RD Congo. Les dessous des révélations de KABILA…

TRIBUNE. « Les ADF c’est un mouvement terroriste. Au sein de ce mouvement il y a et des Ougandais, et des Kenyans, les Tanzaniens, des gens venant du Tchad, et récemment des sud-africains » dixit Joseph Kabila. En conclusion, de ces révélations faites par Kabila, l’on peut tirer trois petites observations : 1) De ces forces démocratiques alliées(ADF) d’origine ougandaise, tout le monde connaît le leader nommé Jamil Mukulu. À son arrestation en 2015, on trouvera avec lui cinq différents passeports dont le passeport Rd congolais sans que les officiels congolais ne lèvent un petit doigt de protestation. En septembre 2016, l’ancien ministre congolais des affaires étrangères Mbusa Nyamuisi lancera un pavé dans la mare en révélant que Jamil Mukulu est une « vieille connaissance »… du général-major « Joseph Kabila ». Les deux hommes ont vécu sous le même toit avant l’accession de ce dernier à la tête de l’Etat congolais. « Je peux vous dire que Jamil Mukulu a résidé à Ma Campagne sur l’avenue Bocage n°55 ». On se plaint contre les ADF pendant que les complicités de ce mouvement qui massacre les congolais se retrouvent jusqu’au sommet de l’état congolais. 2) Tous ces Ougandais, Kenyans et Tanzaniens constituant les terroristes ADF sont bien curieusement des ressortissants des pays composant la fameuse FORCE RÉGIONALE devant opérer les prochains jours sur le territoire congolais. 3) L’Afrique du Sud qui se veut le moteur de la SADC et dont la ministre des Affaires étrangères fustigeait le Rwanda la semaine dernière pour les incursions de son armée en RDC est aussi citée par Kabila comme partie prenante des opérations criminelles des ADF. Mon peuple périt faute de connaissance et continuera à souffrir tant qu’elle refusera de comprendre que la paix sur sa terre ne viendra que des congolais et d’eux SEULS. Par Germain Nzinga
L’algèbre militaire ou la règle de trois dans les Grands lacs…

TRIBUNE. L’arrivée de Kaguta Museveni vendredi après-midi à Kigali rend plus complexe l’équation politique et sécuritaire dans la région des grands lacs. Pendant que les officiels congolais comptaient sous peu isoler et affaiblir Kagame en s’attachant les services ougandais, plusieurs signaux nous font voir que les relations entre le Rwanda et l’Ouganda se sont visiblement réchauffées. L’intervention des troupes ougandaises à Banagana pour venir en soutien aux troupes rwandaises, l’exigence de Museveni de voir la Force Neutre de l’EAC être COLLECTIVE, à savoir impliquant en son sein les troupes rwandaises et, cerise sur gâteau, la visite du leader ougandais à Kigali cet après-midi sont autant de signes illustratifs du renforcement de l’axe rwando-ougandais dans un contexte particulier des opérations militaires en RDC. Commentant cette visite de Museveni à son pair rwandais, le général Muhoozi a tweeté une vérité à prendre en compte : « You can try to fight Bachwezi but you’ll always lose. Inkotayani cyane! Abanyarwanda murakoze cyane! ». Bachwezi de qui s’agit-il ? Il s’agit justement d’une lignée héroïque des banyarwanda à laquelle sont prêtées de nombreuses conquêtes militaires. Lignée de laquelle prétendent descendre les deux présidents qui promettent des défaites cuisantes à tout peuple qui osera leur livrer bataille. Ceci dit, plus besoin de trop de réflexion pour comprendre la direction qu’est en train de prendre le cours des événements militaires et politiques dans la région interlacustre. Dans la mise en pratique de la règle de trois, notamment de deux contre un, c’est bel et bien la RDC qui est mise en minorité. Mieux vaut le savoir clairement pour ne pas se laisser duper par des fausses promesses et par des alliances colorées de tentatives croisées de déstabiliser le Congo de Lumumba. Par Germain Nzinga
RDC : les rebelles ne veulent pas de l’Ouganda dans la force régionale
RD Congo. Cet étrange forcing au dialogue politique…

OPINION. L’opinion congolaise ergote depuis trois jours sur la prise de Bunagana sans trop s’interroger sur la suite des événements. Et cette suite pourra bien prendre deux directions probables. La première est politique : en écoutant les déclarations des présidents kenyan et ougandais, il se dégage clairement une commune volonté de forcer le gouvernement congolais à rentrer à la table de négociations. « J’appelle donc à la cessation immédiate de toutes les hostilités dans l’est de la RDC et à ce que tous les groupes armés, tant étrangers que locaux, déposent les armes immédiatement et sans condition et s’engagent dans un processus politique » a dit tout récemment le président Uhuru Kenyatta. Quant à Museveni qui a pris l’habitude de s’exprimer via son fils Muhoozi : « Le président Museveni m’a donné des instructions à ainsi qu’aux UPDF de tenir toutes leurs positions en RDC et qu’aucun mouvement de troupes ne se fasse pendant l’opération Shujaa jusqu’à nouvel ordre! Il dit, en outre attendre la déclaration finale du président Uhuru ». Il y a donc une convergence voire une coordination de vues entre le Kenya et l’Ouganda quant à leur ferme volonté de voir le Congo mettre fin à sa volonté d’en découdre avec l’ennemi et de le faire revenir au dialogue en position de grande faiblesse et donc le forcer à de nouvelles concessions suicidaires pour sa sécurité et pour son économie. La seconde direction est militaire : en demandant le maintien de leurs troupes sur le sol congolais sans se référer aucunement à l’avis des officiels congolais, le Rwanda et l’Ouganda veulent envoyer un message clair à Tshisekedi et aux congolais. Message d’après lequel : « ce sont eux qui sont devenus les véritables maîtres du Congo et qu’ils n’ont besoin de l’avis de personne pour faire ce qu’ils veulent sur le territoire congolais. » Pour se faire entendre, l’un et l’autre ont affiché clairement leur volonté de poursuivre la conquête d’autres villes après Bunagana. Ils ont déjà mis le cap sur Rutsuru avant de prendre Goma et Bukavu. Ces deux options politiques et militaires vont de pair pour pouvoir à court-terme asphyxier l’Est du pays, faire une pression maximale sur le gouvernement congolais avec le principal objectif de le mettre à genoux. Et à long terme elles visent à mettre en place un dispositif politico-militaire très efficace pour prendre contrôle total du prochain processus électoral de 2023 et du nouvel élu qui pourra prendre les rênes du Congo. Le peuple congolais se dit très étonné de voir ses propres dirigeants aussi hésitants que timorés, visiblement incapables de prendre une position FERME de s’affranchir de leurs deals secrets avec ces pays agresseurs. Que la ville de Bunagana soit reprise ou non par les FARDC, il faudra bien que mes lecteurs aient le devoir de se souvenir que le 3 janvier 2021, Jean-Marie Runiga et son M23 soutenaient publiquement les accords de coopération militaire signés par Felix Tshisekedi avec le Rwanda et au même moment ils prenaient la décision solennelle d’adhésion officielle à la plateforme présidentielle « Union Sacrée ». Depuis que le conflit a éclaté, aucun communiqué officiel d’exclusion de M23 de l’Union sacrée. Aucun communiqué de rupture définitive du fameux de coopération militaire qui officialise la présence des troupes rwandaises sur le territoire du Congo agressée. Aucun communiqué d’annulation pure et simple des accords économiques entre ces deux pays. Aucun communiqué d’expulsion de l’ambassadeur de ce pays qui attaque militairement la RDC. Y a-t-il encore l’orgueil de souveraineté nationale dans ce pays? Aidez-moi à comprendre… Par Germain Nzinga
RD Congo. L’exemple-type de la ruse militaire…

OPINION. « I want to meet my great President in the DRC soon. I am his younger brother. We can solve these problems easily. We should only serve the interests of Almighty God and our great peoples », c’est en ces termes qu’a tweeté le général Muhoozi, le commandant en chef de l’Armée terrestre ougandaise. Ce dignitaire ougandais se dit prêt à rencontrer l’actuel président congolais dont il se dit son « jeune frère ». Il prétend que leur rencontre pourra porter la résolution du problème. Pour la première fois, un officiel ougandais reconnaît qu’il y a un PROBLÈME entre la RDC et l’Ouganda. Mais de quel problème s’agit-il ? À n’en point douter du problème d’ABUS DE CONFIANCE de l’Ouganda envers le partenaire congolais qui y est allé en toute sincérité pour trouver une fois pour toutes une résolution de la crise des grands lacs. Problème d’abus de confiance certes mais aussi problème de MENACES par le parlement congolais de reconsidérer les accords bilatéraux signés entre la RDC et l’Ouganda et dont ce dernier est le plus grand bénéficiaire. Cette proposition de rencontre annoncée via les canaux des réseaux sociaux est non seulement une INSULTE aux institutions congolaises mais également une volonté manifeste des ougandais de récupération de la situation qui risque de leur échapper les prochains jours. Car tout congolais averti sait que les officiels ougandais jouent le double jeu de caméléon militaire : ils prétendent aider les FARDC contre les ADF pendant qu’ils déclarent publiquement leur rapprochement idéologique et militaire avec le Rwanda, non autrement identifié comme le principal commanditaire de ces mêmes ADF. Les ougandais ont accordé dimanche 14 juin dernier un grand renfort militaire aux troupes Rwandaises qui ont pris la ville de Bunagana pendant qu’ils accueillent le soir du même jour sur le sol ougandais les soldats congolais en débandade qu’ils prennent soin de désarmer. Les ougandais changent de couleur selon les circonstances pour pouvoir leurrer les dirigeants militaires et politiques congolais. Depuis un quart de siècle, ils poursuivent méthodiquement en RDC leurs intérêts géostratégiques et économiques qui sont diamétralement opposés à ceux des congolais. Et sur ces entrefaites, la rencontre proposée par Muhoozi s’inscrit dans la stratégie rwando-ougandaise de « talk and fight ». Ils veulent se rapprocher de l’adversaire qui vient de connaître une lourde défaite militaire (et par conséquent en position de faiblesse) en vue de feindre dialoguer avec lui juste pour lui imposer de nouvelles conditions de paix en défaveur du Congo avant de l’attaquer militairement encore et encore. Les ougandais rusent avec les dirigeants congolais qui, eux, refusent de reconnaître l’IMPOSSIBILITÉ d’un partenariat loyal avec ces deux régimes dont la félonie et la trahison constituent le mode opératoire de leur diplomatie et dont leur propre prospérité économique équivaut très étroitement au chaos permanent du Congo. Par Germain Nzinga
Eliminatoires de la CAN 2023: L’Algérie s’impose face à l’Ouganda

Pour son retour à la compétition après son élimination des qualifications à la Coupe du Monde 2022, la sélection algérienne s’est imposée samedi soir (2-0) face à son homologue d’Ouganda pour le compte de la première journée des éliminatoires de la CAN TotalEnergies 2023. Les Algériens qui sont entrés avec une équipe remaniée, ont fait le nécessaire face à une formation ougandaise bien organisée surtout en défense. Les coéquipiers de Youcef Belaili se sont montrés dangereux durant toute la rencontre mais ont difficilement concrétisé les quelques occasions obtenues. Peu avant la demi-heure de jeu, sur un coup franc de Belaili, dévié par le gardien ougandais, Bennaceur suit le ballon puis Mandi met le cuir au fond des filets (28’). A quelques secondes de la pause citron, Rachid Ghezzal tacle un attaquant ougandais dans la surface de réparation. Penalty pour l’Ouganda. Tiré et raté par Miya qui trouve sur son chemin le gardien Mustapha Zeghba. En seconde période, les Algériens continuent de jouer haut mais n’arrivent pas à transpercer la défense ougandaise bien regroupée autour de son gardien. Il a fallu attendre la 80’ pour voir la seconde réalisation des Fennecs. Le virevoltant Youcef Belaili, dribble trois joueurs et adresse une frappe qui ne laisse aucune chance au gardien ougandais. Un bon début pour les poulains de Djamel Belmadi qui se déplaceront dans quatre jours à Dar Essalam pour affronter la Tanzanie.
RD Congo. Les événements semblent s’accélérer chez nos voisins de l’est…

TRIBUNE. Pour peu qu’on puisse s’intéresser à l’actualité politique chez nos deux voisins de l’Est, on aura observé deux événements majeurs qui se sont passés ces derniers jours dans la sous-région des grands-lacs. D’abord l’ouverture de la frontière ougando-rwandaise le lundi 7 mars. Événement que le général Muhoozi Kainerugaba ( commandant des forces terrestres de l’Armée Ougandaise et propre fils du président Yoweri Museveni) saluait comme l’évènement en or de la décennie. Il y ajoutait ce petit commentaire assez significatif : « l’Ouganda et le Rwanda sont réellement un seul pays et quiconque combat ce fait historique combat du coup les deux peuples ! » Le mardi 8 mars 2022, le même général Muhoozi Kainerugaba, prend officiellement sa retraite de l’armée ougandaise après 28 années de bons et loyaux services militaires. Le même jour celui qu’on peut désormais appeler l’ex général publie un tweet dans lequel il fait l’éloge de Paul Kagame qu’il appelle « son oncle » et qu’il qualifie de grand leader. Il annonce dans la foulée son projet de lui rendre visite le plus vite que possible à Kigali. Un réchauffement diplomatique qui ne dit pas son nom après le climat de tensions qui a duré deux années. Une semaine plus tard c’est-à-dire hier lundi 14 mars 2022, pendant que le général Jean-Bosco Kazura, le chef d’état-major de l’armée rwandaise est l’invité d’honneur du commandant de l’armée française, l’avion transportant l’ex général Muhoozi atterrit à Kigali pour une rencontre en tête-à-tête avec le président rwandais. Outre ce qui apparaît clairement comme la mise en place d’un projet de succession à la présidence ougandaise et un plan d’adoubement du futur promu par ses pairs de la région, il faut bien ouvrir l’œil en vue de comprendre le sort de la République Démocratique du Congo dans cette nouvelle configuration politique qui se dessine devant nos yeux. Au-delà de la bouée de sauvetage offerte à un Kagame qui paraissait de plus en plus isolé par ses pairs de la région et visiblement en perte de vitesse dans sa politique d’invasion du territoire congolais via la sous-traitance des milices armées, Il faut voir plus loin. Car si les antagonismes entre Kagame et Museveni ont contribué favorablement à la sécurité intérieure de la RDC, leur réconciliation quant à elle risque bien de se montrer contre-productive aux intérêts sécuritaires et politiques du peuple congolais. À bien voir les choses, les événements semblent prendre une autre tournure dans la sous-région des Grands-Lacs et la petite histoire nous a enseigné qu’il n’y a pas eu pire moment pour le peuple congolais que lorsque ses deux voisins rwandais et ougandais mutualisent leurs intérêts géostratégiques et géoéconomiques. Et ce danger se montre encore plus imminent en ce moment où leurs deux armées se trouvent bien présentes sur le territoire congolais avec cette fois-ci l’accord OFFICIEL du gouvernement de Kinshasa. À suivre donc de très près cette nouvelle lune de miel entre les deux partenaires de l’AFDL au moment où le peuple congolais amorce la préparation du processus électoral de l’an prochain… Par Germain Nzinga
RD Congo/Ouganda. On appelle ça agression d’un territoire souverain…

TRIBUNE. La porte-parole de l’armée ougandaise, la générale de brigade Flavia Byekwaso, a officiellement confirmé que des frappes militaires de l’armée de l’air et de l’armée terrestre ougandaise, ont été lancées contre les positions des ADF en République Démocratique du Congo, dans le cadre des opérations militaires conjointes avec les FARDC. Contrairement au déni du réel de la part du ministre congolais de l’information, l’armée ougandaise entend être opérationnelle sur le territoire congolais. Des sources locales affirment que cet après-midi de mardi, au moins 51 véhicules de l’UDPF étaient stationnés à Budunga et à Nyahuka et un important déploiement des éléments déjà positionnés juste devant le pont Lamia à la frontière Ougando-congolaise, attendant d’entrer sûrement cette nuit en RDC pour la seconde étape dite « ground operation » ( opérations de nettoyage) annoncée par la même porte-parole des forces armées ougandaises. Ne rêvons pas : si un pays lance des attaques par son armée de l’air et de terre sur un pays voisin sous prétexte de neutraliser des forces négatives dans une zone de surcroît placée depuis des mois sous l’état de siège et que de nombreux civils en meurent, ça s’appelle une agression d’un territoire souverain. Ne nous voilons point la face. D’autre part, en donnant feu vert à l’armée ougandaise rendue tristement célèbre par ses massacres de masse sur les populations congolaises de cette région, le gouvernement congolais ouvre largement le boulevard à un conflit généralisé qu’il risque de ne plus contrôler et de regretter amèrement. Pourquoi ? Parce qu’en plus d’être un mauvais précédent pour les autres pays voisins de la RDC qui pour une raison ou une autre, peuvent emboîter le pas à l’Ouganda, cette agression menée par l’Ouganda dans une zone que son actuel rival rwandais cherche depuis des mois à soumettre sous son contrôle direct, offre à ces deux ennemis traditionnels du Congo, l’opportunité en or de semer un chaos artificiel de plus en plus généralisé dans le principal objectif de redessiner la carte géopolitique de la partie Est du Congo qu’ils ont loupée en août 1998 et en juin 2000 avec la guerre de six jours à Kisangani. En re-auditionnant avant-hier l’interview du président ougandais où il traitait carrément de « corps sidatique » (privé de tout système immunitaire pour se défendre) tout pays qui accepte une aide militaire étrangère, je m’étais immédiatement dit que son discours préparait à court-terme les cœurs et les esprits à un conflit militaire de grande envergure dans la région. Et pas seulement de la Somalie à laquelle il faisait allusion devant le journaliste de France 24, mais aussi de ce grand corps malade proche de ses frontières qu’est la RDC. Aujourd’hui 30 novembre 2021, Yoweri Kaguta Museveni y entre non pas en médecin guérisseur mais bel et bien en envahisseur. Les congolaises et les congolais (de tête en bas) qui croiront recevoir une aide précieuse des ougandais en vue de pouvoir neutraliser l’ennemi rwandais se trompent d’analyse. Car il nous faut avoir le courage de voir les choses dans cet angle ci-après de perception du conflit : au cas où l’Ouganda et le Rwanda agissaient dans cette région comme de simples acteurs apparents obéissant à un plan plus global des acteurs profonds auxquels tous deux obéissent au doigt et à l’œil, alors croyez-moi l’avenir proche de notre pays risque d’être très chargé d’électricité… Par Germain Nzinga