Maroc. Les industriels anticipent une hausse de la production au quatrième trimestre

Les chefs d’entreprise opérant dans les secteurs des industries manufacturières, de l’extraction, de l’énergie, de l’environnement anticipent une amélioration de leur production au quatrième trimestre 2022. Sondés dans le cadre des enquêtes de conjoncture réalisées par le Haut-commissariat au plan (HCP), les patrons des industries manufacturières et extractives ont déclaré s’attendre à une augmentation de leur production au cours du dernier trimestre de l’année qui s’achève. Selon les explications de l’organisme public, les anticipations des entreprises de l’industrie manufacturière seraient attribuables à une hausse de l’activité de l’«Industrie automobile», de la «Fabrication d’équipements électriques» et des «Industries alimentaires». Dans une note d’information synthétisant les résultats des enquêtes de conjoncture réalisées auprès des entreprises sondées, le Haut-commissariat ajoute qu’elles seraient aussi justifiées par la diminution de l’activité observée au niveau de l’«Industrie chimique» et de la «Fabrication de boissons». Concernant les anticipations de l’emploi, ces enquêtes menées auprès de ces derniers réveillent que les industries manufacturières «prévoient globalement une stabilité des effectifs employés», rapporte le Haut-commissariat. S’agissant de l’industrie extractive, les avis recueillis suggèrent que la hausse attendue de la production «serait imputable principalement à une augmentation de la production des phosphates», indique le Haut-commissariat dans sa note d’information. La même source révèle, en outre, que les patrons de ce secteur prévoient une stabilité des effectifs employés au cours de la même période. Dans sa note d’information, le Haut-commissariat rapporte également que la production énergétique attendue pour le quatrième trimestre 2022 devrait accuser une baisse attribuable au recul de la «Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné» ; tandis que l’emploi connaîtrait une stabilité des effectifs. Toujours selon le Haut-commissariat, « pour le même trimestre, les entreprises de l’industrie environnementale anticipent une stabilité de la production. Cela se ferait ressentir notamment dans les activités du «Captage, traitement et distribution d’eau», précise-t-il dans sa note qui fait état par ailleurs d’une stabilité des effectifs employés. Il est à noter que les enquêtes de conjoncture du HCP ont également porté sur les estimations pour le troisième trimestre 2022 Ainsi, selon les appréciations des chefs d’entreprise, la production de l’industrie manufacturière aurait connu une stabilité au troisième trimestre 2022. Selon les explications du HCP, cette stabilité aurait été justifiée par une hausse de la production dans les branches de l’«Industrie chimique», de l’«Industrie pharmaceutique» et de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques». L’institution publique ajoute qu’elle aurait été aussi liée à une baisse de la production dans les branches des «Industries alimentaires», de l’«Industrie automobile» et de la «Fabrication d’équipements électriques». Alors que l’emploi aurait connu une stabilité, le HCP rapporte dans sa note que « les carnets de commandes du secteur se seraient situés à un niveau inférieur à la normale et les prix de vente des produits fabriqués auraient connu une augmentation au troisième trimestre ». Le Haut-commissariat indique, en outre, que le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) dans l’industrie manufacturière se serait globalement établi à 76%. Toujours selon le HCP, « au troisième trimestre 2022, 53% des entreprises de l’industrie manufacturière auraient rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières d’origine étrangère » ; tandis que les stocks de matières premières durant ce trimestre se seraient situés à un niveau normal et la trésorerie aurait été jugée « difficile » par 36% des patrons, relève-t-il précisant que, par branche d’activité, cette proportion atteint près de 54% dans la « Fabrication de textiles». A propos de la production de l’industrie extractive, le HCP note qu’elle aurait connu une hausse au cours du troisième trimestre suite à une augmentation de la production des phosphates; tandis que les carnets de commandes se seraient situés à un niveau normal et l’emploi aurait connu une baisse. La note d’information du HCP rapporte par ailleurs que la production de l’industrie énergétique aurait affiché une augmentation au titre de la même période en raison principalement de la hausse de la «Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné». Au niveau des carnets de commandes, il ressort de ces enquêtes qu’ils se seraient situés à un niveau normal alors que l’emploi aurait connu une diminution. Quant à la production de l’industrie environnementale, les sondés estiment qu’elle aurait connu une stabilité imputable à une stagnation de l’activité du «Captage, traitement et distribution d’eau», note le HCP rapportant que les carnets de commandes de ce secteur se seraient établis à un niveau normal et l’emploi aurait connu une stabilité. Alain Bouithy
Guinée : le Fonds africain de développement accorde près de 23 millions de dollars pour améliorer la production et la productivité vivrières

Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement a approuvé, vendredi 18 novembre 2022, à Abidjan, un appui financier de 22,98 millions de dollars américains à la Guinée. Objectif : mettre en œuvre le Projet de production alimentaire d’urgence, en vue d’atténuer les effets de la hausse des prix des denrées alimentaires de base, dus à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine. Le financement du guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement se compose d’un prêt de 12,98 millions de dollars et d’un don de 10 millions de dollars. « L’appui du Fonds africain de développement va permettre de renforcer les capacités des agriculteurs sur les bonnes pratiques agricoles. Cela afin d’augmenter la production et la productivité vivrières pour ainsi améliorer la sécurité alimentaire des populations guinéennes », a déclaré Marie-Laure Akin Olugbade, la directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Ouest. Le projet va notamment permettre d’acquérir et de distribuer aux producteurs des semences ordinaires : 50 tonnes de riz, 10 tonnes de maïs, 20 000 boutures de manioc, 3 200 000 semenceaux d’igname et 500 tonnes de pomme de terre. À quoi s’ajoute 50 tonnes de riz et 10 tonnes de maïs de semences hybrides ainsi que des semences certifiées climato-résilientes : 2 000 tonnes de riz et 750 tonnes de maïs. Les producteurs de 344 communes du pays vont bénéficier de transfert de technologie et de conseils agricoles intégrant l’information climatique. Enfin, pour permettre une plus grande utilisation des engrais et booster la production de riz, de maïs et de tubercules, les producteurs recevront un appui en engrais, à coût partagé. Ainsi, 4845 tonnes de NPK (azote, phosphate et potassium), 3185 tonnes d’urée et 3570 tonnes de matière organique seront acquises et mises à la disposition des agriculteurs et des services d’appui. Le recours aux engrais chimiques et à la fumure organique va permettre d’améliorer de façon sensible les rendements. L’objectif est de porter les rendements de riz de 1,5 tonne à 2,5 tonnes à l’hectare, le maïs de 1 tonne à 2,5 tonnes, le manioc de 8 tonnes à 12 tonnes, l’igname de 8 tonnes à 18 tonnes et la pomme de terre de 10 tonnes à 15 tonn Les résultats attendus du projet sont l’amélioration de la production et la productivité des filières riz, maïs et tubercules. En termes de production, les volumes attendus sont estimés à 71 429 tonnes pour le riz, 57 000 tonnes pour le maïs, 12 000 tonnes pour le manioc, 7 200 tonnes pour l’igname et 6 250 tonnes de pomme de terre. Quelque 35 750 agriculteurs vont être directement touchés par ce projet, dont au moins 30% d’agricultrices et 1650 fermes d’éleveurs y compris celles appartenant et gérées par les femmes. Les bénéficiaires indirects sont estimés à 71 500 agriculteurs et 3 300 éleveurs.
Accroissement de la production et des ventes dans le secteur industriel (Maroc)

Au titre du mois de juillet, la production et les ventes sont demeurées orientées à la hausse dans le secteur industriel, a constaté Bank Al-Maghrib notant dans le même temps un accroissement des commandes avec un carnet qui se serait situé à un niveau supérieur à la normale. Il s’agit de la cinquième hausse de la production et des ventes observée dans le secteur industriel depuis le début de l’année 2019. Rappelons qu’au titre du mois de janvier, la Banque centrale avait noté une stagnation de la production et une baisse des ventes. Quatre mois plus tard, en mai, BAM avait également observée une stagnation des ventes alors que la production affichait une hausse. Par branche, la production aurait marqué un accroissement dans l’«agro-alimentaire», la «chimie et parachimie» et le «textile et cuir» et aurait accusé une baisse dans la «mécanique et métallurgie», selon les données publiées par la BAM. Dans une note relatant les résultats de son enquête mensuelle de conjoncture du mois de juillet, BAM a également indiqué que les ventes se seraient accrues dans l’ensemble des branches d’activité à l’exception de la «mécanique et métallurgie» où elles auraient plutôt reculé. Et d’ajouter qu’elles auraient augmenté aussi bien sur le marché local qu’étranger. Précisons que le TUC aurait atteint à 77% dans la branche «agro-alimentaire», qu’il se serait établi au même niveau que le mois précédent, soit 72%, dans celle du «textile et cuir» alors qu’il se serait accru à 78% dans la «chimie et parachimie». Il se serait situé à 68% dans la «mécanique et métallurgie». Toujours selon l’enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif comprenant près de 400 entreprises industrielles, les commandes auraient connu une progression dans l’«agro-alimentaire» et dans la «chimie et parachimie», une stagnation dans le «textile et cuir» et un repli dans la «mécanique et métallurgie». En ce qui concerne les carnets de commandes, il ressort des statistiques qu’ils se seraient situés à un niveau supérieur à la normale dans l’«agro-alimentaire» et la «chimie et parachimie» et inférieur à la normale dans le «textile et cuir», la «mécanique et métallurgie», a fait savoir la Banque centrale. Dans ces conditions, Bank Al-Maghrib a déduit que le Taux d’utilisation des capacités (TUC) se serait stabilisé à 75%. En ce qui concerne les anticipations du secteur, il ressort de l’enquête de BAM que les entreprises s’attendent à une hausse de la production et à une stagnation des ventes dans les trois prochains mois.La Banque centrale a fait savoir, néanmoins, que près d’une entreprise sur trois déclare ne pas avoir de visibilité quant à l’évolution future des ventes, particulièrement dans l’«agro-alimentaire» et la «mécanique et métallurgie». En effet, si les chefs d’entreprise relevant du secteur des «industries agro-alimentaires» s’attendent à une hausse de la production et des ventes pour les trois prochains mois, l’enquête a révélé que plus d’une entreprise sur quatre déclare ne pas avoir de visibilité quant à l’évolution future de l’activité. Le pessimisme gagne également les chefs d’entreprise du secteur des industries «mécaniques et métallurgiques» qui, tout en s’attendant à une amélioration de la production, sont persuadés que les ventes accuseront une baisse dans les trois prochains mois, la moitié d’entre eux déclarant même ne pas avoir de visibilité. A noter que dans le secteur des industries «textile et cuir», le nombre d’entreprises déclarant ne pas avoir de visibilité s’élève à 17% pour l’évolution future de la production et à 26% pour les ventes. Dans celui des industries «chimiques et parachimiques», qui s’attend à une baisse de la production et à une stagnation des ventes pour les trois prochains mois, une entreprise de cette branche sur cinq déclare ne pas avoir de visibilité quant à l’évolution future de l’activité. Ainsi que le rappelle Bank Al-Maghrib, son enquête de conjoncture est lancée au début de chaque mois dans le but de recueillir les appréciations des chefs d’entreprise sur l’évolution de leur activité par rapport au mois précédent et au même mois de l’année précédente, ainsi que leurs anticipations quant à son évolution à court terme. Alain Bouithy