Journée internationale des sages-femmes: le Burkina Faso alloue environ 12 % du budget de l’État pour réduire la mortalité maternelle

En marge de la célébration de la Journée internationale des sages-femmes, un webinaire a été organisé le 5 mai 2025, par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) sous le thème « Les sages-femmes : essentielles en toute crise ». Parmi les intervenants figurait le ministre de la Santé du Burkina Faso, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a rendu hommage à toutes les sages-femmes du monde entier pour leur engagement inébranlable à sauver des vies, à garantir la santé et le bien-être des femmes et des nouveau-nés. Selon Dr Kargougou, le Burkina Faso, à l’instar de plusieurs pays de la sous-région, est confronté à une crise humanitaire, mettant ainsi en lumière l’importance cruciale des sages-femmes dans ces contextes. Il a souligné que leur déploiement constitue l’un des moyens les plus efficaces de prévenir les décès maternels et néonatals, de garantir l’accès à la santé sexuelle et génésique y compris la planification familiale et de répondre aux violences sexuelles et sexistes, qui s’intensifient en période de crise. Dans ce contexte, Dr Kargougou a souligné que les sages-femmes ont un rôle crucial en soutenant les femmes tout au long de leur grossesse, durant l’accouchement et pendant la période postnatale. Il est important de noter que près de trois femmes sur quatre suivies pendant leur grossesse le sont par une sage-femme ou un maïeuticien. Elles sont souvent les premières et parfois les seules à prodiguer des soins vitaux aux femmes et aux nouveau-nés en cas de crise, qu’elle soit due à une catastrophe naturelle ou à des actes de terrorisme. Elles parviennent à atteindre les femmes enceintes même dans les zones les plus reculées ou les plus dangereuses. Le ministre burkinabé de la Santé a, par ailleurs, mis en avant plusieurs initiatives visant à réduire la mortalité maternelle dans son pays, notamment : Une volonté politique affirmée, avec environ 12 % du budget de l’État alloué au ministère de la Santé depuis au moins 10 ans, malgré un contexte sécuritaire et humanitaire difficile ; le renforcement du recrutement des sages-femmes et des maïeuticiens, assurant leur déploiement sur l’ensemble du territoire. A en croire le ministre de la santé burkinabé, Dr Kargougou, il y a 20 ans, lorsqu’il était médecin-chef de district, un seul maïeuticien était disponible pour 150 000 habitants. Aujourd’hui, on trouve au moins une sage-femme ou un maïeuticien dans chacun des trente Centres de santé de premier échelon du district, et l’hôpital de district compte plus d’une dizaine de ces professionnels ; l’amélioration des capacités des écoles de formation ; la mise en place du réseau SONU, incluant la formation des médecins généralistes à la chirurgie essentielle, permettant ainsi aux femmes de bénéficier de césariennes même dans les régions les plus reculées ; la gratuité des soins maternels et néonatals; notamment la prise en charge de la fistule et des soins aux mères et aux nouveau-nés ; la mise en place d’une surveillance hebdomadaire des décès maternels grâce au dispositif de surveillance des maladies ; l’activation du CORUS sur les décès maternels, avec la nomination d’un incident manager. Il sied de noter que grâce à ces stratégies, la santé maternelle et infantile s’est améliorée au Burkina Faso. La prévalence contraceptive est passée de 22,5 % en 2015 à 31,5 % en 2021, tandis que le ratio de mortalité maternelle a chuté de 787 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2021, a renchéri le Dr Kargougou, ministre de la santé du burkinabé Wilfrid Lawilla D.