Le budget des Marocains s’accroît de 18,2% durant le mois de Ramadan

Le budget de consommation des Marocains est plus élevé pendant le Ramadan en comparaison avec les autres mois de l’année. Il augmente en moyenne de 18,2% durant le mois sacré, révèle la dernière enquête sur le niveau de vie des ménages du Haut-commissariat au plan (HCP). D’après les données de cette étude, menée en 2022/2023 et portant sur une période d’un an, « ce pourcentage est de 15,4% en milieu urbain et de 4,8% en milieu rural. Près de 92% de cette augmentation provient de la dépense des ménages citadins ». Dans sa publication « Les Brefs du Plan » (N° 27 du 29 mars 2024), l’institution publique note aussi une amélioration de la consommation pour toutes les catégories sociales durant le mois de Ramadan. En effet, pendant ce mois sacré, la dépense des ménages s’accroît de 8,4% pour les 20% les moins aisés, de 9,7% pour la catégorie des intermédiaires et de 8,9% pour les 20% les plus aisés. Toujours selon l’enquête du Haut-commissariat que dirige Ahmed Lahlimi Alami, par type de dépense, le budget alloué à l’alimentation est de 17,8% plus élevé pendant le Ramadan en comparaison avec les autres mois. Cette hausse est de 19% en milieu urbain, de 4,5% en milieu rural, de 3,3% pour les ménages les moins aisés, de 11,9% pour les intermédiaires et de 12,5% pour les plus aisés, apprend-on. Les données montrent en outre que les produits riches en calories connaissent un déclin pendant le mois de Ramadan au profit des produits riches en protéines et en vitamines, traduisant ainsi un changement qualitatif dans les habitudes alimentaires. A noter que les produits alimentaires dont les quantités consommées augmentent significativement pendant le mois de Ramadan sont le lait et produits laitiers, avec une moyenne de 35,8 litres par ménage pendant le Ramadan, contre 23,7 litres en moyenne mensuelle les autres mois, les œufs (respectivement 52,2 unités contre 39,4 unités), les viandes (respectivement 15,1 kg contre 11,3 kg), les poissons (respectivement 6,8 kg contre 5,2 kg), les fruits (respectivement 54,3 kg contre 22,9 kg) et les légumes frais (respectivement 55,1 kg contre 48,3 kg). Les produits dont les quantités consommées augmentent peu pendant le mois de Ramadan sont les «céréales et produits à base de céréales» (77,4 kg par mois et par ménage pendant le Ramadan, contre 72,7 kg pendant le reste de l’année), les «sucres et produits sucrés » (respectivement 11kg contre 10kg), le «beurre, huiles et autres corps gras (respectivement 10,4 kg contre 9,6 kg) et le «café, thé et plantes aromatiques» (respectivement 2,8 kg contre 2,3 kg). Selon l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, en termes de dépense, les produits alimentaires qui connaissent une augmentation sont les «poissons» (57,7%), les «fruits» (43,3%), les «oeufs» (35,7%), les «produits laitiers» (34,8%), les «sucres et produits sucrés» (30,3%) et les «viandes» (26%); tandis que les dépenses allouées aux «repas, aliments et boissons pris à l’extérieur» diminuent de 30,6%. En ce qui concerne les dépenses non-alimentaires, elles s’améliorent de 18,5% pendant le mois de Ramadan essentiellement en milieu urbain (13,4%) et dans un degré moindre en milieu rural (5,1%). « Par catégorie sociale, cette hausse est de 13,2% pour les 20% des ménages les moins aisés, de 8,1% pour les ménages intermédiaires et de 7,2% pour les 20% les plus aisés », note le HCP indiquant que cette hausse s’explique essentiellement par l’accroissement des dépenses relatives au «transport» (61,9%), aux «soins médicaux» (28%), aux «Loisirs et enseignement» (25,7%), à la «communication» (25%) et à l’«habitation et énergie» (12,7%). Inversement, les dépenses «d’habillement» se réduisent de 11,5%. Alain Bouithy
Dur, dur sera le mois de Ramadan pour le peuple algérien !

La crise de l’huile de table se poursuit en Algérie, malgré les promesses des autorités, dont le Président Abdelmadjid Tebboune et prend une ampleur inquiétante, prouvant l’incapacité des autorités algériennes à apporter une solution durable à l’achat de ce produit essentiel à la cuisson des repas. Preuve de cet échec, les files d’attentes interminables et les bousculades pour se procurer de l’huile de table deviennent légion en Algérie. Devant cette situation, les autorités, dans leur déni permanent de la crue réalité, n’ont trouvé comme parade que de mettre en place des marchés ouverts où sont vendus équitablement des bidons de 5 litres d’huile. C’est, d’ailleurs, dans l’un de ces marchés ouverts, à El Milia, dans la Wilaya de Jijel que s’est produite une nouvelle bousculade de citoyens algériens venus se procurer un peu de cette denrée alimentaire devenue rare. Raison pour laquelle une foule nombreuse s’était déplacée dans le lieu de vente formant plusieurs files d’attentes monstrueuses de milliers de citoyens venus se procurer de l’huile. L’organisation de cette distribution à la soviétique avait fini par se transformer en une bousculade chaotique et à créer une hystérie collective indescriptible faisant plusieurs blessés, surtout des femmes et des personnes âgées. Cette énième bousculade vient démentir les annonces des autorités algériennes quant à la maîtrise de la pénurie en huile, lesquelles autorités sont même allées jusqu’à nier l’existence de cette pénurie. Rappelons que cette pénurie en huile de table est l’une des conséquences de la crise financière que traverse l’Algérie et avec cette nouvelle bousculade, la parade toute trouvée du Gouvernement algérien d’installer des points de vente, pour que les Algériens puissent s’approvisionner en huile de manière rationalisée, vient de montrer ses limites. Ce pur mensonge reflète la schizophrénie actuelle dans laquelle vit l’Algérie. Jamais l’Algérie n’a connu une panique aussi dangereuse concernant la disponibilité des produits alimentaires. Il faudrait remonter aux années 90, lors de la décennie noire, pour retrouver de pareilles sinistres situations. D’ailleurs, en ce mois de Ramadan, le prix de l’ensemble des produits de grande consommation connaît une hausse inquiétante car après l’huile, c’est la hausse des prix de la viande qui a offusqué les consommateurs. Pour tenter de réduire les tarifs, les autorités ont procédé, début avril 2021, à la délivrance d’autorisations exceptionnelles pour l’importation de viande rouge congelée en provenance d’Espagne. La hausse des prix à la consommation, traditionnelle au moment du mois de Ramadan, s’explique par plusieurs facteurs. La crise de la COVID-19a eu des répercussions sur les entreprises, les réseaux de production et de fabrication mais aussi la dévaluation du dinar qui a fortement pesé sur le pouvoir d’achat des citoyens, Par ailleurs, la perte de valeur de la monnaie algérienne par rapport aux monnaies de référence que sont le Dollars et l’Euro pousse à la hausse les prix des importations en devises étrangères. Une tendance qui se répercute directement sur les prix à la consommation, alors que « plus de 70% des besoins des ménages dépendent des importations. Ce mois de Ramadan pourrait aussi pâtir d’une autre crise, à savoir celle de l’eau, dont le rationnement, d’abord nié par les autorités, agace les usagers, particulièrement à Bordj El Kiffan, dans la banlieue Est d’Alger. Le peuple algérien vit une situation très inquiétante en ce mois de Ramadan, alors que la pénurie ne concerne pas uniquement l’huile, mais tous les produits, les plus demandés tels le lait, la semoule, les pâtes, les viandes, le poisson, les légumes et les œufs, entre autres, se font rares sur les marchés algériens. Le navire algérien prend l’eau de toute part et ce, alors que le Président Tebboune et les généraux regardent ailleurs. Du jamais vu pour un pays dit soi-disant démocratique ! Farid Mnebhi.