France-Congo : les non dits sur les amitiés en trompe-l’œil (lecture 4 min)

France-Congo : les non dits sur les amitiés en trompe-l’œil (lecture 4 min)

PARLONS-EN. Fin février, la résidence de madame Antoinette Sassou Nguesso a été perquisitionnée en France. A Brazzaville, cet acte fait grincer les dents. Pendant ce temps, Paris ne bronche pas. Plongée dans les abysses des relations diplomatiques crispées entre l’Elysée et Mpila. Il y a deux semaines, pendant que nous parlions du report de voyage de M. Sassou, la Républic’ du trio Abulangando (Collinet-Moungalla- Claudia), au lieu de se tasser, a cru utile de nous contredire en parlant de bonne relation entre la France et le Congo. Aujourd’hui cette dernière parle des mauvaises relations. Trouvez l’erreur. La brouille entre la France et le Congo Depuis deux mois, les relations entre la France et le Congo sont en dents de scie. On relève quelques différents ou non dits : 1) Le brouhaha occasionné par la signature de la convention d’affermage entre le gouvernement Makosso III et la SENELEC, couplé au refus d’Antoine Félix Tshisekedi Tsilombo d’écouter Denis Sassou Nguesso, a dissuadé le n°1 congolais de quitter Brazzaville la fin du mois de février. Selon nos sources, M. Sassou redoutait un complot prétendument soutenu par la France et une riposte des voisins de l’autre rive du fleuve Congo ; 2) La France, soutient historique du Rwanda, lève le pied sur ce pays en le condamnant ouvertement d’entretenir une connivence avec le M23 et l’Alliance du Fleuve Congo dans son œuvre de déstabilisation de la RDC et la sous-région. Mais le Congo ne suit pas la mère patrie à cause de Françoise Joly qui coopère avec Ominga pour endetter et hypothéquer le pays (heureusement que le PCT s’impose de temps à autre ) ; 3) M. Sassou serait suspecté de jouer à un double jeux ou veut se passer de la France en se tournant ces derniers temps vers l’Italie ( Denis Sassou Nguesso a été reçu deux fois en 2024 à Rome pour divers accords), Azerbaïdjan ( reçu deux fois en 2024 par le numéro 1 Azerbaïdjannais), le Moyen Orient( deux fois ), la Russie ( deux rencontres entre Sassou et Poutine en 2024), la Chine; 4) La France coincerait le Congo par les réserves d’échanges; 5 ) Certains dignitaires de Brazzaville, qui ont le bilan de santé de M. Sassou, ont soufflé à l’oreille des officiels français de conseiller M. Sassou de ne pas rempiler en 2026 et, surtout, de gracier André Okombi Salissa et Jean Marie Michel Mokoko. Ces conseils ont provoqué l’ire de M. Sassou qui prétend jouir d’une bonne santé. Et d’ajouter qu’il ne peut interférer sur les décisions de justice au nom de la séparation des pouvoirs. Réponse du berger à la bergère Récemment, l’ambassade de France au Congo a rejeté plusieurs demandes de visas d’entrée en France aux collaborateurs du couple présidentiel et du Premier ministre (le cas du plus proche conseiller du Premier ministre ACM qui, pourtant, se rend constamment en France et jouit d’une situation professionnelle confortable ; et de l’aide de camp de madame Sassou, pour ne citer que ces deux qui font constamment des allers et retours entre Brazzaville et Paris). Dans la même logique, la France a mis son véto sur le rejet de la candidature de M. Sassou à la médiation dans la crise entre la RDC et le Rwanda, au profit du Président angolais Joâo Lourenço. En outre, la France ne trouve pas d’excuses à présenter au Congo après la perquisition effectuée au domicile de l’épouse du Président Denis Sassou Nguesso situé sur l’avenue Niel dans le XVIIè de Paris. Ce d’autant que le domicile qui a abrité la première dame congolaise n’est pas une ambassade ou propriété du gouvernement congolais. Cette propriété payée par dame Tchibota Antoinette via une société française de décoration n’est pas couverte par l’immunité diplomatique ; mieux, la première dame n’était pas en mission d’État, mais pour des soins médicaux. Si les autorités congolaises avaient construit des hôpitaux dotés de plateaux techniques complets et gèrent convenablement leur pays, madame Sassou ne devrait pas être ridiculisée en terre étrangère. Aux gouvernants de plonger dans les jarres du patriotisme et d’y puiser les valeurs de bonne gouvernance, en référence aux modèles Burkinabè , Nigérien et Malien. Autant dire que l’impunité et le tribalisme doivent être combattus au sommet de l’État pour éviter de plomber le pays. Pourquoi, par exemple, la justice et la police s’abstiennent-elles d’interpeller, jusqu’à ce jour, les diplomates et juristes chargés de suivre les dossiers du Congo, au point d’exposer Antoine Sassou N’Guesso à l’humiliation bien qu’elle soit visée par l’enquête sur les biens mal acquis ? Et que dire des responsables de E2C et de ses sous-traitants qui se la coulent douce ? Citons les cas de : Adou Danga, Mweaba Ndinga Oba, Cyriaque Obili (directeur des achats),Roger Grando (DGA), Cyriaque Mossongo (Directeur commercial), Akoli Hydevert Mesmin (DF)… Le glas vient de sonner, il importe à présent de privilégier les cerveaux gris et non bleus, moins encore la tribu et le clan tels que nous le voyons à E2C et au ministère des affaires étrangères où tous les postes clés sont occupés par les ressortissants de la cuvette. Il sied de dire haut et fort, qu’au nom de la séparation des pouvoirs que prônent les deux pays, Nicolas Sarkozy a été interpellé, jugé et condamné. Madame Antoinette Tchibota qui est dans le collimateur des BMA depuis 2016, devrait simplement expliquer l’origine des fonds qui lui ont permis d’acquérir ce bien. Certes, les non-dits dans les relations humaines et diplomatiques, sont des silences qui conduisent souvent à des sentiments de distance et d’incompréhensions. Mais une chose est sûre, M et Mme Sassou ne s’aventurieront plus désormais en France sans ordres de mission. A l’ambassadeur directeur national du protocole , Colonel-major Landry Simplice Olita de prendre les précautions. Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Congo : les non-dits sur le remaniement du Gouvernement et le séjour du Président angolais à Brazzaville

Congo : les non-dits sur le remaniement du Gouvernement et le séjour du Président angolais à Brazzaville

TRIBUNE. Le remaniement gouvernemental annoncé dans notre publication du 9/01/2025 avec deux challengers, Yves Castanou et Anatole Collinet Makosso (ACM) à la primature, a été confirmé ce 11/01/2025 par le Président Denis Sassou Nguesso qui recevait le même jour son homologue angolais, Joâo Lourenço. Véritable Gendarme d’Afrique centrale, il est venu délivrer un message de fermeté à son hôte qui jouerait un jeu trouble entre la RDC et le Rwanda. L’anxiété par rapport au futur incertain qui taraude 80% des Congolais est palpable. La confirmation d’ACM au poste de premier des ministres, n’est pas une surprise en soi : son équilibrisme, sa bonne étoile qui le place au centre de tous les prétendants au trône, son don de négociateur, son contrôle partiel, des Vili du Kouilou et Pointe-Noire, des Yombé et Kugnis de Dolisie, mais aussi ses relations avec certains leaders de l’axe de la mort (Mindouli-Mayama-Missafou-Madzia-Vindza ) et, last but not least l’appui de la Première Dame ont milité pour son maintien au poste. Son challenger, Yves Castanou comme Jean Baptiste Ondaye, a été victime de plusieurs tirs croisés (torpiller). M. Sassou reçoit nuit et jour plusieurs plaintes concernant Yves Castanou, notamment le fait qu’il met en difficulté le système par des prêches à l’image de celles de son frère jumeau Yvan. La dernière fut celle du dimanche 5/01/25 où il a indexé des dictateurs africains qui sont aux affaires depuis 40 ans et les responsables politiques qui transgressent les lois bibliques (transgenres) ! Exit Jean-Baptiste Ondaye, éphémère Ministre de l’économie et des Finances. Le choc est rude pour lui qui est toujours sacrifié même quand il a raison : les affaires du « DSRP 2 » ou de « l’évaluation de l’action gouvernementale » face au Ministre d’État Pierre Moussa ; le nettoyage du fichier des agents de la présidence de la république qui avait abouti à la détection de milliers d’agents fictifs percevant des salaires. C’est suite à cela qu’il décida de procéder au paiement des salaires par virement bancaire, suscitant l’ire des clans au sein de la Présidence. En 2025, en voulant fermer le GUP/CUT, initier les audits sur les douanes et les impôts, dénoncer au grand jour la magouille du président de l’Assemblée et de sa commission économie et finances qui ont balayé les amendements de la loi de finances 2025, bref mettre de l’ordre dans les régies financières, il a déclenché l’acrimonie, de l’entourage de M.Sassou, des gouvernants mafieux et méchants qui se sont mis à ses trousses. Jean-Jacques Bouya, en revanche, sort ultime grand vainqueur de cette affaire de remaniement. Non seulement il tient désormais très fermement ACM par ses précieux <<bijoux de famille >> en ayant plaidé pour son maintien, mais il aura réussi à renforcer ses positions en maintenant en premier Ingrid Eboucka Babackas dont les résultats ont été scabreux et catastrophiques. Rappelons qu’en sa qualité de Gouverneur-Pays, elle a vu les financements de 491 millions de dollars pour les 10 projets en cours être arrêtés depuis septembre 2024 faute de contrepartie. La gestion des projets PRISP, PSTAT ou COVID par son petit frère a fait l’objet de scandales inouïs qui ont contribué à affaiblir très largement la position du Congo. En second, le retour de Rigobert Maboundou comme Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique lui permet d’élargir et de neutraliser simultanément l’axe Niari-Bouenza-Lekoumou en maîtrisant Pierre Mabiala et Thierry Lezin Moungala. En troisième, le maintien de Ludovic Ngatsé à l’économie et au plan en lieu et place de Eboucka-Babackas. A l’avenir, il devrait lui être entièrement redevable, notamment dans la phase des négociations (incontournables) avec le duo Banque mondiale – FMI qu’il a déjà pratiqué. Ancien négociateur auprès du FMI/BM avec Denis Gokana pour le point d’achèvement IPPTE, JJB avance ses pions dans l’optique de la conquête ultime du pouvoir. La découverte d’un écart de déclaration de 1000 milliards de stock de la dette a été gérée par lui en 2010-2011. Suffisamment de quoi se financer un destin… En quatrième et dernière position qu’on pourra qualifier de coup de maître, Christian Yoka ! Ancien Enfant de Troupe (AET) de la promotion 1978, Christian Yoka dit « Kijo », fils d’Aimé Emmanuel Yoka, arrive aux affaires en ayant perdu sa sœur Nathalie Laurence, un atout solide et habile de la fratrie. Il arrive sans complexe, doté de réseaux africains, français et anglo-saxons, à un poste délétère et dans des circonstances où aucun clan ne lui laissera le temps de s’asseoir s’il est réellement transparent. Il aura, à travers Edgard Nguesso, son bleu, y compris Christel Denis Sassou un appui indéniable du réseau des AET. Son premier défi sera avant tout technique. Il aura 60 jours en général, mais dans la pratique, 30 jours seulement en raison du premier grand obstacle qui va arriver dès février 2025 : la contraction des finances publiques en raison du changement brutal dans les termes de l’échange du sous-jacent central de l’économie congolaise qui est le pétrole. Ce tsunami annoncé s’inscrit dans le sillage des remous des relations économiques internationales pour l’Afrique centrale avec le retour en force des USA via l’Angola. Que présage l’arrivée du Président angolais à Brazzaville ? Peu de gens ont noté le retrait définitif de l’américain Chevron qui vient de céder officiellement l’ensemble de ses actifs à la compagnie pétrolière Trident Energy, après plus de 30 années de présence continue au Congo. Les actes d’approbation de cette cession ont été validés par ya Bruno Jean Richard Itoua, Ministre des Hydrocarbures ce 09 janvier. Que cache ce départ ? Le repositionnement du groupe Chevron en Angola pour le « Corridor de Lobito » d’une part, et l’accroissement du risque-pays du Congo, dont la notation dans les structures financières n’en finit plus de se dégrader. Le Congo est désormais sujet à caution en matière d’investissements : une gouvernance économique scabreuse et un pouvoir politique à l’agonie ne permettent plus d’engager des financements sur le long terme. D’ailleurs, la visite du Président angolais à Brazzaville le 11 janvier vient souligner

Les non-dits des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024

Les non-dits des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024

TRIBUNE. La grand-messe qui a réuni plus de 10.500 athlètes, 6.000 journalistes accrédités et quelque 4.500 bénévoles, des millions de spectateurs sous la surveillance de gendarmes et agents de sécurité venus de toute l’Europe, cède progressivement la place aux jeux paralympiques qui se dérouleront du 28 août 8 septembre 2024 avec beaucoup de non-dits. Organisés sur 35 sites disséminés sur une grande partie du territoire français métropolitain et d’outre-mer, les jeux Olympiques d’été 2024 auxquels la Russie n’a pas participé ont hissé les États-Unis sur le promontoire du succès avec 126 médailles (40 en or, 44 en argent et 42 en bronze). La Chine s’est contentée de la deuxième place avec 91 médailles (40 en or, 27 en argent et 24 en bronze) suivie de l’Angleterre qui a obtenu 65 médailles (14 en or, 22 en argent, 29 en bronze). La France, pays organisateur desdits jeux, n’a pu obtenir qu’une portion dans le palmarès, en se plaçant au 4ème rang, avec tout de même des retombées économiques satisfaisantes. À son avantage, elle a mis dans sa gibecière plus de médailles qu’elle n’en a décroché lors de ses précédentes participations. Quant à l’Afrique, elle a remporté à peine 39 médailles (13 en or, 12 en argent, 14 en bronze) réparties entre 12 nations. Il y a une légère amélioration par rapport à Tokyo 2020. La moisson africaine ne donne vraiment pas le sourire. Les athlètes ne manquent pourtant pas de motivation, mais leur rêve est souvent brisé par la mauvaise gouvernance sportive. Parmi les nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés, on peut citer le manque d’infrastructures, le déficit de la formation et de la prise en charge, tout cela enrobé d’une conscience et d’un patriotisme mitigés. Plus encore, la question de la paix, de la sécurité se pose dans de nombreux pays de la sous-région. Celle-ci peut être comptée parmi les raisons de la démotivation constatée chez beaucoup de sportifs. Un cas éloquent, celui de la République Démocratique du Congo (R.D.C) qui a vu se volatiliser la moitié de sa délégation aux jeux au motif d’instabilité et de précarité qui sévissent dans ce pays. Le financement et le soutien des athlètes restent un grand problème. L’équipe représentant la Grande Bretagne et l’Irlande du Nord, par exemple, a reçu 246 millions de livres sterling ( 314 millions de dollars) pour le cycle olympique de Paris contrairement aux équipes africaines toutes tendances confondues qui n’ont pu réunir que 20 millions pour leurs athlètes. On peut dire que le sport en Afrique demeure le parent pauvre, eu égard au maigre budget qui lui est alloué. Pourtant des dépenses de prestige s’effectuent à la vitesse V par les gouvernants qui ne se soucient que de leurs intérêts. Les non-dits Des jeux Olympiques Si nombre des médias ont couvert et encensé les J.O pour leur donner une visibilité spectaculaire, les organisateurs et autres se sont gardés de dévoiler l’autre versant de la médaille au grand public : -Les mauvais chiffres de la pollution de la seine. La qualité de l’eau n’était bonne que 2jours/10. -Le viol des libertés et d’intimité des populations via le survol des villes entières par des drones, les logiciels de surveillance algorithmique utilisés par la RATP, la SNCF, etc., -les droits de l’Homme relégués au dernier plan par le gouvernement , qui a effectué un déguerpissement des populations migrantes, des sans-abris… -la discrimination dans l’attribution des accréditations et même des rôles jusque dans les services des renseignements français, tel que le révèle, Emmanuel Riondé le 21 juillet 2024. -des conflits d’intérêt et magouilles dans l’attribution des marchés liés aux J.O. Selon les sources des services spéciaux et Médiapart, une agence marketing a dénoncé, au parquet national financier, l’attribution du contrat de création de la mascotte des jeux à une filiale d’Havas. Ce groupe est déjà visé par une première enquête pour favoritisme autour de l’emblème de Paris 2024. -Le soutien par les J.O des projets forestiers en France afin de compenser une infime partie des rejets de gaz à effet de serre de l’événement. Mais ces programmes de reboisements sont anodines car la logique économique prime sur l’écologie. -L’exclusion des sourds et malentendants des jeux olympiques et paralympiques sous le prétexte fallacieux qu’ils possèdent leur propre compétition appelée « Deaflympics ». Pourtant il n’y a pas de sports spéciaux et l’athlète sourd par exemple est apte à concourir sans restrictions significatives à l’exception des barrières de communication, explique le Comité International des sports des sourds (CISS). -Manipulation des populations et des médias par de nombreuses agences spécialisées dans la communication de crise pour ne présenter qu’une belle image des J.O de Paris. -Les forces de sécurité ont été incapables de remettre de l’ordre dans les tribunes où des incidents ont éclaté avec les jets de projectiles durant le temps additionnel du match Maroc vs argentine. Les fouilles n’étaient pas à la hauteur. Pour preuve : les éléments utilisés pour les projectiles. -Coca cola à plus utiliser le plastique -Seules les cartes de crédit Visa et des espèces étaient acceptées lors des achats dans les stands -La quantité et la qualité des produits alimentaires livrés aux athlètes ont été critiquées par de nombreux athlètes à l’image de Simon Billes. -Propagande anti-chrétien et woke qui suscitent des polémiques jusqu’à ce jour, témoins : les déclarations virales du pasteur à succès, Yvan Castanou; Marion Maréchal, ECLJ ( European, centre for law & justice); la conférence des évêques de France; etc. Selon des millions de personnes, les J.O ont blessé les chrétiens par l’outrance et le blasphème de certaines scènes de moquerie du christianisme lors de la cérémonie d’ouverture distillant un message très dangereux. Lesdites personnes sont indignées, insultées par la parodie drag-quen de la Cène. Le ministre Gérald Darmanin qui a défendu ladite cérémonie parle de la France, « pays de liberté, liberté sexuelle, liberté religieuse, liberté de se moquer, de caricaturer ». Ce ministre démissionnaire ignore certainement que la charte olympique interdit la propagande politique et religieuse dans le cadre des J.O Des jeux

Ouganda : les non-dits d’une visite insolite des députés congolais…

Ouganda : les non-dits d’une visite insolite des députés congolais…

TRIBUNE. C’est par un tweet que le président Kaguta Museveni informe le monde de la visite reçue de la part des élus congolais de Mambassa, Aru, Mahagi, Bunia et Irumu qui sont allés « remercier les Ougandais et leur président pour le bon travail réalisé par l’armée ougandaise (UPDF) sur le territoire congolais et pour leur bon voisinage entre les deux États”. Mais que peut cacher une telle visite insolite? Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière cette rencontre étrange? 1. Tout observateur averti est d’abord surpris par le fait que le président ougandais reçoit en treillis militaire, ses hôtes qui sont des officiels civils et députés d’un État voisin. C’est tout de même assez éloquent en soi. En outre, en postant cette photo sur les réseaux sociaux, quel message veut-il faire passer à l’opinion ? Ceci regarde la FORME mais constitue un détail qui n’est pas de moindre. Passons aux questions de fond : 2. Ces députés seraient-ils allés en Ouganda avec un ordre de mission du président Mboso? Si oui que vise précisément le parlement congolais à slller à la porte de l’ennemi? Dans l’hypothèse où les députés se seraient déplacés de leur propre gré à Kampala, alors outre la faute administrative, il faudra considérer cette visite comme un acte de haute trahison pour la simple raison que le fait de « REMERCIER » un gouvernement qui a été décisif dans la prise de Bunagana de par son soutien logistique aux M23 est un acte de reniement à la défense de la souveraineté du Congo. 3. D’après les propres affirmations de Museveni, « nous avons discuté des propositions visant à renforcer le commerce, sécurité et relations diplomatiques ». Mais est-ce de la compétence constitutionnelle des députés d’aller discuter des questions sensibles de commerce, de sécurité et de relations internationales avec un État tiers? N’est-ce pas là le domaine réservé du président de la République et de l’Executif qu’il pilote? 4. En parlant des relations internationales, le tweet du président ougandais précise : « including opening consulates in Bunya and Arua ». Il inclut donc l’ouverture d’un consulat à Bunia et à Arua. Une telle affirmation sur ce qui semble déjà acquis donne des frissons. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que depuis 1996, l’Ouganda se positionne du côté des états voisins du Congo utilisés par les Yankees comme des sous-traitants des pillages des matières premières du Congo. L’Ouganda est également ce pays qui dans la guerre de 6 jours dans la ville de Kisangani ( 5-10 juin 2000), a envoyé son armée très loin, exactement à plus de 1 233,2 km de ses frontières pour aller se disputer des richesses de l’or avec le Rwanda, cet autre pays prédateur du Congo. Tous savent depuis l’an passé que le même Ouganda joue un double jeu dans la Force Régionale de l’EAC à qui le gouvernement congolais refuse la prolongation de son mandat. Comment peut-ont traiter des questions aussi sensibles avec un état ennemi et faire semblant comme si tout allait à merveille? Comment peut-on croire résoudre la question sécuritaire de la RDC avec un État qui en est un des principaux pompiers et dont le Numéro 2 annonce la chute du gouvernement congolais au cours de ces mois? Comment peut-on établir des relations commerciales à sens unique avec un tel pays et lui donner la possibilité d’ouvrir deux consulats sur le territoire congolais ? Et ce, par la médiation de simples députés qui ignorent les ficelles des rapports transmis par les Services spécialisés? Tout est ambigu dans cette visite très insolite, qui bafoue les règles diplomatiques en vigueur entre deux États. Il faut suivre de très près l’évolution de cette situation pour comprendre à temps où veulent nous amener nos dirigeants sans foi ni loi… Par Germain Nzinga

RD Congo. Les non-dits de ce 30 JUIN 1960….

RD Congo. Les non-dits de ce 30 JUIN 1960….

TRIBUNE. Tout avait plutôt bien commencé à 11:00 ce jeudi là 30 juin 1960 lors de la cérémonie officielle de la proclamation de l’indépendance du Congo au palais de la Nation. On verra dans ce post de quelle manière les à-côtés de cette cérémonie feront payer le prix fort au peuple congolais, 62 ans plus tard. 1. L’ordre protocolaire fut méticuleusement respecté à savoir : accueil des deux Chambres et des invités, puis le Premier ministre, le Chef de l’Etat et le Roi firent leur entrée au Palais de la Nation. Deux discours furent programmés pour l’occasion : celui du Roi Baudouin et celui du Président Kasa Vubu. 2. Joseph Kasongo, le président du parlement et président des cérémonies, invita le roi puis le président Kasa Vubu qui tous deux prononcèrent des discours très applaudis par l’assemblée. Mais à la fin du discours du Président Joseph Kasa Vubu, à la surprise générale du protocole et des invités, le président des cérémonies, Joseph Kasongo, invita ensuite le Premier ministre Patrice Emery Lumumba à prononcer son discours de circonstance. 3. Les premiers mots du discours du PM Lumumba donnaient déjà le ton de son allocution. Il commença par s’adresser, non pas au Roi ni à son président son chef hiérarchique ni aux différents invités présents, mais plutôt aux « Combattants de la liberté ». 4. Lumumba rectifia point par point le discours du roi belge et insista pour que le peuple congolais comprenne que cette indépendance là n’était pas un cadeau de la Belgique. Mais qu’elle a été arrachée par « une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte qui fut des larmes, de feu et de sang pour mettre fin à l’humiliation et à l’esclavage qui nous étaient imposés ». 5. Vent de fureur et d’indignation dans la salle. Le roi belge perturbé se penche vers Kasa Vubu ( très embarrassé) pour savoir s’il était informé puis menace de quitter la salle et de rentrer en Belgique. Il avait fallu beaucoup de diplomatie pour le retenir. Lumumba sera invité à prononcer un autre discours moins virulent le soir du même jour mais le mal était déjà fait. Tous les milieux belges et diplomatiques semblaient encaisser le coup et avaient de ce soir là commencé à préparer leur vengeance. 6. Après le discours de Lumumba, l’acte officiel de l’indépendance fut signé par les Premiers ministres Belge et Congolais, Gaston Eyskens et Patrice Lumumba, contresigné par les deux Ministres des Affaires Etrangères Pierre de Vigny et Justin-Marie Bomboko. Comme vous pouvez l’observer sur ce bout de papier sans en-tête la présence de quatre signatures. Mais c’est la signature du premier ministre belge qui va ronger délibérément l’espace de la signature du PM congolais. Tout un message sibyllin qui annonçait le croisement de fers dans les mois à venir. 7. Pour pouvoir mettre les bâtons dans les roues du jeune gouvernement, l’ancienne métropole humiliée va pousser à la sécession, des provinces riches en minerais telles le Katanga et le Kassai. Elle va aussi jeter dans l’armée nationale le germe de la mutinerie, rendant ainsi le pays ingouvernable jusqu’à ce que, dans une action coordonnée de la CIA, de la Sécurité intérieure belge et de la complicité des hauts responsables congolais, Lumumba soit arrêté, tué et jeté dans l’acide pour faire disparaître ses traces et effacer son idéal. 8. Ce à quoi on va assister dans les nombreux pouvoirs qui lui succéderont sera la parodie d’indépendance de l’idéal très élevé de ce Lumumba. Les antivaleurs coloniales fustigées par Lumumba dans son discours historique du 30 juin notamment « Le travail harassant avec un salaire de misère, nos terres spoliées, nous sommes devenus exilés dans notre propre patrie, les cachots brûlants pour ceux qui ne veulent pas se soumettre à un régime d’injustice” ont la peau dure et continuent de faire l’actualité 60 ans après sa mort. Elles sont devenues le quotidien de la réalité douloureuse des congolaises et des congolais. Les belges ont réussi à se faire remplacer par une élite politique congolaise encore plus impitoyable et cynique qui traite les congolais comme Léopold II l’avait fait jadis c’est-à-dire comme des “choses”, avec mépris, violence quotidienne et refus de dignité humaine. Observez les quatre régimes post-Lumumba pour vous apercevoir que l’indépendance proclamée ce jour-là est encore une illusion et une parole creuse… Par Germain Nzinga