L’UNESCO désigne 11 nouvelles réserves de biosphère

Le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO a approuvé la désignation de 11 nouvelles réserves de biosphère dans 11 pays, dont une commune à 2 pays. Avec ces nouvelles désignations, le Réseau mondial compte désormais 748 sites dans 134 pays. « Les réserves de biosphère de l’UNESCO sont la preuve tangible que l’humanité peut vivre en harmonie avec la nature. Depuis 1971, ce programme porté par les communautés locales a réussi à établir un modèle de développement qui favorise le bien-être humain et le respect de la biodiversité. Je suis ravie de voir onze nouveaux sites rejoindre cette année ce puissant réseau, plus utile et nécessaire que jamais », a salué Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO. Ces désignations ont été décidées par le Conseil international de coordination, l’organe directeur du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO composé de 34 États membres. Le Conseil se réunit du 12 au 15 juin au siège de l’UNESCO. Les réserves de biosphère sont un pilier du mandat de l’UNESCO en tant qu’agence scientifique des Nations Unies. Chaque réserve de biosphère encourage des pratiques locales innovantes qui visent à préserver la biodiversité, sauvegarder les écosystèmes et lutter contre le dérèglement climatique, tout en améliorant les moyens de subsistance des populations locales, par exemple en développant l’agroécologie, les sources d’énergie renouvelables et les industries vertes. Les réserves de biosphère aident les pays à atteindre les objectifs fixés dans le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming, adopté à Montréal en décembre dernier par la Convention sur la diversité biologique. Ces objectifs incluent la désignation de 30 % des zones terrestres en tant que zones protégées et la restauration de 30 % des écosystèmes terrestres dégradés d’ici 2030. Les 11 réserves de biosphères nouvellement désignées sont : Allemagne : Réserve de biosphère de DrömlingLa Réserve de biosphère de Drömling est située de part et d’autre de l’ancienne frontière interallemande qui séparait les deux États fédérés allemands de Saxe-Anhalt et de Basse-Saxe. Au cours des 250 dernières années, la région a évolué en un paysage culturel alliant développement de l’agriculture et conservation des tourbières. La réserve de biosphère prévoit de contribuer à la restauration des identités écologiques et socioculturelles de toute la région en favorisant l’écotourisme, la gestion commune de l’eau et des énergies renouvelables et l’éducation environnementale. La réserve de biosphère compte 11 réserves naturelles, 5 zones de protection du paysage et 1 monument naturel national (Ceinture verte). La région est caractérisée par des écosystèmes uniques bordés d’eau avec un gradient continu, allant des forêts et systèmes de zones humides intacts à une forte influence humaine. Environ 54 % de la zone de la réserve de biosphère fait partie du réseau européen des zones protégées (Natura 2000) en tant que sanctuaire d’oiseaux. Cameroun : Réserve de biosphère de la forêt tropicale de KorupVieille de plus de 60 millions d’années, la forêt tropicale de Korup est l’une des plus anciennes forêts tropicales d’Afrique. Située au sud-ouest du Cameroun dans la région biogéographique guinéo-congolaise, voisine de la Réserve de biosphère d’Oban au Nigéria, la réserve de biosphère de la forêt tropicale de Korup offre une grande diversité de paysages, allant des forêts de basse altitude aux forêts subtropicales de montagne. Elle a été désignée comme l’un des deux refuges du Pléistocène d’Afrique pour la richesse de sa biodiversité et pour celle de sa faune et de sa flore endémiques. La réserve de biosphère abrite une importante population de primates africains, dont le gorille de la rivière Cross, en danger critique d’extinction. Une population de plus de 30 000 habitants, diversifiée sur le plan linguistique et sur le plan culturel, vit également dans la forêt tropicale de Korup. L’économie locale est elle aussi diversifiée, alliant agriculture, foresterie, tourisme et entreprises de loisirs et de services. Quelque 32 villages participent à la gestion de la forêt tropicale de Korup par le biais d’un processus collaboratif conçu pour renforcer la participation communautaire et améliorer les moyens de subsistance locaux. Colombie : Réserve de biosphère de Tribugá-Cupica-BaudóSe trouvant dans la région biogéographique de Chocó, Tribugá-Cupica-Baudó est la première réserve de biosphère située sur la côte pacifique de la Colombie, qui est l’un des deux biomes majeurs influençant cette zone (l’autre étant la forêt tropicale de la Serranía del Baudó). La réserve de biosphère renferme une grande variété de paysages (falaises, estuaires, littoraux, golfes, criques, baies et aires marines) et d’écosystèmes (récifs, mangroves, forêts tropicales) riches en biodiversité. Elle abrite une population de plus de 18 000 habitants, dont la majorité appartiennent au peuple autochtone Embera (qui parle une langue isolée rare) et à des peuples afro-colombiens. Les principales activités économiques sont l’agriculture de subsistance, la pêche artisanale, la pêche et l’utilisation des ressources traditionnelles, le commerce, le tourisme de nature et l’artisanat (par exemple, la poterie). Indonésie : Réserve de biosphère de Bantimurung-Bulusaraung – Ma’RupanneSitué dans la province de Sulawesi du Sud, en Indonésie, le site de Bantimurung-Bulusaraung – Ma’Rupanne offre trois paysages principaux : Bantimurung, Bulusaraung et Maros Pangkep, ce dernier étant l’un des plus grands paysages karstiques du monde. Parmi les différents types de couverture terrestre du site figurent des forêts tropicales de montagne, des forêts de basse altitude et diverses zones consacrées à différentes utilisations du sol. L’une des principales zones du site, le Parc national de Bantimurung Bulusaraung, est mondialement reconnu pour la richesse de sa biodiversité. Il abrite notamment 250 espèces de papillons. La réserve de biosphère est habitée par une population diversifiée : plus de 1,5 million de personnes vivent dans 672 villages. Certaines communautés, telles que les Makassar et les Bugis, honorent leurs cultures traditionnelles depuis des centaines d’années. Le tourisme de nature et le tourisme culturel sont très développés, mais les activités agricoles, telles que la riziculture, l’agriculture adaptée aux zones arides, l’élevage et la pêche constituent la principale source de subsistance des communautés locales. Kenya, Ouganda : Réserve de biosphère transfrontière du Mont ElgonLa désignation de la Réserve de biosphère transfrontière du Mont Elgon consolide le rôle de château d’eau que jouent la Réserve de biosphère du Mont Elgon au Kenya (2003) et la Réserve de biosphère du mont Elgon en Ouganda (2005), offrant une vaste palette de fonctions écosystémiques assurant la préservation des forêts, de
L’UNESCO approuve neuf nouvelles réserves de biosphère dont cinq africaines

Réuni du 18 au 19 mars à Lima au Pérou, le Conseil international de coordination du Programme de l’UNESCO sur l’Homme et la biosphère (MAB, Man and the Biosphere) a ajouté 20 nouveaux sites au Réseau mondial des réserves de biosphère et approuvé 9 extensions de réserves de biosphère dont cinq sites naturels africains. Il s’agit des Monts de Tlemcen en Algérie, du Lac Bosomtwe (Ghana), du parc national Belo-sur-Mer-Kirindy-Mitea (Madagascar), de la zone du Cèdre de l’Atlas (Maroc) et du parc national Jozani-Chwaka Bay (Tanzanie). Pour rappel, les nouvelles réserves sont désignées chaque année par le Conseil international de coordination du programme composé des représentants élus de 34 Etats membres de l’UNESCO. Les nouvelles réserves de biosphère africaines : Monts de Tlemcen (Algérie) – Situé dans la Province de Tlemcen, qui abrite une riche biodiversité, des sites archéologiques importants, des paysages culturels et des grottes, la réserve de biosphère couvre une superficie totale de 98,532 ha, correspondant aux limites du Parc national de Tlemcen. Lac Bosomtwe (Ghana) – Situé dans la région Ashanti du pays, il est l’un des six lacs de cratères météoritiques du monde. Au sud, il chevauche la partie nord de la Réserve forestière Bosomtwe Range, créant une combinaison d’écosystèmes de forêts, de zones humides et de montagnes. On y recense 35 espèces d’arbres, dont certaines sont exploitées, et une grande diversité de la faune. La zone compte une population de plus de 50 000 habitants. Les principales activités économiques sont l’agriculture, la pêche et le tourisme, le lac étant une destination touristique majeure au niveau national. La zone est largement utilisée à des fins de recherche, notamment sur le changement climatique, ainsi que pour l’éducation à l’environnement dans les écoles et les universités. Belo-sur-Mer-Kirindy-Mitea (Madagascar) – Situé sur la côté ouest de l’île, le site se compose d’un bassin versant en amont et d’écosystèmes marins et côtiers en aval. Il constitue une mosaïque d’écosystèmes riches mais fragiles : forêts sèches, fourrés, forêts épineuses, savanes, tannes (terres marécageuses salées peu immergées), mangroves et récifs coralliens. Le récif représente la zone de ravitaillement d’une faune marine spectaculaire composée de mégaptères (baleines à bosse), dauphins, dugongs et tortues marines. La population dépend entièrement des ressources naturelles pour assurer sa subsistance. La biodiversité marine, les îles et les deux lacs salés sacrés abritant des flamands nains représentent des atouts précieux pour le tourisme. L’aquaculture, la pêche pélagique et la production de sel s’ajoutent au potentiel de développement de la région. Cèdre de l’Atlas (Maroc) – Cette réserve de biosphère, qui se situe au centre du massif de l’Atlas, abrite le majestueux cèdre de l’Atlas et concentre près de 75% de la population mondiale de cet arbre. Cette partie du massif de l’Atlas est riche en écosystèmes. Son point culminant, qui atteint 3700 mètres, offre à la région des ressources en eau d’une importance vitale. La plantation de fruitiers, l’agriculture moderne, les activités touristiques, qui ont succédé à une tradition pastorale semi-nomade exclusive, exercent une forte pression sur les ressources en eau. La culture locale, riche, représente un bastion majeur de la culture berbère. Jozani-Chwaka Bay (Tanzanie) – Située sur l’île de Zanzibar, cette réserve de biosphère englobe l’unique parc national de l’île. Le paysage y est composé d’une mosaïque de mangroves, de forêts tropicales et coralliennes, d’eaux souterraines, de marais maritimes et de zones agricoles et résidentielles. La zone est un haut-lieu de biodiversité, où l’on trouve notamment des poissons de récifs, des dauphins, le léopard de Zanzibar et 168 espèces d’oiseaux dont 30 sont d’importance mondiale ou régionale. Parmi les 291 espèces végétales recensées, 21 sont considérées comme menacées. La population présente dans la réserve de biosphère vit essentiellement du tourisme, de la pêche, de l’apiculture, de l’élevage de papillons ou encore de l’engraissement des crabes. Créé par l’UNESCO au début des années 1970, le Programme sur l’Homme et la biosphère, est un programme scientifique intergouvernemental visant à améliorer les relations entre les habitants de la planète et leur environnement naturel au niveau mondial. Avec Unesco