Guinée : renforcer la résilience climatique et la croissance économique avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour le Projet de pêche et d’aquaculture de Kounki de Guinée.Ce projet vise à renforcer la résilience climatique et à développer la chaîne de valeur dans les communautés de pêche et d’aquaculture dans les zones ciblées. Il s’agit d’améliorer l’adaptation par des opportunités d’emploi accrues, la diversification des moyens de subsistance et l’accès au financement pour les PME du secteur. Le projet prévoit également l’amélioration des infrastructures pour réduire les risques de catastrophe, la promotion de pratiques climatiques intelligentes et le renforcement des systèmes de gestion des pêches et des mangroves grâce à des approches scientifiques et communautaires. En complément des 100 millions de dollars, le projet Kounki bénéficie également d’un cofinancement de 20 millions d’euros de l’Agence française de Développement et d’une subvention de 5 millions de dollars de PROBLUE, portant le montant total à 128 millions de dollars auxquels s’ajoutent 4 millions d’euros issus du Contrat de Désendettement et de Développement France-Guinée (C2D). Ces financements de l’IDA et des partenaires représentent une étape significative dans leur engagement à promouvoir le développement durable et à réduire la pauvreté en Guinée. « Nous nous engageons à soutenir la Guinée dans son parcours vers le développement durable. En investissant dans la résilience des communautés de pêche et d’aquaculture, nous répondons aux défis immédiats, et nous posons également les bases de la croissance économique à long terme et de la sécurité alimentaire, » a déclaré Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale pour la Guinée. « Le projet Kounki permettra de stimuler la transformation structurelle en renforçant la capacité d’adaptation des communautés de pêche et d’aquaculture, particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique. » Le projet Kounki devrait améliorer considérablement les moyens de subsistance des communautés côtières de la Guinée en leur fournissant les outils et les ressources nécessaires pour s’adapter aux impacts du changement climatique. En promouvant des pratiques durables et en améliorant l’accès au financement, le projet vise à favoriser une économie plus résiliente et inclusive. « Le Projet de pêche et d’aquaculture de Kounki marque un tournant stratégique majeur dans notre ambition à transformer le secteur des pêches de la Guinée », a déclaré Mme Fatima Camara, Ministre des pêches et de l’économie maritime. « À travers cet appui substantiel du Groupe de la Banque mondiale et de ses partenaires, nous visons à améliorer les moyens de subsistance de nos communautés, à protéger nos ressources naturelles et à garantir que nos pêches contribuent de manière significative au développement de notre pays. » Le projet Kounki contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la Guinée « Simandou 2040 » et de la Stratégie Halieutique (2022-2027). Il soutiendra les réformes et investissements prioritaires clés liées au renforcement de la gouvernance des pêches, au développement des chaînes de valeur des pêches artisanale et de l’aquaculture, à la protection des écosystèmes et à la création d’un environnement favorable aux investissements du secteur privé. BM
Les dirigeants mondiaux et les institutions se réunissent lors du premier dialogue de haut niveau du FRLD pour faire progresser la résilience climatique et le soutien aux nations vulnérables

Le Fonds pour la réponse aux pertes et dommages (FRLD) a tenu (récemment, DNR) son premier Dialogue de haut niveau en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, sous l’égide du Conseil d’administration du FRLD et en coordination avec le Secrétaire général des Nations Unies. Sous le thème « Renforcer les réponses aux pertes et dommages grâce à la complémentarité, la cohérence et la coordination », le dialogue a réuni des représentants de haut niveau des gouvernements partenaires, des banques multilatérales de développement, des institutions financières internationales, des agences des Nations Unies, des fonds pour le climat, des organisations philanthropiques, des entités de financement des risques et d’assurance, ainsi que des acteurs de la société civile afin de favoriser une action collective en réponse aux effets croissants du changement climatique. Le Dialogue a accueilli des intervenants de haut niveau, notamment le président de la COP29, SE Mukhtar Babayev, des ministres du Pakistan, de l’Afrique du Sud et de l’Allemagne, ainsi que d’autres hauts représentants. Dans leurs allocutions d’ouverture, les coprésidents du conseil d’administration du FRLD, Jean-Christophe Donnellier et Richard Sherman, ont souhaité la bienvenue aux participants et ont souligné l’esprit de solidarité mondiale qui a conduit à la création du Fonds. Ils ont noté que le Dialogue intervient à un moment critique du développement du Fonds et a appelé à un renforcement de la coopération afin d’apporter un soutien rapide et efficace aux nations les plus vulnérables. « Ce Fonds a été lancé pour renforcer notre capacité mondiale à répondre aux pertes et aux dommages, ce qui nécessite une réponse rapide, adéquate, globale et efficace. Il est donc essentiel que nous travaillions ensemble pour rationaliser notre réponse collective mondiale », a souligné M. Donnellier. Le ministre des Finances du Pakistan, Muhammad Aurangzeb, a ajouté qu’il était nécessaire d’accélérer la réponse aux pertes et dommages : « Le changement climatique est une menace existentielle ; nous le vivons. Même avant les inondations de 2022. À mesure que le Fonds devient opérationnel, nous exigeons simplicité et agilité. Nous sommes confrontés à nos propres bureaucraties internes dans nos propres pays. Nous ne pouvons pas prendre des décisions qui prennent des années ; ce dont nous avons besoin, c’est de décaissements rapides. » L’un des moments forts de l’événement a été la présentation des engagements concrets proposés pour accélérer l’action contre les pertes et dommages liés au climat par le directeur exécutif, Ibrahima Cheikh Diong, au nom du Fonds et des institutions financières homologues. Il a réaffirmé l’engagement collectif à unifier les réponses mondiales et à réduire la fragmentation des flux de financement : « Aujourd’hui marque le début d’une nouvelle ère d’action coordonnée, guidée par la solidarité et le leadership mondial. Nous réaffirmons notre engagement collectif avec nos partenaires et les parties engagent à réduire la fragmentation des flux de financement et à veiller à ce que les ressources soient acheminées efficacement vers ceux qui en ont le plus besoin. Notre objectif commun est clair : veiller à ce que les pays les plus vulnérables touchés par les pertes et dommages liés au climat reçoivent un soutien rapide et efficace qui reflète leurs priorités et leurs réalités ». Cela a jeté les bases de deux tables rondes qui ont été examinées comment les institutions peuvent mieux aligner leurs mandats, combler les déficits de financement et établir des partenariats stratégiques. Les participants ont discuté des possibilités de rationaliser l’accès au financement, de soutenir la préparation nationale et les mécanismes de financement préétablis, et de renforcer la collaboration entre les mécanismes de financement tels que les Fonds d’investissement pour le climat, le Fonds d’adaptation, le Réseau de Santiago et Global Shield. La question de la prévention a été soulevée, notamment la meilleure utilisation des données et des technologies. Compte tenu de l’écart entre les financements disponibles et les besoins, une approche prudente et intelligente est nécessaire. « Le Réseau de Santiago et le FRLD sont liés par leur conception, mais aussi par leur objectif. L’une de nos fonctions essentielles est de faciliter l’accès au financement, à la technologie et au renforcement des capacités. Le Réseau de Santiago apporte une boîte à outils existante, une plateforme d’orientation technique et d’assistance technique, ainsi qu’une présence régionale avec 15 membres prêts à fournir un soutien. Il s’agit d’un appel à élargir notre réponse collective aux pertes et dommages. Nous devons collaborer, mais aussi agir de manière synchronisée », a déclaré Carolina Fuentes Castellanos, directrice du secrétariat du Réseau de Santiago. L’événement s’est conclu par des réflexions et des recommandations sur la voie à, soulignant l’ambition du FRLD de commencer à débourser une première enveloppe de 250 millions de dollars, principalement sous forme de subventions à suivre, pour soutenir des interventions menées par les pays et impulsions par les communautés, avec au moins 50 % des fonds réservés aux petits États insulaires en développement (PEID) et aux pays les moins avancés (PMA). Les coprésidents ont réaffirmé l’engagement du Fonds à être une force inclusive et coordinatrice au sein de l’écosystème du financement climatique. Les résultats complets de ce dialogue seront inclus dans le rapport annuel du FRLD qui sera présenté lors de la prochaine COP et CMA, et qui façonnera les futures politiques de financement climatique. Le dialogue ouvrira la voie à un engagement continu, garantissant des mécanismes financiers durables et inclusifs pour les communautés touchées. AMA
Le Guichet d’action climatique de la Banque africaine de développement alloue 31 millions de dollars au renforcement de la résilience climatique dans quatre pays

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un financement de plus de 31 millions de dollars par le biais de son Guichet d’action climatique (CAW) pour renforcer la résilience climatique en Sierra Leone, au Soudan du Sud, à Djibouti et à Madagascar. Le Guichet d’action climatique du Fonds africain de développement du Groupe de la Banque vise à mobiliser 4 milliards de dollars d’ici fin 2025 pour fournir un accès rapide et cohérent au financement climatique, soutenir le cofinancement et donner la priorité aux pays les plus vulnérables, aux États fragiles et à ceux touchés par les conflits. Le Fonds africain de développement est le guichet concessionnel du Groupe de la Banque. Le financement, approuvé en novembre et décembre 2024, soutiendra des projets innovants en réponse au premier appel à propositions de projets de la CAW. Quarante et un projets pionniers d’adaptation au changement climatique, d’une valeur de 321,75 millions de dollars, ont été sélectionnés lors de la première vague de financement, l’accent étant mis sur la lutte contre le changement climatique, le renforcement des moyens de subsistance des communautés vulnérables, notamment des femmes et des jeunes, et l’amélioration des systèmes d’information climatique. Les projets bénéficieront également d’un cofinancement climatique de 28,13 millions de dollars provenant de sources telles que le Fonds vert pour le climat. En Sierra Leone, le projet WASH (Water, Sanitation and Hygiene) et de rénovation de l’environnement aquatique de Freetown recevra 5 millions de dollars pour améliorer l’accès à des services durables d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) et introduire des réseaux d’observation hydrométéorologique modernisés et des systèmes d’alerte précoce, au bénéfice d’environ 700 000 personnes. Un autre élément clé du projet est la création d’une carte interactive des inondations pour la péninsule de Freetown, un outil essentiel pour la réduction des risques de catastrophe. Au Soudan du Sud, le Projet de transformation des systèmes agroalimentaires résilients au climat a reçu 9,4 millions de dollars pour développer des technologies d’adaptation au changement climatique qui améliorent la productivité agricole et la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ce programme comprend également un volet de réhabilitation axé sur 1 200 hectares de terres ainsi que sur des infrastructures rurales et offrira une formation à environ 8 000 personnes. Parmi les bénéfices attendus, on compte une réduction prévue d’environ 720 000 tonnes d’émissions de CO2 et la création de 180 000 emplois directs, avec un accent particulier mis sur les femmes et les jeunes ; en outre, 90 000 agriculteurs seront formés aux pratiques agricoles climato-intelligentes. À Djibouti, le Projet d’entrepreneuriat des jeunes pour l’adaptation au changement climatique recevra 7,5 millions de dollars pour renforcer la résilience de la productivité des systèmes agricoles, en particulier dans les domaines de l’horticulture et du pastoralisme, notamment en augmentant le taux d’autosuffisance de certaines cultures maraîchères de 10 % à 30 %. Il devrait également générer environ 3 500 emplois permanents, dont une part importante pour les jeunes et les femmes, et créer 200 nouvelles micros, petites et moyennes entreprises. Le projet de résilience climatique par la préservation de la biodiversité des parcs, à Madagascar, a reçu 9,4 millions de dollars pour investir dans la conservation de la biodiversité en protégeant les parcs nationaux de Lokobe, Nozy Hara et Andringitra. Le projet restaurera 100 % de ces zones protégées, séquestrant 10 millions de tonnes de CO2 et créant 1 500 emplois verts, dont 500 réservés aux femmes. Outre la conservation de l’environnement, il permettra de booster la production agricole dans les communautés environnantes, augmentant ainsi la production de riz de 24 000 tonnes et celle de céréales, de légumineuses et d’autres cultures de 14 000 tonnes. De plus, 24 000 agriculteurs recevront une formation en irrigation et 12 groupes d’agriculteurs dirigés par des femmes recevront des kits agricoles. Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement, a déclaré : « Le Guichet d’action climatique catalyse des solutions transformatrices dans les régions d’Afrique les plus vulnérables au climat. Qu’il s’agisse de renforcer la sécurité de l’approvisionnement en eau en Sierra Leone, de faire progresser l’agro-industrie dirigée par des jeunes à Djibouti ou de restaurer la biodiversité à Madagascar, ces initiatives vont au-delà de l’adaptation : ce sont des moteurs de prospérité. Grâce à ces investissements, nous donnons aux communautés les moyens de résister aux chocs climatiques, de créer des emplois et d’accélérer une croissance économique inclusive. » Anthony Nyong, directeur du changement climatique et de la croissance verte à la Banque mondiale, a déclaré : « Ces initiatives ne se contentent pas d’apporter une réponse au changement climatique, elles donnent aux communautés les moyens de prendre leur avenir en main. Elles montrent que le financement de l’adaptation peut et doit être dirigé vers les communautés vulnérables qui en ont le plus besoin. Le Guichet d’action climatique est plus qu’un simple mécanisme de financement, c’est une bouée de sauvetage pour les communautés qui sont confrontées chaque jour aux dures réalités du changement climatique. » Depuis, le Guichet a lancé deux autres appels, respectivement axés sur l’atténuation et l’assistance technique. BAD
Un nouveau projet de productivité des terres et de résilience climatique soutient la création d’emplois au Burundi

Un nouveau projet transformateur vise à augmenter la productivité des terres, à améliorer la résilience climatique pour 1,3 million de personnes et à soutenir la création de 42 000 emplois indirects. S’appuyant sur les réalisations du Projet de Restauration et de Résilience des Paysages au Burundi, qui a fait de grands progrès dans la restauration de 22 collines dégradées, le Projet de Résilience Climatique des Collines du Burundi, localement appelé « NAGURA », vise à augmenter la productivité des terres et la résilience climatique des communautés fragiles dans 80 collines à travers 87 bassins versants ciblés. Le projet adopte une approche globale qui cherche à pallier l’absence de politique intégrée et de réponse institutionnelle coordonnée, la fragmentation et la dégradation des bassins versants, ainsi que la participation limitée des communautés aux actions climatiques et leur accès restreint au financement. Le projet améliorera l’environnement propice à la résilience climatique en soutenant des réformes politiques et réglementaires clés. De plus, le projet développera des plans de gestion intégrée des bassins versants, renforcera la préparation aux chocs climatiques, restaurera les zones de terres dégradées grâce aux efforts communautaires, impliquera les communautés des collines dans des associations d’usagers de l’eau, diversifiera les droits d’utilisation des terres et favorisera des investissements sensibles au genre. « Ce projet est une étape importante dans nos efforts pour lutter contre le changement climatique et améliorer les moyens de subsistance des communautés », a déclaré Hawa Cisse Wagué, Représentante Résidente de la Banque mondiale pour le Burundi. « En abordant les problèmes critiques de la dégradation des terres et de la résilience climatique, nous ouvrons la voie à un avenir plus durable et prospère pour le Burundi. » Le projet bénéficiera à une population plus large grâce à des réformes systémiques visant à une meilleure coordination de l’action climatique et de la gestion des paysages. Parmi les personnes comptant comme des bénéficiaires directs figurent213 320 ménages, y compris des femmes et des individus vulnérables, qui bénéficieront de pratiques de gestion durable des bassins versants. Le projet devrait contribuer à la création de 42 000 emplois indirects. Le projet devrait aussi générer des revenus supplémentaires significatifs et des opportunités d’emploi, en particulier pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) bénéficiant de facteurs ou de conditions de production améliorés. De plus, 309 680 résidents bénéficieront de la création d’emplois, dont 40 % de jeunes et 51 % de femmes. En outre, 10 000 micro-entrepreneurs et coopératives/associations engagés dans des activités rentables et résilientes au climat, ainsi que des institutions gouvernementales, des organisations du secteur privé, des universités et des institutions de recherche, recevront des investissements pour renforcer leurs capacités. Financé à hauteur de 88,3 millions de dollars (dont 70 millions de dollars provenant de l’Association Internationale de Développement (IDA), et un cofinancement équivalent à 18,3 millions de dollars du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM)), ce projet représente une avancée significative dans la lutte contre les défis du changement climatique, de la fragilité et de la dégradation des terres au Burundi. La Banque mondiale vise à construire un avenir plus résilient et productif pour le Burundi, en favorisant des réponses politiques intégrées, en améliorant la gestion des bassins versants et en autonomisant les communautés. BM.
Renforcer la durabilité et la résilience climatique des forêts algériennes

La Banque mondiale et le gouvernement algérien, représentés par la Direction générale des forêts et la Délégation nationale des risques majeurs, ont élaboré un premier rapport conjoint, intitulé « Note sur les forêts algériennes : gestion durable des forêts pour lutter contre les feux de forêts ». Ce rapport aborde les enjeux cruciaux de la gestion forestière en Algérie et identifie les principaux axes d’intervention pour renforcer la durabilité et la résilience climatique des ressources forestières du pays. Le rapport couvre des problématiques majeures telles que les incendies de forêt, la gestion participative, le développement des chaînes de valeur et l’intégration des considérations liées au changement climatique. Il fournit en outre une analyse approfondie des dimensions juridiques, institutionnelles et socioéconomiques du secteur forestier en Algérie. Les incendies de forêt consomment en moyenne 20 000 hectares de forêt chaque année en Algérie. Les forêts algériennes, couvrant environ 4,1 millions d’hectares, sont principalement composées par le pin d’Alep (68 %) et le chêne-liège (21 %). Elles sont confrontées à des défis tels que les feux de forêt, le surpâturage, l’expansion agricole et le changement climatique qui contribuent à la déforestation et à la dégradation au fil du temps. Le rapport met en avant cinq axes cruciaux pour la gestion durable des forêts et la lutte contre les incendies, à travers une collaboration étroite entre institutions gouvernementales, société civile, communautés locales et parties prenantes. La priorité est d’assurer des ressources financières et investissements pérennes dans le secteur forestier. De plus, le rapport insiste sur l’importance de placer la gestion durable des forêts et l’analyse des risques d’incendies au cœur des interventions, avec la participation active des communautés. Il souligne aussi le besoin d’améliorer la gouvernance par une clarification du cadre juridique et organisationnel en matière de gestion forestière et de feux de forêt. En outre, le rapport met l’accent sur une meilleure gestion de l’information grâce à une collaboration interinstitutionnelle renforcée. Enfin, il préconise de continuer à renforcer les capacités techniques du secteur pour assurer une gestion efficace des forêts et des incendies. M. Kamel Braham, Représentant résident de la Banque mondiale en Algérie,souligne l’importance du rapport, déclarant : « Ce rapport offre une feuille de route à l’Algérie pour une gestion durable de ses ressources forestières, la réduction des risques de feux de forêt et l’exploitation du potentiel des forêts pour une croissance plus verte, la création d’emplois et une meilleure résilience climatique. » M. Djamel Touahria, Directeur Général des Forêts, insiste également : « Nous apprécions cette analyse du secteur forestier, dont les conclusions et recommandations sont en parfaite adéquation avec notre vision consignée dans la stratégie forestière à l’horizon 2035 et visant à promouvoir une gestion forestière durable, participative et respectueuse du climat, au bénéfice des moyens de subsistance locaux et de l’environnement. Cela s’aligne également avec la nouvelle loi forestière, qui va accompagner les changements économiques, sociaux et climatiques qui ont marqué notre pays. »
La BAD appuie le Maroc pour déployer sa vision stratégique, renforcer sa résilience climatique et soutenir la relance

ECONOMIE. « Dans un contexte de relance post-Covid-19 et de sécheresse de grande ampleur, nous nous tenons aux côtés de notre premier partenaire, le Maroc. Plus d’un milliard de dollars seront mobilisés sur les deux prochaines années pour appuyer les secteurs de l’eau, de l’agriculture, de l’inclusion sociale, du développement humain et des infrastructures », a déclaré au terme d’une visite de travail dans le Royaume, Beth Dunford vice-présidente du Groupe de la Banque africaine de développement en charge de l’Agriculture et du Développement humain et social. Au cours de son séjour au Maroc, Beth Dunford a eu plusieurs rencontres de haut niveau avec des membres du gouvernement marocain. Lundi, elle s’est notamment entretenue avec Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, ainsi qu’avec le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, Fouzi Lekjaa. Plusieurs responsables de la Banque figuraient dans sa délégation dont Mohamed el Azizi, directeur général pour l’Afrique du Nord, Toda Atsuko, directrice du Département du financement agricole et du développement rural, Martin Fregene, directeur du Département de l’agriculture et de l’agro-industrie et Achraf Hassan Tarsim, représentant résident de la Banque au Maroc. Les discussions avec les autorités marocaines ont été l’occasion de passer en revue les différents volets du partenariat. Beth Dunford a souligné l’excellente qualité des relations entre la Banque et le Royaume du Maroc. « Avec le Maroc, nous sommes liés par un partenariat historique depuis plus d’un demi-siècle, a rappelé Beth Dunford. Plus de 12 milliards de dollars ont été mobilisés pour plus de 170 opérations ». « Notre relation avec la Banque africaine de développement est particulièrement importante. Nous souhaitons renforcer notre partenariat pour développer des infrastructures stratégiques et accélérer la dynamique de développement économique et sociale du Maroc », a souligné Nizar Baraka, le ministre de l’Équipement et de l’Eau. Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Mohammed Sadiki, s’est félicité du « partenariat historique avec la Banque qui a contribué à faire évoluer le secteur agricole d’une logique de productivité à celle de la transformation à haute valeur ajoutée ». Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a, quant à lui, salué « l’appui précieux et constant que la Banque africaine de développement apporte au Maroc pour la mise en œuvre de réformes structurelles essentielles ». Beth Dunford a salué « la gestion exemplaire par le Royaume, des répercussions économiques et sociales de la pandémie de Covid-19 ainsi que sa capacité à réussir la sortie de crise ». Les échanges ont mis en lumière la convergence de vues entre le gouvernement marocain et la Banque, notamment autour d’une des grandes priorités de la Banque : « Nourrir l’Afrique », à laquelle fait écho la stratégie agricole « Green Generation 2030 » du Maroc qui vise le développement de l’agriculture et de l’agro-industrie. Les discussions ont également mis en évidence la volonté partagée de soutenir une gestion plus durable et plus efficiente de l’eau, particulièrement en période de sécheresse qui a vu la mise en place d’un plan anti-sécheresse exceptionnel de plus d’un milliard de dollars. « Cette relation, nous voulons la porter encore plus loin. Notre objectif est d’accélérer, approfondir et élargir notre partenariat historique », a déclaré la vice-présidente aux membres du gouvernement, évoquant tour à tour les enjeux de résilience climatique de l’agriculture marocaine, l’efficience hydrique, l’attractivité des territoires et la compétitivité. À mars 2022, le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement totalise près de 4 milliards de dollars répartis dans les secteurs du développement social et humain, de l’eau et de l’assainissement, de l’agriculture, de l’énergie, des transports et du secteur privé.
La République centrafricaine et le FIDA appuient la résilience climatique des petits exploitants

Un projet destiné à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans quatre sous-préfectures de République centrafricaine permettra à près de 30 000 ménages vulnérables de mieux faire face aux fragilités engendrées par les conflits passés et les conséquences des changements climatiques. Présenté cette semaine, ce projet est doté d’un budget de 29 millions d’USD. Avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA), un accord de financement pour le Projet de relance de la production agropastorale dans les savanes (PREPAS) avait déjà été signé par Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA, et Félix Moloua, Ministre de l’économie, du plan et de la coopération de République centrafricaine. Ce financement comprend un don du FIDA (12,4 millions d’USD), ainsi que des fonds apportés par la République centrafricaine (0,9 million d’USD) et les bénéficiaires (3 millions d’USD). Le déficit de financement (12,6 millions d’USD) sera couvert par les prochains cycles d’allocation des ressources du Fonds pour la République centrafricaine. Dans ce pays, les moyens de subsistance de 74% de la population dépendent du secteur agropastoral, qui représente 52% du PIB. La crise humanitaire et les problèmes de sécurité qui ont frappé la République centrafricaine entre 2013 et 2015 s’ajoutant aux conflits incessants ont eu un effet désastreux sur l’économie. Tout cela a lourdement pesé sur la sécurité alimentaire et aggravé la situation de fragilité du pays. Aujourd’hui, 67% de la population est touchée par la pauvreté. Cette pauvreté découle de multiples facteurs: performances médiocres du secteur agropastoral, impact des conflits sur l’économie, absence de routes, d’infrastructures et de services publics dans les zones rurales, vulnérabilité aux changements climatiques, inondations et épisodes de sécheresse, ou encore manque de débouchés, notamment pour les jeunes. Le projet PREPAS ciblera les producteurs agricoles des sous-préfectures de Baoro, Bossemptélé, Bouar et Yaloké, avec une expansion possible à celle de Bozoum après l’examen à mi-parcours. Au moins 50% des participants seront des femmes, 30% seront des jeunes et 10% seront des chefs des familles les plus vulnérables. Le projet entend soutenir la production, la transformation et la vente de maïs, de manioc, d’arachides, de haricots rouges, de volaille, de chèvres, de moutons et de porcs. Il permettra l’adoption de pratiques durables, qui aideront les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques, notamment aux inondations et aux épisodes de sécheresse. Les membres des ménages recevront également des formations relatives à la diététique, à la nutrition et à l’hygiène. Le projet vise aussi à améliorer la disponibilité des aliments hautement nutritifs. Afin de réduire les tensions et de favoriser la durabilité à long terme, le projet met l’accent sur le dialogue entre les agriculteurs et les éleveurs. En outre, 800 groupements agricoles, agropastoraux et maraîchers seront mis en place, parallèlement au renforcement des cultures maraîchères, dotées de systèmes solaires d’irrigation. Enfin, 12 entrepôts de marchandises et huit espaces de stockage d’intrants seront construits, et 450 jeunes seront formés à la transformation, à la commercialisation et aux services dans les filières végétales et animales ciblées. Depuis 1979, le FIDA a participé à huit projets et programmes de développement rural en République centrafricaine pour un montant total de 160,9 millions d’USD, dont 71,6 millions d’USD financés par le Fonds. Ces projets et programmes ont directement bénéficié à 123 350 ménages ruraux.