Sénégal. Conférence régionale de Haut niveau sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants
Le ministère de l’Intérieur de la République du Sénégal et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, co-organisent la Conférence régionale de haut niveau sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, dans le cadre du suivi de la Déclaration de Niamey, avec le soutien financier de l’Union européenne. Elle aura lieu les 10, 11 et 12 mai 2022 à Dakar. Cette réunion régionale vise à rassembler les hauts représentants et les points focaux de chaque pays partie à la Déclaration de Niamey, ainsi que des organisations membres et partenaires techniques afin d’aborder les différentes avancées en matière de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants relatives aux recommandations issues de la Déclaration de Niamey. La rencontre permettra également de valider les prochaines étapes pour la consolidation du Mécanisme Permanent et le suivi des engagements de la Déclaration de Niamey. A l’invitation du Niger, plusieurs ministres de l’intérieur et des affaires étrangères de pays d’Afrique de l’Ouest et d’Europe, ainsi que l’Union européenne et des organisations internationales, se sont réunis le 16 mars 2018 et ont adopté la Déclaration de Niamey. Elle vise à améliorer la coordination et l’efficacité opérationnelle des réponses dans la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des personnes entre pays d’origine, de transit et de destination. Entre autres, en renforçant la collecte de données, la coopération judiciaire internationale et la coopération en matière d’application de la loi. L’ONUDC assure le Secrétariat du Mécanisme permanent de suivi de la Déclaration de Niamey en tant que gardienne de la Convention des nations unies contre la criminalité transnationale organisée (CNUCTO) et de ses protocoles additionnels.
29,5 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles liés à la consommation de stupéfiants

En 2015, environ un quart de milliard de personnes consommaient des stupéfiants. Parmi eux, environ 29,5 millions de personnes – soit 0,6% de la population adulte mondiale – ont eu des problèmes de consommation et souffraient de troubles liés à la consommation de stupéfiants, y compris de dépendance, relève le dernier Rapport mondial sur les drogues 2017 publié dernièrement par l’ONUDC. Les opioïdes étaient le type de stupéfiant le plus nocif et représentaient 70% de l’impact négatif sur la santé dû aux troubles liés à la consommation de drogues dans le monde entier, selon le rapport qui fournit un aperçu global de l’offre et de la demande d’opiacés, de cocaïne, de cannabis, de stimulants de type amphétamine et de nouvelles substances psychoactives (NPS), ainsi que leur impact sur la santé. Ce document souligne les preuves scientifiques démontrant que l’hépatite C est la première cause de dommages parmi les consommateurs de stupéfiants; et met en évidence une plus grande diversification d’un marché de la drogue florissant, ainsi que des modèles commerciaux en évolution pour le trafic de stupéfiants et le crime organisé. La même source indique les troubles liés à la consommation d’amphétamines représentent également une part considérable du fardeau mondial de la maladie. Et alors que le marché des nouvelles substances psychoactives (NPS) est encore relativement restreint, les consommateurs ignorent le contenu et le dosage des substances psychoactives de certaines NPS. Cela expose potentiellement les consommateurs à des risques supplémentaires graves pour la santé. Le rapport constate que c’est l’hépatite C qui cause le plus de dommages parmi les 12 millions de personnes qui se droguent par injection dans le monde. Sur ce nombre, un sur huit (1,6 million) vit avec le VIH et plus de la moitié (6,1 millions) vivent avec l’hépatite C, tandis qu’environ 1,3 million souffrent à la fois de l’hépatite C et du VIH. Globalement, trois fois plus de personnes qui consomment des stupéfiants meurent de l’hépatite C (222 000) que du VIH (60 000). Toutefois, le rapport souligne que l’accès à des soins demeure médiocre malgré les progrès récents dans le traitement de l’hépatite C, celui-ci reste très coûteux dans la plupart des pays. En 2014, il a été estimé que les groupes criminels organisés transnationaux du monde entier avaient généré entre un cinquième et un tiers de leurs revenus grâce à la vente de stupéfiants. Les communications mobiles offrent de nouvelles opportunités aux trafiquants, tandis que le Darknet permet aux consommateurs d’acheter anonymement des stupéfiants avec des crypto-monnaies, comme par exemple le bitcoin. Bien que le trafic de stupéfiants sur le Darknet reste faible, il y a eu une augmentation des transactions de drogues d’environ 50% par an entre septembre 2013 et janvier 2016 selon une étude. Les acheteurs typiques sont des consommateurs récréatifs de cannabis, d’ecstasy, de cocaïne, d’hallucinogènes et de NPS. Tendances mondiales du marché des stupéfiants La gamme de substances disponibles sur le marché de la drogue s’est considérablement élargie, selon le rapport. Le marché des opioïdes en particulier est de plus en plus diversifié, avec une combinaison de substances placées sous contrôle international comme l’héroïne, et des médicaments sur ordonnance qui sont soit détournés du marché légal, soit produits comme médicaments contrefaits. Les NPS ont continué à évoluer de telle sorte qu’en 2015, le nombre de substances déclarées avait presque doublé avec 483 NPS contre 260 en 2012. La production d’opium est en hausse et le marché de la cocaïne prospère. En 2016, la production mondiale d’opium a augmenté d’un tiers par rapport à l’année précédente, essentiellement à cause de la hausse des rendements des cultures de pavot à opium en Afghanistan. Le rapport souligne également l’expansion du marché de la cocaïne : à partir de 2013-2015, la culture des feuilles de coca a augmenté de 30%, principalement en raison de l’augmentation des cultures en Colombie. Après une période de déclin, plusieurs signes démontrent que la consommation de cocaïne augmente dans les deux plus grands marchés, en Amérique du Nord et en Europe. Drogues et terrorisme Bien que tous les groupes terroristes ne dépendent pas des bénéfices de la drogue, c’est le cas pour certains d’entre eux. Sans les recettes de la production et du trafic de stupéfiants, qui représentent près de la moitié du revenu annuel des talibans, la portée et l’impact des talibans ne seraient probablement pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Jusqu’à 85% de la culture de l’opium en Afghanistan se trouve sur un territoire sous l’influence des talibans. Avec UNODC
L’ONU appelle les Etats à lutter plus efficacement contre la traite des personnes

L’Organisation des Nations Unies (ONU) exhorte les pays à intensifier leurs efforts contre la traite des personnes. Afin de lutter efficacement contre la traite des personnes, le Directeur exécutif de l’Office en charge de la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, suggère à ces derniers de mettre en œuvre de manière « claire et sans ambiguïté » les dispositions de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. Selon le Directeur exécutif, le prochain Rapport mondial de l’ONUDC sur la traite des personnes relève que les mouvements liés à la traite des personnes suivent généralement les principales routes migratoires. Il explique que « les victimes de la traite détectées dans toutes les régions sont, pour la plupart, étrangères aux pays dans lesquels ils sont détectés ». Mais pour ce responsable, « ce qui est le plus tragique, et met en évidence leur vulnérabilité, est que près de 80% de toutes les victimes de la traite détectées sont des femmes et des enfants ».