La moitié des travailleurs du monde occupe des emplois informels

La moitié des travailleurs du monde occupe des emplois informels

L’Organisation internationale du travail (OIT) a publié dernièrement la troisième édition de son rapport intitulé « Femmes et hommes dans l’économie informelle – Tableau statistique ». Dans son nouveau rapport, qui fournit des estimations comparables sur la taille de l’économie informelle et un profil statistique de l’informalité en utilisant des critères pour plus de 100 pays, l’OIT indique que deux milliards de personnes occupent un emploi informel. Selon ce document, la plupart d’entre eux vivent dans les pays émergents et les pays en développement et représentent plus de 61% de la population active dans le monde. Dans son rapport, l’organisation onusienne précise que les personnes occupant un emploi informel représentent la moitié de la population active si l’on exclut l’agriculture. Il ressort aussi des données publiées par l’organisation que 85,8% des emplois en Afrique sont informels. La proportion est de 68,2% en Asie et Pacifique, de 68,6% dans les Etats arabes, de 40% pour les Amériques et de 25,1% en Europe et en Asie centrale. Ces chiffres montrent que 93% de l’emploi informel dans le monde se trouvent dans les pays émergents et en développement, soulignent les auteurs du rapport. En ce qui concerne les pays en développement, l’OIT relève que 50 à 75% de la main-d’œuvre non agricole travaille dans l’économie informelle. « Même s’il est difficile de généraliser en matière de qualité des emplois informels, ceux-ci sont souvent synonymes de paupérisation et de mauvaises conditions de travail », fait-elle observer. En effet, de manière générale, ces emplois se caractérisent par l’absence de protection en cas de non-paiement des salaires, d’heures supplémentaires forcées, de renvois sans préavis ni indemnités, de conditions de travail dangereuses et d’absence d’avantages sociaux tels que la retraite, le congé maladie et l’assurance maladie, constate l’organisation. Dans son rapport, l’OIT note aussi que l’emploi informel constitue davantage une source d’emplois pour les hommes (63%) que pour les femmes (58,1 %). Cependant, l’organisation fait remarquer que sur les deux milliards de travailleurs occupant un emploi informel dans le monde, à peine plus de 740 millions sont des femmes. Selon le rapport, « les femmes sont davantage exposées à l’emploi informel dans la plupart des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur et se trouvent plus souvent dans les situations les plus précaires». Il ressort également de ce document que le niveau d’éducation constitue un facteur déterminant du niveau d’informalité. En effet, il s’est avéré qu’« à l’échelle mondiale, quand le niveau d’éducation augmente, le niveau d’informalité recule, indique le rapport. Les personnes qui ont achevé des études secondaires ou supérieures sont moins susceptibles d’occuper un emploi informel que les travailleurs qui n’ont aucune instruction ou ont seulement terminé leurs études primaires », explique l’OIT. A noter que la situation est tout aussi plus préoccupante en zones rurales où les personnes sont presque deux fois plus susceptibles d’être employées dans l’économie informelle que celles des zones urbaines. D’après les auteurs du rapport, l’agriculture est le secteur affichant le plus haut niveau d’emploi informel, estimé à plus de 90%. Comme le souligne Vicky Leung, un des auteurs du rapport, «le rapport montre que les personnes pauvres sont confrontées à de plus forts taux d’emploi informel et que les taux de pauvreté sont plus élevés parmi les travailleurs de l’économie informelle». C’est dire qu’«il y a urgence à s’attaquer à l’informalité», estime Bonnet Florence. Et pour cause, comme le rappelle cet autre auteur du document, «pour des centaines de millions de travailleurs, l’informalité implique un manque de protection sociale, de droits au travail et de conditions de travail décentes; pour les employeurs, elle s’accompagne d’une faible productivité et de difficultés d’accès au crédit.» Alain Bouithy

OIT : Le rythme de réduction de la pauvreté au travail ralentit à l’échelle mondiale

OIT : Le rythme de réduction de la pauvreté au travail ralentit à l’échelle mondiale

Le marché du travail mondial n’a enregistré que de faibles progrès en ce qui concerne les travailleurs pauvres, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT). « En 2017, l’extrême pauvreté au travail est restée très fréquente, avec plus de 300 millions de travailleurs disposant d’un niveau de vie du ménage inférieur à 1,90 dollar par personne et par jour (PPA) dans les pays émergents et en développement », a noté l’institution onusienne. Dans l’ensemble, les progrès en matière de réduction de la pauvreté au travail sont trop lents pour suivre le rythme de croissance de la population active dans les pays en développement, où le nombre de travailleurs extrêmement pauvres devrait dépasser 114 millions en 2018, soit 40 pour cent de l’ensemble des personnes occupées, ont constaté les auteurs dudit rapport. L’OIT a toutefois assuré que les pays émergents ont réalisé des progrès significatifs dans la réduction de l’extrême pauvreté au travail, qui devrait toucher moins de 8 pour cent (environ 190 millions) des travailleurs en 2017. Ainsi « l’incidence de l’extrême pauvreté devrait continuer à diminuer, ce qui se traduira par une réduction du nombre de travailleurs extrêmement pauvres de 10 millions par an en 2018 et 2019 », a-t-elle expliqué. Néanmoins, la pauvreté modérée des travailleurs, qui ont un niveau de vie compris entre 1,90 et 3,10 dollars par jour en PPA, reste largement répandue, touchant 430 millions de travailleurs dans les pays émergents et en développement en 2017, a-t-elle précisé.

Quatre milliards de personnes sans protection sociale

Quatre milliards de personnes sans protection sociale

Le droit humain à la sécurité sociale n’est pas encore une réalité pour une majorité de la population mondiale, a indiqué l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un nouveau rapport rendu public dernièrement. Malgré d’énormes progrès dans l’extension de la protection sociale dans beaucoup de régions du monde, seuls 45% de la population bénéficient effectivement d’au moins une prestation sociale, tandis que les 55% restants – 4 milliards de personnes – sont laissés sans protection, a constaté l’OIT. Dans ce document phare, intitulé «Rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019: Protection sociale universelle pour atteindre les Objectifs de développement durable », l’organisation a estimé que de grands efforts restent ainsi nécessaires pour garantir que le droit à la sécurité sociale devienne une réalité pour tous. Il faut dire qu’en dépit du fait que la tendance ait connu une légère hausse par rapport aux 27% de 2014-15, l’OIT a rappelé que 29% seulement de la population mondiale disposent d’un accès à une sécurité sociale globale, tandis que les 71% autres (5,2 milliards de personnes) ne sont pas, ou sont partiellement, protégées. Evoquant le cas des enfants, le rapport a relevé que seuls 35% d’entre eux jouissent d’un réel accès à la protection sociale. Près des deux tiers des enfants du monde (1,3 milliard d’enfants) ne sont pas couverts, la plupart d’entre eux vivant en Afrique et en Asie. A en croire les auteurs du rapport, en moyenne, seulement 1,1% du PIB est consacré aux prestations familiales pour les enfants âgés de 0 à 14 ans, soulignant un énorme sous-investissement en faveur des enfants. L’autre enseignement de ce rapport, c’est que « les transferts en espèces en faveur des enfants se sont amplifiés dans les pays à bas revenu et à revenu intermédiaire au cours des dernières décennies». Cependant, a poursuivi le rapport, « les niveaux de couverture et de prestation demeurent souvent insuffisants. Plusieurs pays ont même réduit la protection sociale des enfants du fait des politiques d’assainissement budgétaire». A propos des femmes et des hommes en âge de travailler, le rapport a noté que la couverture de protection sociale dont ils sont censés bénéficier reste limitée, soulignant que seuls 41,1% des mères de nouveau-nés perçoivent une allocation maternité et 83 millions de nouvelles mères ne sont pas couvertes. Poursuivant dans ce domaine, le rapport a fait observer aussi que «seuls 21,8% des travailleurs au chômage sont couverts par des allocations chômage, tandis que 152 millions de travailleurs sans emploi ne sont toujours pas couverts». Ce n’est pas tout. L’analyse des nouvelles données de l’OIT a fait ressortir que seuls 27,8% des personnes lourdement handicapées dans le monde touchent une prestation d’invalidité. Examinant le cas des femmes et hommes âgés, le rapport a également révélé qu’«à l’échelle mondiale, 68% des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite touchent une pension de vieillesse, un résultat lié à l’expansion parallèle des pensions contributives et non contributives dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire». Poursuivant son analyse, l’OIT a constaté, par ailleurs, que si les dépenses consacrées aux retraites et autres prestations pour les personnes âgées représentent 6,9% du PIB en moyenne avec de fortes variations régionales, «les niveaux de prestation sont souvent faibles et insuffisants pour sortir les personnes âgées de la pauvreté. Cette tendance est souvent alimentée par les mesures d’austérité». La situation est telle que l’organisation a noté que certains Etats sont en train de revenir sur la privatisation de leur système de retraite parce que les politiques de privatisation n’ont pas porté les résultats escomptés. C’est le cas notamment de l’Argentine, de la Bolivie, de la Hongrie, du Kazakhstan et de la Pologne qui ont choisi de revenir vers «des systèmes publics basés sur la solidarité». Pour Guy Ryder, directeur général de l’OIT, la situation ne doit pas laisser indifférente la communauté mondiale dans la mesure où l’absence de protection sociale place ces personnes en situation de vulnérabilité vis-à-vis de la maladie, de la pauvreté, des inégalités et de l’exclusion sociale tout au long de leur vie. Le patron de l’organisation a estimé que «dénier ce droit humain à 4 milliards de personnes à l’échelle mondiale constitue un obstacle considérable au développement social et économique. Si de nombreux pays ont parcouru un long chemin pour renforcer leur système de protection sociale, des efforts majeurs sont encore nécessaires pour garantir que le droit à la protection sociale devienne une réalité pour tous». Face à cette situation et dans le but d’assurer au moins un socle de protection sociale minimal pour tous, l’OIT a recommandé un certain nombre de mesures dont l’augmentation des dépenses publiques en matière de protection sociale pour étendre la couverture de la protection sociale, en particulier en Afrique, en Asie et dans les Etats arabes. Tout en soulignant la contribution de la protection sociale universelle à l’éradication de la pauvreté, à la réduction des inégalités, à la promotion de la croissance économique et de la justice sociale, ainsi qu’à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), le rapport a insisté sur «la nécessité d’étendre la protection sociale aux personnes travaillant dans l’économie informelle comme moyen de formaliser leur emploi et d’améliorer leurs conditions de travail», peut-on lire sur le site officiel de l’OIT. Si des efforts doivent être déployés afin que le droit à la sécurité sociale devienne une réalité, force est de constater que «les politiques d’austérité à court terme continuent de saper les efforts de développement à long terme», a déploré Isabel Ortiz, directrice du département de la protection sociale de l’OIT. Selon elle, «les ajustements d’assainissement budgétaire ont des impacts sociaux négatifs considérables et compromettent la réalisation des ODD».

Nouvelles normes de travail dans l’industrie de la pêche

Nouvelles normes de travail dans l’industrie de la pêche

Donner une impulsion aux efforts mondiaux visant à garantir un travail décent aux 38 millions d’hommes et de femmes employés du secteur de la pêche. Tel est l’intérêt de la Convention n° 188 de l’OIT (Organisation internationale du travail) entrée en vigueur jeudi 16 novembre. L’entrée en vigueur de cette convention historique va donner une impulsion considérable aux efforts visant à améliorer les conditions de travail pour des millions de personnes employées dans le secteur de la pêche, a souligné l’organisation onusienne. En effet, comme l’a relevé son directeur général, Guy Ryder, la Convention sur le travail dans la pêche fixe les normes minimales du travail décent dans l’industrie de la pêche. Lesquelles normes « permettront de faire respecter les exigences minimales à bord des bateaux de pêche, y compris garantir que les travailleurs du secteur de la pêche bénéficient d’un meilleur niveau de sécurité et de santé au travail, de périodes de repos, de contrats de travail écrits, de soins médicaux en mer et à terre, et qu’ils disposent de la même protection de sécurité sociale que les autres travailleurs », a expliqué l’OIT dans un communiqué. Ce n’est pas tout. Les dispositions de la convention visent aussi à garantir que les bateaux de pêche soient construits et entretenus de façon que les travailleurs bénéficient de conditions de vie décentes à bord, a-t-elle poursuivi. Par ailleurs, selon toujours l’OIT, cette convention importante va contribuer à « prévenir les formes inacceptables de travail pour l’ensemble des pêcheurs et notamment pour les travailleurs migrants dans ce secteur », sachant qu’elle « inclut des réglementations en matière de recrutement et d’enquêtes en cas de plaintes des pêcheurs ». A en croire les experts de l’OIT, elle va aussi permettre de mieux lutter contre le travail forcé, la traite des êtres humains et d’autres pratiques abusives dans ce secteur. En ratifiant cette convention, les Etats s’engagent ainsi à exercer un contrôle sur les navires de pêche, à travers des inspections, des rapports, un suivi, des procédures de plainte, des amendes et des mesures correctrices. Ils pourront également inspecter les navires de pêche faisant escale dans leurs ports et prendre toutes les mesures nécessaires, a précisé la même source. Mieux, une fois qu’il l’a ratifiée, « un Etat doit communiquer de manière régulière avec l’OIT pour indiquer comment la convention est appliquée à travers les lois, les règlements et via d’autres mesures. Le système de supervision des normes de l’OIT consulte les rapports reçus et indiquera aux Etats comment avancer vers une application complète », a affirmé l’agence. Il faut toutefois signaler que seuls dix Etats membres de l’OIT ont ratifié le texte jusqu’ici. En l’occurrence : l’Afrique du Sud (2013), l’Angola (2016), l’Argentine (2011), la Bosnie-Herzégovine (2010), le Congo (2014), l’Estonie (2016), la France (2015), la Lituanie (2016), la Norvège (2016) et le Maroc (2013). Ce qui est loin du compte aux yeux de Johnny Hansen, président de la section pêche de la Fédération internationale des ouvriers du transport, qui «au nom de la justice, des vies humaines et pour le bien de l’industrie elle-même », a appelé les Etats à ratifier et à appliquer cette importante convention. Essentielle à la sécurité alimentaire, la pêche commerciale constitue l’une des sources les plus importantes de nourriture, notamment en ce qui concerne l’apport en protéines animales. Selon l’OIT, plus de 38 millions de personnes travaillent dans la pêche de capture, qui est considérée comme l’une des professions les plus dangereuses au monde. Des centaines de millions de familles et leur entourage dépendent de ce secteur pour assurer leur subsistance. « Nous nous engageons à œuvrer pour que cette convention offre une véritable protection à toutes les personnes qui travaillent dans ce secteur. Nous avons encore un long chemin à parcourir mais nous pensons en être capables », a assuré Guy Ryder.

Appel de l’OIT en faveur de l’emploi des jeunes en Afrique du Nord

Appel de l’OIT en faveur de l’emploi des jeunes en Afrique du Nord

Les pays de l’Afrique du Nord doivent adopter une réponse globale plus concertée pour remédier à la crise de l’emploi des jeunes dans cette région, a estimé tout dernièrement l’Organisation internationale du travail (OIT). Selon des chiffrés avancés par l’agence onusienne, le taux de chômage des jeunes dans cette région a atteint 28,8%. Ce qui représente le double de la moyenne mondiale et confirme l’urgence d’une « réponse politique forte » afin d’inverser les tendances, a indiqué Deborah Greenfield, directrice générale adjointe de l’OIT pour les politiques. A en croire l’organisation, l’Afrique du Nord continue de souffrir de niveaux de chômage insupportables et d’une trop faible participation économique de sa jeunesse. Cette situation demeure ainsi préoccupante à bien des égards d’autant plus que, selon les données statistiques relatives à cette tranche de la société, seuls 16,6% des jeunes femmes et 46,8% des jeunes hommes sont économiquement actifs. C’est-à-dire, travaillent ou cherchent un emploi. L’autre préoccupation, c’est que « parmi ces actifs, 29,3% (24,1% des jeunes hommes et 44,4% des jeunes femmes) sont au chômage et on estime qu’environ 25% des jeunes travailleurs vivent dans la pauvreté», a noté l’OIT. Selon l’agence, les jeunes travailleurs ont trois fois plus de risque d’être au chômage que les adultes. En outre, l’Afrique du Nord se caractérise par l’un des plus grands déséquilibres entre hommes et femmes en matière de taux d’activité. Pour combler le déficit d’emploi pour les jeunes en Afrique du Nord, l’OIT a lancé un appel aux partenaires sociaux, aux gouvernements, aux organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi qu’aux partenaires du développement dans lequel il leur a été demandé de renouveler «leur engagement et leur action en faveur de l’emploi des jeunes». Un appel lancé lors de la conférence internationale organisée par l’OIT le mois dernier à Genève et qui visait à traiter des problèmes les plus urgents concernant les jeunes et le travail décent en Afrique du Nord. «La formulation et la mise en œuvre de réponses politiques globales et coordonnées, des mesures basées sur des données factuelles, le dialogue social et les partenariats mondiaux» devraient aboutir à une action internationale volontariste, a estimé Deborah Greenfield. L’objectif étant de répondre aux niveaux élevés de chômage et de sous-emploi chez les jeunes, à l’informalité grandissante, et à la faible croissance de la productivité», a-t-elle soutenu lors de cette rencontre de deux jours portée sur le thème «Amplifier les actions en faveur de l’emploi des jeunes». Pour l’OIT, il est urgent que les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs, et d’autres acteurs de la région, ainsi que les partenaires au développement définissent, à partir de données empiriques, «une stratégie sur l’emploi des jeunes pour les cinq prochaines années». Dans un communiqué, l’OIT a affirmé que les ministres et ministres délégués d’Algérie, d’Egypte, du Maroc, du Soudan et de Tunisie ayant participé au panel de haut niveau sur les défis et les perspectives pour l’emploi des jeunes en Afrique du Nord ont réaffirmé que l’enjeu de l’emploi des jeunes exigeait une stratégie coordonnée. Egalement présent à cette conférence, le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, s’est fondu d’un rappel à l’adresse des participants : «Le plus grand défi pour le développement mondial au cours des prochaines décennies sera vraisemblablement d’intégrer des centaines de millions de jeunes gens sur le marché du travail», a précisé la même source.

L’OIT lance son concours de presse mondial 2017 sur la migration de main-d’œuvre

L’OIT lance son concours de presse mondial 2017 sur la migration de main-d’œuvre

L’objectif de ce concours est d’encourager les reportages de qualité sur la migration de main-d’œuvre. Cela est d’autant plus important que les médias font souvent le lit de récits publics toxiques fondés sur de mauvaises perceptions en ce qui concerne la nationalité, l’origine nationale, le genre ou le statut migratoire qui renforcent les préjugés, l’intolérance et la stigmatisation à l’endroit des travailleurs migrants et de leur famille. Sans ignorer les aspects négatifs (par exemple, la réalité est souvent dure du fait de l’exploitation et des atteintes aux droits de l’homme et aux droits au travail), les candidats sont également invités à mettre en lumière la contribution positive que les travailleurs migrants apportent aux pays d’origine, de transit et de destination, ainsi que des éléments clés tel que le recrutement équitable. Le concours de presse mondial 2017 sur la migration de main-d’œuvre s’inscrira dans la campagne des Nations Unies TOGETHER qui vise à encourager les actions mondiales de promotion de la non-discrimination et de la lutte contre le problème que constitue la hausse de la xénophobie à l’égard des réfugiés et des migrants. Les 193 Etats membres de l’ONU se sont engagés à mener la campagne TOGETHER, qui s’achèvera fin 2018, au moment où l’Assemblée générale des Nations Unies devrait adopter le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et le Pacte mondial sur les réfugiés. Le concours de presse mondial 2017 sur la migration de main-d’œuvre est organisé par l’Organisation internationale du Travail, en collaboration avec la Confédération syndicale internationale, l’Organisation internationale des employeurs, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la Fédération internationale des journalistes, Equal Times, Solidarity Center, Human Rights Watch et Migrant Forum in Asia, ainsi que le Centre international de formation de l’OIT. Le concours débute le 31 juillet 2017 et s’achève le 27 octobre 2017. Les journalistes professionnels sont invités à envoyer deux œuvres maximum dans l’une des deux catégories suivantes: Article (presse écrite ou en ligne) Œuvre médiatique (photographie de reporter, œuvre audio, œuvre vidéo) Les articles ne doivent pas dépasser 8 000 mots et les vidéos/œuvres multimédia ne doivent pas excéder 10 minutes. Seules les œuvres publiées entre le 1er janvier 2016 et le 27 octobre 2017 seront admises pour ce concours. Les œuvres soumises doivent porter sur l’un des deux domaines thématiques suivants: i) aspects relatifs à la migration de main-d’œuvre (la contribution des travailleurs migrants au développement économique et social des pays d’origine et de destination, la protection de leurs droits au travail, la reconnaissance de leurs compétences, leur intégration sur le marché du travail, leur protection sociale, les travailleurs migrants en situation irrégulière, leurs conditions de travail – en particulier leur salaire, la durée du travail, la santé et la sécurité au travail, les travailleurs migrants dans l’économie informelle, leurs droits syndicaux, le travail forcé, le travail des enfants et les situations de traite); ii) le recrutement équitable des travailleurs migrants (inspiré par les Principes généraux et directives opérationnelles concernant le recrutement équitable ). Les réfugiés et les déplacés, lorsqu’ils sont employés comme travailleurs dans un autre pays que le leur, sont considérés comme des travailleurs migrants. De ce fait, les soumissions couvrant les travailleurs migrants internationaux et les réfugiés (qui font partie d’un marché du travail autre que celui de leur pays d’origine) seront acceptées. Prix Les quatre lauréats (un par catégorie et par domaine thématique) recevront 1 000 dollars chacun. Les œuvres récompensées seront présentées sur le site Web de l’OIT et largement diffusées comme exemples de journalisme de qualité. Conditions Pour participer au concours, veuillez remplir le formulaire électronique avant le 27 octobre 2017 (23h59 CET au plus tard). Les œuvres sont acceptées dans trois langues: anglais, français et espagnol. Les œuvres présentées dans d’autres langues ne seront acceptées que si le candidat présente une traduction fidèle dans l’une de ces trois langues. Le nom des lauréats sera officiellement annoncé le 18 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des migrants. Pour plus de renseignements, veuillez écrire à l’adresse suivante: Labour-Migration-Media-Competition@ilo.org Critères de jugement Un groupe de 5 juges éminents évaluera les dix meilleures œuvres de chacune des deux catégories. La décision de l’OIT et des juges sur tous les aspects du concours est définitive et aucune correspondance ne sera engagée à quelque stade que ce soit. L’OIT encourage les journalistes à soumettre des œuvres couvrant divers aspects de la migration de main-d’œuvre et, dans la mesure du possible, à refléter les différentes parties concernées: autorités, employeurs, organisations syndicales et travailleurs migrants. En plus de vérifier que les soumissions au concours sont conformes à l’éthique fondamentale du journalisme, toutes les œuvres seront jugées selon les critères suivants: Créativité: Contribue à une meilleure compréhension des questions relatives à la migration de main-d’œuvre et à la situation des migrants et des réfugiés sur le marché du travail, ainsi que des questions relatives au recrutement équitable de travailleurs migrants; Reflète les points de vue de différents acteurs (travailleurs migrants, autorités, employeurs et syndicats); Présente des solutions créatives pour relever les défis en matière de protection de la main-d’œuvre et d’intégration sur le marché du travail (par exemple, en comparant si possible la situation avant et après l’introduction d’une nouvelle législation, d’une nouvelle politique migratoire, d’un accord bilatéral, etc.); Contribue à lutter contre les stéréotypes, la xénophobie ou la discrimination sur le marché du travail; En particulier, ce qui concerne le premier domaine thématique: Dépeint la contribution des migrants au développement économique et social des pays d’origine et de destination (par exemple, en répondant aux besoins de main-d’œuvre et de compétences à tous les niveaux de compétence, en contribuant à la durabilité des systèmes de sécurité sociale, en élargissant les échanges de connaissances, de technologies, de compétences et de liens commerciaux, et en participant à la création d’emplois non seulement en tant que consommateurs de biens et de services et que contribuables, mais également en tant qu’entrepreneurs de microentreprises); Met en avant des réussites et des pratiques positives en présentant autant que possible les résultats positifs

Appel à un travail fondé sur des considérations d’humanité, de justice sociale et de paix

Appel à un travail fondé sur des considérations d’humanité, de justice sociale et de paix

Le dialogue social est un atout pour façonner l’avenir du travail que nous voulons, a soutenu l’OIT «L’avenir du travail doit se fonder sur des considérations d’humanité, de justice sociale et de paix. Sinon, nous nous dirigerons vers un avenir sombre, un avenir dangereux», a déclaré Guy Ryder, le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT). Le patron de l’agence onusienne s’est exprimé ainsi à l’issue d’un colloque de deux jours sur l’avenir du travail tenu récemment au siège de l’OIT à Genève (Suisse). «Nous devons maintenant traduire nos réflexions en résultats concrets», a-t-il lancé à l’auditoire lors de cette manifestation à laquelle ont participé plus de 700 personnes dont d’éminents économistes et universitaires, des représentants des gouvernements et des partenaires sociaux (organisations d’employeurs et de travailleurs). Dans son mot, le DG de l’OIT a aussi attiré l’attention des participants sur le fait que «nous devons répondre aux préoccupations de ces jeunes qui se demandent s’il existe un avenir du travail pour eux». A propos des jeunes, notons que dans le cadre de ce colloque, une session spéciale a été consacrée à la manière de façonner l’avenir du travail pour ceux-ci, à travers le thème : «Comment les jeunes d’aujourd’hui perçoivent le travail de demain et comment ils participeront à l’édification de l’avenir que nous voulons». Au cours de cette table ronde, les participants se sont ainsi intéressés particulièrement à la transition vers la vie active, à l’organisation du monde du travail et à sa réglementation. Considérés comme le moteur de l’économie et de la société, «les jeunes d’aujourd’hui représentent la prochaine génération qui assurera l’intendance de notre planète», a soutenu l’OIT. Dans une note publiée avant la tenue cette rencontre, l’organisation rappelait aussi que ces derniers «représentent les futurs dirigeants de nos gouvernements et des organisations d’employeurs et de travailleurs». Par conséquent, ils ont un rôle important à jouer dans la discussion sur la façon dont l’avenir qui doit être le nôtre en tant que société doit être modelé», pouvait-on lire sur le site officiel de l’agence. Si l’avenir du travail est un enjeu mondial qui mérite une réponse mondiale, Guy Ryder a rappelé à l’auditoire que cela supposait aussi de «prendre en considération la diversité des situations» des 187 Etats membres de l’organisation, rappelant à l’occasion la nécessité de tous de partager leurs expériences respectives. Au cours de son intervention, le directeur général de l’OIT a souligné, par ailleurs, la nécessité de promouvoir l’innovation et le développement tout en préservant les objectifs sociaux de l’Organisation. A noter que de milliers d’internautes ont participé via Internet et les réseaux sociaux à ce colloque organisés sur le thème «Le dialogue global: l’avenir du travail que nous voulons». Pour rappel, l’OIT est instance tripartite qui rassemble les gouvernements, les syndicats et le patronat.