Congo. « L’Hymne à l’Afrique » ou « Ahé Africa » est désormais disponible

Congo. « L’Hymne à l’Afrique » ou « Ahé Africa » est désormais disponible

MUSIQUE. « Ahé Africa » est le titre du nouveau single du chanteur remarquable et complet SAINTRICK en featuring avec Manu Dibango, Didier Awadi & Fredy Massamba. En revisitant le titre « Le Bucheron » de l’illustre musicien congolais Franklin Boukaka, SAINTRICK n’a pas dérogé à sa mission d’artiste panafricain et a su compter sur l’exceptionnelle contribution de son mentor Manu Dibango venu sublimer« Ahé Africa » avec son sax et sa voix, sur l’engagement prononcé de Didier Awadi et sur les envolées mélodieuses de Fredy Massamba. Notons que SAINTRICK qui évolue à Dakar au Sénégal est l’un des rares musiciens congolais qui ont longtemps cherché et réussit à s’intégrer totalement. Musicien talentueux et polyvalent,  il est surtout chef d’orchestre, et animateur, préférant donner la vedette aux artistes dont il sait s’entourer et qu’il a en général lui-même découvert. Son « Show », composé de numéros vocaux et instrumentaux, déchaine l’enthousiasme. « Ahé Africa » est dans les bacs depuis samedi 19 décembre 2020 et chez tous les distributeurs numériques ou en streaming.  Ossinondé /Saintrick

ESSOUFFLEMENT (à la mémoire de Manu Dibango : 1933-2020)

ESSOUFFLEMENT (à la mémoire de Manu Dibango : 1933-2020)

TRIBUNE. Les COLPORTEURS de mauvaises nouvelles peuvent se féliciter d’avoir anticipé l’écroulement d’un GRAND monument. A force d’annoncer la pluie. le DELUGE est arrivé. Allez donc vous faire FOUTRE. Ainsi commence mon hommage au doyen MANU DIBANGO, car on ne blague pas avec la vie des gens, surtout en période de maladie. Qui est éternel ? Le vendredi 27 décembre 2019 en début d’après-midi, un géant s’est faufilé discrètement dans l’église de Villeneuve Saint-Georges pour dire adieu à l’un de ses fils spirituels. J’étais assis à l’opposé, mon fils était sur l’autel avec des vieux compères afro-américains pour rendre hommage au saxophoniste camerounais KING BLAISE que le doyen MANU a vu naître et grandir. Ce dernier venait à peine d’arriver du CAMEROUN. Malgré son âge (86 ans) et la fatigue du voyage, il a tenu à être présent. A la fin du REQUIEM, nous étions tous attroupés devant l’église attendant le départ du corbillard. Le doyen MANU DIBANGO s’est approché vers nous pour nous saluer et féliciter mon fils. Un SOUFFLEUR ne peut résister au son d’un autre SOUFFLEUR. Mais personne n’avait encore réalisé qui était devant eux à cause de sa simplicité. « . C’est le légendaire MANU DIBANGO ». Tout le monde était émerveillé, car c’était à NOUS d’aller saluer le doyen. C’était l’occasion de lui demander son numéro de téléphone personnel afin d’aller l’interviewer dans le cadre d’un projet de film documentaire sur le jazz. Le doyen MANU DIBANGO semblait ne pas avoir de portable tout comme moi. Il a demandé à son fils biologique M. de me donner son contact. J’ai laissé passer un mois par pudeur avant de prendre rendez-vous avec le doyen. Mais le PROTOCOLE m’aura empêché de mettre en boîte l’IMMENSE bibliothèque musicale qu’était MANU DIBANGO. Quelle était l’importance d’une telle interview ? Hormis d’être un EXCELLENT saxophoniste, MANU DIBANGO maîtrisait d’autres instruments tels que le MARIMBA, le VIBRAPHONE et le PIANO. C’est lui qui a accompagné le très regretté bolériste congolais FRANKLIN BOUKAKA dans son mythique album « LE BUCHERON ». Il en était également l’arrangeur. MANU DIBANGO était certainement la personne la mieux placée pour disserter sur la musique CONGOLAISE, lui le natif de DOUALA. Il a participé à l’enregistrement de l’hymne de l’indépendance de la R.D.C « INDEPENDANCE CHACHA » de JOSEPH KABASELE, autre légende musicale africaine. Mais c’est au RONNIE SCOTT, mythique club de jazz londonien, que le doyen MANU DIBANGO m’a tué en interprétant « MORNING GLORY », une balade très méconnue du maestro DUKE ELLINGTON en été 2001. Son repertoire musical était aussi large que son sourire. ELLINGTONIEN dans l’âme, il lui arrivait souvent de faire des citations de « THINGS AIN’T WHAT THEY USED TO BE » en jouant du Makossa. Le bouquet final a peut-être eu lieu à l’UNESCO à la fin de l’APARTHEID lorsqu’il a rejoint le SOWETO STRING QUARTET sur scène pour interpréter « NKOSI SIKELELE AFRICA ». C’était l’EXTASE. Je vais essayer de m’en consoler. On dit du CAMEROUN, son pays natal, que c’est l’AFRIQUE EN MINIATURE. Sans vouloir offenser mes congénères camerounais, je me permets de rectifier que c »est MANU DIBANGO qui incarnait réellement cette AFRIQUE EN MINIATURE. Ancien directeur musical de l’orchestre de la RADIO TELEVISION NATIONALE IVOIRIENNE, compagnon du légendaire FELA ANIKULAPO KUTI à qui il a rendu un bel hommage dans « BIG BLOW », de RAY LEMA, MORI KANTE, MIRIAM MAKEBA, HUGH MASEKELA, PAPA WEMBA… Avant le CORONAVIRUS, les gens mourraient. La CAUSE et la RAISON importent peu. Seul le DESTIN peut expliquer la MORT. Mon cher DOYEN, je ne sais plus souffler depuis longtemps. Ta MORT m’a essoufflé. En cette période de confinement justifié, je n’ai pas trouvé mieux que ces vers d’ALFRED DE MUSSET pour te dire adieu : « … FONT D’UNE MORT RECENTE UNE VIEILLE NOUVELLE. DE QUELQUE NOM D’AILLEURS QUE LE REGRET S’APPELLE L’HOMME, PART TOUT PAYS, EN A BIEN VITE ASSEZ ». Regrets éternels depuis mon lieu de confinement. RIP. NGOMBULU YA SANGUI YA MINA BANTU LASCONY

L’Afrique orphelin de MANU DIBANGO

L’Afrique orphelin de MANU DIBANGO

Le chanteur et saxophoniste camerounais Manu Dibango est mort le mardi 24 mars 2020 en France, des suites du Covid-19. Il avait 86 ans. Très affectés par la mort de leur idole, les fans, les Musiciens, et les mélomanes ont tenté, chacun comme ils peuvent, de se faire à l’idée qu’ils ne reverront plus leur star. Ils sont unis par la même passion : Manu Digango Une idole qui les a accompagnés durant toute leur vie. Manu Dibango. On rencontre son nom sous celui d’une théorie de chanteur-saxophoniste et de chefs d’orchestre. Manu Dibango est l’arrangeur à qui l’ont doit une bonne part de la réussite de milliers d’albums, souvent en collaboration avec les grands de la musique africaine. Doté d’une grande culture de « l’Afro-Jazz » (il faut être attentif aux citations dont il émaille certains arrangements), Manu Dibango doit une partie de la netteté et la sophistication de ses partitions à son admiration de toujours pour les grands virtuoses saxophonistes afro-américains. Les 20 raisons indiscutables qui ont permis d’aimer celui qui s’est affirmé comme l’un des plus intéressants saxophonistes de sa génération. 60 ans qu’on aime Manu Dibango (avec Jazz Radio et Rfi) 0I – Emmanuel N’Djoké Dibango, dit « Manu Digango » est né le 12 décembre 1933 à Douala, au Cameroun, où il a commencé à apprendre le chant dans une chorale et à s’initier à la musique du monde. Ses parents sont originaires d’ethnies différentes : son père est yabassi, et sa mère douala. Sa famille est de confession protestante, et sa mère dirige la chorale du temple. 02 – En 1949, il se rend à Saint-Calais, dans le Nord de la France pour poursuivre ses études et passer son bac. C’est à Chartre qu’il découvre le jazz au début des années 50.  Il apprend le piano, puis le saxophone, et commence à se produire sur scène et souvent dans les Boîtes de nuit. 03 – C’est à Bruxelles en février 1961,(alors qu’il évoluait aux « Anges Noirs », boîte de nuit géré par le musicien capverdien Fonseca) qu’il rencontre Joseph Kabasele, dit « Grand Kalle » qui l’engage dans son orchestre l’African Jazz, et ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique et l’emmène à Kinshasa, au Congo où Manu lance le twist en 1962 dans sa propre « Boîte de nuit ». Le succès est phénoménal. 04 – Manu Dibango passe deux ans dans l’African Jazz. A Kinshasa Manu Dibango séjourne du mois d’Avril 1961 au 6 juin 1963. Il a su se conformer au repertoire original de l’African Jazz et à apporter de son côté des très bons accents rythmiques et classiques. Tout le monde a pu se régaler des morceaux comme : « Mama na Mufanga », « Asali engombe », « Olingi bolamu te », « Timide sérénade », « Rideau ya ndako », etc réalisés avec Manu Dibango au piano. Tout comme d’autres succès inoubliables de l’African jazz comme « Africa mokili mobimba », « Lolita », « Matanga ya Modibo », « Mama Seba », « KJ », « Lili Moke », etc. 05 – En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier Big Band et développe son style musical novateur pour une série d’émissions télévisés avec des acteurs comme Dick Rivers ou Nino Ferrer, pour lequel il joue de l’orgue Hammond, puis du saxophone, et finit par diriger son orchestre. 06 – En 1972, il enregistre la face B d’un 45 tours « Soul Makossa », qui sera samplé sur « Wanna be Starting Something » de Michael Jackson et « Please don’t stop the music » de Rihanna. Manu Dibango fait la conquête des Etats-Unis avec un tournée qui remporte un vif succès. 07 – De 1975 à 1979, il dirige à Abidjan l’Orchestre de la Radio-Télévision ivoirienne. Ses parents décèdent en 1976, et deux ans plus tard Manu enregistre un album avec des musiciens nigérians (« Home Made ») avant de s’envoler pour la Jamaïque. Là-bas, il enregistre des sessions aux côtés de la célèbre section rythmiques de reggae Sly Dunbar. 08 – Dans les années 80, il collabore en outre avec Serge Gainsbourg. Sorti en 1982, son album « Waka Juju » consacre son retour à l’afro-sound. « Surtention » (1984) offre une rencontre entre hip-hop et tradition africaine. Le 14 mai 1986, Manu Dibango est décorée de la médaille des Arts et des Lettres par le ministre de la culture française de l’époque, Jack Lang. 09 – En 1992, Yves Bigot lui propose d’enregistrer « Wakafrica », un album de reprises des plus grands tubes africains. Cet album parait dans le monde entier et permet à Manu Dibango de revisiter le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’Dour, Salif Keita, Papa Wemba, Angélique Kidjo, Peter Gabriel, Manu Katché,… Le single « Biko » sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien. C’est cette même année que manu reçoit une Victoire de la Musique pour le deuxième volume des Négropolitaines. 10- 1996 – Parution de l’album « Lamastabastani » qui  s’inspire de la disparition de sa femme l’année précédente. Manu Dibango enchaine deux albums, un spectacle aux côtés de Ray Lema, la musique du film d’animation Kirikou et les bêtes sauvages en 2005, 2007 – un album en hommage à Sydney Bechet et à La Nouvelle Orléans… 11- Juillet 2007, on découvre une autre facette du compositeur à travers le disque « AfricaVision – Le Cinéma de Manu Dibango » : le CD réunit les musiques de bandes originales de films qu’il a composées entre 1976 et 2004. 12 – 2011 – Deux projets discographiques se succèdent : d’abord en juin « Ballad Emotion », qui réunit une vingtaine de classiques (« What a Wonderful World », « Cry Me a River », « Summertime »…) revisités sous un angle électro jazzy par le saxophoniste ; puis en novembre, l’album « Past Present Future ». 13 – 17 novembre 2011, c’est sur la scène du Casino de Paris, qu’il interprète les morceaux de cet album. On le retrouve aussi au Petit Journal Montparnasse à Paris les 7 et 8 février 2012 ainsi que sur plusieurs scènes françaises et étrangères pendant les mois suivants. 14 – Mai 2013 – Après avoir fêté