Congo : une crise de trésorerie, de légitimité étatique dans un bain de violences ( lecture en 5minutes )

PARLONS-EN. L’année 2026 s’ouvre sous les auspices de la confusion du gouvernement Makosso. La conjugaison de faits récurrents, absence de liquidités totales de l’État, crispation armée et gigantesque crise sociale, risque de tout emporter. Il y a quelque temps, nous prédisions que les ministres Yoka, Bouya, Sassou, Mabiala, Mboulou et Collinet sont condamnés par le vent de l’histoire. Rien ne sera plus comme avant. Le 15 janvier 2026, nous parlions de la rencontre entre le ministère de l’intérieur et les hommes de Ntumi qui accoucherait d’une souris. Le petit Serges Oboa nous l’a confirmé par sa distraction devant les vrais problèmes économiques et financiers. Sa doctrine de Bandenbekämpfung et les tirs des mortiers qui n’ont touché aucun Ninja ce 16 janvier de 4-8h00, ont fait flop! Faire la guerre dans le Pool sans renseignements précis dans un contexte financier tendu relève d’une démarche schizophrénique. La recherche des criminels et rétablir l’autorité de l’État est une chose. Mais, terroriser la population, ridiculise les institutions et refroidit les investisseurs à s’intéresser au Congo. Un choc régional qui devient national à force d’inanités gouvernementales Le sommet extraordinaire convoqué ce 22 janvier 2026 à Brazzaville par la CEMAC constitue un signal institutionnel implacable : les mécanismes ordinaires de stabilisation macroéconomique sont jugés insuffisants face à un choc imminent de liquidités externes. La détérioration rapide des réserves de change, la hausse des remboursements extérieurs et l’absence de programmes actifs avec le FMI pour la plupart des États membres placent la sous-région dans une situation plus grave que celle de 2016.En effet, la BEAC est confrontée à l’érosion des réserves (–1 300 Md fcfa en six mois), pour une politique monétaire restrictive aux fins de défendre la parité du franc fcfa en relevant ses taux directeurs. Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) est passé ainsi de 4,50 % à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal a été porté à 6,25 %. Il s’agit des niveaux les plus élevés enregistrés par l’institution depuis au moins 2017. Ce choix, rationnel au niveau régional, transfère la contrainte sur les trésoreries publiques nationales, en particulier celles structurellement dépendantes du refinancement domestique et de la rente pétrolière, comme le Congo. Une architecture budgétaire du Congo trompeuse : excédent comptable, déficit de caisse Le PLF 2026 du Congo (projet toujours pas adopté à ce jour !) affiche un solde budgétaire global excédentaire, mais ce signal est économiquement secondaire. L’indicateur décisif est le solde primaire hors pétrole fortement négatif, révélant une incapacité structurelle à financer les dépenses courantes sans recettes extractives. Cette fragilité devient critique au premier trimestre (PT) 2026 car l’État ne fait pas face à un problème de trajectoire annuelle, mais à un mur de trésorerie immédiat : une dette intérieure en OTA/BTA estimée à 800 Md fcfa, dont 17 % exigibles dès le PT 2026 (selon nos estimations), soit environ 136 Md fcfa, conséquence directe de défauts et reports successifs en fin 2025 ; à cela s’ajoutent des engagements extérieurs auprès des bailleurs estimés à 355 Md fcfa par an, soit près de 90 Md fcfa en équivalent PT. Ainsi, plus de 220 Md fcfa de pressions financières pèsent sur les trois premiers mois de 2026, avant même toute tentative de normalisation sociale ou d’investissement public. À cette contrainte financière s’ajoute une défaillance sociale systémique : retards de salaires et de transferts sociaux de 5 à 9 mois (CHU, CFCO, UMNG, Parlement Administration de la présidence et de la primature, etc.), des cotisations sociales jamais reversées, des pensions de retraite impayées depuis plus de trois ans. Ces phénomènes traduisent une rupture de la fonction redistributive minimale de l’État. Au PT 2026, cette situation a trois effets cumulatifs : Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Congo Brazzaville. Politique/Et si la machine Makosso 2 pouvait passer à la vitesse 3

TRIBUNE. Remaniement surprise? Réajustement technique d’un gouvernement par défaut? Ceux qui connaissent bien le président Denis Sassou Nguesso savent qu’il ne travaille jamais sous l’effet de la pression politique. L’homme sait laisser passer la tempête congolaise avant d’agir en bon équilibriste et maître du jeu politique national. En témoigne le cas récent de Jacqueline Lydia Mikolo, ministre des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat, que les ayatollahs du net et des forces politiques, aussi bien de l’opposition que du pouvoir- y compris du Pct au pouvoir- ont vite fait d’envoyer à la géhenne à la suite du Figa gate ébruité par les réseaux sociaux. D’attente lasse, ceux qui attisaient le feu de bois de Mouyondzi pour faire flamber la marmite ont fini par épouser d’autres actualités. En rapport avec le réamenagement technique de l’équipe gouvernementale qui se profile à l’horizon, difficile de se faire une idée exacte sur la période probable de son réajustement. » Il ne faut surtout pas s’attendre à un chambardement en HD », prévient un exégète du landerneau politique national. » Le Chef, argument-il, est soucieux du principe de stabilité dans la continuité au nom de la fidélité « . L’environnement international ne prête non plus à la division politique. Confiance renouvelée à Anatole Collinet Makosso Entre le président Denis Sassou Nguesso et son premier ministre Anatole Collinet Makosso, tout paraît aller dans le meilleur des mondes. Le ciel des relations entre la présidence et la primature est bleu. Les liens entre le » père » et son » fils spirituel » sont suffisamment solides. De quoi faire des jaloux, grands hommes politiques du Pool, Niari, Bouenza voire de la Lekoumou, qui pensent que leur heure doit maintenant sonner. Ne me demandez pas leurs noms ooh! Makosso, quoique peu rigoureux en économie et finances, son péché mignon – il est juriste de formation et politique jusqu’au bout des ongles- a le profil quasi idéal pour occuper la primature jusqu’à la prochaine présidentielle à laquelle, sauf cataclysme, Sassou devrait se représenter. Il a été formé à l’école de Sassou Nguesso. Au cours de ce compagnonnage avec Sassou, il a donc pu se mettre en évidence. Le cas Jean Baptiste Ondaye Selon certaines indiscrétions, ceux que l’on appelle à Brazzaville » faiseurs de ministres »- une minorité non négligeable- voudraient-ils faire defenestrer le ministre de l’économie et des finances, qui fait pourtant un travail remarquable depuis qu’il a succédé à Rigobert Roger Andely ? Des réformes que le nouvel argentier congolais voudrait implémenter dans certaines régies financières se heurtent encore au lobbyisme de certains puissants réseaux politiques voire d’affaires. À son entrée au gouvernement Makosso 2, Jean Baptiste Ondaye a dû attendre qu’il lui soit tracée la ligne de démarcation de ses attributions avec celles de son collègue Ludovic Ngatsé. Le Chef a tranché net pour que chacun évolue dans son couloir… Est-ce les mêmes lobbies qui seraient tapis dans l’ombre pour tenter de placer le leur à l’économie et finances ? Est donc vrai que le monde de la politique n’est pas une affaire des anges de Dieu. À suivre… Par A. Ndongo Journaliste économique et financier, Brazzaville Congo
Congo Brazzaville. Riposte contre la pandémie à coronavirus la méthode Makosso au scanner

TRIBUNE. Les forces de sécurité ont, à la surprise générale, civilisé leurs rapports avec les populations, dans le cadre de la riposte contre le coronavirus. Pourvu que ça dure. Plus d’amendes fantaisistes à infliger aux personnes qui ne portent pas un masque sur les lieux publics, plus d’autoritarisme ou de traitements dégradants à l’égard des populations, plus de jeu au cache-cache entre les forces de sécurité et les populations, plus de courses de 100 mètres d’un imprudent poursuivi par une voiture de marque Toyota BJ dans les avenues et rues de Brazzaville et Pointe-Noire… Les forces de sécurité ont vraiment changé d’attitude et de tactique. Au cours de l’opération « Coup de poing » lancée par Anatole Collinet Makosso, l’on a pu constater qu’une personne au visage dénudé était poliment priée par des agents en faction sur les avenues principales ou en patrouilles de routine, de porter un masque. De mes propres yeux, j’ai vu des agents de police en offrir à de vieilles personnes. Je n’en croyais vraiment pas mes yeux. Conséquence, cette présence dissuasive et effective des forces de sécurité a créé un effet d’autodiscipline à minima auprès des populations, notamment dans le respect par elles-mêmes de certaines mesures barrières. Selon nos informations, une partie des 4 milliards de FCFA decaissés à l’effet de soutenir l’ opération « Coup de Poing », a pu assurer les dépenses liées au déploiement des forces de sécurité(carburant et autres charges connexes). Faut-il noter que l’autoritarisme et l’arnaque de certains agents véreux auraient été, cette fois-ci, mal vécus par une population qui subit les contre coups de la crise économique et financière, à laquelle est venue se greffer la maudite crise sanitaire. Last but no least, le gouvernement Makosso a su anticiper, peu avant les fêtes de fin d’année 2021, en assouplissant les mesures sauvages prises depuis l’irruption du coronavirus au Congo. Les mesures barrières des fêtes de fin d’année 2021 sont moins contraignantes que celles de 2020. Nos informations auprès des compagnies aériennes (Rwandair, Ethiopian, Air Ivoire) renseignent que les plus nantis et leur famille ont déjà fait le plein des prochains vols à destination de Dubaï, Abidjan, Cotonou et Douala, où les mesures barrières contre le coronavirus sont assouplies et où la vie se déroule normalement. Bref, où le no stress du coronavirus est de mise. Réaliste que le couvre-feu entre desormais en vigueur au Congo, à partir de 23h jusqu’à 5h, que les marchés domaniaux s’ouvrent désormais pendant 6 jours sur 7 contre 5 auparavant, que les populations puissent enfin organiser des fêtes et réjouissances populaires(mariages, baptêmes…) tout en respectant les mesures barrières… De toute façon, il le fallait bien. Seuls les moines congolais- s’il en existe- ignorent que les nights clubs sont devenus des « days clubs » dans lesquels des gens se trémoussent sur les pistes de danse, au rythme de la rumba congolaise, à partir de 10h jusqu’à l’heure du couvre-feu voire au petit matin, que les marchés domaniaux fermés pour des opérations de désinfection n’en subissent aucune, qu’un ministre a récemment organisé son anniversaire, au cours duquel champagnes et autres boissons ont coulé à flots, avec des convives, à visage découvert, confinés comme des sardines… Reste maintenant au gouvernement à desserrer davantage l’étau des mesures étouffantes pour les transporteurs privés, obligés de jongler pour tenir. Que le vaccin ne soit plus une obligation et que, pour y parvenir, les tests pcr soient pris en charge par l’État, ce qui n’exposera plus les non vaccinés à la fabrication de faux vrais certificats de vaccination. Le ventre mou de l’opération « Coup de poing « . Les forces de sécurité, les agents des sociétés de gardiennage et autres contrôleurs, n’ont pas été formés auc TIC pour certifier les pass sanitaires via le code QR d’un smartphone. Notons que Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal, la RDC, Nigeria…, refusent de sacrifier leurs économies au nom des mesures de confinement importées d’Europe et inadaptées aux réalités africaines. À notre connaissance, aucune hécatombe n’a pas encore eu lieu dans ces pays, comme cela a été prévu par les prophètes de malheur de l’occident. Le Congo Brazzaville est donc capable du meilleur lorsque le sérieux se met au service des populations. Par Alphonse Ndongo (Fb)