Le Crédit Agricole du Maroc lance son nouveau produit de préfinancement export : TASBIQ TASDIR à partir de 3.75%

Le Crédit Agricole du Maroc (CAM), en concertation avec le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, se mobilise pour apporter son appui aux exportateurs de produits agricoles. Ainsi, au vu de l’augmentation des volumes de production, de l’excellente campagne de l’année et compte tenu de la nécessité pour les opérateurs de faire face à certaines nouvelles contraintes nées de la situation sanitaire, le CAM revisite son offre de financement à l’international. La banque prend acte du renchérissement des coûts liés à l’export et notamment ceux liés à la logistique (frêt maritime ou terrestre) et aux intrants (emballage et conditionnement) et redéfinit son dispositif global d’accompagnement en adaptant son préfinancement à l’export désormais baptisé TASBIQ TASDIR. Tasbiq Tasdir est un crédit de trésorerie qui permet de préfinancer la campagne d’exportation en dirhams ou en devises et couvre toutes les opérations liées à l’export. Il peut être couplé à une couverture à terme pour la gestion du risque de change et sera octroyé à un taux avantageux, allant de 3.75% HT à 4.25 % HT selon le respect des critères d’éligibilité et la formule choisie par l’opérateur. Si le crédit est libellé en devises, il sera octroyé à un taux avantageux en rapport avec les taux en vigueur de la devise choisie. Tasbiq Tasdir est destiné à l’ensemble des opérateurs quelle que soit leur taille : agriculteurs, coopératives, GIE, stations de conditionnement, agrégateurs…. Il sera appuyé par le déploiement d’un nouveau dispositif Salle des marchés spécifique avec un desk dédié et accessible à tous ainsi que le déploiement d’un réseau de trades centers au niveau régional chargés d’apporter le conseil et l’appui nécessaire aux opérateurs. La cotation appliquée pour les opérations de rapatriement de devises sera désormais, pour les agriculteurs, celle que la Banque applique à ses plus grands clients corporate. Tasbiq Tasdir vient ainsi compléter et enrichir l’offre de produits concernant les acteurs de l’amont agricole pour leur donner les meilleures chances de réussir leur campagne export. Comme tout crédit, Tasbiq Tasdir reste tributaire d’une validation du dossier par les comités compétents et d’une évaluation du risque en cohérence avec les normes et standards en vigueur. Ce lancement s’inscrit dans le cadre des efforts constants de la Banque pour accompagner l’ensemble des filières agricoles et les encourager pour accroître leurs performances et participer à la déclinaison des grandes orientations stratégiques du pays notamment le Nouveau Modèle de Développement et la mise en œuvre de Génération Green.
Bénin : l’indice des prix à la production des produits agricoles affiche une hausse de 3,3% au 1er trimestre 2021
L’indice des prix à la production des produits agricoles s’est établi à 140,2 au 1er trimestre 2021, soit une hausse de 3,3% en variation trimestrielle, annonce le bulletin trimestriel de l’Indice des prix des produits agricoles à la production, publié samedi à Cotonou. Selon ce document réalisé par l’Institut national de la statistique et d’analyse économique (INSAE), cette situation est due à un renchérissement des indices des racines et tubercules (+4,9%), des légumineuses (+4,2%) et surtout des produits maraîchers (+52,7%), souvent absents sur les marchés en janvier et févier marqués par la grande saison sèche. « Comparé à la même période de l’année dernière, l’indice des prix à la production s’est accru de 25,2%. Cette évolution est en lien avec l’accroissement des indices des céréales (+47,3%) ainsi que des racines et tubercules (+28,4%) », explique la même source. D’après une récente étude réalisée par le ministère béninois de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, l’agriculture est le premier secteur économique du Bénin après celui des services. Elle contribue pour 32,7% en moyenne au PIB, 75% aux recettes d’exportation, 15% aux recettes de l’Etat et fournit environ 70% des emplois. Elle contribue aussi et surtout à assurer la sécurité alimentaire du pays.
Stabilisation attendue des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Les prix des produits de base devraient se stabiliser à la faveur de la reprise économique mondiale, a annoncé la Banque mondiale dans un nouveau rapport précisant que cette évolution dépendra du rythme de la reprise et de l’endiguement de la Covid-19. « Les prix des produits de base ont continué à se redresser au premier trimestre 2021 et devraient rester proches de leurs niveaux actuels jusqu’à la fin de l’année, à la faveur du rebond de l’économie mondiale et de l’amélioration des perspectives de croissance », a indiqué l’institution internationale dans la dernière édition semestrielle de son Commodity Markets Outlook. Prudents, les auteurs du rapport, rendu public récemment, préviennent toutefois que ces prévisions demeurent fortement tributaires des progrès de la lutte contre la pandémie de Covid-19 et des mesures de soutien mises en place dans les économies avancées. Comme l’a également relevé la Banque mondiale dans un communiqué, ces pronostics dépendent aussi des décisions de production prises par les principaux producteurs de matières premières. « La croissance mondiale est plus vigoureuse que prévu jusqu’ici et les campagnes de vaccination sont en cours, et ces tendances dopent les prix des produits de base », analyse Ayhan Kose, vice-président par intérim du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions et directeur du groupe Perspectives. La durabilité de la reprise étant très incertaine, il estime que « les économies émergentes et en développement, qu’elles soient exportatrices ou importatrices de matières premières, doivent améliorer leur capacité de résistance à court terme et se préparer à l’éventualité d’un ralentissement de la croissance». Il est à noter qu’avec un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 56 dollars, les prix de l’énergie devraient atteindre cette année des niveaux globalement supérieurs de plus d’un tiers par rapport à ceux de l’année écoulée. Des estimations publiées dans la dernière livraison du Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, il ressort que les cours des métaux devraient pour leur part augmenter de 30% et les prix agricoles de près de 14%. Sous l’effet de la reprise de l’activité économique et, dans certains cas, de facteurs liés à l’offre, en particulier en ce qui concerne le pétrole, le cuivre et certains produits alimentaires, la Banque mondiale relève que « les prix de la quasi-totalité des produits de base sont désormais supérieurs aux niveaux précédant la crise ». Soulignons que les cours du pétrole brut, qui avaient atteint des planchers record pendant la pandémie, ont, de leur côté, rebondi. Cette hausse intervient « à la faveur d’une reprise économique mondiale rapide et de la poursuite des réductions de production par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires », a expliqué l’institution internationale. Dans son rapport, la Banque mondiale prévoit un raffermissement de la demande au cours de cette année, « avec l’arrivée massive de vaccins, notamment dans les économies avancées, l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie et la continuation de la reprise mondiale ». La même source soutient que « le baril devrait atteindre 60 dollars en moyenne en 2022 ». Elle prévient cependant qu’une nouvelle détérioration de la demande pourrait exercer des pressions sur les prix, si l’endiguement de la pandémie faiblit. A en croire les auteurs dudit rapport, les prix des métaux devraient céder une partie des gains enregistrés cette année à mesure que la croissance induite par les mesures de relance se tassera en 2022. Comme, l’explique la Banque mondiale, « un abandon plus rapide de ces mesures dans certaines grandes économies émergentes pourrait tirer les prix à la baisse, tandis qu’un vaste programme de modernisation des infrastructures aux Etats-Unis pourrait soutenir les cours des métaux, notamment l’aluminium, le cuivre et le minerai de fer », fait-elle savoir affirmant que l’intensification de la transition énergétique mondiale vers la décarbonation pourrait elle aussi accroître la demande de métaux. En ce qui concerne les prix des matières premières agricoles, le rapport indique qu’ils ont enregistré une hausse soutenue cette année, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires, en raison de l’insuffisance de l’offre en Amérique du Sud et de la forte demande de la Chine. Le document estime cependant que « l’approvisionnement est suffisant pour la plupart des marchés mondiaux de produits alimentaires au regard des niveaux historiques, et les prix devraient se stabiliser en 2022 ». Signalons que la dernière livraison du Commodity Markets Outlook consacre un dossier spécial aux conséquences des fortes variations des prix des métaux sur les pays exportateurs. Le rapport s’intéresse particulièrement au cuivre et à l’aluminium qui, comme le relève la Banque mondiale dans sa note, « constituent une source majeure de revenus d’exportation pour 35 % des économies émergentes et en développement ». Alain Bouithy
Le commerce des produits agricoles a été plus résilient face à la crise que le commerce global

La crise liée à la pandémie de coronavirus (Covid-19) n’a pas eu d’incidence notable sur le commerce mondial des produits agricoles, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans un nouveau rapport rendu public récemment, l’organisation internationale affirme que l’agriculture a fait preuve de résilience, avec une performance commerciale qui s’est mieux comportée que d’autres secteurs. En effet, « alors que le commerce global des marchandises a fortement chuté au premier semestre 2020, les exportations agricoles et alimentaires ont augmenté de 2,5% au premier trimestre de l’année par rapport à la même période en 2019, avec une augmentation de 3,3% en mars, suivie d’une augmentation de 0,6% en avril, bien que les données préliminaires pour mai indiquent une légère baisse (-1,3%) par rapport à 2019 », souligne le rapport. Selon les auteurs dudit rapport, le commerce des produits agricoles a ainsi été plus résilient que le commerce global. Pour l’OMC, « cela reflète la nature essentielle des denrées alimentaires et l’inélasticité relative des revenus de la demande qui en résulte, ainsi que le fait que la plupart des échanges agricoles (notamment les céréales et les oléagineux) ont lieu dans des expéditions maritimes en vrac qui n’ont pas subi de perturbations majeures ». Dans son rapport, l’institution soutient que cette image globale cache le fait que la demande de certains produits agricoles (par exemple, les produits agricoles non alimentaires tels que les peaux de fourrure crues, la laine ou les fleurs) a chuté de façon spectaculaire, alors qu’elle augmentait pour d’autres (par exemple, les aliments de base, les fruits et légumes transformés). Ce qui reflète la panique initiale et l’augmentation de la consommation à domicile, explique-t-elle. A titre de rappel, «en avril 2020, les exportations ont également baissé pour plusieurs produits alimentaires, notamment pour les produits de plus grande valeur, tels que les produits frais, les produits laitiers et la viande, qui sont généralement plus dépendants des ventes aux restaurants, aux écoles et au secteur du tourisme qu’aux ménages», souligne l’OMC. L’organisation rappelle, en outre, que les produits périssables de grande valeur transportés par voie aérienne ont été plus durement touchés par l’effondrement soudain du trafic aérien de passagers, qui a diminué la capacité de fret aérien et augmenté les coûts. S’il est admis que les impacts ont varié selon les régions, l’OMC fait également remarquer que les prix des denrées alimentaires étaient déjà orientés à la baisse au début de 2020 et que la crise du Covid-19 a exercé une nouvelle pression à la baisse sur les prix, et donc sur les revenus des producteurs. Mais «bien que le mois de juin ait vu la première augmentation des prix mondiaux des denrées alimentaires depuis le début de 2020», l’organisation estime toutefois que «les prix devraient rester à des niveaux bas dans un contexte de ralentissement économique». En outre, «alors que les stocks alimentaires mondiaux et les niveaux de production des produits de base les plus consommés – riz, blé et maïs – sont à des niveaux records ou presque, et que la baisse des prix rend en principe les aliments plus abordables, l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les emplois et les revenus a augmenté le nombre de personnes affamées », fait-elle savoir. Citant les estimations les plus récentes du Programme alimentaire mondial, le document indique que 270 millions de personnes pourraient être en situation d’insécurité alimentaire aiguë d’ici la fin de 2020, soit une augmentation de 82% par rapport à avant la pandémie. « S’il n’y a actuellement aucune raison pour que la crise sanitaire actuelle se transforme en crise alimentaire, les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaire constituent un risque, les choix de politique commerciale des gouvernements étant susceptibles de déterminer comment la situation évolue », prévient l’organisation. Alain Bouithy
La demande mondiale pour les produits agricoles devrait croître de 15% sur les dix années à venir

La demande mondiale pour les produits agricoles devrait augmenter de 15% au cours de la prochaine décennie, selon les projections de l’Organisation pour la coopération économique et le développement (OCDE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En parallèle, « la croissance de la productivité agricole devrait augmenter légèrement plus vite, provoquant ainsi une inflation des prix des principaux produits agricoles qui, de leur côté, devraient rester ou légèrement baisser par rapport à leur niveau actuel », soulignent les deux institutions dans un nouveau rapport annuel. D’après ce document, intitulé « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2019‑2028 », la croissance de la production agricole devrait toutefois permettre de maintenir les prix des produits alimentaires relativement faibles lors de la prochaine décennie. Soulignons que le rapport fournit un scénario de référence complet de l’évolution à moyen terme des marchés des produits agricoles aux niveaux national, régional et mondial. Il met également en lumière les risques de plus en plus nombreux qui planent sur ces marchés. Ce qui, d’après les auteurs, « peut aider les décideurs à mieux les anticiper et y faire face ». Dans la préface dudit rapport, José Graziano da Silva, directeur général de la FAO et Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, citent à cet égard « la propagation des épizooties et des maladies des plantes, le risque croissant de phénomènes climatiques extrêmes ainsi que les perturbations des approvisionnements que pourraient provoquer les tensions commerciales de plus en plus vives ». Mis à part ces perturbations, la propagation de maladies végétales et animales, la résistance aux antimicrobiens, les nouvelles réglementations encadrant les techniques phytogénétiques et des événements climatiques extrêmes, le rapport attire également l’attention sur d’autres incertitudes. Il s’agit de « l’évolution des préférences alimentaires face aux problèmes de durabilité et de santé et les dispositifs politiques capables de répondre au taux d’obésité en hausse à travers le monde », souligne-t-on dans un communiqué. S’agissant des perspectives pour les dix prochaines années, le rapport prévoit de meilleurs rendements et une plus grande intensité de la production grâce notamment aux innovations technologiques qui permettront d’augmenter la production même si l’utilisation des terres agricoles mondiales reste relativement stable. En même temps, « les émissions de gaz à effet de serre provenant directement de l’agriculture devraient augmenter de 0,5% chaque année lors des 10 prochaines années », prévient-on. Cette évolution reste cependant « en dessous de la moyenne de 0,7% enregistrée ces dix dernières années et inférieure aux prévisions concernant le taux de croissance de la production », rassurent les deux institutions notant par ailleurs que cette situation reflète une baisse de l’intensité du carbone. De plus en plus nombreuse, la population mondiale continuera d’utiliser des quantités croissantes de produits agricoles pour l’alimentation humaine et animale ainsi qu’à des fins industrielles, poursuit le document. S’agissant de l’alimentation humaine, il ressort du rapport que « l’essentiel de la demande supplémentaire de la décennie à venir viendra de régions et de pays à forte croissance démographique, en particulier d’Afrique subsaharienne et d’Inde, ainsi que du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ». Selon l’OCDE et la FAO, l’utilisation de céréales pour l’alimentation devrait augmenter de près de 150 millions de tonnes pendant la période concernée – soit une hausse de 13% – due en grande partie au riz et au blé. « Le facteur le plus important derrière cette hausse de l’utilisation alimentaire de produits de base est la croissance de la population, qui devrait augmenter plus vite en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud », expliquent-elles. Si les conclusions du rapport indiquent une baisse de la sous-alimentation dans son ensemble, Máximo Torero, sous-directeur général de la FAO pour le développement économique et social, prévient qu’« au rythme d’amélioration actuel, nous serions loin d’atteindre notre objectif Faim Zéro d’ici 2030. » Alain Bouithyy
Cameroun: le gouvernement veut instaurer une taxe à l’exportation sur une dizaine de produits agricoles

Le gouvernement camerounais veut instaurer une taxe à l’exportation de 5% sur une dizaine de produits agricoles dont le riz, l’huile de palme, le piment, la noix de kola, le mil ou encore le poivre. Cette mesure vise à maximiser la collecte des recettes non pétrolières permettant de compenser le déficit budgétaire dû à la baisse des recettes pétrolières qu’a subi le Cameroun, rapporte la chaîne panafricaine Africa 24 (voir reportage ci-dessous).