Gabon: Les Présidents Oligui Nguema et Emmanuel Macron effectuent des visites de chantiers

Gabon: Les Présidents Oligui Nguema et Emmanuel Macron effectuent des visites de chantiers

Dans le cadre de sa visite officielle à Libreville, le Président Emmanuel Macron a effectué lundi 24 plusieurs déplacements sur le terrain aux côtés du Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Les deux Chefs d’État ont visité différents chantiers structurants de la capitale afin d’apprécier l’avancement des projets engagés pour la transformation du pays, annonce la Présidence gabonaise indiquant que la journée a débuté à la Cité de la Démocratie, vaste complexe institutionnel en pleine réhabilitation après plusieurs années d’abandon. « Implanté sur 434 hectares, le site regroupe notamment un centre de congrès de 3 000 places, un centre présidentiel, un palais présidentiel, 55 villas, un zoo ouvert au public, des infrastructures techniques modernisées ainsi que 12 km de voiries intérieures », poursuit la Présidence dans un communiqué. Et d’ajouter qu’avec 2 300 personnes mobilisées, dont 70 % de main-d’œuvre gabonaise, le chantier affiche un taux d’exécution de 75 %, pour une livraison prévue fin 2026. Les deux dirigeants se sont ensuite rendus à la Cité Émeraude, appelée à devenir la future cité administrative du Gabon. Ils ont par ailleurs inauguré le site rénové de l’Institut Français du Gabon (IFG), avant d’en visiter les installations. Réhabilité il y a un an, l’IFG constitue un acteur central de la coopération culturelle et éducative entre la France et le Gabon, permettant le renforcement des échanges artistiques et des partenariats avec les milieux culturels et académiques des deux pays. La série de visites s’est conclue à la Baie des Rois, projet emblématique de réaménagement urbain développé sur 400 hectares. Il prévoit la construction d’hôtels, de bureaux, de centres commerciaux, d’espaces de loisirs et d’une marina. Cette dernière étape a été marquée par le planting symbolique d’un arbre, suivi de la participation des deux Chefs d’État à la séance de clôture de la table ronde consacrée aux initiatives de protection des forêts du Bassin du Congo. Ils ont ensuite reçu les conclusions issues des quatre panels de travail. Ces visites traduisent la volonté commune de promouvoir des infrastructures modernes et de renforcer une coopération orientée vers le développement. Elles s’inscrivent pleinement dans les priorités économiques de la Cinquième République gabonaise, fondées sur la diversification, l’industrialisation, la souveraineté économique, la création d’emplois et la modernisation des infrastructures nationales. À cette occasion, les deux Chefs d’État ont rappelé l’importance stratégique de la préservation de l’environnement et de la valorisation durable des ressources naturelles.Le Président de la République gabonaise a souligné la place centrale qu’occupe le pays dans la conservation de ses forêts depuis plus de 50 ans, sans contrepartie financière, malgré le soutien constant de ses partenaires historiques. Il a insisté sur la nécessité de faire de la préservation environnementale un véritable levier économique :« L’objectif commun ne se limite plus à la protection de la nature ; il s’étend à sa valorisation durable, en conciliant impact économique et impact environnemental. Ensemble, prenons la décision de faire cohabiter les deux. » Le Président français a, pour sa part, rappelé le caractère exemplaire du Gabon en matière de préservation de l’environnement et alerté sur l’ampleur de la destruction des forêts dans les pays développés, principaux producteurs de carbone à l’échelle mondiale. Il a appelé les nations industrialisées à mobiliser et sécuriser des financements, conformément aux recommandations formulées par son homologue gabonais, afin de répondre aux enjeux scientifiques, économiques et écologiques liés à la déforestation. Avec CP

Gabon. Oligui Nguéma éclipse le Congo et son Président ( lecture en 4 minutes )

Gabon. Oligui Nguéma éclipse le Congo et son Président ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. La préférence du Président américain, Donald Trump, d’avoir comme interlocuteur en Afrique centrale francophone le Président du Gabon Brice Clotaire Oligui Nguema, au mini-sommet USA-Afrique du 9 au 10 juillet 2025, prouve une fois de plus que la diplomatie et l’avenir du Congo ont pris une tangente incertaine que mêmes les chantres du pouvoir ne peuvent expliquer. Adoubé par Trump, Oligui Nguéma attirerait désormais vers lui minerais, sécurité et alliances, reléguant ainsi la capitale congolaise au rang de spectatrice d’un basculement régional inévitable. C’est bien Oligui Nguéma qui capte désormais les projecteurs géostratégiques. La rencontre inédite programmée à Washington entre Trump et cinq chefs d’État africains est le signe le plus clair du basculement des priorités américaines dans la région. Le Gabon, avec son manganèse, son uranium et sa façade atlantique de 800 km, devient l’interlocuteur privilégié pour sécuriser les corridors miniers critiques et contrer les influences chinoises, russes ou turques. Pendant ce temps, Brazzaville est tenue à l’écart, perçue comme un État prédateur à la dette opaque, plombée par des spreads obligataires supérieurs à 450 points de base et incapable d’offrir des garanties politiques solides hors d’une logique monarchique usée. Ainsi, tandis que Sassou s’emploie à organiser noces princières et vitrines biofuel pour prolonger la fiction d’un État moderne, la réalité du Congo apparaît pour ce qu’elle est : une architecture sophistiquée de militarisme ethnique, de rente détournée et de lignage sacralisé, désormais contournée par les grandes stratégies géopolitiques qui préfèrent investir ailleurs leur capital diplomatique et économique. Le Congo livré au tribalisme Au fil du temps, M. Sassou a consolidé son pouvoir en l’adossant à une mise en scène quasi monarchique et tribale où Oyo est devenu la capitale rituelle du régime, accueillant obsèques nationales, grandes messes officielles et même certaines rencontres diplomatiques et mystiques. Le clanisme dans l’appareil diplomatique bat son plein au point de voir des illettrés peupler nombre des ambassades du Congo. Comment expliquer, par exemple, que sur tout le personnel que compte la représentation diplomatique congolaise à Londres, seuls 2 s’expriment couramment en anglais ? Leur seul mérite, c’est d’être Mbochi… Dans cette logique de sacralisation du lignage, Denis Christel Sassou Nguesso, dit Kiki, s’est vu confier la gestion des flux pétroliers et miniers, préparé à incarner la continuité économique. Mais plus significatif encore est le rôle désormais accordé à Omar Denis Junior Bongo (ODJB), petit-fils de M.Sassou et fils d’Omar Bongo, qui, par son mariage initialement programmé pour août 2025 à Oyo puis ramené en 2026 dans le Haut-Ogooué au Gabon, entérine la fusion symbolique des deux dynasties et projette une continuité lignagère à l’échelle régionale. Ce scénario s’organise sous l’œil bienveillant de Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu l’homme fort du Gabon, qui facilite cette recomposition tout en asseyant sa propre légitimité de protecteur du nouvel axe Sassou-Bongo. Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

Gabon/Ceac. Qui donc peut donner des leçons de bonne gouvernance politique à Oligui Nguema?

Gabon/Ceac. Qui donc peut donner des leçons de bonne gouvernance politique à Oligui Nguema?

HAUT Et FORT. Archange Faustin Touedera, missi dominici de la Ceeac auprès du nouvel homme fort du Gabon, vient lui-même d’opérer un changement de constitution pour pouvoir s’offrir un troisième mandat. Il emboîte ainsi le pas à Paul Biya et Denis Sassou Nguesso, qui ont respectivement modifié et changé la constitution de leur pays pour s’offrir des mandats présidentiels supplémentaires. Ce que Oiligui Nguema considère comme « un coup d’Etat constitutionnel ». Quant à Obiang Nguema, il est lui-même arrivé au pouvoir après qu’il a renversé son propre oncle Macias Nguema. Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir en RDC dans des conditions calamiteuses dont Joseph Kabila et lui-même détiennent seuls le secret, alors que le très vindicatif Martin Fayula semblait mieux placé. Le tchadien Mahamat Deby Itno devrait, lui aussi, faire profil bas lorsqu’il s’agit de parler de coup d’Etat au Gabon. Il s’est, en effet, fait adouber par la France pour bénéficier d’un contrat de bail, d’une durée de 3 ans, à la tête de son pays. Le Rwanda, pays observateur, et le Burundi, ne sont non plus des modèles en matière de gouvernance politique. Seul le Sao Tome et Principe et, dans une moindre mesure, l’Angola, peuvent parler à Oligui Nguema. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier, Brazzaville Congo