L’UNESCO et l’AFD ensemble pour tirer des enseignements sur les défis de la formation des ingénieurs de l’eau

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) reconnaissent la centralité des jeunes et leur rôle dans la voie du développement durable. Ils font partie des neuf grands groupes avec lesquels l’ONU collabore étroitement pour assurer une large participation et représentation de toutes les composantes de la société. Les jeunes, partie prenante de la mise en œuvre des projets contribuant à la réalisation des ODD, doivent être des acteurs du succès de l’Agenda 2030 du développement durable. L’UNESCO et l’AFD placent le Développement durable au centre de leur intervention. Avec moins de 650m3/Habitant au Maghreb, l’eau est tout, particulièrement, l’un des facteurs clés du développement durable. Le rôle des ingénieurs œuvrant dans le domaine de l’eau est crucial dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques hydriques à même d’accompagner durablement le développement socioéconomique de leurs pays. Seulement, les cursus de formation des futurs ingénieurs dans différentes disciplines de l’eau ne semblent pas être toujours adaptés aux nouveaux défis planétaires, comme le changement climatique, la sécurité alimentaire, la sécurisation des besoins en énergie, la préservation de la biodiversité, l’inclusion sociale etc. La conception de nouveaux modèles de formation des futurs ingénieurs doit également tenir compte des besoins du marché de l’emploi et du potentiel qu’offrent les nouvelles technologies. A cet effet, le Bureau l’UNESCO pour le Maghreb vient de lancer une large concertation pour élaborer un rapport d’orientation qui tentera entre autres de répondre à une question cruciale : Comment adapter les cursus de formation des futurs ingénieurs pour faire face aux innombrables défis actuels et futurs en lien avec la gestion durable de l’eau ? Pour répondre à cette question, le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb et l’Agence Française de Développement (AFD) au Maroc se sont associés pour organiser le 17 juin 2020 un webinaire pour débattre des principales questions stratégiques qui conditionnent la réussite de la formation des futurs ingénieurs dans les disciplines de l’eau. Ce débat en ligne a été animé par un panel d’éminents experts maghrébins et en présence virtuelle d’un grand nombre de spécialistes et d’étudiants dans le secteur de l’eau. « Les jeunes ont la créativité, le potentiel et la capacité nécessaires pour améliorer les sociétés, pour eux-mêmes, et pour le reste du monde. Les jeunes élèves ingénieurs seront parmi les leaders de demain. Ils doivent être associés et incités à s’engager dans la vision globale pour l’avenir de leurs sociétés, voire de l’humanité. Ils sont appelés à jouer un rôle déterminant dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques et auront ainsi un impact significatif sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Une formation de qualité, adaptée aux défis actuels et futurs, est à même d’outiller les apprenants pour relever ces challenges. Pour un secteur aussi stratégique que l’eau, l’approche Nexus Eau-Alimentation-Energie doit constituer l’ossature des cursus d’apprentissage des élèves ingénieurs, sans oublier les aspects sociaux, culturaux et environnementaux. L’UNESCO a toujours placé l’eau au centre de ses intérêts. Via son Programme Hydrologique International (PHI) sur la sécurité de l’eau et sa stratégie liée au changement climatique, l’UNESCO soutient les efforts déployés par les pays membres en matière de développement de solutions innovantes pour une gestion intégrée et durable de l’eau. En outre, chaque année, l’Organisation édite le Rapport Mondial sur le Développement des Ressources en Eau. Aujourd’hui même, le bureau de l’UNESCO au Caire dédié aux sciences dans le monde arabe lance officiellement l’édition 2020 de ce rapport qui est consacré cette année à la thématique « Eau et changement climatique», a affirmé Golda El Khoury, Directrice et Représentante du Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb lors de son discours d’ouverture. « L’eau restera un investissement stratégique dans un contexte de changement climatique et a fortiori dans ce moment de crise COVID qui nous rappelle que la résilience des sociétés reposera davantage sur la protection sociale des citoyens mais aussi des ressources naturelles. L’AFD intervient dans le cycle de l’eau au Maroc depuis près de 30 ans. Au-delà de l’appui financier qui dépasse à ce jour 800 millions d’Euros, nous accordons beaucoup d’importance à la production de connaissances et au partage d’expériences entre les acteurs publics/privés du secteur de l’eau. Des initiatives ont été prises en ce sens avec des partenaires académiques français et internationaux notamment pour adapter la formation de l’ingénieur dans les sciences de l’eau aux enjeux du développement durable, qui supposent sans doute davantage de technicité, de pluridisciplinarité et d’esprit critique, pour saisir la complexité des leviers d’efficacité hydrique, d’inclusion sociale et de résilience écologique. » a souligné Mihoub Mezouaghi, directeur de l’AFD au Maroc. Le webinaire a entre autres permis d’identifier les nouvelles orientations de la formation des sciences de l’eau et l’importance que revêtent les nouvelles technologies et les data sciences dans les métiers futurs de l’ingénieur. Le webinaire a également mis en relief le rôle que doit jouer l’ingénieur dans la recherche et Innovation dans le contexte maghrébin où la mobilisation des ressources en eau non conventionnelles prend une grande ampleur. Une soixantaine de participants du Maghreb, mais aussi du Tchad et du Cameroun ont pu suivre ce webinaire.
L’AFD totalise plus de 400 millions d’euros d’investissements au Maroc

Mihoub Mezouaghi, directeur de l’Agence française de développement (AFD) au Maroc, a présenté récemment le bilan des activités de l’Agence française de développement (AFD) au titre de l’année 2018. La présentation du bilan des activités de l’agence au Maroc intervient deux semaines après celle du directeur général de cette institution financière publique française, Rémy Rioux, faisant état d’une hausse d’un milliard d’euros des engagements du groupe au niveau mondial par rapport à l’année précédente (11,4 milliards d’euros, soit une hausse de 40 % en 3 ans). Comme l’a indiqué Mihoub Mezouaghi lors d’une rencontre consacrée à la présentation des activités de l’AFD au Royaume, les investissements financés par l’Agence française de développement au Maroc en 2018 ont totalisé 405,8 millions d’euros. Sans compter les 20,2 millions d’euros dont a bénéficié le pays à travers Proparco, filiale de l’AFD dédiée au secteur privé. Le soutien de l’Agence française aux projets et aux politiques de développement mis en œuvres au Maroc a connu une amélioration de près de 60% en l’espace de trois ans, a-t-il indiqué soulignant que sur la période 2017-2021, elle s’est fixée comme objectif de réaliser 2 milliards d’euros d’investissement au Maroc. Pour rappel, Mihoub Mezouaghi a indiqué que les engagements de l’AFD au Maroc se traduisent non seulement par des prêts à l’Etat et aux entreprises publiques, mais également par des subventions qui ont représenté, en 2018, près de 5,8 millions d’euros, rapporte la MAP. Au cours de cette rencontre, le directeur de l’AFD a fait savoir que ces subventions permettent le financement d’actions de renforcement de capacité, d’assistance technique ou encore d’études, selon la même source, précisant que l’institution financière publique a ainsi utilisé au Maroc l’ensemble de sa palette d’outils financiers, mais également sa capacité à mobiliser des financements extérieurs. Il est à noter qu’en 2018, l’Agence française a mobilisé le Fonds Vert pour le climat pour le financement d’un projet d’irrigation et d’adaptation de l’agriculture oasienne aux changements climatiques. Une première au Maroc qui a profité à la province d’Errachidia. En ce qui concerne les perspectives de l’AFD pour l’année 2019, Mihoub Mezouaghi a déclaré que l’Agence entend maintenir un niveau d’investissement supérieur à 400 millions d’euros et que le portefeuille de projets de l’agence au Maroc sera orienté vers le renforcement de la cohésion sociale. Et ce en vue d’être en phase avec les priorités du gouvernement en termes de soutien à l’emploi, notamment via l’entrepreneuriat et l’insertion économique des jeunes et de réduction des déséquilibres territoriaux, en privilégiant un accompagnement financier et technique aux collectivités locales, selon la MAP. Au cours de cette année, Mihoub Mezouaghi a indiqué que différentes opérations pilotes seront aussi conduites dans les nouveaux secteurs d’intervention de l’AFD, notamment ceux du sport, du numérique et des industries créatives et culturelles, relève la même source. Des actions devraient aussi être menées dans la promotion de l’intégration africaine, a-t-il assuré. Rappelons qu’un protocole d’accord portant sur une ligne de crédit de 50 millions d’euros a été signé le 17 avril courant, en marge du SIAM à Meknès, entre le Crédit Agricole du Maroc (CAM) et l’Agence française de développement, relatif au financement de projets agricoles et agroalimentaires ayant un impact en matière de développement durable (DD) et de protection des ressources naturelles. Quelques jours plus tôt, le 12 avril, l’AFD avait signé un accord de partenariat avec le Fonds d’équipement communal (FEC) du Maroc en vue de soutenir les investissements durables des collectivités territoriales. Alain Bouithy