Etats-Unis : bonne résilience de l’économie, selon la DEPF

L’économie américaine montre une bonne résilience, grâce à un marché d’emploi et des dépenses de consommation robustes, a indiqué la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances. L’impact du resserrement monétaire sur l’économie semble moindre que prévu, a-t-elle souligné dans sa note de conjoncture du mois de mars 2024 (N°325). Ainsi, l’OCDE a relevé sa prévision de croissance du PIB américain à 2,1% en 2024 contre 1,5% prévu en novembre. Toutefois, les perspectives de croissance pourraient être freinées par une persistance d’inflation et de taux d’intérêt élevés ou une escalade des tensions géopolitiques. Au quatrième trimestre 2023, le PIB a confirmé sa forte expansion (3,2% après 4,9% au T3, en rythme annualisé), soutenu par la consommation privée, les dépenses publiques et les exportations. Les derniers indicateurs conjoncturels laissent augurer une poursuite de la croissance au premier trimestre 2024. Ainsi, l’indice PMI1 composite (52,5 en février après 52,0 en janvier) signale une accélération de la reprise de l’activité du secteur privé, avec une expansion continue des services (52,3 après 52,5) et un fort rebond du secteur manufacturier (52,2 après 50,7). De même, les ventes de détail ont marqué une hausse en février (+0,6% contre -1,1% en janvier), malgré le repli de la confiancedes consommateurs, comme le montre l’indice du Michigan (76,5 en mars contre 76,9 en février et 79,0 en janvier). Le marché du travail reste encore solide. L’économie américaine a créé 275 000 emplois nets en février après 229 000 en janvier, contre une moyenne mensuelle de 251 au cours de l’année 2023. Toutefois, le taux de chômage a augmenté de 0,2 point à 3,9%en février, son plus haut niveau depuis janvier 2022. Le salaire horaire moyen a poursuivi sa hausse à un rythme ralenti en février (+0,1% sur un mois et +4,3%sur un an). L’inflation globale demeure encore élevée (3,2% en février après 3,1% en janvier). L’inflation sous-jacente s’est atténuée légèrement (3,8% après 3,9%).Dans ce contexte, la Fed a maintenu en mars ses taux directeurs dans une fourchette de 5,25% à 5,50%, leur plus haut niveau depuis 22 ans. Elle a réitéré ses plans d’abaisser ses taux de 75 pb en 2024, tout en prévoyant une croissance économique de 2,1% en 2024 et une inflation de 2,6% en fin d’année (PCE). 1 Les indices PMI (Purchasing Managers’Index), établis à partir d’enquêtes mensuelles, fournissent des indications avancées sur l’activité du secteur privé. Une valeur > 50 indique une expansion et une valeur < 50 indique une contraction.
Maroc. Les recettes touristiques dépassent le niveau d’avant-Covid

Le secteur touristique a repris du poil de la bête après trois années de crise causée par la pandémie mondiale de Covid-19 durant laquelle il a été fortement touché. Les données publiées ces derniers mois laissent penser qu’il a retrouvé des couleurs, dépassant même dans certains compartiments les niveaux enregistrés à fin décembre 2019. A commencer par les recettes touristiques qui ont atteint 88,5 milliards de dirhams au terme des dix premiers mois de 2023, correspondant à un accroissement de 20,7% en glissement annuel. En effet, « comparativement à fin octobre 2019, elles se sont appréciées de 32%, après une amélioration de 9,3% l’année dernière », a indiqué la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Il est à préciser que, pour le seul mois d’octobre 2023, ces recettes se sont raffermies de 22,1% par rapport à leur niveau pré-crise, comme l’a expliqué la DEPF dans sa note de conjoncture de décembre 2023 (N°322). Le nombre des arrivées au-dessus du niveau enregistré à fin décembre 2019 Les données recueillies font état aussi d’un accroissement du nombre des arrivées au Maroc qui a atteint un nouveau record au terme des onze premiers mois de 2023. « Avec 13,2 millions d’arrivées, le secteur du tourisme dépasse le record enregistré au terme de l’année 2019, qui était de 12,9 millions d’arrivées », a fait savoir la DEPF notant qu’il s’est accru de 36% comparativement à son niveau à fin novembre 2022. «Cette performance revient à la bonne tenue des arrivées des touristes étrangers (+46%) et de celles des MRE (+26%)», selon les explications de la DEPF rappelant que cette évolution s’est faite en dépit du séisme d’Al Haouz survenu en septembre dernier. Soutenu par le renforcement de celui des non-résidents (+67%) et de celui des résidents (+9%), le volume des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés a également connu une amélioration, les chiffres suggérant qu’il s’est accru de 42% à fin octobre 2023, en glissement annuel. La performance enregistrée dans ce segment « a bénéficié à l’ensemble des principales destinations du Maroc, notamment, Marrakech (+61%), Agadir (+31%), Casablanca (+38%), Tanger (+24%), Fès (+38%) et Rabat (+30%) », souligne la note de conjoncture ajoutant que ces évolutions se sont traduites par un taux de récupération des nuitées par rapport à leur niveau d’avant crise de 101,4% à fin octobre 2023, après 71,4% il y a une année. Pour le seul mois d’octobre 2023, la même source affirme que les nuitées se sont consolidées de 15%, en variation annuelle, et de 4,6%, comparativement au mois d’octobre 2019. Il est important de rappeler que des accords ont été signés pour la création de nouveaux trajets aériens et que ces nouvelles lignes seraient de nature à augmenter la fréquence touristique au Maroc et le tourisme interne. Il se trouve que le trafic aérien a signé, au titre de l’année 2023, une remarquable remontée à la faveur des initiatives prises pour relancer justement ce secteur et faire du Maroc une destination touristique incontournable. En effet, selon les récentes données de l’Office national des aéroports (ONDA), 24.737.734 passagers ont été accueillis dans les aéroports du Maroc, durant les onze premiers mois de 2023, soit des taux de croissance de 7% par rapport à la même période de 2019, et de 34% par rapport à 2022, rapporte la MAP. Mieux, les prévisions de clôture pour l’année 2023 affichent un trafic de 27 millions de passagers, correspondant à une hausse de 29% par rapport à 2022 et de 8% par rapport à 2019. Quant aux chiffres d’affaires, ils devraient se situer autour de 4,6 MMDH, soit une hausse de 20% en glissement annuel. Alain Bouithy
Maroc/Télécommunications: le taux de pénétration de la téléphonie mobile atteint un record de 154,8%

TELECOMS. « les indicateurs du secteur des télécommunications ont affiché une bonne dynamique au terme des neuf premiers mois de 2023 », indique la DEPF (Direction des études et des prévisions financières) notant des taux de pénétration records dans l’ensemble des segments du secteur. Selon la DEPF relevant du ministère de l’Economie et des Finances, « le parc de la téléphonie mobile a atteint un volume de 57,3 millions d’abonnés, en hausse de 4,9%, avec un taux de pénétration de 154,8%, soit son plus haut niveau historique ». A près de 2,8 millions d’abonnés, avec un taux de pénétration record de 25,1%, le volume du parc de la téléphonie fixe s’est consolidé de 7,6% au cours de la même période, a-t-elle noté dans sa note de conjoncture de décembre 2023. Selon la même source, le parc de l’internet s’est de son côté raffermi de 8,1% à fin septembre 2023, pour atteindre plus de 39,5 millions d’abonnés. Et d’ajouter que le taux de pénétration de ce segment a ainsi dépassé pour la première fois la barre des 100% pour se situer à 106,8%, après un taux de pénétration de 99,8% un an auparavant et de 74,1% à fin septembre 2019. Martin Kam
Maroc: L’encours des crédits à l’habitat en hausse de 2,1% à fin septembre 2023
ECONOMIE. Il ressort de la dernière note de conjoncture de la Direction des études et prévisions financières (DEPF) que « l’encours des crédits à l’habitat s’est accru de 2,1% à fin septembre 2023, après une augmentation de 2,8% un an auparavant ». Toujours selon ce département relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances, le rythme baissier de l’encours des crédits à la promotion immobilière continue, pour sa part, de s’atténuer. Il est, en effet, passé de -7,4% à fin mai 2023 à -1,3% à fin septembre 2023. La note indique, par ailleurs, que, l’encours des crédits à l’immobilier s’est de façon plus globale amélioré de 1,5% à fin septembre 2023, après une hausse de 2,4% il y a une année. Alain Bouithy
Maroc. L’activité du secteur manufacturier suit une tendance favorable

L’activité du secteur manufacturier a suivi une tendance globalement favorable au titre du troisième trimestre 2023, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). « Le secteur manufacturier a clôturé le premier semestre 2023 sur une quasi-stagnation de sa valeur ajoutée (-0,2% en moyenne), après une légère baisse de 0,5% un an auparavant », a indiqué ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Cette évolution est attribuée à la baisse de 2,1% au titre du deuxième trimestre 2023, atténuée par un accroissement de 1,8% au premier trimestre 2023, a expliqué la DEPF dans sa note de conjoncture du mois de novembre 2023 (N°321). « La production du secteur manufacturier semble en amélioration au troisième trimestre de l’année », a-t-elle souligné en se basant sur les derniers résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib. Selon les chiffres, entre les mois d’août et de septembre 2023, l’accroissement de la production aurait été observé dans toutes les branches d’activité, excepté dans celle de l’agro-alimentaire où elle aurait plutôt reculé ; tandis que les ventes auraient progressé dans l’ensemble des branches hormis celles de l’agro-alimentaire et de la «chimie et parachimie» où elles se seraient repliées. En amélioration de 4,4 points en une année, après une baisse de 0,6 point l’année dernière, le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) aurait atteint 75,7% au terme du troisième trimestre de l’année en cours, signant ainsi sa meilleure performance sur les 14 dernières années. Les données montrent que cette progression a concerné l’ensemble des branches d’activité, notamment le « textile et cuir » (+11,3 points), la « mécanique et métallurgie » (+8 points), l’«électrique et électronique» (+5,7 points), la «chimie et para-chimie» (+3 points) et l’«agro-alimentaire» (+1,7 point), comme cela a été précisé dans la note ajoutant que le TUC se serait accru de 2,3 points au terme des neuf premiers mois de 2023 pour atteindre 73,9%, après une baisse de 0,6 point un an auparavant. Dans sa note de conjoncture, la DEPF fait état des bonnes performances des exportations du secteur manufacturier, en valeur, au troisième trimestre. Des évolutions observées « notamment au niveau de l’automobile, de l’électronique et électricité, et de l’industrie pharmaceutique dont les taux de croissance ont été respectivement de +30,6%, +25,9% et +18,3% ». Soulignons qu’au terme des neuf premiers mois de l’année, les exportations du secteur de l’automobile se sont raffermies de 33,1%, a-t-elle fait remarquer de même source ; ajoutant que celles de l’électronique et électricité ont progressé de 30,7%, celles du textile et cuir de 7,2% et celles de l’industrie pharmaceutique de 19,9%. Quant aux dérivés de phosphates, les chiffres suggèrent que la valeur de leurs ventes à l’étranger s’est repliée de 40% à fin septembre 2023, après +65% un an auparavant; alors que le volume de ces expéditions s’est renforcé de son côté au titre de la même période de 3,3%, en raison d’une performance de +12,9% lors du troisième trimestre 2023. Soulignons également que, pour le quatrième trimestre 2023, les industriels s’attendent à un accroissement de la production et des ventes dans toutes les branches d’activité. Alain Bouithy
Le Maroc n’en a pas encore fini avec l’escalade des prix

L’escalade des prix à la consommation s’est poursuivie au premier trimestre 2023, a constaté le Haut-commissariat au plan (HCP) dans sa note de conjoncture du premier trimestre 2023. « Les pressions inflationnistes se seraient accentuées au premier trimestre 2023, avec une hausse des prix à la consommation de 9,4%, au lieu de +8,3% au trimestre précédent et +4% un an plus tôt », ressort-il de cette note rendue publique récemment. D’après l’organisme public, chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, « c’est au niveau des prix de la composante alimentaire où ces pressions se seraient le plus manifestées, avec une hausse historique de +18,2%, tandis que les prix des produits non-alimentaires auraient augmenté de 3,5% ». Selon une observation du Haut-commissariat, « le maintien à des niveaux élevés à la fois des prix des produits alimentaires frais (+2,4 points de contribution) et hors frais (+4,4 points), sous l’effet de disponibilités plus restreintes, se serait accompagné par la revalorisation des prix des tabacs en ce début d’année, après quatre trimestres de stagnation ». Toujours selon le HCP, « la contribution à l’augmentation de l’inflation globale aurait chacune dépassé 1 point pour les légumes frais, les viandes et les huiles », soulignant que le déficit pluviométrique et le renchérissement des coûts de production (semences, aliments de bétails…) auraient négativement affecté la production de ces denrées. Pour le Haut-commissariat, « la hausse de l’inflation aurait résulté également, mais à un moindre degré, d’un accroissement des prix des services de 2,1%, après +1,9% au quatrième trimestre 2022, reflétant les hausses des prix des restaurants et hôtels et des forfaits touristiques », explique-t-il en outre dans sa note de conjoncture. L’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami estime, en revanche, que « les prix de l’énergie auraient ralenti à +7,8%, au lieu de +14% un trimestre auparavant, en raison du repli des cours internationaux du pétrole et des produits raffinés ». Et les analystes du HCP de noter que ceux des produits manufacturés auraient poursuivi leur progression au même rythme qu’au quatrième trimestre 2022, soit + 4,4%. Excluant les prix soumis à l’intervention de l’Etat et les produits à prix volatils, l’inflation sous-jacente aurait poursuivi avec vigueur son trend haussier. Après +7,6% au trimestre précédent et +3,5% au cours de la même période de 2022, elle se serait établie à +8,4% au premier trimestre 2023, « tirée principalement par l’augmentation continue des prix de sa composante alimentaire responsable de 70% de la hausse ». Intermédiaires, spéculateurs et changements climatiques pointés du doigt Véritable casse-tête pour le gouvernement, la flambée des prix de certains produits alimentaires serait causée par les intermédiaires et les changements climatiques, selon la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader). Pour son président, Rachid Benali, elle est due à plusieurs éléments dont les changements climatiques et le problème de la commercialisation aggravée par les intermédiaires et les spéculateurs, la crise géopolitique ainsi que le problème du financement, a-t-il estimé dans une déclaration à l’issue d’une rencontre, tenue vendredi dernier à Rabat, entre le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et les représentants de la Comader. Cité par la MAP, il explique : « L’agriculteur vend ses produits tels que les oignons et les pommes de terre à moins de deux dirhams dans les champs. Le problème réside dans la commercialisation des produits qui est biaisée par les intermédiaires qui contrôlent les marchés ». Sans oublier le stress hydrique dont pâtit le secteur agricole, outre le problème des financements des banques et le conflit russo-ukrainien. Des pistes de solutions Pour faire face à l’inflation galopante et dans un souci de faciliter le retour des prix des produits agricoles à des niveaux plus bas, les professionnels de ce secteur plaident pour le maintien d’un équilibre entre les exportations et l’approvisionnement du marché national. Le président de la Chambre d’agriculture de Souss-Massa, Youssef Jebha, a dans ce sens appelé à prendre toutes les mesures nécessaires pour atteindre un niveau de prix « raisonnable ». Selon lui, rapporte la MAP, il est important de mettre en place des solutions qui seront valables à la fois pour le présent et le futur. My M’hamed El-Oultiti, président de la Fédération interprofessionnelle des agrumes, est pour sa part persuadé que certains problèmes peuvent être résolus à court terme par le biais des contrats-programmes avec certaines fédérations professionnelles. Plaidant également pour des mécanismes à même de faciliter le retour des prix à des niveaux plus bas, le président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (FIFEL), Lahoucine Adardour, a souligné, par ailleurs, la nécessité de maintenir la place du Maroc sur le marché international en préservant ses exportations. Il est à souligner que le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Mohamed Sadiki, attribue la hausse des prix des produits agricoles à l’inflation importée, à la hausse des coûts de production et aux perturbations saisonnières. Tendance à l’échelle mondiale A rappeller qu’au niveau mondial, les tensions inflationnistes devraient diminuer au deuxième trimestre de 2023, en raison des politiques monétaires plus strictes mises en place l’année précédente, a indiqué le HCP. Selon ses prévisions, « la baisse des prix des matières premières et la reprise de l’économie chinoise et des autres pays émergents, notamment l’Inde et la Turquie, stimuleraient également l’activité économique mondiale ». Dans de nombreux pays, poursuit le Haut-commissariat, la demande devrait être maintenue grâce à une diminution des taux d’épargne des ménages qui n’ont pas encore utilisé leur épargne supplémentaire accumulée pendant la pandémie. « Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc augmenterait de 4,3%, en variation annuelle, lors de la même période, soutenant une hausse de la contribution de la demande extérieure nette à la croissance économique nationale à 0,9 point », a-t-il conclu. Alain Bouithy
Secteur de transport au Maroc: la DEPF note un recouvrement significatif en 2022

En glissement annuel, la valeur ajoutée du secteur de transports et entreposage s’est améliorée, en moyenne, de 7,3% au titre des neuf premiers mois de 2022, récupérant ainsi 86,1% de son niveau pré-crise. « Cette évolution incorpore des hausses, en variation annuelle, de 5,7% au T1-2022, de 10,8% au T2-2022 et de 5,5% au T3-2022 avec des taux de récupération respectifs de 94%, 80,8% et 83,5% par rapport à leur niveau pré-crise », selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Dans sa note de conjoncture du mois de janvier 2023, l’organisme public a également noté que « cette dynamique a profité de la bonne tenue de la majorité des segments du secteur. L’activité du transport aérien plus particulièrement, poursuit son raffermissement, entamé depuis la mise en œuvre des mesures adoptées par le gouvernement visant à redynamiser le secteur ». Il est à noter que l’activité aérienne a poursuivi son redressement au cours du dernier trimestre de l’année écoulée. Selon la DEPF, le nombre de passagers accueillis aux aéroports nationaux a en effet enregistré un taux de récupération, par rapport à son niveau pré-crise, de 100,5%, après un taux de 76% à fin septembre 2022. En hausse de 107,1% par rapport à l’année précédente, le trafic aérien de passagers a atteint 20,6 millions de passagers à fin 2022. Comparé à son niveau à fin 2019, ce trafic a représenté 82,1% après 63,7% à fin juin 2022 et 39,6% à fin 2021, a noté la Direction indiquant que les mouvements aéroportuaires et du trafic du fret aérien ont pour leur part récupéré à fin 2022, respectivement 83% et 72,6% de leurs niveaux à fin 2019. « Concernant l’activité portuaire, le volume du trafic réalisé au sein des ports gérés par l’ANP s’est situé à 87,2 millions de tonnes au terme de l’année 2022, en légère baisse par rapport à son niveau pré-crise (-0,8%) », a fait remarquer la DEPF estimant toutefois qu’il s’est replié, en variation annuelle, de 4,2%, après une baisse de 1,6% en 2021. Selon ses explications, « cette évolution s’explique par le recul du trafic des exportations de 18,5%, atténué par la hausse de celui des importations (+2,4%), du cabotage à l’import (+27,2%) et du cabotage à l’export (+37,2%) ». Quoi qu’il en soit, « ce repli au niveau de l’activité des ports gérés par l’ANP a été largement compensé par la bonne dynamique du complexe portuaire Tanger Med, dont le volume du trafic s’est élevé à 107,8 millions de tonnes à fin 2022, en hausse de 6% en une année », a constaté précisant que ce trafic s’est situé à 55% de l’ensemble du tonnage portuaire réalisé au niveau national. Au final, les données suggèrent que plus de 195 millions de tonnes ont été traités au sein des ports nationaux à fin 2022, en accroissement de 1,2%. Martin Kam
Maroc. La production de l’énergie électrique en légère hausse en 2022

La consommation de l’énergie électrique a connu une dynamique favorable au titre de l’année 2022, a constaté la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances. En augmentation de 4,7%, après +5,2% un an plus tôt, la consommation de l’énergie électrique a maintenu sa dynamique globalement favorable au terme de l’année 2022, a fait remarquer la DEPF. D’après les explications fournies par ce département, ce dynamisme a concerné l’ensemble de ses segments, notamment les ventes de l’énergie de «très haute, haute et moyenne tension, hors distributeurs» (+7,1%), recouvrant une hausse des ventes de l’énergie de «moyenne tension» de 5,7% et de celles de «très haute et haute tension», utilisées principalement par le secteur manufacturier, de 11,2%. A titre de rappel, au terme des onze premiers mois de l’année 2022, la consommation de l’énergie électrique s’était accrue de 5,1% après avoir bénéficié d’une bonne dynamique. Cette performance avait été observée au cours des quatre trimestres de l’année 2022, soit +2,2% au premier trimestre, +7,6% au deuxième trimestre, +4,3% au troisième trimestre et +7,1% lors des deux premiers mois du quatrième trimestre 2022, selon la note de conjoncture du mois de janvier 2023 (N° 311). Après un accroissement de 6,5% à fin 2021, la production de l’énergie électrique au niveau national a de son côté enregistré une légère hausse de 0,4% au terme de l’année 2022, comme le suggèrent les chiffres publiés par la DEPF dans sa récente note de conjoncture (février 2023-N° 312). D’après cette même source, « ce résultat découle de l’augmentation de la production de l’ONEE de 15% (après +20,6% et +11,9%), de celle des énergies renouvelables relatives à la loi 13-09 de 2,9% (après +8,5% et +5,2%) et de l’apport des tiers nationaux de 3,5%, atténuée par le retrait de la production privée de 4,2% (après -3,6% et +5,3%) », explique-t-on dans la note de conjoncture. Rappelons également que la production de l’énergie électrique au niveau national s’était améliorée de 1,3% au terme des onze premiers mois de l’année écoulée. Selon la note de conjoncture d’alors, cette évolution recouvrait une hausse de 4,2% au premier trimestre, de 2,2% au deuxième trimestre et de 0,4% au troisième trimestre, atténuée par un recul de 2,7% lors des deux premiers mois du quatrième trimestre 2022. Dans sa note, la DEPF avait également indiqué que « la progression à fin novembre 2022 a été tirée par l’accroissement de la production de l’ONEE de 5,2% et de celle des énergies renouvelables relatives à la loi 13-09 de 4,9%, atténué par le recul de la production privée de 4,2% ». En glissement annuel, les données publiées montrent en outre que l’énergie appelée nette s’est raffermie de 4,5% au terme de l’année dernière, après +5,6% il y a une année. «Dans ce contexte, le volume de l’énergie importé s’est accru de 171,4% à fin 2022, au lieu d’une baisse de 19,6% un an auparavant », a indiqué la Direction des études et des prévisions financières. Il ressort en revanche que le volume exporté s’est replié de 44,7% durant la même période, après une hausse de 36,5% un an plus tôt, comme le montrent les données figurant dans sa note de conjoncture. Toujours selon la DEPF, les ventes de l’énergie électrique destinées aux distributeurs et aux ménages se sont pour leur part accrues respectivement de 3,5% et 3,6% au terme de l’année écoulée. Comparée à la même période d’avant la crise (fin 2019), la production de l’énergie électrique s’est renforcée de 2,7% à fin 2022, après +2,3% à fin 2021. Quant à la consommation de l’énergie électrique, elle s’est appréciée de 8,4%, au lieu de +3,6%. Alain Bouithy