Congo-B: des étudiants de Brazzaville mécontents d’une reprise «bâclée» de l’enseignement après une grève

Au Congo-Brazzaville, les étudiants de l’université Marien Ngouabi ont renoué avec le chemin de l’école, après la levée de la grève de 40 jours menée par les enseignants qui revendiquaient le paiement de leurs arriérés de salaires. Mais certains d’entre eux déplorent une reprise qu’ils jugent « bâclée », avec un rythme trop soutenu des cours. Explications. Ce jeudi matin, la cour de l’École normale supérieure (ENS), qui jouxte la présidence de l’Université, grouille de monde. Les étudiants ont repris le chemin des amphithéâtres. Et le rythme soutenu des cours ne fait pas l’unanimité. « Les choses vont très vite, déplore une étudiante. On est même surpris. Je pense qu’on devait aller lentement mais sûrement. Normalement, en août, l’université est en repos. Pour ma part, je propose qu’on puisse utiliser le mois d’août, prolonger l’année, afin que nous puissions aller lentement »… Lire la suite sur RFI
Maroc. Reprise attendue de l’économie nationale en 2023 et 2024

Après une forte décélération enregistrée en 2022, la croissance de l’économie nationale devrait s’accélérer en 2023 et 2024, selon les récentes prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP) soulignant que l’inflation devrait ainsi ralentir à 1,8% en 2024 au lieu de 2,8% en 2023. D’après les dernières prévisions économiques de l’organisme public, l’activité économique nationale devrait se redynamiser en 2023 pour atteindre 3,3%, grâce principalement aux activités primaires et tertiaires. La reprise de l’économie nationale devrait se poursuivre l’année prochaine, indique le Haut-commissariat estimant que le Produit intérieur brut (PIB) devrait par la suite enregistrer une croissance de 3,6% en 2024, compte tenu d’une évolution de 4,1% des impôts et taxes sur les produits nets de subventions. Il est à préciser que ces perspectives économiques pour l’année 2024 sont établies sur la base d’« un scénario d’une production céréalière moyenne durant la campagne agricole 2023/2024 et tiennent compte également de la reconduction de la politique budgétaire en vigueur durant l’année 2023», a fait savoir le HCP. Les hypothèses susmentionnées montrent que «le secteur agricole devrait dégager une hausse de 8,3% en 2024 au lieu de 6,7% en 2023, confortée par la consolidation de la production végétale et le redressement attendu de l’activité de l’élevage», a indiqué le Haut-commissariat dans le Budget économique exploratoire 2024. Les activités non agricoles devraient pour leur part maintenir leur taux de croissance à près de 2,9% au cours de l’année prochaine, poursuit le document estimant que le secteur secondaire devrait être marqué par un regain du dynamisme. L’inflation devrait ralentir à 1,8% en 2024 au lieu de 2,8% en 2023 Ce regain serait visible «non seulement au niveau du secteur minier et énergétique, mais également au niveau des industries de transformation et du BTP», souligne la même source estimant ainsi que sa valeur ajoutée devrait afficher un accroissement de 2% en 2024 au lieu de 0,3% en 2023. Dans son Budget économique exploratoire 2024, le HCP table en outre sur une hausse de la valeur ajoutée du secteur minier de 1,6% en 2024 au lieu d’une baisse de 4,2% en 2023. Après avoir affiché une contreperformance de son activité depuis l’année 2022, ce secteur «devrait profiter de la demande extérieure, notamment en provenance de l’Inde et du Brésil, dans le contexte d’une baisse prévue des cours du phosphate et ses dérivés au niveau international», a estimé l’institution. En ce qui concerne le secteur du bâtiment et travaux publics, l’organisme public s’attend à un accroissement à un rythme plus soutenu que celui enregistré en 2023 de la valeur ajoutée. Selon son analyse, ce secteur devrait profiter «de l’apaisement attendu des prix des matériaux de construction, de la consolidation de l’investissement public et des mesures relatives au soutien à l’acquisition des logements». Tirés par la reprise de la demande intérieure, les services marchands devraient de leur côté enregistrer une croissance de 3,1% en 2024, notamment sous l’effet du raffermissement de la performance de l’activité touristique, du commerce et du transport ainsi que de l’amélioration des activités financières, d’après le HCP. Quant au transport aérien, corrélé à l’activité touristique, il devrait continuer d’enregistrer une croissance soutenue en 2024, selon les prévisions du Haut-commissariat qui estime que le transport maritime devrait en parallèle « tirer profit de la dynamique des échanges commerciaux extérieurs, en particulier du redressement prévu des exportations de phosphate et de ses dérivés». Enfin, toujours selon ses prévisions, «l’activité du commerce devrait afficher une bonne tenue en 2024 stimulée par l’accroissement de la demande intérieure, la poursuite de la performance du tissu productif national, et la décélération de l’inflation, enregistrant ainsi une croissance de 1,8% en 2024 au lieu de 1,1% en 2023 ». Alain Bouithy
Les dirigeants africains s’engagent à prendre des mesures urgentes pour soutenir la reprise et renforcer la résilience

Les dirigeants africains se sont engagés, vendredi (17 février, dnr) à Addis-Abeba, à prendre des mesures immédiates pour intégrer dans leurs plans de développement nationaux les recommandations du rapport Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique, que vient de publier la Banque africaine de développement. Le président zambien Hakainde Hichilema a déclaré que l’étude du Groupe de la Banque africaine de développement, a donné une impulsion aux dirigeants du continent pour aller de l’avant dans la mise en œuvre des réformes nécessaires. Son allocution a été prononcée par son ministre des Finances et de la Planification nationale, Situmbeko Musokotwane lors de la présentation du rapport, en marge du 36e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Selon le président Hichilema, le rapport est une étape importante dans la quête de connaissances fondées sur des données probantes pour éclairer l’élaboration des politiques en vue d’un avenir plus prospère et durable pour l’Afrique. « Les conclusions de cet important rapport nous fournissent, un ensemble de politiques concrètes que nous devons mettre en œuvre d’urgence pour soutenir la reprise et renforcer la résilience en Zambie, et sur le continent plus généralement », a souligné le président Hichilema. Il a fait observer que, bien que la Zambie n’ait pas été épargnée par les chocs mondiaux, son économie a fait preuve de résilience. Il a également déploré l’impact de l’importante dette de la Zambie sur la stabilité budgétaire du pays et a déclaré que son administration avait lancé des réformes qui stimuleraient la croissance économique pour atteindre 4 % en 2023 et 4,3 % en 2024. Le Groupe de la Banque africaine de développement a publié la première édition du rapport Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique le 19 janvier. Ce rapport a depuis suscité un vif intérêt des décideurs en Afrique et dans le monde. Ce rapport semestriel offre aux décideurs, aux investisseurs internationaux, aux chercheurs et aux partenaires au développement des évaluations actualisées, fondées sur des données probantes, des performances macroéconomiques actualisées du continent. Il présente également des perspectives à court et moyen terme. Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a indiqué que le rapport sera présenté aux chefs d’État lors du sommet de l’Union africaine afin d’aider à orienter la planification nationale. « Le savoir, c’est le pouvoir. Ce rapport, qui sera publié deux fois par an, est une mine de connaissances — avec un aperçu approfondi de ce qui se passe en Afrique dans la sphère macroéconomique. Il identifie les défis et les opportunités pour le bien de notre continent », a-t-il déclaré. « Si les gouvernements, le secteur privé et les autres parties prenantes s’approprient le rapport, ils seront en meilleure posture pour prendre des décisions éclairées », a déclaré M. Faki Mahamat. Le rapport appelle notamment, à des réformes structurelles opportunes pour renforcer l’industrialisation avec le soutien des gouvernements dans des domaines clés. « Toutes les questions soulevées dans le rapport touchent aussi notre pays. Nous avons conduit le Nigeria sur la voie de l’ère pré-Covid-19, mais nous sommes toujours confrontés à certains défis », a déclaré la ministre des Finances, du Budget et de la Planification nationale du Nigeria, Zainab Ahmed, avant d’ajouter : « Nous avons demandé une facilité de trésorerie dans le cadre des droits de tirage spéciaux pour servir d’amortisseur. Nous avons également souhaité que les banques multilatérales de développement nous accordent des financements à plus long terme. Le Nigeria a fait preuve d’une grande résilience. Nous avons juste besoin de ce soutien pour nous permettre d’exploiter pleinement notre potentiel. » Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a fait observer que, bien que les économies africaines aient fait preuve d’une remarquable résilience, un soutien mondial est nécessaire pour aider le continent à faire face aux fardeaux financiers et aux défis en matière de sécurité. « Malgré le ralentissement occasionné par de multiples chocs, l’Afrique a fait preuve d’une résilience continue dans tous les pays, sauf un, et a maintenu un taux de croissance positif en 2022 avec des perspectives stables en 2023 et 2024. Les économies africaines sont effectivement résilientes », a déclaré M. Adesina. Il a appelé à un soutien fort et collectif en faveur de l’Afrique pour aider le continent à relever les défis auxquels il est confronté, en particulier le fardeau de la dette et les vulnérabilités liées à celle-ci. « L’Afrique ne peut pas gravir la pente raide en portant un sac de dettes sur son dos, a déclaré le président Adesina. La canalisation des 100 milliards de dollars supplémentaires de droits de tirage spéciaux fera une énorme différence. Nous devons unir nos forces pour exploiter les énormes possibilités qu’offre l’Afrique. Il ne fait aucun doute que nous ferons de grands progrès. Cependant, nous devons travailler vite, être inclusifs et compétitifs ». Le ministre égyptien adjoint des Finances chargé des Politiques et des Affaires économiques, Mohammed Ibrahim, a déclaré que le rapport était utile aux décideurs et aux chercheurs africains dans la mesure où il constitue une banque de données opportune de projets de développement et de planification solides et fondés sur des données probantes. Le directeur du Centre pour le développement durable de l’université de Columbia, l’économiste Jeffrey Sachs, a déclaré que l’Afrique avait la capacité d’atteindre une croissance annuelle de 7 à 10 %. Il a fait observer que l’Afrique pouvait tirer parti de sa population pour développer un marché unique robuste, citant des exemples comme la Chine et l’Inde. « La création d’un marché unique permettra à l’Afrique de se positionner parmi les trois plus grands marchés mondiaux. C’est le continent qui a le plus grand potentiel de croissance », a-t-il déclaré, appelant les dirigeants africains à construire des infrastructures régionales vitales et de combler les lacunes en matière d’infrastructures au cours des prochaines décennies. Jeffrey Sachs a exhorté les gouvernements africains à mener une révolution pour assurer un accès aux soins de santé et à l’éducation à un prix abordable. il a, en outre, appelé à un financement accru du continent afin de le placer sur la voie de la croissance durable, faisant observer que la Banque africaine de développement est essentielle pour
Geneviève Verdier : « La hausse des prix des hydrocarbures contribue à renforcer la reprise de l’économie algérienne »

ALGER. « Les perspectives à court terme de l’économie algérienne se sont sensiblement améliorées, essentiellement en raison de la hausse des prix des hydrocarbures », selon le Fonds monétaire international (FMI). « L’accélération de l’inflation et la vulnérabilité à la volatilité des prix des hydrocarbures constituent des défis majeurs qui devraient être relevés pour préserver la stabilité macroéconomique », a estimé le FMI au terme d’une mission de consultation au titre de l’article IV avec l’Algérie, du 6 au 21 novembre. Selon l’équipe conduite par Mme Geneviève Verdier, un rééquilibrage budgétaire est nécessaire pour préserver la soutenabilité des finances publiques à moyen terme, tout come un resserrement de la politique monétaire l’est aussi pour juguler l’inflation. La mission du FMI estime par ailleurs que la poursuite des réformes structurelles faciliterait la transition vers un modèle de croissance plus stable et diversifié et encouragerait la création d’emplois. « La hausse des prix des hydrocarbures contribue à renforcer la reprise de l’économie algérienne suite au choc de la pandémie », a déclaré Mme Geneviève Verdier notant que les recettes exceptionnelles provenant des hydrocarbures ont atténué les pressions sur les finances publiques et extérieures. Selon les estimations du FMI, cette année, le solde des transactions courantes de la balance des paiements devrait afficher son premier excédent depuis 2013, alors que les réserves internationales ont augmenté à 53,5 milliards de dollars fin septembre contre 46,7 milliards de dollars fin 2021, a poursuivi le Fonds expliquant qu’une hausse significative des exportations hors hydrocarbures a également contribué à cette amélioration. Grâce à la hausse des recettes et à des dépenses moins élevées que prévu, Mme Geneviève Verdier s’attend à « un excédent budgétaire en 2022 », tandis que la reprise économique suite au choc de la pandémie se poursuit. D’après les projections de l’organisation internationale, la croissance du PIB hors hydrocarbures devrait s’accélérer pour atteindre 3,2 % en 2022, contre 2,1 % en 2021. Ainsi, a-t-elle poursuivi, « les pertes de production dues au choc de la pandémie seront en grande partie résorbées, même si des séquelles durables sur le marché du travail et la croissance à moyen terme constituent toujours un risque ». Selon la cheffe de mission du FMI, la croissance du PIB devrait atteindre 2,9% en 2022. « Comme dans de nombreux autres pays, l’inflation s’est considérablement accélérée et constitue une préoccupation majeure. Le taux d’inflation annuel moyen s’est établi autour de 9,4% au cours des derniers mois, son niveau le plus élevé sur 25 ans », a fait remarquer Mme Geneviève Verdier notant que l’inflation sous-jacente est également en hausse. Et d’ajouter : « La banque centrale a pris des mesures pour contrôler les pressions inflationnistes, mais la politique monétaire est restée accommodante. S’il ne fait aucun doute que les perspectives à court terme de l’économie algérienne sont favorables, la cheffe de mission du FMI note cependant qu’elles sont largement tributaires des prix des hydrocarbures. Grâce aux recettes élevées des hydrocarbures qui devraient contrebalancer la reprise des importations, la représentante du FMI estime que le solde des transactions courantes devrait être excédentaire en 2023. « La croissance devrait s’accélérer en 2023 et l’inflation devrait ralentir mais rester au-dessus de 8% en moyenne sur fond d’assouplissement de la politique budgétaire », a-t-elle affirmé. « La mission estime que la persistance d’une forte dépendance à l’égard des recettes tirées des hydrocarbures et l’augmentation considérable des dépenses prévues en 2023 sont sources de risques importants pour les perspectives des finances publiques dans un contexte de forte volatilité des prix des matières premières et d’incertitude mondiale exceptionnelle », a toutefois prévenu Mme Geneviève Verdier. Ainsi, « de l’avis de la mission, un ajustement budgétaire équilibré est nécessaire pour freiner les pressions inflationnistes, rétablir une marge de manœuvre pour les politiques économiques et stabiliser la dette publique », a-t-elle recommandé assurant qu’un cadre budgétaire de moyen terme pourrait guider les efforts d’ajustement, réduire la procyclicité des politiques et protéger les dépenses prioritaires. Des mesures bien ciblées devraient être mises en œuvre tel que nécessaire pour soutenir les ménages à faible revenu. Tout en saluant les progrès réalisés en matière de réformes budgétaires, en particulier dans les domaines de la fiscalité et de la gestion des finances publiques, la mission « recommande également une intégration plus étroite entre les plans de dépenses et la stratégie de financement de l’État dans le cadre du processus d’élaboration du budget, ainsi qu’une diversification des sources de financement pour permettre une mise en œuvre graduelle du rééquilibrage budgétaire ». Elle estime par ailleurs qu’un resserrement de la politique monétaire est nécessaire pour maîtriser l’inflation ; sachant que les risques d’enracinement d’une inflation élevée appellent à une normalisation progressive de la politique monétaire. La mission estime que enfin que « la révision prochaine de la loi sur la monnaie et le crédit constitue une opportunité pour renforcer le cadre de gouvernance de la Banque d’Algérie et son indépendance » et salue, à cet égard, l’engagement du gouvernement à ne pas recourir au financement monétaire. Si le système bancaire a résisté aux chocs répétés de ces dernières années, la mission estime toutefois que sa santé financière mérite l’attention. A ce propos, la Représentante du FMI a attiré l’attention des autorités algériennes sur le fait que : « le resserrement des liens entre les bilans de l’État, des entreprises publiques et des banques publiques pourrait faire peser des risques sur la stabilité financière et la viabilité de la dette ». Selon Mme Geneviève Verdier, « ceci requiert de vastes réformes du secteur financier afin de renforcer la gouvernance et les modèles économiques des banques publiques, améliorer les capacités de surveillance, catalyser la provision de prêts au secteur privé et favoriser l’inclusion financière ». Martin Kam
La reprise du marché du travail ralentit à l’échelle mondiale

Menacée par de multiples crises mondiales interdépendantes, ainsi que par la montée des inégalités, la reprise du marché du travail à l’échelle mondiale marque de toute évidence le pas. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), qui en fait état dans un récent rapport, «les crises mondiales multiples entraînent une nette détérioration de la reprise du marché du travail mondial, avec une augmentation des inégalités entre, et au sein des pays». Après avoir enregistré des gains significatifs au quatrième trimestre 2021, le niveau des heures travaillées affiche une nette détérioration au premier trimestre 2022, constate l’agence onusienne. Les données recueillies montrent qu’il demeure 3,8% au-dessous de son niveau au quatrième trimestre 2019, considéré comme le point de repère d’avant-crise, souligne la 9e édition de l’Observatoire de l’OIT sur le monde du travail. Pour bien comprendre et apprécier la gravité de la situation, les auteurs du rapport expliquent que le recul du nombre d’heures travaillées équivaut à un déficit de 112 millions d’emplois à temps plein et signale un sérieux revers dans le processus de reprise. Ainsi qu’ils le relèvent dans le document, « cela constitue un revers au sein du processus de reprise depuis le dernier trimestre 2021 pendant lequel le déficit du nombre global d’heures travaillées était plus faible, à 3,2% ». Selon les explications de l’OIT, les dernières mesures de confinement en Chine comptent pour l’essentiel (86%) dans la baisse constatée au niveau mondial au deuxième trimestre 2022. Ainsi, « pour le premier trimestre 2022, ces estimations font état d’une nette détérioration en comparaison avec les prévisions précédentes de l’OIT publiées en janvier 2022 (2,4% au-dessous du niveau d’avant-crise, ce qui équivaut à 70 millions d’emplois à temps plein) », précise-t-on dans ce rapport. Pour l’OIT, il ne fait aucun doute que la multiplication des situations de crise internationale, notamment l’inflation (en particulier des prix de l’énergie et des denrées alimentaires), les turbulences financières, une éventuelle crise de la dette et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales – exacerbées par la guerre en Ukraine – accroît le risque que le nombre d’heures travaillées baisse à nouveau en 2022. Ce qui devrait avoir des répercussions plus larges sur les marchés du travail mondiaux dans les mois à venir. Autres enseignements contenus dans ce rapport : la reprise est très contrastée, et la divergence s’accentue entre les économies des pays riches et celles des pays pauvres. En effet, selon l’Observatoire de l’OIT, «si les pays à revenu élevé ont enregistré une reprise des heures travaillées, les économies à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur ont subi des revers au premier trimestre de cette année, avec un écart respectif de 3,6 et 5,7% par rapport à la période de référence d’avant-crise». La crainte des auteurs du rapport est que ces tendances divergentes soient susceptibles de s’aggraver au deuxième trimestre 2022. Pour le directeur général de l’OIT, Guy Ryder, en plus de marquer le pas, la reprise, inégale et fragile, du marché du travail à l’échelle mondiale « est rendue encore plus incertaine par une combinaison de crises qui se renforcent mutuellement ». Ainsi, craint-il, « l’impact sur les travailleurs et leurs familles, notamment dans les pays en développement, sera dévastateur et pourrait se traduire par des bouleversements sociaux et politiques». D’où son appel : «Il est désormais plus essentiel que jamais de travailler ensemble et de privilégier la création d’une reprise centrée sur l’humain». A noter que plus de deux ans après le début de la pandémie, force est de constater que les revenus du travail n’ont pas encore retrouvé leur niveau initial pour la majorité des travailleurs, l’écart entre hommes et femmes en matière d’heures travaillées a également augmenté pendant la pandémie et la hausse sensible des offres d’emploi dans les économies avancées à fin 2021 et au début 2022 a entraîné une tension sur les marchés du travail avec un nombre d’emplois disponibles grandissant par rapport à celui des demandeurs d’emploi. Par ailleurs, «alimentée par les perturbations de la production et du commerce exacerbées par la crise en Ukraine, l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des matières premières frappe de plein fouet les ménages pauvres et les petites entreprises, en particulier celles de l’économie informelle», note l’OIT. Alain Bouithy
La reprise du tourisme mondial se fait lente et fragile

Le tourisme mondial a connu une embellie au troisième trimestre 2021, selon un récent rapport de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui estime toutefois que la reprise demeure encore fragile. Il a rebondi pendant la saison estivale de l’hémisphère nord, après un premier semestre 2021 morose. Ce qui a dopé « les résultats du troisième trimestre de l’année, notamment en Europe », a indiqué l’institution spécialisée des Nations unies. Il ressort, en effet, du dernier Baromètre OMT du tourisme mondial, que les arrivées de touristes internationaux (visiteurs avec nuitées) ont bondi de 58% en juillet-septembre par rapport à la même période de 2020. Dans son rapport, rendu public récemment, l’agence onusienne constate néanmoins que le nombre des arrivées touristiques est resté inférieure de 64 % aux niveaux enregistrés en 2019. « Les données pour le troisième trimestre de 2021 sont encourageantes. Toutefois, les arrivées sont toujours inférieures de 76 % aux niveaux prépandémiques et les résultats dans les différentes régions du monde restent inégaux », a en outre fait savoir le Secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili. A en croire l’OMT, les données recueillies montrent que « l’Europe a enregistré la meilleure performance relative au troisième trimestre, avec des arrivées internationales en baisse de 53 % par rapport à la même période de trois mois de 2019. En août et septembre, les arrivées, en retrait de 63 % par rapport à 2019, affichaient leurs meilleurs résultats mensuels depuis le début de la pandémie ». Selon la dernière édition du Baromètre OMT du tourisme mondial, entre janvier et septembre, les arrivées de touristes internationaux dans le monde ont reculé de 20 % par rapport à 2020, représentant ainsi une nette amélioration par rapport aux six premiers mois de l’année (-54 %). La même source indique que les arrivées ont dépassé les niveaux de 2020 au cours des neuf premiers mois de 2021 dans certaines sous-régions, notamment en Europe du Sud et méditerranéenne, dans les Caraïbes, en Amérique du Nord et centrale. Selon les données disponibles, il ressort du même rapport que « certaines îles des Caraïbes et d’Asie du Sud, ainsi que quelques petites destinations d’Europe méridionale et méditerranéenne, ont connu leurs meilleures performances au troisième trimestre 2021, avec des arrivées proches des niveaux pré-pandémiques, voire parfois supérieures », rapporte en outre l’organisation internationale. En dépit de la remontée constatée au troisième trimestre de l’année, l’OMT constate que le rythme de la reprise reste inégal selon les régions du monde ; en raison « des degrés variables de restrictions de mobilité, de taux de vaccination et de confiance des voyageurs ». « Alors que l’Europe (-53 %) et les Amériques (-60 %) ont bénéficié d’une amélioration relative au cours du troisième trimestre 2021, les arrivées en Asie et dans le Pacifique ont diminué de 95 % par rapport à 2019, de nombreuses destinations restant fermées aux voyages non essentiels », a relevé l’organisation dans sa publication spécialisée. Après analyse, il ressort par ailleurs que « l’Afrique et le Moyen-Orient ont enregistré des baisses respectives de 74 % et 81 % au troisième trimestre 2021 par rapport à 2019 ». En revanche, la Croatie (-19 %), le Mexique (-20 %) et la Turquie (-35 %) ont affiché les meilleurs résultats en juillet-septembre 2021, a indiqué l’OMT. Au niveau des recettes du tourisme international, les données font état d’une amélioration du même ordre. En ce sens que, « le Mexique a enregistré le même niveau de recettes qu’en 2019 tandis que la Turquie (-20 %), la France (-27 %) et l’Allemagne (-37 %) ont connu un repli comparativement moindre qu’en début d’année ». S’agissant des voyages à l’étranger, l’OMT rapporte que les résultats ont également été quelque peu meilleurs, notamment en France et en Allemagne où ils ont enregistré respectivement, -28 % et -33 % pour les dépenses du tourisme international au troisième trimestre. Comme le relève l’organisation mondiale du tourisme dans son rapport, « la reprise en toute sécurité du tourisme international continuera de dépendre largement d’une réponse coordonnée entre les pays en termes de restrictions de voyage, de protocoles de sécurité et d’hygiène harmonisés et d’une communication efficace pour contribuer à rétablir la confiance des consommateurs, en particulier à un moment où les cas se multiplient dans certaines régions ». Alain Bouithy
Solide reprise du commerce mondial des marchandises

Après une chute brutale mais brève observée au deuxième trimestre de l’année 2020, suite aux conséquences de la pandémie de coronavirus (Covid-19) sur cette activité, le commerce mondial des marchandises reprend du poil de la bête. Selon les données recueillies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce international entre les pays, «le commerce mondial des marchandises continue de se redresser en 2021». En effet, «le baromètre du commerce des marchandises indique une solide reprise du commerce», souligne l’organisation dans son dernier rapport rendu public vendredi 28 mai. Comme le fait remarquer l’OMC dans ce document, «la lecture actuelle du baromètre de 109,7 est près de 10 points au-dessus de la valeur de base de 100 pour l’indice et en hausse de 21,6 points d’une année sur l’autre». Ces données reflètent «à la fois la force de la reprise actuelle et la profondeur du choc Covid-19 l’année dernière », souligne l’institution dont la principale fonction est de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges. Dans son rapport, l’organisation estime que la dernière lecture du baromètre est globalement conforme à ses prévisions commerciales actuelles publiées le 31 mars dernier. Lesquelles «prévoyaient une reprise de 8% du volume du commerce mondial de marchandises en 2021 après une baisse de 5,3% l’année précédente». Selon l’OMC, le commerce mondial se redresse depuis le deuxième trimestre de 2020, lorsque la propagation du virus Covid-19 a provoqué des verrouillages dans de nombreux pays et déclenché une forte baisse du commerce mondial. L’organisation rappelle que «le volume du commerce des marchandises était en baisse de 15,5% d’une année sur l’autre au deuxième trimestre, lorsque les verrouillages étaient pleinement effectifs ». Une situation qui a évolué depuis lors puisqu’au quatrième trimestre, le commerce avait dépassé le niveau de la même période en 2019, souligne-t-elle. Revenant sur les récentes observations, l’organisation internationale relève que les gains les plus importants observés parmi les indices des composants du baromètre ont été enregistrés dans les commandes à l’exportation (114,8), le fret aérien (111,1) et les composants électroniques (115,2), qui sont tous très prédictifs de l’évolution du commerce à court terme. Poursuivant son analyse, l’OMC estime que « la vigueur de l’indice des produits automobiles (105,5) peut refléter une amélioration de la confiance des consommateurs, la confiance étant étroitement liée aux ventes de biens durables. Cela vaut également pour les matières premières agricoles (105,4), qui sont majoritairement constituées de bois destiné à la construction de logements ». Pour l’organisation, il ne fait aucun doute que « la bonne performance du transport par conteneurs (106,7) est plus impressionnante compte tenu du fait que les expéditions maritimes ont bien résisté pendant la pandémie et avaient donc moins de terrain à rattraper ». En dépit de ces améliorations, l’OMC reste toutefois prudente. Et pour cause : «Les perspectives commerciales à court terme relativement positives sont gâchées par les disparités régionales, la faiblesse persistante du commerce des services et le retard des calendriers de vaccination, en particulier dans les pays pauvres », relève-t-elle. En revanche, quand bien même les statistiques trimestrielles du volume des échanges pour les premier et deuxième trimestres de 2021 n’aient pas encore été publiées, l’OMC affirme qu’«elles devraient afficher une très forte croissance d’une année sur l’autre, en partie en raison du récent renforcement des échanges et en partie à cause de l’effondrement des échanges de l’année dernière». Enfin, l’organisation internationale attire l’attention sur le fait que tout n’est pas pour autant gagné. D’autant plus que la pandémie «continue de représenter la plus grande menace pour les perspectives du commerce, car de nouvelles vagues d’infection pourraient facilement compromettre la reprise», conclut-elle. Alain Bouithy
Nouveau single de Hamza El Fadly – Ya Mraya

« YA MRAYA », ou quand Hamza El Fadly et son miroir nous transportent sur une douce mélodie composée par Younes Megri… Reprise officielle du titre original « Ya Mraya » sorti en 1974, composé par Younes Megri et écrit par le célèbre écrivain et parolier algérien Feu El Hadj Saim, Hamza EL Fadly nous transporte en musique dans un monde où les émotions fusent. Produite par lui-même, Hamza met en avant à travers cette chanson, des sonorités actuelles, mélangeant pop, rock ainsi qu’une touche orientale/maghrébine, donnant naissance à un style de chant qui n’est certainement par très commun ! Mêlant angoisse et obsession d’une personne pour son miroir, cette mélodie illustre toute la crainte que nous avons de vieillir et de perdre l’amour de sa vie. Walid Ayoub, jeune réalisateur marocain lauréat de l’ESAV Marrakech, réalisa ainsi son premier clip vidéo quelques temps après la sortie de son court métrage en 2017 qui lui a valu plusieurs sélections dans divers festivals au Maroc ainsi que dans différents pays du globe. Sur ce clip, il met en avant l’histoire d’une femme comédienne qui, en se préparant dans sa loge, se regarde dans le miroir et se rappelle de son passé… Tourné dans des studios à Marrakech, le clip en noir et blanc, installe tout de suite une atmosphère et un univers qui nous plongent instantanément dans la splendeur du texte. La photographie quant à elle, a été assurée par un autre jeune lauréat de l’ESAV, Hamza Atifi, ayant opéré sur une douzaine de courts métrages ainsi que deux longs métrages dont « Noé ne savait pas nager » de Rachid El Ouali.