parmi les hommes, passant de 60,7% à 60,9%, et a baissé de 0,2 point parmi les femmes, de 15,2% à 15%. Alain Bouithy

Maroc : hausse du sous-emploi au deuxième trimestre 2025

Maroc : hausse du sous-emploi au deuxième trimestre 2025

Entre le deuxième trimestre de 2024 et celui de 2025, le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi s’est accru, selon les données publiées récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP). Ces chiffres montrent qu’il est passé de 1.042.000 à 1.147.000 personnes au niveau national, de 552.000 à 635.000 personnes en milieu urbain et de 490.000 à 512.000 en milieu rural. En conséquence, « le taux de sous-emploi est passé de 9,6% à 10,6% au niveau national, de 8,3% à 9,4% en milieu urbain et de 11,6% à 12,4% en milieu rural », a fait savoir l’institution dans sa note d’information relative a la situation du marche du travail au deuxième trimestre de 2025.. D’après le même source, le volume de la population active occupée en situation de sous-emploi en termes de nombre d’heures travaillées est passé de 583.000 à 602.000 personnes au niveau national, tandis que le taux correspondant est passé de 5,4% à 5,5%. la note rapporte en outre que « la population active occupée en situation de sous-emploi en termes d’insuffisance du revenu ou d’inadéquation entre formation et emploi exercé est passée de 459.000 à 545.000 personnes au niveau national ». Et d’ajouter: le taux correspondant s’est accru de 4,2% à 5%. Martin Kam  

Maroc. Le chômage dans une courbe ascendante : C’est chez les jeunes que le bât blesse le plus

Maroc. Le chômage dans une courbe ascendante : C’est chez les jeunes que le bât blesse le plus

Le Haut-commissariat au plan (HCP) présente dans une nouvelle note d’information les principales caractéristiques du chômage et du sous-emploi en 2020. Moins d’une semaine après la publication d’un rapport relatif à la situation du marché de travail en 2020, le nouveau document «dresse le portrait de la population en situation de chômage et de sous-emploi en 2020 et son évolution par rapport à 2019», a indiqué l’institution publique. Dans sa précédente note, le Haut-commissariat soulignait une détérioration de la situation du marché du travail en 2020 caractérisée par une destruction des postes d’emploi, une chute du volume horaire du travail et une hausse du chômage, du sous-emploi et de l’inactivité. Une situation marquée par une hausse de 29% du nombre de chômeurs qui est passé de 1.107.000 à 1.429.000 chômeurs entre 2019 et 2020. Soit une hausse de 322.000 personnes «résultant d’une augmentation de 224.000 chômeurs en milieu urbain et de 98.000 en milieu rural» et enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé. Dans sa dernière note d’information, le HCP relève la forte hausse du taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes, les femmes et les diplômés, soulignant que le taux de chômage a bondi de 2,7 points, entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%. Le Haut-commissariat rappelle qu’entre 2019 et 2020, ce taux s’est accru aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, respectivement de 3,7% à 5,9% et de 12,9% à 15,8%. Tandis que le chômage a affiché une progression aussi bien parmi les hommes que les femmes, respectivement de 7,8% à 10,7%, et de 13,5% à 16,2%. Il est à souligner qu’en 2020, «cette hausse du chômage a concerné toutes les catégories d’âge, mais plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage a augmenté de 6,2 points, passant de 24,9% à 31,2%», a noté l’institution. Selon les dernières données recueillies, le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,8 points parmi les diplômés, passant de 15,7% à 18,5% entre 2019 et 2020. Si les diplômés de niveau moyen ont enregistré la hausse la plus importante de 3,1 points avec un taux à 15,5%, les statistiques montrent que «cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (28,4%), de diplômes en qualification professionnelle (23%) et de diplômes et certificats de l’enseignement fondamental (14,1%)». A en croire les économistes du Haut-commissariat, le taux de chômage des diplômés de niveau supérieur a, de son côté, atteint 23,9%. Il a enregistré sa forte hausse parmi les diplômés supérieurs délivrés par les facultés (26,1%), suivis des techniciens spécialisés et supérieurs (30,6%). En hausse de 13,5 points par rapport à celle enregistrée en 2019, la part des chômeurs ayant déjà travaillé a atteint 56,2% en 2020, alors que celle des primo-demandeurs d’emploi a accusé une baisse de 43,8% l’année dernière contre 57,2% une année auparavant. Le nombre de chômeurs ayant travaillé a augmenté de 331.000 personnes entre 2019 et 2020, passant de 473.000 à 804.000 au niveau national contre une baisse de 8.000 parmi les chômeurs n’ayant jamais travaillé, passant de 633.000 à 625.000, entre 2019 et 2020. Commentant l’évolution de la part du chômage de longue durée (une année ou plus), le HCP note qu’elle a reculé de près de 12 points entre 2019 et 2020, passant de 68,2% à 56,3%. Et d’ajouter qu’en parallèle la durée moyenne de chômage est passée de 36 à 28 mois entre 2019 et 2020. Quant à la part des personnes en chômage, dû au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur, elle s’est de son côté située, en 2020, à 38,7% contre 26,4% une année auparavant. S’agissant du volume des actifs occupés en situation de sous-emploi, il «a augmenté au niveau national, entre 2019 et 2020, de 126.000 personnes, passant de 1.001.000 à 1.127.000 personnes, de 514.000 à 619.000 personnes dans les villes et de 487.000 à 508.000 à la campagne», a indiqué le HCP faisant ainsi savoir que le taux de sous-emploi a atteint 10,7% au niveau national, 10,1% en milieu urbain et 11,6% en milieu rural. Concernant la part du sous-emploi lié à la durée de travail, le Haut-commissariat affirme qu’elle est passée de 38% à 58% durant la même période. Tandis que «le sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a enregistré une baisse de 20 points passant, au cours de la même période, de 62% à 42%», a-t-il relevé estimant, dans ce contexte, que la population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, a atteint, en 2020, 655.000 personnes au niveau national contre 385.000 une année auparavant. Quant à la hausse du sous-emploi lié à la durée de travail, qui a concerné tous les secteurs d’activité économique, l’institution publique a noté que «la hausse la plus élevée est relevée dans le secteur des BTP avec un taux passant de 8% en 2019 à 13,2% en 2020 (+5,2 points), suivi par le secteur de l’industrie y compris l’artisanat avec une hausse de 2,9 points, des services de 2,4 points et de l’agriculture, forêt et pêche de 2,2 points». Alain Bouithy