Côte d’Ivoire : réaction de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, à la marche du Front commun du 9 août
Tidjane Thiam déclare qu’une décision d’un tribunal ivoirien empêchant sa candidature à la présidentielle est un « déni de justice indigne d’une démocratie »

POLITIQUE. Tidjane Thiam, leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), conteste la décision judiciaire visant à empêcher sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre. Le tribunal de première instance d’Abidjan a disqualifié M. Thiam mardi au prétexte fallacieux d’une question de nationalité, alors que les sondages d’opinion lui donnent une avance considérable sur ses rivaux politiques, à six mois de l’élection. Réagissant à la décision, M. Thiam a dit ceci : « Les ivoiriens attendent du système judiciaire qu’il garantisse la tenue d’élections pacifiques, transparentes et crédibles, et non qu’il serve d’instrument à un régime qui cherche à accaparer le pouvoir et à faire taire ses détracteurs. » « Le parti au pouvoir a utilisé les tribunaux pour éliminer son rival le plus sérieux tout en maintenant l’illusion d’une procédure régulière. Le pouvoir a déployé toutes sortes de manœuvres pour laisser croire que j’étais contesté au sein de mon parti le PDCI. Finalement aujourd’hui, les masques tombent : les procédures à l’origine de ce jugement infondé ont été initiées par des militants du parti au pouvoir, représentés par des avocats du parti au pouvoir devant des juges nommés par le parti au pouvoir. Ne nous y trompons pas, cette décision est un déni de justice indigne d’une démocratie qui priverait des millions d’électeurs de leur droit de vote si la situation restait en l’état. » « Il est maintenant essentiel que la communauté internationale soutienne les électeurs ivoiriens dans leur quête d’élections libres et équitables en octobre. » M. Thiam a été choisi il y a moins d’une semaine, le 16 avril comme candidat de son parti à l’issue d’une convention électorale, remportant 5 321 voix sur 5 348 suffrages exprimés, soit 99,50 % des voix avec un taux de participation de 93,17 %. M. Thiam a été élu par les présidents de 25 partis d’opposition à la tête de la conférence des présidents de partis de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) en Côte d’Ivoire, confirmant ainsi son statut de chef de file de l’opposition. Ces derniers jours, il a été rapporté que deux sondages d’opinion commandés par le gouvernement montrent que M. Thiam jouit d’une avance à deux chiffres sur ses rivaux potentiels, y compris le Président. Le Président Alassane Ouattara en est actuellement à son troisième mandat, en dépit des règles constitutionnelles qui limitent le Président de la République à effectuer deux mandats. Il envisagerait de se présenter pour un quatrième mandat, ce qui constituerait une nouvelle violation de la constitution. M. Thiam déclare: « « Il n’est pas surprenant que cette décision de justice intervienne tandis que notre soutien auprès des électeurs ne cesse de croître. » « Après 15 ans au pouvoir, les dirigeants du RHDP ont peur et tentent d’accaparer le pouvoir et les moyens de l’Etat l’État plutôt que de rendre des comptes aux ivoiriens et d’affronter le jugement de l’électorat. » Appel au dialogue entre les partis M. Thiam invite les dirigeants politiques de tous bords à engager des pourparlers pour sortir de l’impasse. Il rappelle le précédent de 2007 au cours duquel le président de l’époque, Laurent Gbagbo, avait permis à M. Ouattara de se présenter à la prochaine élection présidentielle (qui s’est finalement tenue en 2010) tandis que ce dernier avait été disqualifié précédemment à deux reprises. M. Thiam déclare : « nous sommes une fois de plus, et je le regrette, au bord d’une crise pour notre pays. Il est essentiel dans ce contexte que le gouvernement et les institutions de la république aient le souci de l’intérêt général et que leurs dirigeants inspirent confiance aux électeurs ivoiriens, aux pays voisins de la Cote d’Ivoire et à tous nos partenaires internationaux. » « Nous demandons donc instamment à toutes les parties de s’engager dans un dialogue constructif afin que le scrutin d’octobre soit conforme aux normes internationales et que personne ne soit exclu du processus électoral. »
Côte d’Ivoire. Succession de Bédié à la tête du PDCI/RDA : Tidjane Thiam en roue libre ?
Une bataille acharnée s’est ouverte pour la succession de Henri Konan Bédié à la tête du Parti démocratique de Côte d’Ivoire/ Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA). A la date limite du dépôt de dossiers de candidatures pour succéder au Sphinx de Daoukro, le 17 novembre dernier, ils étaient cinq candidats à postuler. Il s’agit, pour ne pas les nommer, de Noël Akossi Bendjo, Maurice Kakou Guikahué, Tidjane Thiam, Jean-Marc Yacé et Koumoué Moïse. Finalement, la bataille des 5 n’aura pas lieu puisqu’il ne reste que deux candidats en lice, que sont Tidjane Thiam et Jean Marc Yacé. En effet, la candidature de Maurice Kakou Guikahué a été rejetée par le Comité de conciliation et de médiation… Lire la suite sur Lepays
Côte d’Ivoire: Rencontre à Bruxelles entre Henri Konan BEDIE du PDCI-RDA et Laurent GBAGBO du FPI

Nous publions ci-dessous le Communiqué final de la Rencontre entre Son Excellence Monsieur Henri Konan Bédié, Président du PDCI-RDA et Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI. 1. Le lundi 29 juillet 2019, de 11 heures à 13 heures, conformément à la tradition africaine, Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA accompagné de son épouse, a rendu visite, à Bruxelles, à son jeune frère, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI, son homologue ancien président de la République de Côte d’Ivoire. 2. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO se sont, particulièrement, réjouis de cette première rencontre, depuis la fin de la crise postélectorale intervenue à la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle en novembre 2010. 3. Les deux personnalités ont tenu à exprimer leur compassion et leur solidarité au peuple de Côte d’Ivoire pour les traumatismes et les nombreux préjudices subis au cours de cette crise. 4. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO ont salué la mémoire de toutes les victimes et des personnes malheureusement disparues pendant ces tristes et douloureux événements qui ont meurtri la Nation. 5. Ils ont à cette occasion : – exprimé leurs condoléances les plus attristées aux familles endeuillées ; – compati à la souffrance des nombreuses victimes, notamment à celles des handicapés à vie ; – adressé leur solidarité à tous ceux et à toutes celles qui ont perdu des biens ou subi des préjudices de toute nature. 6. Le Président Henri Konan BEDIE a présenté, à nouveau et de vive voix, à son frère, le Président Laurent GBAGBO, ses condoléances pour les nombreux deuils qui ont frappé sa famille. Il a notamment salué la mémoire de la mère du Président Laurent GBAGBO, de son frère Abou Drahamane SANGARE et celle de tous les autres cadres et militants du FPI, disparus. 7. Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE s’est particulièrement réjoui de l’acquittement du Président Laurent GBAGBO et lui a vivement souhaité un retour rapide en Côte d’Ivoire pour participer activement au processus de Réconciliation Nationale. 8. En retour, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI, a remercié le Président Henri Konan BEDIE pour l’expression renouvelée de ses condoléances. Ce faisant, il a présenté à son tour, au président Henri Konan BEDIE et à sa famille biologique, ses sincères condoléances pour le décès de sa sœur aînée, tout en saluant sa mémoire. Il lui a, également, exprimé toute sa compassion pour chacune des disparitions de ses proches parents, des militants et des personnalités du PDCI-RDA. 9. Après une analyse approfondie de la situation sociopolitique, son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA et Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI, ont convenu de l’urgente nécessité d’œuvrer pour le retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire. 10. Les deux anciens chefs d’État ont déploré les atteintes portées aux acquis démocratiques et à l’État de droit en Côte d’Ivoire. 11. En conséquence, les deux présidents ont souhaité vivement que l’autonomie de fonctionnement des partis politiques soit respectée et préservée de toute ingérence du Pouvoir Exécutif. 12. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO se sont dits particulièrement attristés par le fait que bon nombre de leurs compatriotes demeurent contraints de vivre en exil, tandis que d’autres sont encore en prison pour des raisons politiques. 13. Les deux présidents ont rappelé que le combat pour la démocratie véritable ne peut tolérer l’exil et l’emprisonnement politique. 14. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO souhaitent donc ardemment la libération de tous les prisonniers politiques, civils et militaires, et le retour en sécurité de tous les exilés 15. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO ont lancé un vibrant appel à tous les partis politiques, aux associations, à toutes les organisations de la société civile et à toutes les communautés vivant en Côte d’Ivoire, à s’engager résolument dans la voie de la Réconciliation Nationale pour asseoir une paix sociale durable et définitive, facteur de développement, de prospérité et de vie harmonieuse entre toutes les composantes de la Nation ivoirienne. 16. Dans le cadre de l’organisation d’élections justes, transparentes et équitables en 2020, les deux personnalités ont appelé le Gouvernement à procéder à une réforme profonde de la Commission Électorale Indépendante (CEI) afin qu’elle puisse contribuer significativement à la consolidation de la paix sociale en Côte d’Ivoire. 17. Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, très sensible à la visite et au réconfort de son frère, a chaleureusement remercié Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, président du PDCI-RDA et son épouse. 18. Enfin, en sa qualité d’hôte, le président Laurent GBAGBO, s’est dit heureux et fier de cette visite fraternelle et la considère comme un acte fort, à la fois républicain et fraternel qui doit être partagé et soutenu, dans l’amorce de la Réconciliation Nationale, par tous les ivoiriens, les ivoiriennes et par tous ceux qui vivent dans notre cher et beau pays, la Côte d’Ivoire. Fait à Bruxelles, le 29 juillet 2019 Dr Assoa ADOU Secrétaire Général du FPI Pr Maurice Kacou GUIKAHU Secrétaire Exécutif en Chef du PDCI-RDA P/o N’DRI Kouadio Pierre Narcisse Directeur de Cabinet du Président Henri Konan BEDIE