Il est urgent de réformer l’éducation pour permettre une croissance plus rapide et inclusive en Afrique

Il est urgent de réformer l’éducation pour permettre une croissance plus rapide et inclusive en Afrique

Malgré les signes d’une reprise économique fragile, la croissance s’enlise en Afrique subsaharienne, menaçant de laisser de côté un grand nombre de jeunes. Selon la dernière édition du rapport Africa’s Pulse, qui paraît sous le titre « Transformer l’éducation pour une croissance inclusive », deux facteurs sont essentiels pour parvenir à relancer la croissance : il faut, d’une part, stabiliser les économies et, d’autre part, transformer l’éducation de manière à doter une main-d’œuvre en plein essor de bases de connaissances plus solides et de compétences en adéquation avec les attentes du marché du travail. D’après les prévisions de la 30e édition du rapport économique semestriel de la Banque mondiale sur l’Afrique subsaharienne, l’activité régionale devrait croître de 3 % en 2024, contre un point bas de 2,4 % en 2023, principalement grâce à la hausse de la consommation et de l’investissement privés. L’inflation devrait s’atténuer, pour passer de 7,1 % en 2023 à 4,8 % cette année, sous l’effet de politiques monétaires et budgétaires plus strictes, de la stabilisation des devises et d’une diminution des perturbations d’approvisionnement. Cette reprise est toutefois insuffisante pour sortir des millions de personnes de la pauvreté. La croissance du PIB par habitant reste atone, à 0,5 % seulement en 2024, contre une moyenne de 2,4 % sur la période 2000-2014. Les conflits, le changement climatique et l’explosion des coûts du service de la dette sont autant de freins aux progrès. En 2024, le service de la dette absorbera 34 % des recettes publiques dans la région, au détriment des investissements productifs. « Les gouvernements africains progressent dans leurs efforts de stabilisation des finances et de réduction des déficits budgétaires, » souligne Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. « Mais le lourd fardeau de la dette limite leurs investissements dans des secteurs cruciaux comme l’éducation, la santé et les infrastructures, qui sont essentiels pour une croissance inclusive à long terme. » La population en âge de travailler augmente à un rythme plus rapide en Afrique que dans les autres régions, à la faveur des progrès de ces vingt dernières années dans la réduction de la mortalité infantile. Or, l’Afrique subsaharienne est aussi la région du monde qui consacre le moins de dépenses par habitant à l’éducation. Les auteurs d’Africa’s Pulse estiment que, pour parvenir à une éducation universelle d’ici 2030, les systèmes éducatifs devraient absorber environ 170 millions d’enfants et d’adolescents supplémentaires, ce qui nécessiterait la construction d’environ 9 millions de nouvelles salles de classe et le recrutement de 11 millions d’enseignants. Le défi est de taille, mais la région a déjà accompli des avancées importantes : à l’heure actuelle, 270 millions d’enfants sont scolarisés dans le primaire et le secondaire, et les taux d’achèvement des études primaires se sont considérablement améliorés depuis 2000. « À l’avenir, les jeunes Africains devront être bien instruits et correctement qualifiés pour avoir accès à des emplois de meilleure qualité et tirer parti des débouchés créés par l’économie numérique et la transition verte, » explique Dabalen. « Une planification fondée sur des données probantes et des dépenses intelligentes seront essentielles pour élargir l’accès à l’éducation tout en améliorant les résultats en matière d’apprentissage et d’emploi. » Actuellement, en Afrique subsaharienne, sept enfants sur dix n’ont pas accès à un enseignement préprimaire, et moins de 1,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans suivent une formation professionnelle, contre 10 % dans les pays à revenu élevé. Il est indispensable de combler ces lacunes pour permettre à l’Afrique subsaharienne de réaliser tout son potentiel économique et d’assurer une croissance durable et inclusive. Il est également essentiel de soutenir l’entrepreneuriat et les nouvelles startups, de permettre aux petites entreprises de se développer ainsi qu’attirer des entreprises établies, afin que les titulaires de diplômes qualifiés trouvent des opportunités d’emploi attractives lorsqu’ils entrent et progressent sur le marché du travail. BM

Opinion – La crise croissante de la dette africaine et la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale

Opinion – La crise croissante de la dette africaine et la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale

TRIBUNE. L’encours de la dette africaine a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. Il est compréhensible que les gouvernements africains aient profité des taux d’intérêt historiquement bas des années 2010 pour emprunter massivement sur les marchés financiers internationaux et auprès de la Chine. Toutefois, la dette est récemment devenue beaucoup plus coûteuse. Depuis 2020, les conséquences de la crise COVID-19 et de la guerre en Ukraine, associées à la détérioration des conditions climatiques, ont entraîné la dégradation de la cote de crédit des gouvernements africains, ce qui a eu pour effet d’augmenter rapidement leurs coûts d’emprunt et de rendre prohibitif le recours aux marchés internationaux de la dette. Selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la dette publique en Afrique a atteint 1 800 milliards de dollars en 2022.  En 2024, les pays africains paieront 163 milliards de dollars de service de la dette extérieure, selon la Banque africaine de développement. Une personne sur cinq dans le monde vit dans un pays qui est en situation de surendettement ou qui risque de l’être. Les deux tiers des pays à faible revenu – dont la plupart se trouvent en Afrique – entrent dans cette catégorie, tandis que huit des neuf pays actuellement en situation de surendettement se trouvent sur le continent, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) 2023. L’explosion démographique et l’urbanisation rapide, les besoins massifs en infrastructures, la diminution de l’aide publique au développement et des financements concessionnels sont quelques-uns des facteurs qui ont contribué à l’aggravation de la crise de la dette en Afrique. Nécessité de réformes Récemment, les ministres africains des finances, de la planification et du développement économique ont réclamé collectivement une action décisive pour réformer l’architecture financière mondiale à la lumière des dettes croissantes et pour stimuler les investissements nécessaires à la réalisation des objectifs de développement durable et de lutte contre le changement climatique dans le monde. Les experts estiment que le système financier mondial est structurellement injuste pour les pays en développement en général, et plus particulièrement pour les pays africains, et que des réformes cruciales sont nécessaires de toute urgence pour résoudre le problème de la dette croissante de l’Afrique. Selon l’Institut italien d’études politiques internationales (ISPI, 2020), offrir aux pays africains des instruments de dette à des conditions plus favorables ou des liquidités, en échange de la dette existante, permettra non seulement de fournir des liquidités immédiates, mais aussi de résoudre les problèmes de viabilité de la dette à long terme. En l’absence de meilleurs mécanismes pour les pays africains en situation de surendettement, davantage de gouvernements auront du mal à assurer le service de leurs obligations et limiteront leur capacité à investir pour répondre aux besoins de développement de leurs pays. Cela est d’autant plus pertinent qu’il faut redoubler d’efforts pour relever les défis du changement climatique dans la région, grâce à des mesures efficaces d’adaptation au climat et d’atténuation de ses effets. Les institutions multilatérales africaines À la lumière de ces défis, il est nécessaire de mettre en place des engagements pratiques ancrés par les institutions de financement du développement (IFD) dirigées par l’Afrique, telles que la Banque africaine de développement, afin de réformer l’architecture financière mondiale et d’assurer une transition du multilatéralisme vers un système plurilatéral du système financier mondial – un système plus souple, plus inclusif, plus flexible et plus réaliste pour répondre à la nature changeante des défis auxquels les pays africains sont confrontés aujourd’hui. Parallèlement, les IFD sectorielles telles que Shelter Afrique Development Bank et d’autres institutions concernées, qui font partie des partenaires fondateurs de l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), créée sous les auspices de l’Union africaine pour soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 2063, jouent également un rôle essentiel.   Sa création souligne l’engagement de l’Afrique en faveur de l’autosuffisance et du développement économique durable. On pense que l’AAMFI, qui est une alliance d’institutions financières multilatérales africaines (IFMA) détenues et contrôlées par des Africains et dont les membres comprennent également l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI), la Banque africaine d’import-export, le Groupe de la Banque pour le commerce et le développement, la Société financière d’Afrique (Africa Finance Corporation), African Reinsurance Corporation (Africa-Re), ZEP-RE (PTA Reinsurance Company), la Banque de développement de l’Afrique de l’Est (EADB) et le Fonds de solidarité africain (ASF) répondront aux besoins de l’Afrique en matière de financement du développement, défendront les intérêts de l’Afrique sur les questions financières mondiales, développeront des outils financiers innovants et soutiendront des stratégies de financement durable. L’AAMFI est en pole position pour mener les réformes financières au nom du continent. Comme le dit l’adage, si vous voulez aller vite, allez-y seul. Si vous voulez aller loin, allez-y ensemble. Par Muhammad Mustapha Gambo, PhD L’auteur travaille à l’unité « Politique, recherche, partenariats et services consultatifs » de la Shelter Afrique Development Bank et est 2023 Fellow à l’Asia Global Institute.

Togo. Vers une réforme du Statut général de la fonction publique

Togo. Vers une réforme du Statut général de la fonction publique

Au Togo, le statut général de la fonction publique, en vigueur depuis une décennie, va faire l’objet d’une refonte. Après plusieurs mois de travaux, le gouvernement, réuni mercredi 20 décembre en conseil des ministres, a adopté un projet de loi en ce sens. La réforme, rendue nécessaire par les insuffisances et faiblesses observées dans la pratique des dispositions existantes, s’inscrit dans le cadre de la feuille de route gouvernementale dont l’axe 3 vise à moderniser le pays, à renforcer ses structures, et a principalement pour objectif de doter l’administration publique togolaise d’un nouveau cadre juridique et institutionnel moderne et flexible. Elle fait suite à un long processus de révision incluant une étude diagnostique, un benchmarking sur les meilleures pratiques et législations d’autres pays, et de larges concertations avec les acteurs concernés. En phase avec les ambitions de développement du pays Concrètement, la nouvelle mouture devra permettre d’améliorer la cohérence d’ensemble et l’application du statut général de la fonction publique, de promouvoir la culture de performance et de rendement à partir d’évaluations basées sur des critères prédéfinis, et de renforcer le système d’imprégnation, de formation et de perfectionnement au début et tout au long de la carrière du fonctionnaire. Également, les nouvelles dispositions entendent améliorer les procédures de recrutement, pour favoriser l’attraction et la rétention des talents dans la fonction publique. Ceci, tout en tenant compte des besoins spécifiques des régions. Plus de droits pour la femme Enfin, le nouveau statut, une fois approuvé par les élus du peuple, verra l’instauration d’un conseil de santé de la fonction publique, et surtout une extension des droits et avantages reconnus aux femmes. En effet, « une protection adéquate est notamment prévue pour la femme fonctionnaire ou contractuelle de l’administration publique », a assuré l’exécutif. Pour le gouvernement, l’ambition est claire : il s’agit, conformément aux instructions données par le chef de l’Etat, de « promouvoir une fonction publique de mission, moderne et performante, susceptible de mieux répondre aux besoins et attentes des usagers et des populations, en cohérence avec les ambitions de développement du Togo ». République Togolaise

La Banque mondiale exhorte le Gabon à réformer les subventions aux carburants tout en protégeant les populations les plus vulnérables

La Banque mondiale exhorte le Gabon à réformer les subventions aux carburants tout en protégeant les populations les plus vulnérables

ECONOMIE. Le Gabon doit réformer les subventions aux carburants tout en protégeant les plus pauvres pour le développement d’une économie verte et résiliente, selon a Banque mondiale. L’institution financière internationale exhorte ce pays d’Afrique centrale à « réformer les subventions aux carburants afin d’en limiter le coût économique, environnemental et social, tout en renforçant les programmes de protection sociale de manière à soutenir les populations les plus vulnérables et d’améliorer la viabilité des finances publiques ». Si l’économie gabonaise a bénéficié en 2022 des cours élevés du pétrole, la hausse des prix internationaux de l’énergie a également entraîné d’importants coûts budgétaires au détriment des dépenses sociales pour les plus vulnérables et de l’environnement, constate-t-on dans la dernière édition de la Note de conjoncture économique du Gabon rendue publique récemment. la reprise économique du Gabon s’est accélérée, pour atteindre 3,1 % en 2022 Selon le document, qui s’intéresse plus particulièrement aux réformes des subventions aux carburants, la balance commerciale et les finances publiques du pays ont bénéficié des prix élevés des produits de base et de la bonne tenue des exportations de matières premières comme le pétrole, le bois et le manganèse, permettant ainsi au pays d’enregistrer en 2022 son plus fort excédent budgétaire depuis les chocs sur les prix du pétrole de 2014. L’institution de Bretton Woods note cependant que « les effets prolongés de la pandémie de COVID-19 sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, conjugués à l’impact de l’invasion russe en Ukraine, ont fait grimper les prix mondiaux de l’alimentation et de l’énergie ». Il se trouve qu’au même moment, la population gabonaise, en particulier les habitants les plus vulnérables, ressentait de plus en plus durement les effets de l’inflation. Face à cette situation, le gouvernement a augmenté les dépenses destinées à subventionner les carburants et les denrées alimentaires dans le but de contenir la hausse du coût de la vie pour les ménages. Dans le but de limiter l’augmentation du coût budgétaire induit par les subventions aux carburants, le Gabon a décidé de libéraliser progressivement les prix pour le secteur industriel à partir de juin 2022, tout en maintenant inchangés les prix pour les ménages, rappelle la Banque. Malgré les efforts fournis dans cette perspective, « le coût budgétaire des subventions aux carburants a continué d’augmenter », a indiqué l’organisme international qui l’estime à 100,6 milliards de francs CFA en 2022, soit 0,7 % du PIB. D’après les estimations de l’organisme international, « les dépenses publiques allouées à ces subventions ont représenté les deux tiers des dépenses publiques totales consacrées à la santé, et plus de la moitié de celles affectées à l’éducation au cours de la même année ». Pour la représentante résidente de la Banque mondiale pour le Gabon, Aissatou Diallo, « les coûts d’opportunité fiscaux et sociaux des subventions sont extrêmement élevés ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ledit « rapport souligne l’importance de développer une économie viable et intégrative, résistante aux chocs et de façon durable », souligne-t-elle précisant que cela nécessite d’investir massivement tant dans les infrastructures que dans le capital humain. D’autant plus que « les subventions aux carburants profitent essentiellement aux couches les plus aisées de la population », constate Sonia Barbara Ondo Ndong, coauteure du rapport, qui plaide pour « des politiques alternatives plus efficaces et mieux ciblées pour soutenir les personnes les plus vulnérables ». Martin Kam

RDC. La MONUSCO et l’Agence de développement belge signent un protocole d’accord pour soutenir la réforme de la PNC

RDC. La MONUSCO et l’Agence de développement belge signent un protocole d’accord pour soutenir la réforme de la PNC

La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et l’agence belge de développement (Enabel) ont signé un protocole d’accord pour appuyer la mise en œuvre de la réforme de la Police nationale congolaise (PNC). La signature de ce protocole d’accord a eu lieu le 24 janvier dernier au quartier général de la MONUSCO, entre le chef de la composante police de la MONUSCO, le commissionnaire Mody Berethe, et le représentant résident d’Enabel en République démocratique du Congo (RDC), Philippe-Serge Degernier. Selon les lignes principales de ce document, l’agence belge Enabel bénéficiera d’un appui de la mission onusienne via sa police pour rendre opérationnelle l’académie de police (ACAPOL) construite dans la ville de Kinshasa. Pour les deux institutions, l’ambition d’aboutir à une police civile, républicaine et professionnelle au service de toutes les Congolaises et de tous les Congolais est une condition nécessaire au développement harmonieux du pays et au respect des droits humains. « Concrètement, la signature de cet accord nous permet de bénéficier de l’appui de la MONUSCO, en l’occurrence la composante police de la MONUSCO pour opérationnaliser l’académie de police qui se trouve ici à Kinshasa et faire en sorte que la formation de la première cohorte d’officiers soit lancée cette année en vue de la professionnalisation du corps d’officiers de la Police Nationale Congolaise », a expliqué Philippe-Serge Degernier, représentant de Enabel en RDC. Et de poursuivre : « Le but du projet est de pouvoir effectivement mettre à disposition de la population congolaise une police nationale professionnalisée, qui soit beaucoup plus proche des populations ». Ce programme permettra de mettre en place, d’une part, des formations tant au niveau des officiers qu’au niveau des hommes de terrain, d’introduire spécifiquement une doctrine de police de proximité qui a fait ses preuves dans d’autres pays. À court terme, cette collaboration se matérialisera par un soutien conjoint visant à équiper l’académie de police de la RDC, dont les premiers bâtiments ont été construits avec l’appui de l’Union européenne, aux fins de son démarrage dès 2023. Dédiée à la formation d’une nouvelle génération d’officiers et de cadres selon les standards internationaux, cette académie constituera le fer de lance de la réforme dans les années à venir. Le chef de la composante police de la MONUSCO a soutenu que l’appui à la réforme de la PNC s’inscrit dans le cadre de son mandat visant à contribuer à la stabilisation et au renforcement des institutions de l’État mais aussi aux principales réformes de gouvernance et de sécurité. Mody Berethe a aussi affirmé que la police de la MONUSCO (UNPOL) fait partie du groupe des partenaires qui ont, ensemble, mis en place un processus d’accompagnement pour la réforme de la Police nationale congolaise. « Ces efforts ont commencé depuis l’époque de la MONUC avec des travaux qui ont eu lieu à Kinshasa ; les discussions sur la réforme ont abouti à la mise en place d’un secrétariat exécutif du comité de suivi de la réforme de la police ». Le général de brigade Berethe s’est félicité des résultats concrets obtenus : « Aujourd’hui, ce que la police de la MONUSCO fait c’est de continuer à travailler avec les différents partenaires pour que les efforts qui ont été faits puissent réellement porter leurs fruits ». Rappelons que la MONUSCO est mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour fournir un appui à la stabilisation et au renforcement des institutions de l’État en RDC ainsi qu’aux principales réformes de gouvernance et de sécurité, y compris l’appui à la réforme du secteur de sécurité, dont le secteur de la police. CARINE TOPE (Monusco)

Brazzaville accueille la 3ème session consacrée à la réforme du Compte unique du Trésor (CUT) du Congo

Brazzaville accueille la 3ème session consacrée à la réforme du Compte unique du Trésor (CUT) du Congo

André Lema, Deuxième Fondé de pouvoirs du Trésor public, représentant Albert Ngondo, son Directeur général, a ouvert, mercredi 14 décembre 2022 à Brazzaville, la 3ème session du processus de déploiement de l’Application AMS/X dans les six pays de la Zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), consacrée à la réforme du Compte unique du Trésor (CUT) du Congo. En présence de Serge Dino Daniel Ngassackys, Directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) ; Gaëtan Edouard Iloy, Directeur des systèmes d’information (DSI) du Ministère de l’Economie et des Finances ; et de plusieurs cadres des Trésors publics des cinq autres pays de la sous-région. La réforme du Compte unique du Trésor est une réforme qui obéit aux exigences aussi bien des pays de la Zone CEMAC que des partenaires au développement, au nombre desquels le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Elle permet de mieux sécuriser et mieux dépenser les recettes publiques.   « L’unicité de caisse signifie qu’il n’y aura plus cette multiplicité des comptes que les entités de l’Etat ont ouverts dans les banques primaires. Désormais, ces entités auront des comptes à la BEAC ou banque centrale. Mais, la Caisse unique du Trésor sera comme un entonnoir où vont converger toutes les ressources de l’Etat. Cela permettra au Trésor public de jouer pleinement son rôle, parce qu’il aura une meilleure visibilité des ressources, pour une gestion idoine de la caisse de l’Etat, dans l’espace et dans le temps », a expliqué André Lema.    La session de Brazzaville intervient après celles de Yaoundé (Cameroun), tenue en novembre, et de Libreville (Gabon), qui a eu lieu du 5 au 9 décembre 2022.

La réforme du visa d’entrée en République du Congo en 4 points

La réforme du visa d’entrée en République du Congo en 4 points

TRIBUNE. Si le Congo veut développer son attractivité et attirer des touristes internationaux, il doit réformer le processus d’obtention du visa d’entrée sur son territoire. Tous les observateurs sont unanimes sur ce point. Pour réussir cette réforme, il y a quatre points à considérer. 1 – Les visas sont des sources de revenus importantes pour les représentations diplomatiques du Congo à l’étranger. Un visa de 15 jours pour rentrer au Congo coûte 55 euros. En une année, si un consulat délivre 100 000 visas, ce sont 5 500 000 euros de recettes (3,6 milliards de f cfa). De l’argent indispensable pour faire face aux dépenses de fonctionnement avant que l’argent arrive de Brazzaville. Difficile pour l’Etat congolais et ses représentations de se priver de cette manne. 2 – L’ambassade du Congo en France a déjà numérisé une partie du processus avec la mise en place de la plateforme “Girafe”. Le touriste peut y faire sa demande et y payer son visa. Cependant, pour le récupérer, il est obligé de se déplacer dans le 16eme arrondissement de Paris. En plus des tracasseries auxquelles il doit faire face, il est souvent obligé de prendre une journée de travail et de payer des frais de déplacement, s’il n’habite pas la région parisienne. 3 – Il faut donc digitaliser ou numériser l’ensemble du processus, y compris la délivrance du document. Pour cela, il y a deux possibilités. La première est d’envoyer, une fois que la demande est validée par le consul, le visa par mail via un document sécurisé par un code barre ou un QR code. La deuxième, serait de permettre au demandeur de récupérer son visa à la frontière à l’aéroport de débarquement au Congo. Le consulat envoie par mail un justificatif de l’obtention du visa que montre le voyageur quand il effectue ses contrôles à l’aéroport d’embarquement. 4 – Il faut mettre en place une plateforme commune qui sera mise en place et gérée par un partenaire privé via un PPP et une délégation de service public. Cette plateforme sera chargée de récolter les demandes, de les envoyer aux consulats pour validation et de les renvoyer aux demandeurs une fois que la demande est validée. Ce partenaire sera rémunéré via un contrat de plusieurs années où un pourcentage lui sera reversé sur chaque visa délivré. Chaque consulat continuera à percevoir les recettes des visas. Mais tout se fera en ligne. Plus personne n’aura besoin de se déplacer pour obtenir un visa d’entrée en République du Congo. Peut-être un projet concret que le nouveau Ministère de la Coopération et des PPP peut mettre en oeuvre. Promoteur de visiterlecongo Guillaume KOUKA Lanceur d’Alerte et l’homme de la Baie de Loango

Côte d’Ivoire. Fonction publique : La Ministre Anne Ouloto annonce pour 2022 des grands chantiers, dont une reforme de l’ENA et du SIGFAE

Côte d’Ivoire. Fonction publique : La Ministre Anne Ouloto annonce pour 2022 des grands chantiers, dont une reforme de l’ENA et du SIGFAE

Dans son intervention à l’occasion de la rentrée solennelle de l’exercice 2022 de son département ministériel, le 17 janvier à Abidjan, la ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Ouloto, a partagé sa vision et les résultats attendus pour 2022, tout en invitant l’ensemble de ses collaborateurs à mettre l’accent sur la proximité dans l’exercice de leur mission. La ministre Anne Ouloto a annoncé la déconcentration des canaux d’information et singulièrement du Système intégré de gestion des fonctionnaires et agents de l’État (SIGFAE) dans les Directions régionales, ainsi que le paiement effectif de la première pension de retraite immédiatement, le mois suivant la radiation des effectifs de la Fonction publique. La ministre a aussi annoncé la réforme de l’Ecole nationale d’Administration (ENA) pour en faire une institution de formation des hauts cadres de l’administration, de la prospective et de l’ingénierie administratives. Le Conseil de Discipline de la Fonction publique et le Secrétariat de l’Ordre du mérite de la Fonction publique feront également l’objet d’une réforme, a indiqué Anne Ouloto. Avant d’annoncer l’adoption d’un projet de loi portant statut général de la Fonction publique et l’adoption du Code d’éthique et de déontologie de l’agent public. En matière de modernisation de l’Administration, il est prévu la signature électronique des actes administratifs, l’amélioration de l’accueil de l’usager client et la célérité dans le traitement des réclamations et le lancement des travaux de la deuxième version du SIGFAE, en vue du renforcement du réseau. Anne Ouloto entend également achever le processus de dématérialisation de l’ensemble des processus du ministère et l’accélération de la politique de digitalisation et d’informatisation de l’ensemble des services publics. Pour la ministre, l’exemplarité et la redevabilité doivent s’inscrire dans les actions des fonctionnaires et agents de l’État comme des obligations. « Pour l’exercice 2022, je voudrais indiquer que toutes nos actions devront s’exécuter dans le strict respect des procédures, avec célérité, transparence et efficacité. Elles devront s’inscrire dans une démarche qualité, et observer les valeurs d’intégrité, d’équité, de responsabilité et de redevabilité », a-t-elle dit. La ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration a, par ailleurs instruit le Comité éthique, de développer un plan de communication, d’information et de sensibilisation, visant à encourager les personnels à renforcer et promouvoir les valeurs d’éthique et professionnelles du ministère, et invité l’Inspection générale, à intensifier le contrôle du fonctionnement et le respect des règles de gestion administrative et financière de l’ensemble des services du ministère. Concernant les organisations syndicales, Anne Ouloto a appelé les acteurs de ce secteur à prendre leur part dans la construction d’une administration publique efficace, en privilégiant le dialogue. Tous ces chantiers et résultats attendus ont été consignés dans des lettres de mission que la ministre Anne Ouloto a remises à chaque responsable de direction opérationnelle du ministère. « L’engagement du gouvernement à promouvoir une Côte d’Ivoire solidaire exige de chacun de nous que nous agissions, au quotidien, à améliorer les conditions de vie des populations et à leur faciliter l’accès à des prestations de service public de qualité », a insisté la ministre. Au titre du bilan 2021, Anne Ouloto a rappelé la bonne tenue de la première édition des Journées de la Fonction publique du 13 au 17 décembre qui a permis d’améliorer la perception des citoyens de l’administration publique.