LITTERATURE. La saison des chenilles (1) un roman de Florent Sogni Zaou

A Mpil’nitou où Backa-Mambou est affecté, un certain Kip’maakou n’a pas voulu lui céder son bureau de travail. Son salaire confisqué par ce dernier qui l’a gardé dans sa prison privée, Backa-Mambou et son ami de prison Nkandi, s échappent des griffes de leur bourreau en traversant le fleuve pour se retrouver à Ndjéyiville car il y a eu tentative d’assassinat. Backa-Mambou retrouve sa femme et son ami Kotody qui le supplient de ne pas s’engager dans la vengeance mais de faire plutôt la paix avec son bourreau. A Njéyiville, commence une vie pour Backa-Mambou quand il est reçu successivement par le guide spirituel de la localité et le président du Cercle du futur. Pour ce dernier, il ne devrait pas repartir dans la localité où il a été maltraité. Ayant quitté l’Eglise qui l’avait sanctionné, Backa-Mambou est heureux et content quand le président lui apprend sa nouvelle promotion : directeur des écoles spirituelles. Marié à Foquine, il commence une autre vie professionnelle au cours de laquelle il va connaitre moult mésaventures. Malgré sa bonne volonté de bien mener sa mission, il se confronte à la méchanceté d’un certain collègue Kayi-Kayi animé par une jalousie atroce qui va attenter à sa vie. La saison des chenilles, un roman à multiple rebondissements dont l’essentiel de la trame tourne autour de deux personnages principaux qui se regardent en chiens de faïence tout au long du récit jusqu’au moment où Kayi-Kayi croit vivre ses derniers jours. Backa-Mambou : de la prison politique au service de l’Eglise Affecté comme enseignant dans une localité de son pays, Backa-Mambou se confronte à la méchanceté et à la jalousie de son proviseur Kip’maadou, chef d’un parti politique. Celui-ci l’a hébergé mais, ne voulant pas lui céder le bureau de travail, il a gardé dans sa prison privée en allant même attenter à sa vie. Kip’maadou, « un fou à lier, cet homme. C’est le chef de parti de Mpil’nitou. Il n’a pas étudié, mais il se fait passer pour un intellectuel » (p.17). Et une fois libre, Backa-Mambou décide d’en découdre avec son bourreau au risque de sa vie. Sa femme le persuade de ne pas s’engager dans la vengeance. Il doit faire la paix comme le lui conseille son ami Kotody. A Ndjeyiville, s’ouvre un nouveau destin pour lui. Contre toute attente, il est bien reçu par le président du Cercle du futur. Mais avant cette rencontre, il subit la corruption et la concussion de l’appareil de l’Etat quand il veut solutionner son problème de salaire à la direction des affectations. Après avoir écouté le récit de ses mésaventures causées par Kip’maadou, le président s’oppose à son retour à Mpil’nitou. C’est quand il est nommé directeur des écoles spirituelles que commencent ses ennuis. Une partie de la structure où il est affecté n’accepte pas son retour considéré comme un affront pour Kayi-ayi. Ce dernier décide de rencontrer le président pour annuler cette nomination. Hélas ! Peine perdue. A partir de ce moment, Kayi-Kayi jure d’attenter à la vie de Baka Mambou par tous les moyens. Malgré l’atmosphère de complot qui règne dans la structure, Backa-Mambou accomplit correctement son travail à la grande satisfaction du président. C’est un homme généreux qui n’oublie pas ses « compagnons de lutte ». Il s’occupe des pierres tombales de Dibala et d’un de ses élèves ayant perdu sa vie pour lui : « (…) i[il était revenu [à Mpil’nitou] pour donner une sépulture digne de ce nom à Dibala qui l’avait traité en frère sans prendre en considération son appartenance ethnique et régionale et à son élève Nkouessi mort à sa place ]i» (p.90). Aussi ramènera-t-il la maman de Dibala en ville pour vivre avec lui en famille et c’est à Ndjéyiville qu’il subira les foudres de Kayi-Kayi. Kayi-Kayi, un homme de paille Voici un homme d’église qui paradoxalement va à l’encontre de certains des dix commandements de Dieu, à l’instar de « tu ne tueras point ». Tout commence par la nomination de Backa-Mambou au poste de directeur des écoles spirituelles. Cela ne plaît pas du tout à Kayi-Kayi qui veut tout faire pour faire annuler cette nomination qu’il considère comme une offense. N’ayant pas obtenu cette annulation, il passe à l’offensive. Les deux adversaires s’affrontent alors par l’intermédiaire de leurs confidents : Kotody pour Backa-Mambou et Dieng pour l’autre. L’ignominie de Kayi-Kayi atteint son paroxysme quand il décide d’éliminer physiquement son adversaire. Son complot n’aboutira pas : son homme de main Dieng ne pourra pas réaliser son voyage après le vol d’argent en complicité avec son mentor. Le complot a été découvert. Quelque temps après quand la structure dote Backa-Mambou d’un véhicule de fonction, la jalousie de Kayi-Kayi s’amplifie. Il accuse son adversaire de vol d’argent de la structure. Le juge Mbochi à qui il ira se plaindre, le remet à sa place. Déçu par l’attitude du juge qui, pour lui, semble être du côté de Backa-Mambou, Kayi Kayi est obligé de demander les services d’un charlatan pour éliminer son adversaire. Se développe alors l’histoire de la fameuse clé du « Un’koulou houlawouk » laissée à la porte du bureau de Backa Mambou. Malheureusement pour Kayi Kayi, les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu. Ironie du sort, il sera victime de son propre fétiche, comme il le confiera à son ami Dieng : « Il faut m’aider (…) i[Si « Un’koulou houlawouk » ne frappe pas [Backa-Mambou], il y aura un effet de boomerang (…) il reviendra sur moi et c’est la mort]i » (p.123). La saison des chenilles, un récit de la mort La mort apparait omniprésente dans le roman de Sogni Zaou. Déjà Backa-mambou la frôle dans la prison privée de son bourreau : « Kip’maatou a tenté de ’assassiner ; [il s’est] évadé de sa prison privée » (p.211). Libre, il décide d’en donner à son bourreau, mais il écoutera la raison après les conseils de son ami Kotody et de sa femme Foquine. La mort fait plusieurs victimes dans ce récit.
Le roman «La saison des chenilles» présenté à l‘IFC de Brazzaville

Le roman «La saison des chenilles» du journaliste écrivain Florent Sogni Zaou a été présenté et dédicacé, le 18 septembre 2014 dans le hall de l’Institut Français du Congo (IFC) à Brazzaville. Cette présentation a eu lieu dans le cadre des jeudis littéraires devant plusieurs amoureux de la littérature ainsi que du directeur général du livre et de la lecture publique, M. Claure Kombo. Ces jeudis littéraires sont le fruit d’un partenariat entre l’association le Forum des gens de lettres et l’Institut Français du Congo.Deux intervenants ont pris la parole à cet effet pour décrypter cette œuvre de quinze chapitres reposant sur 129 pages. Le roman de Sogni Zaou a été édité par les éditions L’Harmattan-Congo en juin 2013. Le premier intervenant a été l’écrivain Jessy Loemba qui a d’abord épilogué sur la couleur verte de la couverture et la chenille reposant sur une tige qui, selon lui, symbolise l’attachement de l’auteur à l’environnement et au développement de l’économie verte. L’écrivain Loemba a passé à la lecture les quinze chapitres, soulignant que le roman s’ouvrait sur un acte d’évasion du protagoniste Backa-Mambou de la prison privée de son bourreau Kip’maakou ; un intellectuel autoproclamé proviseur. Kip’maakou bénéficie des avantages quant à son appartenance au parti au pouvoir. Backa-Mambou revient dans la capitale de la république Mabalouka Ntangou, Ndjéyiville, au moment où l’Etat rétrocède les écoles nationalisées au lendemain de l’indépendance du pays. Pour Jessy Loemba, Backa Mambou qui est nommé aux hautes fonctions de directeur des écoles rétrocédées et affiliées rencontre l’antipathie du président du conseil paroissial, Kayi-Kayi, qui l’accuse de lui avoir volé la réussite. Celui-ci tente vainement d’annuler cette nomination. Il lui reproche aussi de lui avoir barré la route vers la jeune Foquine qui s’est retrouvée accidentellement enceinte de Backa-Mambou. Le travail de Backa-Mambou est apprécié par les autorités du Cercle du futur. Il recrute entre autres un fidèle de son adversaire Kayi-Kayi. Celui-ci travaille normalement jusqu’au jour où son mentor le pousse au détournement de l’argent des écoles. Il développe un réseau de vente de livres à crédit. Il déplore cependant les difficultés qu’il rencontre du fait de la corruption et de la concussion. L’annonce de son voyage au Paradise State dénoue les langues et accentue la haine que lui voue Kayi-Kayi. Préparant ce voyage, il ne réussit pas à obtenir le visa de transit et passe deux nuits dans la zone internationale, tant à l’aller qu’au retour. Kayi-Kayi ne supporte plus de voir Backa-Mambou marquer chaque jour des points. Il opte pour l’arme suprême qui consiste à ôter la vie à celui qu’il considère comme un ennemi. Il sollicite pour cela les services d’un mauvais esprit «Un’koulou Woulahouk. Les consignes du marabout sont claires car le mauvais esprit ne doit pas rentrer les mains vides. Dans le cas où il ne parviendrait pas à atteindre sa cible, il revient vers celui qui a sollicité ses services. Cet état de chose fait peur à Kayi-Kayi qui commence à craindre pour sa vie. Backa-Mambou qui sent venir le danger déserte le bureau. Kayi-Kayi demande à son fidèle Dieng d’organiser un kidnapping pour forcer le jeune enseignant dans son bureau pour le livrer au mauvais esprit. Dieng refuse cette sordide mission et lui dit qu’à chaque saison correspond un fruit, un insecte ou un légume. Tenant compte de ce que cette période est celle des chenilles, il lui conseille d’en consommer. Le mauvais coup préparé contre Backa-Mambou connaît un effet de boomerang. Kayi-Kayi tombe malade et confesse ses fautes avant de mourir. C’est Backa-Mambou qui lui assure des obsèques et prend soin de se progéniture. La critique de l’œuvre a été assurée par un autre membre des gens de lettres, Mbou-Mackita, qui parlé de l’humanisation de l’humanité déshumanisée. L’auteur, Florent Sogni Zaou, a répondu à une dizaine de questions dont la plupart a porté sur le titre du livre. Pour lui, la chenille symbolise l’espoir en ce qu’elle voit le jour, se développe et se métamorphose pour se transformer en papillon avant de s’envoler vers d’autres horizons. La saison des chenilles est la quatrième publication de Florent Sogni Zaou. Il a Co-publié rn 2000 en Virginie aux Etats-Unis, aux éditions WPFC, «What a free press means to me» ; en 2005 aux éditions Académie Sonyka, la pièce de théâtre «L’homme d’affaires» ; en 2011 et 2013 aux éditions l’Harmattan-Congo, les romans «Les goyaves amères et La saison des chenilles». D’autres manuscrits attendent d’être déposés chez un éditeur. Eléazar Tchessess