Afrique. Le digital accélère le processus de transformation des collectivités et des villes

MAROC. Comment les villes africaines peuvent-elles concilier développement durable, modernisation et innovation ? Tout bien considéré, c’est à cette question lancinante et à bien d’autres que les acteurs de la transformation digitale en Afrique et les responsables des collectivités territoriales du continent ont tenté de répondre récemment à Casablanca. C’était lors du Digital African Tour (DAT)- Edition 2022, «un événement itinérant qui réunit depuis plusieurs années des responsables IT des villes, des collectivités territoriales et des décideurs autour de la transformation digitale des pays et des entreprises», a souligné le président de cet important rendez-vous et des ATDA, Mohamadou Diallo. «L’idée autour de cette rencontre, c’est de voir comment le digital peut aider à accélérer le processus de transformation et de modernisation des villes et des collectivités territoriales», a-t-il relevé soutenant que «le digital peut aider à transformer ces villes et ces collectivités territoriales». Sur la nouveauté de cette édition, organisée par la revue panafricaine «Cio Mag» dont il est le président fondateur, sous le thème «Villes africaines, comment concilier développement durable, modernisation et innovation», Mohamadou Diallo a déclaré que le DAT a choisi cette année de mettre en avant les collectivités territoriales et les villes. Ce qui n’était pas le cas lors des précédentes éditions au cours desquelles étaient mis en avant les directeurs de cellules d’information, les entreprises et les utilisateurs. Au cours de cette édition, les participants ont examiné les problématiques liées à l’urbanisation rationnelle des villes africaines et évoqué les pistes de réflexion pour le développement durable, la modernisation et l’innovation des villes africaines. Les échanges ont notamment été axés sur la «stratégie numérique & gouvernance : quelles tendances pour les collectivités africaines ?», «Le numérique, une clé pour le renforcement de l’attractivité et la compétitivité des villes et des territoires en Afrique» et «Co-contruire la Smart City : de la réflexion stratégique au modèle de financement : quelles spécificités pour l’Afrique ?». Les débats ont également porté sur les données personnelles et publiques, notamment comment rétablir la souveraineté et la confiance par le traitement et le stockage en terre africaine ; les datacenters, la cybersécurité et le haut débit, rôle et importance dans l’attractivité numérique et économique des territoires. Les participants ont en outre porté attention aux questions liées à la gestion des déchets en tant que défi majeur pour l’Afrique, au «Futur des mobilités africaines : le digital est-il garant de l’avenir ?», aux «Energies renouvelables en Afrique : comment bâtir des territoires connectés et respectant l’environnement ?» ainsi qu’au thème «Connectivité, innovation et digital : pour une ville intelligente et inclusive». Pour bien comprendre les enjeux de la transformation digitale des territoires, point central de cette rencontre, il est important de relever ce constat : la crise de Covid-19 a précipité le basculement, quasi-forcé, vers le numérique. Comme l’avaient relevé les organisateurs, quelques semaines plus tôt, le basculement a été tel que ce mouvement a touché « les collectivités territoriales où le digital est de plus en plus au service de la gouvernance, du développement économique local et de la création d’emplois, surtout pour les jeunes ». Ainsi, par la force des choses, le digital s’est imposé au cœur du processus de transformation des collectivités. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le DAT Maroc 2022 a été l’occasion de mieux comprendre les stratégies « smart » mises en place par de grandes villes africaines comme Benguerir, Berkane, Casablanca ou encore Dakar et Kanel au Sénégal. «Nous sommes très heureux et honorés de participer à cette rencontre autour du digital. Et en tant que porte d’entrée de l’Afrique, vous comprenez aisément notre présence au Maroc », a confié le maire de Dakar, Barthélémy Dias. « Aujourd’hui, Dakar aspire à être une ville digitale, une ville connectée, une smart city et c’est la raison pour laquelle nous sommes venus participer à cet échange, espérant pouvoir rencontrer les partenaires techniques et financiers, découvrir des potentialités et surtout les mettre à la disposition des Dakaroises et Dakarois, permettre à des jeunes de pouvoir bénéficier de formations des éventuellement d’emploi», a-t-il poursuivi. «A Dakar, nous avons depuis une dizaine d’années lancé un programme consistant à changer à peu près 25.000 points lumineux et à les transformer en led. Certes pour une économie d’énergie, mais aussi pour pouvoir créer des prédispositions pour que, d’ici quelques années, Dakar puisse aussi accueillir entre autres le Li-Fi, qui permet d’avoir accès à internet à travers des points lumineux ». Maire de Kanel, commune rurale située à 670 km au nord de Dakar, Mamadou Sadio Diallo a, de son côté, confié : «Nous sommes venus dans cette belle ville de Casablanca pour écouter, apprendre, et s’il y a possibilité pour exposer notre petite expérience sur la manière de traitement des déchets» Alain Bouithy