La discrimination à l’encontre des jeunes Africains de la diaspora en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis suscite un intérêt et un rapprochement avec l’Afrique, selon un nouveau rapport

Qu’est-ce que c’est que d’être un jeune Africain de la diaspora ? Selon le nouveau rapport Être africain : Comment les Africains appréhendent- ils la diaspora? Les jeunes Africains de la diaspora subissent différents types de discrimination – éxotisation en France, microagressions au Royaume-Uni, et surveillance et profilage aux États-Unis. Le dernier rapport de recherche de l’organisation de changement narratif Africa No Filter étudie la manière dont les jeunes Africains vivent leur diaspora, comment ils définissent le fait d’être Africain et les fondements de leur appartenance. Il examine également la manière dont ils définissent leurs relations avec d’autres Africains et comment les stéréotypes dominants sur l’Afrique influencent la perception du continent par les jeunes de la diaspora. Le rapport révèle que si la vie dans la diaspora est marquée par divers types de discrimination, les jeunes Africains de la diaspora possèdent un double héritage unique qui les rend fiers des langues, de la cuisine, de la musique et de l’histoire africaines, tout en étant fortement liés à la langue et à la culture de leur pays d’accueil. Leur perception de l’Afrique n’a pas non plus été trop influencée par les nombreux récits négatifs sur le continent véhiculés par les médias grand public. Au contraire, ils s’appuyaient sur les relations interpersonnelles et les réseaux sociaux, et parfois sur des voyages sur le continent, pour acquérir des connaissances sur l’africanité. En outre, les expériences de discrimination et les récentes prises de conscience raciales dans les pays d’accueil ont également été à l’origine d’un intérêt plus marqué pour l’Afrique. Moky Makura, Directrice exécutive d’Africa No Filter, a déclaré : « Ce rapport est incontournable pour les gouvernements africains et les pays d’accueil de la diaspora car il se penche sur un groupe insuffisamment étudié : Les récits uniques et personnels de la vie dans la diaspora sont une occasion pour les gouvernements africains et les pays d’accueil de réfléchir sur la manière de transformer les jeunes Africains de la diaspora en un atout économique, social et culturel tant pour leur pays d’accueil que pour leur pays d’origine ». Le rapport a été rédigé par les universitaires Lusike Mukhongo, Winston Mano et Wallace Chuma. En voici les principales conclusions : Méthodologie: dans le cadre de cette étude, 70 Africains âgés de 18 à 28 ans ont été interrogés aux États-Unis, 20 au Royaume-Uni et 20 en France. Les participants étaient des membres de la diaspora de première ou de deuxième génération, nés dans la diaspora ou y ayant déménagé avant l’âge de cinq ans. Tous les participants n’avaient que peu ou pas de souvenirs fixes de l’Afrique et s’appuyaient principalement sur les informations qui leur étaient communiquées dans leur pays d’accueil.
Les Transferts de Fonds jouent un rôle prépondérant dans le rapprochement des migrants avec leur famille dans leur pays d’origine

TRIBUNE. Si vous vous adressez à la plupart des travailleurs migrants, vous entendrez parler aussi bien du soutien financier considérable qu’ils apportent aux membres de leur famille restés au pays, que des grands projets de développement qu’ils financent. Pour ce faire, ils prélèvent une partie de leurs revenus qu’ils envoient dans leurs pays respectifs via différents services de transfert de fonds. Actuellement, on dénombre environ un milliard de personnes dans le monde concernées par les transferts de fonds. Ces transferts sont effectués soit à l’envoi ou la réception -une personne sur neuf est bénéficiaire de ces flux d’argent envoyés par des membres de sa famille qui ont migré pour travailler1. Les transferts de fonds personnels vers l’Afrique représentent en effet environ 82,7 milliards de dollars chaque année, soit près du double du flux d’investissements directs étrangers (IDE) du continent, qui s’élève à 46 milliards de dollars2. Les transferts de fonds personnels vers la quasi-totalité des pays africains sont également supérieurs à l’aide publique au développement qu’ils reçoivent. Les estimations indiquent que les trois quarts des transferts de fonds servent à couvrir des besoins essentiels sont: la nourriture et les frais médicaux, les frais de scolarité ou les dépenses liées au logement ainsi que la perte de récoltes ou les urgences familiales3. Les transferts de fonds sont par conséquent un véritable facteur de développement, qui peut être perçu au niveau des ménages, où de nombreuses familles se sont sorties de la pauvreté grâce à l’argent envoyé par leurs proches de l’étranger, jusqu’au niveau national. Ces transferts ont revêtu une importance particulière pendant la pandémie de Covid, lorsque de nombreuses familles ont dû compter sur leurs proches à l’étranger pour subvenir à leurs besoins après que la fermeture des frontières ait provoqué l’effondrement de nombreuses entreprises, entraînant des pertes de revenus. Au début de la pandémie, il n’était pas rare que les travailleurs migrants consacrent une partie de leurs allocations de secours délivrées par l’État à l’aide apportée à leurs proches en difficulté dans leur pays, une aide qui se poursuit encore pendant la période de rétablissement. « Alors que le Covid-19 continue de dévaster des familles dans le monde entier, les transferts de fonds restent une bouée de sauvetage essentielle pour les pauvres et les vulnérables », a déclaré Michal Rutkowski, Directeur du Département Protection Sociale et Emploi de la Banque Mondiale4. WorldRemit est fier de promouvoir cette action en offrant un moyen rapide et pratique de transférer de l’argent dans plus de 130 pays et dans plus de 70 devises5. Les migrants envoient de l’argent chez eux non seulement pour aider à résoudre la situation financière de leur famille, mais aussi pour maintenir des liens familiaux à distance avec les personnes restées au pays », explique Imane Charioui, responsable de l’Afrique du Nord et centrale et du Moyen-Orient chez WorldRemit. »Les transferts de fonds donnent aux expéditeurs un sentiment d’appartenance et une façon de montrer leur solidarité et de maintenir leur identité avec la communauté, le véritable esprit africain », ajoute-t-elle. WorldRemit continue d’intégrer ses systèmes aux services d’argent mobile afin de permettre aux destinataires d’encaisser plus facilement leurs paiements et de réduire les déplacements longs et coûteux vers les points d’encaissement. « Nous savons combien il est important pour les travailleurs à l’étranger d’envoyer de l’argent à leurs proches lorsqu’ils en ont le plus besoin. Chez WorldRemit, nous veillons à ce que ce soit rapide, sûr et pratique. » Et comme les personnes de la diaspora continuent de travailler dur pour améliorer la vie de leurs familles restées au pays, WorldRemit continue d’investir dans des technologies qui optimisent son service. « Nous restons fidèles à notre objectif fondateur, qui a toujours été d’améliorer la vie des gens ; en leur offrant un service de transfert de fonds abordable, nous constatons une transformation dans la vie des personnes qui utilisent notre service », a déclaré M. Charioui. Par Imane Charioui Responsable Afrique du Nord et Afrique centrale (WorldRemit)
Et si une Afrique pouvait se revendiquer de son rapprochement ou de sa proximité avec Moscou

TRIBUNE. En rapport avec la crise Russie-Ukraine et ses conséquences sur le reste du monde, seules les voix de l’Afrique et de l’Asie peuvent être audibles à Kremlin. Pourquoi? Explications. La diplomatie française , très orientée vers l’approche américaine dans ce conflit, a t-elle une bonne carte à jouer pour mettre fin à une guerre à laquelle prennent part, indirectement et de manière complaisante, les politiques et officiels français, médias de l’hexagone et le monde des affaires? Macron vient de consulter ses prédécesseurs Hollande, Sarkozy, et autres personnalités ressources, pour obtenir d’elles l’onction de la diplomatie dissuasive à l’égard de Moscou. Difficile qu’une telle démarche soit couronnée de succès. Et pour cause, Paris ne peut être juge et partie pour prétendre jouer un rôle de négociateur. La Chine, pro russe et mal aimée par les américains, peut-elle jouer un rôle d’arbitre dans ce retour à la bipolarité conflictuelle du monde? De nombreux observateurs en émettent des réserves. Reste la voix de l’Afrique dont la neutralité a récemment crevé les yeux aux Nations Unies, sauf l’Erythrée qui a nettement marqué son ancrage et son attachement à la Russie. L’Afrique est, certes, divisée sur la question. Toutefois, des personnalités , à même de faire entendre raison aux Usa, ses alliés et à Mouscou, sont connues. Denis Sassou Nguesso (Congo Brazzaville)- qu’on l’aime ou pas-, Cyril Ramophasa (Afrique du Sud), Emerson Mnangagwa (Zimbabwe), Hage Geingob (Namibie), Abdulmecid Tabboune (Algérie), João Lourenço (Angola), Fiipe Nyusi (Mozambique) et Archange Touedera (RCA),sont des africains à qui Poutine peut accorder une oreille fine. Toutes ces personnalités ont un passé et/ou un présent bien fructueux avec la Russie. Une petite anecdote, il eut un temps à Brazzaville où un conseil des ministres pouvait de tenir en langue russe, à défaut d’utiliser le français, la langue officielle. Moscou devrait y construire un pipeline entre Pointe-Noire, la capitale économique, et Brazzaville… Faut-il rappeler que le locataire du Kremlin est la clé à la solution à cette crise. D’où l’intérêt de trouver des personnes qui peuvent lui parler en toute confiance. Par Alphonse Ndongo Journaliste économique et financier.
Bamako poursuit son rapprochement avec Moscou
Au Mali, la sortie du ministre des Affaires étrangères ce jeudi (12.11) à Moscou continue de faire réagir. Abdoulaye Diop a notamment indiqué à l’issue d’une conférence de presse commune avec son homologue russe, Serguei Lavrov, que 80% des équipements militaires de son armée sont d’origine russe. Cette annonce pourrait laisser penser que les autorités de transition ne font que réchauffer une longue coopération militaire avec en perspective, la probable arrivée du groupe paramilitaire russe Wagner. Les premiers contacts entre le Mali et la Russie dans le domaine militaire remontent au 14 octobre 1960, moins d’un mois après l’accession du pays à l’indépendance et seulement deux jours après le premier défilé militaire de la nouvelle armée malienne créée le 1er octobre 1960… Lire la suite sur DW