RD Congo. LUAMBO MAKIADI « Franco » : 08 dates clés de sa carrière musicale

RETRO. De ses débuts avec Paul Ebengo « Dewayon » et Albert Luampasi, à la création de l’OK Jazz, focus sur les éléments marquants de la carrière musicale du légendaire héros de la « Rumba Odemba » Luambo Franco. Luambo Makiadi, est l’un des plus grands artistes africains. Sa carrière a été jalonnée de succès et de réalisations multiformes. Gros plan sur les Huit plus beaux d’entre eux. 01- La Disparition de Joseph Emongo, le père de Luambo. 1949, l’adolescent de 11 ans qu’était Franco perd son père Joseph Emongo, du coup le chemin de l’école est fermé par manque de soutien. 1950, Mama Hélène Mbonga Makiese et ses enfants quittent la rue Opala, à Dendale (Kasavubu) pour s’installer comme locataires dans la parcelle, sise rue Bosenge n°100 à Ngiri-Ngiri Léopoldville, quartier « Far-West », lieu qui se trouve être la propriété de la famille Paul Ebengo « Dewayon ». Luambo tombe ainsi à point nommé sur Paul Ebengo qui possède une guitare de fortune avec laquelle il est suffisamment avancé dans la pratique. Les deux vont se lier d’amitié. Ainsi Franco poursuit l’apprentissage de la guitare auprès de « Dewayon » avant de faire la connaissance du guitariste bien confirmé Albert Luampasi, vedette des éditions Ngoma et chef du groupe « Bandibu », vivant également à Ngiri-Ngiri, Rue Lokelenge. 02- Intégration de Luambo Franco dans le groupe « Bandibu » 1952 – Albert Luampasi, qui est émerveillé par le talent de Luambo, l’intègre dans son groupe « Bandibu » Une longue tournée va les conduire dans le Bas-Congo, particulièrement à Moerbeke (Kwilu Ngongo) où ils séjourneront plusieurs mois. A cette époque, Albert Luampasi avait déjà sorti aux Editions Ngoma quatre chansons qui lui avaient permis de se tailler une solide réputation : « Chérie mabanza » – « Nzola andambo » disque Ngoma n°732 – « Ziunga kia tumba »- “Mu kintwadi kieto » disque Ngoma n°734 03 – 1953- Luambo Franco quitte le Groupe « Bandibu » pour le groupe Groupe Watam 1953 – De retour à Kinshasa, Luambo rejoint Paul Ebengo « Dewayon » qui vient de créer avec les musiciens, Louis Bikunda, Ganga Mongwalu et Mutombo le groupe Watam.-Paul Ebengo «Dewayon » et son groupe ont déjà marqué leur présence au studio « Loningisa » avec la sortie sur disque, le 05 Février 1953 de deux premières chansons de Paul Ebengo « Dewayon » : « Bokilo ayébi kobota » et «Nyekesse ». Disque Loningisa n°0100. D’ailleurs, au grand plaisir des mélomanes de Ngiri Ngiri, le Groupe « Bandibu » d’Albert Luampasi fusionne pendant quelque temps avec le Groupe Watam de Paul Ebengo «Dewayon», et se sont produits régulièrement, chez «Kanza bar », rue Bosenge à Ngiri-Ngiri. 04 – Paul Ebengo « Dewayon » présente Luambo Franco à l’éditeur grec des éditions Loningisa, Papadimitriou 1953 – Le 09 Août, Paul Ebengo « Dewayon » présente Luambo à l’éditeur grec des éditions « Loningisa » Papapadimitriou, qui lui fait signer le même jour un contrat de production d’une durée de 10 ans, après un essai très concluant. Papadimitriou est tellement impressionné par le talent du jeune Luambo qu’il lui offre une sensationnelle guitare moderne, dont il sera attribué l’appellation « Libaku ya nguma » (la tête du boa). En effet, aussi grande que Luambo lui-même (15 ans), l’interessé a su manier cette grande guitare avec une troublante force d’expression pendant la session d’enregistrement. C’est son premier véritable instrument professionnel, avec lequel, il accompagne pour la première fois, Paul Ebengo « Dewayon » en studio. Notamment, dans les quatre morceaux ci-après : -« Esengo ya mokili » – « Tuba mbote » disque n°0111 du 12-08-1953 (Dewayon) -« Bikunda » – « Groupe Watam », disque n°0112 du 12-08-1953 (Dewayon) 05 – Le tout premier disque de la carrière de Luambo « Franco » 1953, Le 17 Novembre, Luambo Franco enregistre avec le Groupe Watam, ses deux premières compositions aux Editions Loningisa : « Lilima chérie wa ngai » et « Kombo ya Loningisa » disque n°0122. Sur la même lancée Luambo Franco accompagne le groupe Watam dans les compositions : « Yembele Yembele» et «Tango ya pokwa»(Dewayon) disque n°0123 du 16 Décembre 1953 « Tongo etani matata» et «Tika kobola tolo » (Mutombo) disque n°0124 du 17 Décembre 1953. 06- 1954, Luambo Franco dans le groupe LOPADI (Loningisa de Papadimitriou) François Luambo Franco, qui est déjà une figure majeure au sein des éditions Loningisa, ne pouvait plus passer inaperçu du personnage prestigieux qu’était Henri Bowane au sein de cette firme. (Dr. artistique, auteur-compositeur, guitariste et impresario). Il intègre François Luambo a qui il a attribué le sobriquet «Franco», Philippe Lando « Rossignol » et d’autres musiciens au sein du groupe LOPADI (Loningisa de Papadimitriou) l’orchestre Maison dirigé par Henri Bowane. Le 14 Octobre 1955, Luambo Franco enregistre ses deux premiers chefs d’œuvre qui d’emblée vont le confirmer comme l’un des rares authentiques poètes et guitaristes révélés par la scène congolaise. Il est adulé par tous les mélomanes, particulièrement par les femmes qui lui attribuent le surnom de « Franco de mi amor». Ces compositions portent sur le catalogue « Loningisa », les titres : « Marie Catho » et « Bayini ngai mpo na yo » (Béatrice) Disque n°0129 Très émouvant, ce disque est salué comme la plus grande réussite de l’année 1955. Le premier disque « populaire » de Luambo Franco, celui qui a accentué sa popularité au Congo et en Afrique. Fort de ce succès et au moment où la concurrence battait son plein entre les labels « Ngoma » et «Opika», « Loningisa » va au mieux valoriser le talent de ses musiciens et particulièrement celui de Luambo Makiadi, qui dans ses premières œuvres recherche dans l’harmonie et le rythme, des subtilités sonores uniques. C’est ainsi qu’à partir de cette date, on trouvera la guitare de Luambo Franco sur des dizaines de disques accompagnant divers musiciens de la Firme Loningisa, comme en témoignent quelques véritables « best of » de l’époque, réalisées entre Novembre 1955 et Juin 1956. C’est-à-dire, avant la création de L’OK Jazz. 07 – 1956 – La naissance de l’orchestre O.K. Jazz Le 6 Juin 1956 quelques musiciens issus du groupe «Bana loningisa» engagés par Oscar Kassien (plus tard Kashama) et qui avait pris l’habitude dans le dancing OK Bar, (établissement qui porte ses initiales), tous les samedis soir et Dimanches après-midi, en dehors de leur emploi pendant la semaine au studio, se constituent ainsi en orchestre qui porte le nom « OK Jazz ». L’idée de cette appellation est venue de Jean Serge Essous qui avait trouvé mieux d’honorer Oscar Kassien pour la noble initiative
LUAMBO MAKIADI Franco vivant, 29 ans après sa mort

12 octobre 1989 – 12 octobre 2018 marquent 29 ans après la mort de Luambo Makiadi Franco et on peut dire que sa légende, sa musique et son message percutant continuent de vivre ! Au moment de sa mort, le monde a été bouleversé par la nouvelle, mais réconforté par l’illustre héritage laissé par la figure emblématique. Il a utilisé sa musique comme un outil pour combattre les maux de la société et en faire une voie pour unir la race humaine. Tout au long de sa grande carrière musicale Luambo Makiadi a été accompagné par l’orchestre OK Jazz qui est un peu oublié aujourd’hui. Son importance dans l’histoire de la Rumba congolaise est pourtant fondamentale pour avoir été le héros d’un nombre confortable de chefs-d’œuvre qui constituent sans ambigüité parmi les fondamentaux de la « Rumba-Odemba. » I – Les Années 1950 : Les éditions Loningisa Au commencement étaient les éditions musicales « Loningisa » des frères grecs Athanase et Basile Papadimitriou, créés en Septembre 1950 à Léopoldville (Kinshasa). Soucieux du bon fonctionnement de l’écurie, notamment, par le recrutement et l’évolution des bons musiciens, les frères Papadimitriou font appel à Henri Bowane, guitariste-chanteur et grand impresario dans le domaine de la production musicale. Henri Bowane sort fraichement des éditions « Ngoma » où il a exercé avec son disciple Antoine Kolosoy Wendo, une influence déterminante. La biographie musicale extraordinaire des éditions « Loningisa » commence le 1er septembre 1950. Les musiciens qui constituent l’avant-garde kinoise montrent tour à tour dans le bain rémunérateur des noms déjà connus et des novices que l’on croyait sans surprise, et qui ont basculé dans la gloire en se faisant engager par l’éditeur pour des accompagnements en studio. Avec, entre autres ceux qui ont réalisés des chefs-d’œuvre qui ont marqué plusieurs générations. Les grands noms des éditions Loningisa. 1950/1952 : Les premiers musiciens qui ont constitués l’équipe favorite du promoteur artistique Henri Bowane, pour faire démarrer « Loningisa » et à qui l’on a attribué l’appellation « Bana Loningisa » on compte les grands noms ci-après : Honoré Liengo , Camille Masamba , Charles Bala, Théophile Yanga, Jean Disasi, Pauline Lisanga, Jean Kalafayi, Henri Adikwa, Marie Kitoto, Pembellot « Tino Mab », Paul Bolalia, Ema Putu, Kikandi, François Ngombe « Me Taureau », Adolphe Fataki, Dominique Bossokould, Auguste Mapeki, Kadima, Pembele, Hyacinthe Kitenge, François Bokalanga, Georges Luyeye, Zacharie Kabamba ,Gérard, Jean Kolofani, René Same, Albert Bongu, Palanga… 1953/1954 – A partir de 1953, quelques noms des fondateurs éventuels des grandes formations de l’écurie se découvrent. 1953 – Création du groupe WATAM, avec les musiciens : Paul Ebengo « Dewayon », Ganga Mongwalu, Mutombo, Bikunda, puis Luambo « Franco ». 1953/1954 – Entre autres musiciens qui ont adhéré à « Loningisa » pendant cette période, citons : Daniel Loubélo « De la lune », Philippe Lando « Rossignol » , Pierre Kadima, Saturnin Pandi, Lufungula, Lungella, Ekweli, Pedro Kosi « Bemi » Tandjigorah « Pholidor », Augustin Moniania « Roitelet », Ngelenge, Mukalu , Jean Lopongo, Justin Disasi, Pedro Bolario, Jean-Michel De Bouckout, Antoine Kasongo, Pierre Bazeta, Nzambe « Sathan », Nino Malapet et Henriot. Ils sont comptés au nombre de tous les sociétaires qui sont connus sous l’appellation « Bana Loningisa ». 1955-1956 – Les éditions « Loningisa » évoluent progressivement et réalisent des centaines d’œuvres qui hissent l’écurie à son niveau le plus haut. Grâce à la présence des meilleurs « premiers instrumentistes » de grand orchestre, mais aussi parmi les plus inventifs de leur génération. La période 1955 – 1956 constitue donc la période la plus déterminante des éditions « Loningisa ». Notamment : – Par la poursuite des recrutements, la présence évolutive du Groupe WATAM dont le style admirable, a abouti à sa propre virtuosité mélodique, combinée avec la passion pour le rythme « Indoubil » développé. – La part considérable prise par le Groupe maison dit « LOPADI » (Loningisa de Papadimitriou), dans la genèse de la Rumba traditionnelle, et particulièrement par les musiciens maison qui par leur sens rythmique, d’exceptionnels dons pour des accompagnements en studio, ont créé les climats les plus prenants. – Sur la base du module LOPADI, plusieurs enregistrements sont effectués à partir de 1955, avec la composition ci-après : Essous (clarinette), Luambo Franco (guitare solo), Loubélo (guitare accompagnement), Moniania « Roitelet », (contrebasse), Pandi (percussions) Bosuma (guitare) Pedro Kosi « Bemi », Tandjigorah « Philidor », Lando « Rossignol » (chant) Au nombre des nouveaux noms qui ont suivi, citons : Marie-Isidore Diaboua, Jacques Pella « Lamontha », Liberlin de Shoriba Diop (qui ont introduit les Tumbas), Albert Katasa, Vicky Longomba, etc… 1956 – La naissance de l’OK Jazz La naissance de l’OK Jazz est une date importante dans l’histoire de la musique congolaise. C’est le premier groupe à réaliser la synthèse « Rumba/Ondemba », style musical repris par des générations de chanteurs-guitaristes aussi bien kinois que brazzavillois. On ne dira jamais assez à quel point ce grand orchestre dirigé de mains de maître par Jean-Serge Essous, puis à partir de Décembre 1956 par Luambo Franco dont le nom reste attaché à l’épopée de « L’école OK jazz ». Il a pu réunir régulièrement, des formations différentes qu’il faisait tourner dans les plus grandes salles d’Afrique et du monde. Le bar-dancing « Home de Mulâtre » lieu de naissance de l’OK Jazz. Il était une fois, le vendredi 06 Juin 1956, voit le jour au bar-dancing « Home de Mulâtre » croisement rue Ruakadingi et l’avenue Prince Baudouin (aujourd’hui Kasavubu) à Léopoldville (Kinshasa), l’Orchestre OK Jazz. « Home de Mulâtre » était le lieu de retrouvailles de l’association des mulâtres (Métis) de Kinshasa dont faisait partie Cassien Germain Gaston propriétaire du bar « Chez Cassien » (O.K. Bar), 102 rue Itaga, commune de Kinshasa, lieu où l’OK jazz avait élu domicile. Notons que Cassien Germain Gaston est devenu au cours des années 60, Oscar Kashama. Les cofondateurs de l’OK Jazz Ils étaient en principe six : – 3 Kinois : Luambo Franco (guitare solo) Lando « Rossignol » (chant), Augustin Moniania « Roitelet » (contrebasse) – 3 Brazzavillois : Jean-Serge