Je me pose des questions. Des questions inconfortables, mais nécessaires

Je me pose des questions. Des questions inconfortables, mais nécessaires

PARLONS-EN. Je constate (ou du moins j’ai l’impression de constater) que dans de nombreux espaces du monde, les populations noires occupent plus fréquemment les strates inférieures de l’échelle socio-économique. Afrique du Sud, États-Unis, Caraïbes, parfois même au sein du continent africain : pauvreté plus marquée, instabilité sociale plus visible, désordre urbain plus criant. Le constat semble se répéter. Et lorsqu’un phénomène paraît récurrent, l’esprit rationnel cherche une explication. Alors je m’interroge ; existe-t-il une corrélation entre la couleur de peau et le développement humain ? La question est explosive, presque taboue. Pourtant, la refuser, c’est renoncer à penser. Mais la poser impose une rigueur intellectuelle extrême, car l’histoire nous a appris que des questions mal traitées peuvent devenir des armes. D’abord, il faut évacuer une hypothèse : la biologie. Depuis plus d’un demi-siècle, la génétique a établi qu’il n’existe qu’une seule espèce humaine, Homo sapiens. Les différences de pigmentation sont des adaptations climatiques mineures, sans lien avec l’intelligence, la capacité d’organisation ou la créativité sociale. Claude Lévi-Strauss le rappelait déjà dans Race et Histoire : « les races humaines n’expliquent pas les cultures ; ce sont les cultures qui produisent des trajectoires différenciées ». Autrement dit, la couleur n’est pas une cause, mais un marqueur visible sur lequel l’histoire a projeté ses violences. Ensuite, il faut regarder l’histoire longue. Les espaces où les populations noires sont aujourd’hui marginalisées sont presque tous des espaces ayant connu l’esclavage, la colonisation, la ségrégation ou leurs prolongements. Or, comme l’expliquait l’économiste Douglass North, les sociétés héritent d’institutions, et les institutions produisent des comportements. Détruisez pendant des siècles les structures politiques, éducatives et économiques d’un peuple, et vous obtiendrez non pas une infériorité naturelle, mais une désorganisation historique. Frantz Fanon allait plus loin : la domination ne se contente pas de piller les ressources, elle façonne les psychés. Elle installe un doute existentiel, une rupture avec soi-même, une difficulté à se projeter dans le temps long. Ce n’est pas un hasard si le développement suppose toujours une capacité collective à différer la jouissance immédiate. capacité que l’histoire peut encourager ou briser. Mais l’histoire n’explique pas tout. Il faut aussi interroger le présent. Pourquoi, des décennies après les indépendances ou les droits civiques, certaines trajectoires peinent-elles à s’inverser ? Ici, la sociologie apporte une réponse moins confortable : les élites locales, les choix politiques, la reproduction des contre-modèles, la valorisation parfois de la débrouille sur l’institution, de l’émotion sur la règle, du clan sur la compétence. Pierre Bourdieu parlerait de habitus : des schémas appris, transmis, normalisés, qui finissent par sembler naturels alors qu’ils sont historiques. Ainsi, ce que nous observons n’est peut-être pas une corrélation entre peau et développement, mais une superposition entre couleur de peau et des trajectoires historiques spécifiques, aggravées par des choix contemporains parfois contre-productifs. La vraie question devient alors plus dérangeante : à partir de quel moment une explication historique cesse d’être une excuse, et à partir de quand commence la responsabilité collective ? Penser cela n’est ni s’auto-flageller, ni s’auto-détester. C’est refuser les réponses simplistes ; qu’elles soient racistes ou victimaires. C’est admettre que le développement n’est jamais un don, mais une construction exigeante, qui repose sur l’éducation, la discipline collective, la confiance institutionnelle et le respect du temps long. Si mes constats troublent, tant mieux. La pensée commence là où le confort intellectuel s’arrête. Et peut-être que le véritable enjeu n’est pas de savoir qui nous sommes biologiquement, mais ce que nous acceptons de faire de notre héritage historique. Par Jean BoninPresident de FIER. Conseiller municipal et juriste. Membre du cabinet d’avocats Serres et associés.

Un nouveau rapport révèle que le Royaume-Uni et les États-Unis voient toujours l’Afrique sous l’angle de la pauvreté, de la corruption et de la nature

Un nouveau rapport révèle que le Royaume-Uni et les États-Unis voient toujours l’Afrique sous l’angle de la pauvreté, de la corruption et de la nature

Un nouveau rapport novateur révèle que la perception quotidienne de l’Afrique au Royaume-Uni et aux États-Unis est encore largement façonnée par des stéréotypes dépassés et négatifs, ce qui a de profondes conséquences sur la façon dont les gens s’engagent avec le continent sur le plan culturel et économique. Intitulé « Les stéréotypes sur l’Afrique en Grande-Bretagne et aux États-Unis : une étude socio-psychologique de leur impact sur l’engagement avec l’Afrique, ce rapport est le fruit d’une collaboration entre Africa No Filter et le Dr Adam Hahn de l’Université de Bath, en collaboration avec des chercheurs des États-Unis et d’Allemagne Elle a interrogé 1 126 participants au Royaume-Uni et aux États-Unis pour savoir ce que les gens pensent de l’Afrique et dans quelle mesure ils souhaitent s’y intéresser. Plus précisément, les participants à l’étude ont été invités à noter trois idées qui leur venaient à l’esprit lorsqu’ils pensaient à l’Afrique ou à l’Europe continentale, ainsi qu’à évaluer l’intérêt qu’ils portent aux produits et aux cultures des deux continents. Une enquête supplémentaire a été menée auprès de 863 participants américains afin d’examiner comment les opinions négatives pouvaient être modifiées par des récits positifs. Notamment, plus de la moitié (57,9 %) des réponses concernant l’Afrique mentionnent la faune et la flore ou la nature, et beaucoup décrivent le continent comme chaud, dangereux ou inhabitable. En revanche, l’Europe est associée à la modernité, à l’architecture et à des paysages agréables. La société et l’économie africaines sont associées à la corruption, à l’instabilité et à la pauvreté, tandis que l’Europe est perçue comme stable et prospère. En outre, les stéréotypes associant l’Afrique à l’instabilité politique et à la pauvreté plutôt qu’à la culture et à la modernité expliquent directement le manque d’intérêt des personnes interrogées pour les produits et les expériences culturelles africains. « Ce rapport montre que l’Afrique reste pour beaucoup un concept abstrait, davantage défini par les animaux et les difficultés que par les gens, le progrès ou le potentiel », a déclaré Adam Hahn, chercheur principal et maître de conférences en psychologie sociale à l’université de Bath. Il ne s’agit pas seulement de ce que les gens pensent, mais aussi de la manière dont leurs pensées influencent leurs actions, y compris leur volonté d’acheter des produits africains ou de s’engager dans les cultures africaines. Cependant, le rapport présente également une idée puissante : l’introduction de récits positifs et exacts – et pas seulement la correction de récits erronés – peut faire évoluer les attitudes de manière significative et accroître l’intérêt pour les cultures, les voyages et les produits de l’Afrique. « Nous disposons désormais de données concrètes montrant que les histoires racontées sur l’Afrique – et celles qui ne le sont pas – ont des conséquences concrètes », a déclaré Moky Makura, directrice exécutive d’Africa No Filter. « Cette étude est un signal d’alarme et une feuille de route. Elle nous dit que nous devons aller au-delà des données économiques et des titres des médias – nous devons recadrer la façon dont nous parlons de l’Afrique pour véritablement libérer son potentiel et ses opportunités. » Le rapport complet peut être téléchargé ici : https://www.africanofilter.org/our-research/stereotypes-about-africa-us-uk-french

Maroc. Pénible déclassement vers la pauvreté

Maroc. Pénible déclassement vers la pauvreté

les inégalités du niveau de vie s’accentuent, les fruits de la croissance ne profitent guère à la classe moyenne… La vulnérabilité à la pauvreté devient de plus en plus prégnante en milieu urbain, selon le Haut-commissariat au plan (HCP) qui vient de publier les résultats de l’enquête nationale sur le niveau de vie des ménages 2022-2023. D’après les données recueillies par l’institution publique, elle a connu une légère hausse de 12,5% à 12,9% entre 2014 et 2022, après avoir atteint 7,3% en 2019. Dans une note synthétisant les résultats de son enquête, le Haut-commissariat constate que la part des ménages avec un risque de déclassement vers la pauvreté s’est élargie, et, pour la première fois, a concerné autant le milieu urbain que celui rural. Cette hausse a de quoi inquiéter quand on sait que « la vulnérabilité renseigne sur le risque de basculer dans la pauvreté si des filets de sécurité ne protègent pas des chocs économiques et sociaux », a-t-il rappelé. Ce qui est certain, c’est que les résultats de l’enquête, réalisée entre mars 2022 et mars 2023 auprès d’un échantillon de 18.000 ménages, montrent que la prévalence de la vulnérabilité dans les zones rurales en 2022 (19,2%) demeure similaire à celle observée en 2014 (19,4%). En revanche, elle a augmenté à 9,5% en 2022 par rapport à 7,9% en 2014 en milieu urbain. Il ressort ainsi que le nombre de personnes économiquement vulnérables a atteint 4,75 millions en 2022, dont 2,24 millions en milieu urbain et 2,51 millions en milieu rural, a fait savoir le HCP. Près de la moitié des personnes vulnérables sont des citadins D’après l’institution, « la vulnérabilité économique se développe en milieu urbain : en 2022, une tendance nouvelle se dessine, près de la moitié des personnes vulnérables sont des citadins (47,2%), contre 36% en 2014 ». L’enquête, qui fait suite à une autre similaire en 2014 et une enquête partielle en 2019, fait état, par ailleurs, de l’aggravation des inégalités sociales avec toutefois une stabilité des inégalités territoriales entre 2014 et 2022. Dans le détail, le niveau de vie des 20% les moins aisés a annuellement progressé de 1,1% entre 2014 et 2022, suite à l’amélioration de 3,9% entre 2014 et 2019, et d’une baisse du niveau de vie de -4,6% entre 2019 et 2022. En parallèle, le niveau de vie des 20% les plus aisés « a annuellement progressé de 1,4% entre 2014 et 2022, une amélioration marquée de 2,8% entre 2014 et 2019, mais avec une régression de -1,7% entre 2019 et 2022 », ressort-il de l’enquête. Quant à la catégorie sociale intermédiaire, les données suggèrent que son niveau de vie a progressé de 0,8% entre 2014 et 2022, avec une progression de 3,3% entre 2014 et 2019 et une régression de -4,3% entre 2019 et 2022. Les inégalités du niveau de vie se sont creusées S’il apparaît que les couches les plus pauvres et les plus riches ont vu globalement leur niveau de vie progresser, il ressort en revanche que « la classe moyenne n’a pu  bénéficier ni des fruits de la croissance ni des politiques de redistribution », a fait savoir l’institution. Par conséquent, « les inégalités du niveau de vie, mesurées par l’indice de Gini, se sont creusées entre 2014 et 2022, passant de 39,5% à 40,5%, après avoir enregistré une diminution à 38,5% en 2019 », a-t-elle conclu. Par ailleurs, les disparités entre les milieux urbain et rural, mesurées par le rapport entre le niveau de vie moyen des citadins et celui des ruraux, sont restées stables à 1,9 fois entre 2014 et 2022, après avoir été réduit à 1,8 fois en 2019. Une note d’optimisme pointe toutefois dans la note du HCP : le taux de pauvreté absolue a globalement reculé entre 2014 et 2022, passant de 4,8% à 3,9% après avoir atteint un taux de 1,7% en 2019 ; la pauvreté multidimensionnelle a considérablement diminué, passant de 9,1% en 2014 à 5,7% en 2022, Alain Bouithy La part des dépenses alimentaires en hausse et celle des loisirs en baisse Concernant les dépenses dans le budget total des ménages, la part des dépenses alimentaires a augmenté de 37% en 2014 à 38,2% en 2022 ; les dépenses d’habitation et d’énergie sont passées de 23% à 25,4% ; les dépenses d’hygiène de 2,7% à 3,9% et les dépenses de communication de 2,2% à 2,6%.

L’Afrique est confrontée à une pauvreté et à des difficultés économiques massives au nom de la lutte contre le changement climatique

L’Afrique est confrontée à une pauvreté et à des difficultés économiques massives au nom de la lutte contre le changement climatique

TRIBUNE. Des organisations allant de la Banque mondiale à la Banque européenne d’investissement (BEI) ont cessé de soutenir la production de combustibles fossiles en Afrique dans l’espoir d’encourager la transition du pétrole, du gaz et du charbon vers des sources d’énergie durables telles que l’énergie éolienne et solaire. Aujourd’hui, on peut légitimement craindre que le soutien des investisseurs à la production de pétrole et de gaz ne diminue également. Blackrock, qui contrôle 7 000 milliards de dollars d’investissements, et la Royal Bank of Scotland ont déclaré qu’elles se détourneraient des investissements qui soutiennent la production de combustibles fossiles. La ferveur anti-combustibles fossiles se manifeste d’une manière qui peut paraître surprenante: la Banque d’Angleterre a été critiquée pour la présence d’une compagnie pétrolière au sein de son conseil d’administration. La pression vient également du continent africain. Des ONG du Kenya et de la région environnante, financées par l’Occident, ont récemment demandé à l’Union africaine de mettre un terme à l’utilisation du charbon et d’envisager l’abandon progressif de l’utilisation du pétrole et du gaz au cours des trois prochaines décennies, dans l’espoir d’éliminer les émissions qui contribuent au réchauffement de la planète. Je reconnais que le changement climatique doit être pris au sérieux, mais nous ne pouvons pas accepter des réponses à côté de la plaque. Nous ne devons pas priver notre continent des avantages considérables qu’il peut tirer de l’exploitation du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse des opportunités économiques liées à la monétisation des ressources naturelles ou des initiatives d’importance cruciale liées à la transformation du gaz en électricité. Je n’appelle en aucun cas à l’arrêt des programmes d’énergie durable. Ils sont mis en œuvre et j’espère qu’il y en aura d’autres. Je dis simplement qu’il est trop tôt pour adopter une approche de type « ou bien, ou bien » à l’égard des sources d’énergie vertes et des combustibles fossiles. De plus, ce sont les Africains, et non des étrangers bien intentionnés, qui devraient déterminer le moment opportun pour éliminer progressivement les combustibles fossiles en Afrique, si tant est qu’ils le fassent un jour. Faire pression sur l’Afrique pour qu’elle agisse autrement est insultant, et ne vaut pas mieux que de nous envoyer de l’aide étrangère en partant du principe que les Africains sont incapables de se construire un avenir meilleur. Il est également hypocrite de la part de pays et de personnes qui bénéficient de la sécurité, d’une plus grande espérance de vie, du confort et des opportunités économiques associés à une énergie abondante et fiable de dire: « C’est fini, l’Afrique. Plus de combustibles fossiles pour vous. Les temps désespérés appellent des mesures désespérées ». Qu’en est-il du désespoir que vivent quotidiennement les quelque 600 000 Africains privés d’électricité? Est-il raisonnable de s’attendre à ce qu’ils attendent que les énergies vertes se développent alors que les réserves nationales de gaz naturel et de pétrole brut peuvent être exploitées pour produire de l’électricité et des combustibles de chauffage beaucoup plus rapidement? S’attaquer à la pauvreté énergétique Nous ne pouvons pas aller de l’avant avec l’élimination progressive des combustibles fossiles en Afrique avant de nous attaquer aux vastes étendues de notre continent qui vivent dans la pauvreté énergétique. Je suis tout à fait d’accord avec feu le secrétaire général de l’OPEP, Mohammed Barkindo, qui a déclaré dans son discours de 2021: « Les près d’un milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à l’électricité et les trois milliards qui n’ont pas accès à des combustibles modernes pour cuisiner ne sont pas de simples statistiques sur une page. Ce sont de vraies personnes…Personne ne doit être laissé pour compte ». Plus près de nous, plus des deux tiers de la population de l’Afrique subsaharienne, soit plus de 620 millions de personnes, n’ont pas accès à l’électricité. Ce qui est encore plus exaspérant, c’est que ce chiffre est susceptible d’augmenter. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que d’ici 2040, environ 75 % de l’Afrique subsaharienne n’aura pas accès à l’électricité. Pourquoi ? La croissance démographique dépasse de loin l’extension des infrastructures. Comme je l’ai écrit dans mon livre, « Une transition juste : Résorber la pauvreté énergétique grâce à un mix énergétique », vivre sans électricité est bien plus qu’un simple désagrément. Elle empêche les gens de bénéficier de soins de santé modernes et les expose à la pollution atmosphérique toxique causée par la combustion de combustibles dangereux à l’intérieur des habitations. Elle renforce également la pauvreté et contribue à la stagnation économique : Les entreprises, les usines et les écoles ont besoin d’électricité pour fonctionner et se développer. Je suis convaincu que l’une des meilleures chances pour notre continent d’éliminer la pauvreté énergétique est d’exploiter stratégiquement nos abondantes ressources en gaz naturel au lieu de l’exporter et de le brûler à la torche. En 2024, l’Afrique disposait de 503,3 billions de pieds cubes de réserves prouvées de gaz naturel. Le gaz naturel peut être utilisé pour la production d’électricité : Il est disponible, il produit moins d’émissions de dioxyde de carbone que le diesel, l’essence ou le charbon, et il est abordable. En fait, son prix a récemment baissé. De plus, le gaz naturel peut être intégré à l’énergie éolienne et solaire pour produire une énergie à la fois durable et fiable. La conversion du gaz en électricité nécessitera certes des efforts, qu’il s’agisse de la création d’accords commerciaux intra-africains mettant le gaz naturel à la disposition des pays qui en sont dépourvus ou de la coopération des producteurs d’électricité, mais elle représente pour les Africains un moyen tout à fait réalisable de relever l’un des plus grands défis auxquels le continent est confronté.En outre, la Namibie a été le théâtre de découvertes étonnantes par TotalEnergies, Shell et Galp Energia. La Mauritanie, le Sénégal, l’Ouganda, le Congo, le Mozambique, le Ghana, l’Angola et la Côte d’Ivoire sont les principaux bénéficiaires des investissements directs étrangers dans de nouveaux projets. Dans ce contexte, le moment est mal choisi pour arrêter la production et l’utilisation du gaz naturel en Afrique. C’est pourquoi l’African Energy Week est importante, car

Congo : Sassou, Collinet, Mokoki et Cie pointés du doigt dans divers crimes

Congo : Sassou, Collinet, Mokoki et Cie pointés du doigt dans divers crimes

TRIBUNE. Rien d’excessif ne transparaît dans l’intitulé de notre article si l’on essayait d’égrener le chapelet de maux que font subir les gouvernants congolais aux populations. On ne peut pas dire que la misère et la précarité qui sévissent au Congo Brazzaville, couplées à l’offre sanitaire désastreuse sont moins que des crimes, puisqu’elles mettent en péril la vie des citoyens. Beaucoup de Congolais meurent par manque de soins appropriés et du fait d’une paupérisation voulue et entretenue par le gouvernement Makosso et qui s’est exacerbée depuis bientôt cinq ans. Le venin de cette paupérisation a gagné toutes les structures de l’État, et ceux qui sont à la tête de ces structures s’accommodent allègrement de la mal gouvernance sans qu’ils en soient offusqués. Gérer une institution publique comme une épicerie familiale est devenu une habitude qui a élu domicile dans le logiciel mental de ces responsables. Ils se sont fourvoyés dans une inconscience notoire. Il va sans dire que le premier palier des crimes d’État est l’absence de structures adéquates de santé. La prise en charge médicale laisse à désirer. Que d’injustices! Les mieux nantis se font soigner à l’Étranger tandis que les pauvres sont voués à la mort. Les riches du Congo dont la fortune procède de détournements de deniers publics, peuvent se payer sans hésiter les services sanitaires de haut standing. On les connaît, ces voleurs et criminels de la république. Il suffit d’arpenter les rues et avenues de deux grandes villes pour se rendre compte à quel point fleurissent les villas. Dans les quartiers populaires où logent les citoyens lambda, plusieurs maisons s’écroulent du fait des inondations, mais sans faire sourciller. Faute de voirie, les caniveaux débordent. Les marigots communément appelés madukutsékélé, charrient les eaux remplies de détritus de toutes sortes. Le péril fécal en ajoute au manque d’hygiène, et les maladies entraînent de nombreux citoyens vers la mort. L’absence d’assainissement est un autre crime perpétré par M. Sassou et son gouvernement. Les malades qui s’adressent au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHUB) n’ont pas beaucoup de chance d’en sortir vivants. Pour cause, la gestion peu orthodoxe et le délabrement total de cette structure, en dehors de l’imagerie qui a été changée, ne rassurent pas. Il manque de tout dans cet hôpital : plateaux techniques fiables, matériel, réactifs, médicaments, ascenseurs, eau potable, sanitaires, etc. Le scandale de fin d’année s’est déroulé la semaine dernière où 90% du CHUB était plongé dans le noir du 20 au 22 décembre, Cela n’a choqué personne, ni les plus hautes autorités. Cela ne nous étonne pas, elles ont leur avion médicalisé prêt à décoller au moindre toussotement de l’une d’entre elles. Elles ne peuvent pas apporter de l’assistance aux citoyens malades.; c’est clair, une non assistance à personne en danger. Cela s’assimile ni plus ni moins à un crime en bande organisée. MM. Sassou, Collinet et Mokoki devraient répondre d’avoir nommé le retraité Alexis Raoul Thierry Gombet, directeur général du CHUB qui n’a pu organiser le service d’urgence du CHUB qu’il a dirigé pendant des années comme révélé au parlement. Pourquoi continuer à garder quelqu’un à la tête du CHUB alors que les services de sécurité, les syndicalistes, les médecins, les enquêtes parlementaires alertent sur l’incompétence et les détournements de fonds par ce dernier ? Malgré les aides et la subvention d’un milliard huit cents millions de fcfa par trimestre qu’il reçoit de l’État, ce directeur général n’arrive pas à payer, ni réactifs, ni médicaments pour soulager les malades. Pire, il attribue des marchés de gré à gré alors que cela est prohibé; il rémunère plus des membres de son cabinet qu’il a recruté que les médecins. La complaisance ou le silence des gouvernants au plus haut sommet est complice, digne de la mafia ou du crime. Parlant de crime, il sied de dire qu’il est devenu organique au Congo. Il s’apparente à un régal pour lesdits gouvernants qui ne se méprennent aucunement de porter le couteau à la gorge des citoyens, prêts à leur tailler la carotide. Au CHU, les morts se comptent chaque jour. Ils sont devenus des trophées de la chasse macabre à laquelle se livreraient MM. Sassou, Collinet et Mokoki. Plus il y a de morts, certainement, mieux ils se portent. Les hôpitaux du Congo sont devenus des mouroirs. Les gouvernants ne s’en offusquent pas. Tels des charognards, ils seraient à l’affût du moindre corps que les services sanitaires démunis envoient dans la chambre mortuaire. De même dans les grandes villes, comme nous l’avons souligné plus haut, malgré les cours d’eau et les moyens financiers injectés pour les grands travaux, des canalisations n’ont pas été construites pour évacuer les eaux usées. Jean Jacques Bouya, Rodrigues Ngouonimba, Gilbert Mokoki, Anatole Collinet Makosso et Denis Sassou Nguesso interrogent. Peut-on dire que la franc-maçonnerie à laquelle ils ont adhéré les rend aveugles et insouciants ou insensible devant la misère des populations ? Pourtant, les grands-maîtres des Loges maçonniques que nous avons rencontrés au cours de nos enquêtes en France, en Angleterre et récemment au Moyen Orient nous ont avoué que l’objet de la FM est l’amélioration des conditions de vie des citoyens et la gestion honnête de la cité. Si c’est cela, alors, le directeur général du CHUB, les gouvernants congolais ne sont ni Chrétiens ni Franc-maçons mais plutôt des syncrétistes. Ils ont trahi le serment. Par ailleurs, les articles 8, 36, 95 210, 211 de la constitution du 25 octobre 2015, la Loi n° 009/88 du 23/05/88 instituant un code de Santé, les décrets n° 84-290 du 26 mars 1984 portant création du conseil national de la santé et du développement social, le décret n° 2009-312 du 13 octobre 2009 relatif aux attributions du ministère de la santé et de la population, le décret n°2018-268 du 2 juillet 2018 portant organisation du ministère de la santé et de la population, culpabilisent les responsables politiques, administratifs et certains médecins. L’article 95 renforce cette position : « … La responsabilité pénale du Président de la République peut être engagée en cas de

Tchad/Changement climatique: 3,34 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050

Tchad/Changement climatique: 3,34 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050

CLIMAT. « Jusqu’à 3,34 millions de personnes supplémentaires au Tchad pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050, du fait des chocs liés au changement climatique, si des mesures urgentes en matière d’adaptation ne sont pas mises en place », a prévenu la Banque mondiale. Dans le rapport national sur le climat et le développement (CCDR) pour les pays du G5 Sahel : Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad, l’institution internationale estime que les émissions combinées des pays du G5 Sahel ne dépassent pas 1% des émissions globales de gaz à effet de serre, mais il s’agit des pays parmi les plus vulnérables au changement climatique dans le monde. D’après le document, Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris ainsi que les estimations du CCDR indiquent que les besoins de financement des pays du G5 Sahel en matière d’action climatique se chiffrent à plus de $30 milliards. Pour l’institution de Bretton Woods, « si aucune mesure n’est prise – à travers les six canaux d’impact identifiés dans la modélisation de l’analyse d’impact sur la croissance, le PIB annuel du Tchad pourrait diminuer de 4,2% à 10.5% du fait du changement climatique, respectivement selon les scénarios humides et secs ». Rasit Pertev, Représentant résident de la BM pour le Tchad: « L’économie du Tchad a plus que besoin d’être accompagnée dans ses efforts vers la diversification pour mieux résister aux chocs« . La situation est préoccupante d’autant plus que « l’économie du Tchad est confrontée à de multiples défis souvent interdépendants qui ont ralenti ou compromis sa croissance », comme le relève la Banque mondiale dans son dernier Mémorandum économique du Tchad (CEM) intitulé « Stimuler la croissance et réduire la vulnérabilité ». Economiste en chef et coordonnateur du programme croissance inclusive, finance et institution pour les pays du Sahel central, Fulbert Tchana Tchana est persuadé que « le Tchad gagnerait à urgemment mettre en œuvre des réformes fortes dans différents secteurs, y compris ceux du pétrole, des infrastructures, de l’éducation et de l’emploi, ainsi qu’à renforcer la sécurité et la résilience au changement climatique, afin d’enclencher les transformations structurelles qui permettront la transition économique du pays ». Adrien Thyg

La République centrafricaine peut sortir des millions d’habitants de la pauvreté en modernisant son secteur agricole

La République centrafricaine peut sortir des millions d’habitants de la pauvreté en modernisant son secteur agricole

La République centrafricaine peut sortir des millions d’habitants de la pauvreté en transformant son secteur agricole vital, pour entraîner la croissance économique, rapporte la Banque mondiale dans la dernière édition de sa note sur la situation économique du pays. Près de 75 % des Centrafricains, en particulier les femmes, vivent de l’agriculture, essentiellement avec des emplois informels. Cependant, le secteur a été freiné au cours des dernières années par le manque d’investissement et de modernisation, ainsi que par la faiblesse des infrastructures, constate le rapport intitulé Se prémunir face aux risques croissants : apporter une réponse aux défis macro-budgétaires et libérer le potentiel du secteur agricole. Il est urgent de mettre en œuvre des réformes profondes et soutenues pour revitaliser le secteur agricole, qui contribue de manière significative à la réduction de la pauvreté, en particulier à l’heure où l’économie centrafricaine fait face à des crises multiples. La hausse des prix alimentaires et des carburants, la perturbation des chaînes d’approvisionnement, les troubles politiques entraînés par l’adoption de la loi sur les cryptomonnaies, ainsi que l’impact de la guerre en Ukraine ralentissent la croissance économique en RCA, avec des risques orientés à la baisse. « La RCA dispose d’abondantes terres arables et d’un climat favorable à l’agriculture et à l’élevage, » rappelle Guido Rurangwa, responsable des opérations de la Banque mondiale pour la République centrafricaine. « Une stratégie globale soutenue par des réformes concrètes, permettrait de libérer le potentiel du secteur agricole, de protéger les moyens de subsistance, d’accélérer la croissance, de créer de l’emploi, et d’améliorer les conditions de vie des Centrafricains ».  Dans les années 2000 et 2010, un cycle d’instabilité politique a contribué à faire perdre au secteur une part de sa contribution à la croissance du PIB, passant de 55 % en 2011 à 32 % en 2020, alors que les récoltes, l’élevage, la foresterie, et la pêche enregistraient un déclin général de leurs productions. Au cours de la dernière décennie, les investissements publics dans l’agriculture représentaient en moyenne moins de 3 % de l’ensemble des dépenses du secteur public, un niveau bien en-deçà de la cible de 10 % fixée par le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine, une initiative à l’échelle du continent soutenue par l’Union africaine. Le rapport identifie cinq domaines prioritaires pour transformer le secteur agricole en un moteur pour la croissance et la prospérité en RCA : Le rapport souligne l’importance du rôle des femmes dans l’agriculture. Elles y représentent plus de 78 % de la main d’œuvre agricole en RCA. Leur autonomisation est essentielle au bien-être des familles et des communautés rurales et à la productivité économique globale, ainsi que pour améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté.

Maroc. Les inégalités sociales, la pauvreté et la vulnérabilité s’accentuent

Maroc. Les inégalités sociales, la pauvreté et la vulnérabilité s’accentuent

Les pouvoirs publics vont avoir fort à faire pour réduire les inégalités sociales, la pauvreté et la vulnérabilité dont l’ampleur est révélée ou plus tôt confirmée dans une récente étude réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP). Le premier enseignement tiré de cette étude, qui porte sur l’évaluation de l’impact de court terme des contextes de la pandémie de Covid-19 et du choc inflationniste sur la situation des inégalités sociales, confirme ce que l’on savait déjà  ou presque : les effets induits par la pandémie de Covid-19 ont porté un sérieux coup au niveau de vie des ménages. Chiffres à l’appui, l’étude rapporte que sous les effets de la crise sanitaire, le niveau de vie des ménages a annuellement régressé de 2,2% entre 2019 et 2021, de 2% en milieu urbain et de 2,6% en milieu rural. Dans une note intitulée «Evolution des inégalités sociales dans un contexte marqué par les effets de la Covid-19 et de la hausse des prix», l’organisme public explique qu’entre octobre 2019 et décembre 2021, le niveau de vie moyen des ménages, mesuré par la dépense de consommation par tête en valeur nominale, a baissé de 20 400 DH à 20 040 DH au niveau national, de 24 620 DH à 24260 DH dans les villes et de 12 800 DH à 12 420 DH à la campagne. Selon la note, rendue publique récemment, « sur cette période, le niveau de vie des 20% des ménages les moins aisés a connu une baisse de 7.000 DH à 6.860 DH, soit une baisse annuelle moyenne de 2,3% en termes réels. Celui des 20% des ménages les plus aisés a chuté de 2,5%, passant de 47.780 DH à 46 620 DH ». Quant au niveau de vie des 60% des ménages intermédiaires, le Haut-commissariat constate qu’il a baissé de 15.730 DH à 15.570 DH, soit une baisse annuelle moyenne de 1,9%.Après analyse, il apparaît que « les ouvriers, les commerçants et les exploitants agricoles sont les plus touchés par les effets de la crise sanitaire», a souligné le HCP. Ainsi, selon la catégorie socioprofessionnelle des chefs de ménages, l’étude montre que le niveau de vie moyen a annuellement baissé de 3,6% pour les «Ouvriers non qualifiés», passant de 14.130 DH en 2019 à 13.440 DH en 2021; 3,6% pour les « Artisans et ouvriers qualifiés» (17850 à 16.970 DH); 2,8% pour les «Commerçants et les intermédiaires commerciaux» (19.920 DH à 19.270 DH); 2,4% pour les «Exploitants et ouvriers agricoles» (12.950 DH à 12.650 DH); 1,8% pour les «Responsables hiérarchiques et cadres supérieurs.Les conséquences de toutes ces variations sur la structure de consommation n’ont évidemment pas tardé à se manifester. En effet, sous les effets de la crise sanitaire, les ménages en sont venus à réduire fortement les dépenses allouées aux «Equipements et meubles de maison», lesquelles ont été marquées par une baisse, aux prix constants, à raison de 19,1% par an. Ils ont eu le même reflexe pour ce qui est des dépenses attribuées aux activités de loisirs qui ont également enregistré une baisse annuelle à deux chiffres, soit 14,3%, a souligné le HCP notant par ailleurs que cette tendance à la baisse s’établit à 5,9% pour les dépenses d’habillement, à 2,4% pour les dépenses alimentaires, à 2% pour les dépenses de transport. Dans sa note, le HCP relève que les dépenses allouées aux «Soins médicaux»  et aux «Biens et services de communication» ont à contrario enregistré une hausse annuelle respectivement de 10,9% et 4,6%. D’après les explications de l’institution publique, « ce rebond est lié au surcoût de dépense des mesures de précaution pour lutter contre la propagation de la Covid-19 et à l’intensification des usages des technologies de communication depuis le début de la crise sanitaire».  Quoi qu’il en soit, le Haut-commissariat note que le « repli du niveau de vie s’est traduit par une accentuation des inégalités sociales, de la pauvreté et de la vulnérabilité». En effet, «la part des dépenses afférentes aux 20% des ménages les plus aisés est passée de 46,1% au cours de la période d’avant-pandémie à 47,7% en 2021, contre une baisse de 7% à 6,5% pour les 20% des ménages les moins aisés». Autre constat, et non des moindres, sur la même période, il ressort que « les inégalités sociales ont connu une hausse de près de deux points de pourcentage, passant de 38,5% à 40,3% au niveau national, de 37,2% à 39,1% en milieu urbain et de 30,2% à 31,9% en milieu rural ». Ce n’est pas tout. Les contrecoups de la pandémie de Covid-19 sur le bien-être socioéconomique des ménages se sont traduits par une augmentation de l’incidence de la pauvreté absolue de 1,7% en 2019 à 3% en 2021 au niveau national, de 3,9% à 6,8% en milieu rural et de 0,5% à 1% en milieu urbain. Comme si cela ne suffisait pas, l’étude révèle, par ailleurs, que le taux de vulnérabilité a connu une importante hausse, passant de 7,3% en 2019 à 10% en 2021 au niveau national, de 11,9% à 17,4% en milieu rural et de 4,6% à 5,9% en milieu urbain. S’agissant des effets de l’inflation catégorielle sur le niveau de vie des ménages, l’étude montre que, de janvier à juillet 2022, les prix à la consommation ont augmenté plus vite et le taux d’inflation moyen, en glissement annuel, a atteint 5,5%, soit un niveau 5 fois supérieur à celui enregistré entre 2017 et 2021. Le Maroc se retrouve avec le niveau de pauvreté et de vulnérabilité monétaires de 2014 Selon une analyse des résultats de cette étude,  «cette inflation moyenne cache des évolutions différenciées selon le milieu de résidence : la hausse des prix, en glissement annuel, a été en moyenne plus élevée pour les ménages ruraux (6,2%) que pour les ménages urbains (5,2%) », a-t-il estimé précisant que cette poussée inflationniste est essentiellement tirée par la hausse des prix des produits et services du quotidien, le transport et l’alimentaire.L’étude précise en outre que plus de la moitié de la hausse des prix (58%) est due à la composante «Produits alimentaires»,  22%